Un film de genre sur la lassitude des gens ayant déjà tout
On a une voiture, un homme qui ne sort pas sauf pour manger au restaurant chinois et au grill japonais. Il sort parfois à l'hôtel pour baiser des filles de la rue, même si dès le début il le fait dans sa voiture avec une femme d'âge mûr. Cosmopolis, c'est le crime, la déchéance d'un homme tout-puissant, qui cherche sans cesse le frisson. Pour lui plus rien n'a de sens, ni la morale, ni la religion. En opposition à sa médiocrité, on a des hommes-robots, des femmes automates qui frôlent les émotions. Les champs contre champs ne respectant pas la règle en vigueur provoquent une sorte de détachement entre les mots et l'image. Robert Pattinson reste lui-même, émotionnellement fort à certains passages torrides, tandis que son surjeu sur d'autres scènes ne semble pas apporter grand-chose. On note au passage la beauté troublante de Sarah Gadon, qu'on avait découverte dans Dream House ou A Dangerous Method, qui se montre l'opposée du personnage du milliardaire.
Cette lassitude constitue la mécanique psychologique la plus dérangeante du film. Eric Packer ne cherche plus réellement le plaisir, il cherche quelque chose capable de produire encore une sensation. L'argent lui permet précisément de ne plus rencontrer d'obstacle. Sexe, pouvoir, spéculation ou violence deviennent des moyens de réintroduire de l'incertitude dans une existence où presque tout peut être acheté ou commandé. Même l'effondrement de sa fortune produit un paradoxe : plus sa vie se disloque, plus il semble se libérer de la maîtrise qui organisait son existence.
La limousine prolonge cette coupure. Les collaborateurs entrent et disparaissent comme dans une interface, tandis que la ville reste derrière les vitres. Eric maîtrise les mécanismes abstraits de la finance sans réellement savoir habiter le présent. Le danger devient alors l'une des rares choses que son argent ne peut neutraliser. La menace de mort lui restitue ce que la richesse et le sexe ne produisent plus : l'imprévisible. Sa propre destruction devient presque la dernière expérience qu'il ne peut ni acheter ni entièrement contrôler.
“Cosmopolis”, réalisé par David Cronenberg, propose une vision abstraite et troublante du capitalisme, le présentant comme une entité qui s’auto-dévore. Au cœur de l’intrigue se trouve Eric Packer, un milliardaire de la haute finance qui s’est complètement détaché de la réalité. Possédant tout et contrôlant tout, il a perdu son identité et est en quête de ce qui le rendra véritable, peu importe le prix à payer.
Cependant, le film se révèle difficile à suivre. Sans un minimum de contexte ou d’informations préalables, les spectateurs peuvent se sentir perdus dans un récit qui semble brouillon et complexe. Bien que Robert Pattinson livre une performance solide en tant qu’Eric Packer, cela ne suffit pas à compenser la nature abstraite du film, où même les dialogues semblent souvent énigmatiques.
Malgré ces critiques, “Cosmopolis” possède un aspect intéressant qui soulève des questions sur le pouvoir, l’argent et la condition humaine. Néanmoins, ces réflexions ne suffisent pas à éviter un certain ennui qui s’installe tout au long du visionnage. En définitive, ce film est une expérience audacieuse, mais qui est loin de m’avoir convaincu. 4/10
C'est Kronenberg, donc c'est (un peu) glauque. Cosmopolis est presque un huit clos. Il est très bavard. Il ressemble, par certains égards, à une tragédie grecque. Les propos sont souvent sophistiqués, parfois sordides, et c'est tout l'intérêt de ce film. N'attendez pas des scènes visuellement spectaculaires (elles sont suggérées). Il dépeint une sorte de Musk actuel. Un président supérieurement intelligent, cultivé et intrépide. Le film se déroule comme s'il était en temp réel. Kronenberg est un extraordinaire réalisateur qui clive. Pour ma part, j'aime quasiment toute sa filmographie. Cela parle cryptomonnaie, d'hégémonie, d'emprise et d'une volonté de se confronter au réel jusqu'au drame. C'est un film unique. Je met 9/10 car c'est une prouesse avec un aussi petit budget.
