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    Les Anges déchus
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    40 critiques spectateurs

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    Clingo
    Clingo

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    5,0
    Publiée le 21 avril 2010
    C'est quoi le cinéma ? Je ne vais pas me la jouer Godard du pauvre ( juste Godard en bien ça serait déjà pas mal ), mais c'est quoi le cinéma ? Du temps, du mouvement et des sentiments. Eh bien le cinéma c'est donc Wong Kar-Waï.

    Les Anges Déchus est un film qui ne laissera personne indifférent. C'est un cinéma qui, obligatoirement, provoque. L'ennui peut-être, tout le monde ne pouvant pas adhérer, forcément. La fascination sûrement. Fascination devant une oeuvre qui emploie à merveille la grammaire du cinéma, multipliant ses effets pour créer un objet d'une époustouflante intelligence. La mise en scène semble en permanence traduire d'une manière proprement adéquate l'état d'esprit des personnages du film. Et, quand elle n'est pas occupée à une tâche si ardue, elle atteint des sommets dans le développement d'un esthétisme qui touche au sublime. Comme toujours chez le réalisateur, l'oeuvre navigue entre différentes optiques. On est soit dans la psychologie, soit dans quelque chose de purement visuel, qui n'en est pas moins gratuit - donc inutile - puisque la conception plastique de certaines séquences participent de l'élaboration de l'atmosphère particulière de l'oeuvre. Ambivalence donc. Et ça n'a rien d'étonnant puisque Les Anges Déchus n'est pas un film monotone, et apparaît comme un tourbillon où tout se téléscope : les corps, les paradoxes donc ( Kaneshiro est quasi-muet, mais parle souvent, même s'il ne s'agit que d'une voix-off ), les genres et les rythmes.

    Wong Kar-Waï met son indéniable science du rythme au service d'un film qui ne se gêne pas, par exemple, pour rompre le tempo du récit en insérant quelques ralentis ici et là, en accélérant le temps par le mouvement aussi, preuve en est la manière dont certains travellings viennent donner du mouvement au film. C'est par son mouvement incessant et bouillonnant que le film fait naître sa sensualité. Le spectateur des Anges Déchus ressent profondément les choses, recevant des petits chocs plein de sens qui le mettent en ébullition. C'est purement physique. A cela s'ajoute une certaine élégance, comme ces deux séquences fantastiques de masturbation du personnage féminin. Wong Kar-Waï atteint ici un sommet d'érotisme en passant par une voie fétichiste plutôt que par une vulgarité toute pornographique. En ne filmant que les jambes et les bas de son actrice ( et bien sûr ses petits cris...), en suggérant plutôt qu'en abusant de l'image, le cinéaste offre au spectateur une des séquences les plus excitantes de l'Histoire du Cinéma. Il faut une vraie délicatesse pour parvenir à rendre ces scènes aussi belles, et éviter la vulgarité.

    La subtilité du cinéaste n'est pas une exclusivité envers ses acteurs. Quand il s'agit de filmer la ville, son talent explose aussi. Avec Michael Mann aujourd'hui, le réalisateur chinois est un de ceux qui savent le mieux retranscrire l'identité d'une ville, établir un portrait d'un monde urbain en donnant l'impression de tout dire et de ne rien en dévoiler à la fois. Mais c'est justement une affaire de complexité, et la ville est tellement un lieu secret, mystérieux, que la force du cinéaste est de parfaitement la décrire et d'en révéler aussi, quelque part, l'inaccessibilité. Wong Kar-Waï, par ailleurs, montre bien le caractère vivant de la ville, les incessants fluxs qui la traversent, les circulations perpétuelles qui se font en son sein ( à pied, en métro, à moto ). Ce cinéma est aussi un témoignage du caractère éphémère des choses, du passage de l'être humain qui finalement n'est qu'un anonyme dans l'immensité des espaces urbains. Et avec l'être humain il y a évidemment la fragilité des émotions et des sentiments, qu'ils soient haineux ( tuer pour vivre ), ou amoureux ( aimer pour (sur)vivre ).

    Du temps, du mouvement et des sentiments donc. Et en 1H35, le mouvement de la main de Wong Kar-Waï sur ma joue ne vient provoquer aucune douleur, sinon un sentiment de plénitude intense face à une oeuvre magistrale à l'éclatante beauté.
    Benjamin A
    Benjamin A

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    4,5
    Publiée le 12 juin 2016
    C'est au cœur de Hong Kong que Wong Kar-wai nous immerge pour y suivre quelques destins égarés dont celui d'un tueur en gage qui devait composer la troisième partie de Chungking Express.

    Après la légère déception que représentait ce dernier, je me retrouve à nouveau ébloui par la maestria du metteur en scène d'In the Mood for Love et cette façon unique de nous plonger au cœur d'un Hong Kong nocturne et désabusée. Ici c'est autour de quelques destins perdus, cherchant à se trouver eux-mêmes qu'il axe son film, des âmes errantes qui manquent de se rencontrer et doivent faire face à une solitude de plus en plus envahissante.

    Il y instaure une atmosphère désabusée, mélancolique et surtout puissante, dont les moments de grâces et de lyrismes côtoient les fumées de cigarettes et l'errance de ces anges brisés aux histoires d'amour impossible. Comme dans In the Mood for Love, j'ai la sensation d'être devant une œuvre hors du temps et envoutante où l'on est littéralement plongé dans cette nuit unique et lumineuse. Il met en avant les doutes des personnages, leurs vraies natures et, à travers eux et cette ambiance, nous fait passer par tout un panel d'émotion, l'émerveillement et la mélancolie en premier lieu.

