Robert Redford n'a jamais fait mystère de son ancrage dans le gauchisme. Il se définissait lui-même comme un "liberal". Sachant qu'aux États-Unis, ce mot signifie en Français "extrême gauche". Les films qu'ils réalisaient, disait-il, étaient politiques. Dans plusieurs de ceux-ci, on perçoit nettement cet ancrage. Cette vision gauchiste dans "Lions et Agneaux", ou "Milagro", est subtile, peu sectaire, formidablement pertinente, car supportée par un scénario complexe, clair et crédible. Dans ce "The Company You Keep", le scénario est évasif, confus, voire abscons mais surtout inabouti. Ceci explique pourquoi le message gauchiste tombe à plat, avec autant de lourdeur. Par exemple, la cause défendue par les ex-Weathermen est confusément définie par les protagonistes eux-mêmes. Ensuite, de grosses contradictions apparaissent entre leur raisonnement et leurs actes. Ainsi l'une des militants n'a pas de mots assez durs pour le système capitaliste, générateur d'inégalités, de la corruption des entreprises, pourtant, elle vit dans l'opulence et s'adonne sans vergogne au trafic de drogue. Quant au caractère inabouti du scénario, il vient du fait que l'on quitte le film sans connaître les causes réelles ayant justifié l'abandon de l'enfant caché d'un des protagonistes, pourtant l'élément clef du scénario.