Un film inconfortable, presque dérangeant mais fascinant aussi. La première partie, qui se déroule presque exclusivement dans une limousine de luxe est plutôt pénible et répétitive, entre les deux occupations principales du personnage que sont la spéculation financière et les rapports sexuels, sur fond de crise sociale du capitalisme. Puis ce quotidien déraille et le film prend une dimension quasi métaphysique. Un film marquant, mais qui semble ne pas avoir été vraiment maîtrisé par Cronenberg, qui a livré des opus autrement travaillés.
il paraît que c'est un chef-d'œuvre. On ne peut pas mettre une mauvaise note parce que les critiques professionnelles sont admiratifs. Il reste qu'au bout d'une heure, nous avons arrêté de le regarder mon épouse et moi. Et je me demande ce que fait Juliette Binoche dans ce film. Pourtant l'idée n'était pas idiote au départ. Faire tout un film ou presque dans une voiture de luxe, cela pouvait être prometteur. et puis au fond, cela reste un film très américain -au mauvais sens du terme.
Le film social de David Cronenberg. Celui où il regarde le monde capitaliste et ses dérives. Un monde fabriqué par et pour les puissants, déconnecté du monde et à l'abri dans des objets rutilants, hygiéniques, confortables, à la recherche d'une perfection inaccessible. Un monde carnassier ou l'argent, le pouvoir et le sexe sont les seuls intérêts pour un Robert Pattinson très convaincant. La démonstration est brillante, intelligente, fascinante sur des dialogues brillants et une mise en scène hypnotique....du moins pendant une bonne heure, jusqu'à une dernière demi-heure pas loin d'être incompréhensible, et en tout cas beaucoup trop longue, abstraite, et au final ennuyante. dommage, pendant longtemps, on avait un film , sui malgré son côté prévisible, tenait du chef d'œuvre .
Lorsque l intellect est piégé dans un instinct animal que peut il se passer ? Telle semble être la condition humaine pour Cronenberg. Parfois qualifié d univers malsain ou pessimiste les films de Cronenberg traduisent souvent cette confrontation de l intellect avec l instinctif. Le mélange se teinte alors de sado masochisme, de violence mais aussi de réflexion philosophique, d analyse comportementale froide. Une véritable dissection du cerveau humain. Dans Cosmopolis, ville monde, c est bien sûr une critique de l humain de la société capitaliste qui s opère. Fondée sur le roman éponyme de Don Delillo, on regrette parfois de ne pas éteindre le projecteur pour lire tout simplement ce roman. Il serait peut-être plus simple de lire les échanges des personnages que de suivre des dialogues parfois assenés, comme achurés (comme il était parfois de mise dans le théâtre moderne des années 70 : user non pas d 1 dialogue mais de 2 monologues interdépendants). J avoue que personnellement c est une technique qui m a toujours agacé. Comme à son habitude Cronenberg maîtrise son scénario au microscope, chapeau ! Comme à son habitude, il faut s accrocher et j ai bien peur que les fans de Robert Pattinson soient quelque peu décontenancés. Ça n est pas Twilight L ensemble ouvre nos horizons de réflexion donc vous n aurait pas fait ce chemin dans l esprit humain pour rien.
Sans parler d’escroquerie, ce film de David Cronenberg, sorti en 2012, constitue une œuvre abstraite souvent proche de l’ennui. Coté mise en scène, c’est plutôt soigné avec la restitution d’une atmosphère complètement glauque. Coté scénario, c’est déroutant avec un message confus sur la fin du capitalisme et de la destruction de notre société. Robert Pattinson, omniprésent à l’écran, interprète ce golden boy haïssable qui, au gré de ses rencontres, engage des discussions nébuleuses sur l’argent, le temps, l’amour, la mort sans parvenir à nous emporter. Bref, il n’y a pas grand-chose à retenir de ce long-métrage si ce n’est son caractère prétentieux.
Mon chère David je t’adore mais là… je préfère ne pas associer ce film à ta filmographie et l’oublier. Toi qui ne m’avait jamais déçu, je ne sais pas ce que tu es allé faire avec ces dialogues intellectuelohasardeux, c’est mauvais, plus jamais ça s’il te plaît.
J'ai beaucoup de mal à dire pourquoi je trouve que "Cosmopolis" est un bon film en dehors de trois évidences : il est visuellement très beau, très bien réalisé et Robert Pattinson est très bon. Car l'histoire est quand même très bizarre et le spectateur est noyé par des dialogues ininterrompus qui sont très loin d'être clairs ni même accessibles. Et pourtant le film a fonctionné sur moi. J'ai été séduit par son étrangeté, son ambiance déroutante, l' impression de fin d'un monde qui s'en dégage. On ne peut pas dire qu'il se passe grand chose dans ce road movie urbain, et pourtant je n'ai jamais trouvé le temps long ni été déconnecté du film.
C'est un film qui ressemble à un film bon marché. Un film low cost. Mais ce n'est pas le cas, il y a eu de l'investissement. Il y a beaucoup de figurants. Mais non, les scènes restent longues. De longs discours. De longues discutions. Comme s'il fallait gagner des minutes très chères. Comme une série télé que l'on regarde l'après-midi à la télévision. On ne comprend pas le discours et on patiente la fin du film. La finalité lors des dix dernières minutes du film.
Et bien d'habitude j'aime bien Cronenberg mais là, c'est vraiment n'importe quoi. Film trop long qui explique le crise existentielle d'un tout puissant. Vraiment aucun intérêt et ça devient même complètement incompréhensible vers la fin, a croire que c'est fait exprès. Bref, c'est nul.
Sans aucun doute l'un des chefs-d'œuvre d'Hayao Miyazaki, Princesse Mononoké est à la fois poétique et grandiose. Tout d'abord, le style d'animation est tout simplement spectaculaire, typique du Studio Ghibli, et il est rafraîchissant de retrouver cette esthétique dans le paysage cinématographique. Ce film d'animation est véritablement du cinéma pour tous, petits et grands. Chaque plan est un émerveillement qui nous transporte dans un festival de beauté, de couleurs et de symboles de la mythologie japonaise.. Ensuite, parlons de l'histoire et de son scénario. Nous avons là une merveilleuse fable écologique et féerique, mettant en opposition les hommes et leurs armes destructrices face à la nature et ses esprits. En avance sur son temps, le réalisateur nous entraîne dans une aventure magnifique qui résonne avec profondeur. Je ne saurais trop vous recommander ce film, en particulier pour ses musiques tout simplement poétiques, féériques et merveilleuses, qui nous transportent au-delà des mots.
Thriller dramatique, écrit et réalisé par David Cronenberg, Cosmopolis est une véritable purge. L'histoire nous fait suivre Eric Packer, un jeune multimilliardaire se rendant chez le coiffeur en limousine le jour d'une visite présidentielle à Manhattan. Dans le même temps, l'ère du capitalisme touche à sa fin et le chaos s'installe peu à peu. Alors que son empire financier s'effondre, Eric est persuadé qu'il va être assassiné dans les vingt-quatre heures. Ce scénario, adapté du roman du même nom de Don DeLillo, nous plonge pendant un peu plus d'une heure et demie dans une intrigue profondément soporifique. On assiste à un récit devenant très rapidement pénible à visionner tant c'est inintéressant au possible malgré une soit disant critique du capitalisme et de ses dérives. Seulement, c'est si mal raconté que son propos est incompréhensible. On assiste à une succession de scènes longues, lentes et sans ambiance plus mauvaises les unes que les autres, sans aucune cohérence et d'une grande confusion, au point où c'est un véritable supplice d'aller jusqu'au bout. L'ensemble est très verbeux mais pour ne rien dire de concret, devenant donc vite ennuyant. D'autant plus que les personnages déblatérant ces réflexions abstraites faussement intellectuels n'ont absolument aucune profondeur et sont interprétés par une distribution aucunement convaincante comportant en tête d'affiche un Robert Pattinson inexpressif. Il est entouré par d'autres noms tout aussi mal choisis entre Jay Baruchel, Paul Giamatti, Samantha Morton, Kevin Durand, Juliette Binoche, Sarah Gadon, Mathieu Amalric ou encore Emily Hampshire. Aucun de ces rôles n'est là pour relever le niveau, tous étant cruellement creux. Leurs échanges, qui sont le cœur du récit, sont indigestes, insipides et interminables à cause de dialogues abscons, pompeux et vides de sens. C'est un charabia qui s'entremêlé, passant du coq à l'âne sans aucun liant. Si le fond est totalement raté, le film se rattrape légèrement sur sa forme. En effet, la réalisation du cinéaste canadien s'avère plutôt bonne. Cependant, sa mise en scène évolue dans des lieux confinés sans charme. Ce visuel austère est accompagné par une b.o. insignifiante, ne parvenant même pas à créer un semblant d'atmosphère. Cerise sur le gâteau de ce naufrage, tout cela accouche d'une fin au goût d'inachevée, venant mettre un terme à Cosmopolis, qui, en conclusion, est un long-métrage tout simplement détestable, à fuir comme la peste.