    Ce qui frappe dès les premières secondes, grâce auxquelles on identifie de suite le style du réalisateur Hongkongais, c'est sa beauté formelle, cette façon de jouer avec les images et de faire corps avec l'atmosphère étrange du film. L'exercice de style est brillant, notamment dans la façon dont il filme ses personnages, bien souvent caméra à l'épaule, et usant de ralentis et accélérés toujours adéquats. Si j'avais un peu peur de la lenteur, il n'en a rien été ici tant l'atmosphère est prenante et l'immersion totale, bien aidée par une bande-originale bien utilisée.

    Wong Kar-wai nous plonge dans une nuit colorée, mélancolique et étrange à Hong Kong, suivre plusieurs errements d'anges déchus, regardant leur propre vie et s'interrogeant sur la suite à y donner.
    willyzacc
    willyzacc

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    4,0
    Publiée le 3 juin 2010
    Personnages imprévisibles, attachants. Très bonne bande son, lumière , cadrage. Très beau film de Wong Kar-Wai.
    gimliamideselfes
    gimliamideselfes

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    2,5
    Publiée le 17 décembre 2010
    Ce film est une cruelle déception, ce segment qui devait être initialement intégré à Chungking express qui est mon WKW préféré avait tout pour me plaire à la base. Sauf que ça ne m'a pas intéressé, que les quelques rares moments de beauté (dont la fin) sont dilués sur tout le film, que j'ai l'impression que WKW fait tourbillonner sa caméra de manière quasi aléatoire autour des acteurs et fout pleins de lumières étranges pour faire genre ça va être beau quand même. Les purs moments de beautés du films sont je dirai les moments en noir et blanc ou bien lorsqu'il pose enfin sa caméra, ou lorsqu'il se contente de faire quelque chose de simple, (un travelling par exemple), cette surenchère de tourbillons m'a vite perdu. Et puis je suis totalement incapable de raconter l'histoire… Je suis resté hermétique face à ce film…
    Et puis j'ai toujours du mal à faire la différence entre tous ces personnages…
    chrischambers86
    chrischambers86

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    4,0
    Publiée le 26 janvier 2012
    "Seuls les fous s'aventurent là où les anges ne vont pas"...Conçus comme un prolongement de " Chungking Express", "Les anges dèchus" sont une nouvelle immersion dans l'univers de Wong Kar-wai! C'est une chanson de l'errance, une histoire d'amours impossibles, d'anges brisès se croisant sans jamais rèussir à se comprendre avec des ruptures de rythme qui surprennent! C'est une oeuvre frènètique qui montre Hong Kong comme on ne l'a jamais vu, un moment hors du temps, portè par la rèalisation ultra-inspirèe d'un des plus grands cinèastes contemporains! Une nouvelle vision èlectrique de Wong Kar-wai avec des acteurs magiques et isolès dont Leon Lai en tueur à gages dèsillusionnè...
    black B.
    black B.

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    4,0
    Publiée le 14 février 2020
    Les moins séduits reprocheront l'aspect déformé du fish eye et les
    mouvements de caméra si caractéristiques de Kar-Wai Wong. Les plus
    réceptifs apprécieront au contraire ces mêmes points...

    Les anges déchus est un voyage au cœur d'Hong Kong au travers de personnages
    piégé par leurs malheurs, et ce voyage s'entreprend autant presque plus
    par la forme que par le fond. La maitrise du réal pour nous faire vivre
    le ressenti des personnages au travers de la grammaire cinématographique
    est incroyable, la couleur est annoncée dès le début : aspect grand
    angle et déformé du fish eye, cassage de la ligne d'horizon récurrente,
    séquences accélérée ou ralentie, caméra épaule incertaine, profondeur de
    champs aléatoire, tout est abusif et en même temps divinement maitrisé
    ca raccord avec le message de la scène..

    Une belle leçon de cinéma. 4/5
    Akamaru
    Akamaru

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    3,0
    Publiée le 16 novembre 2010
    "Les anges déchus" peut se voir comme le contrepoint désenchanté de "Chungking Express".Dans les 2 cas,Wong Kar Waï réussit des leçons de mise en scène.Il utilise tous les artifices à sa disposition(cadrages floutés,animation saccadée,couleurs travaillées,musique recherchée)pour donner une belle ampleur à cette errance nocturne,où plusieurs personnages solitaires se croisent et se recroisent dans un Hong Kong guère chaleureux.Un tueur à gages désillusionné enchaîne les contrats,organisé par son agent,femme fatale qui s'est éprise de lui.Il fait la rencontre d'une paumée excentrique,puis d'un sourd-muet farceur en recherche d'affection.Tous cherchent à sortir de leur anonymat,ou aspirent à être aimés.Tous savent aussi que leur condition les en interdit.Ne reste plus que l'espoir d'une vie meilleure,et du bonheur fugace.Si l'association des histoires frôle parfois le brinquebalant,la recherche d'une atmosphère hypnotique et obsédante,urbaine et poétique,captive plus qu'on aurait pu l'imaginer.Le talent de Kar Waï est de transformer le trivial en romanesque,de distiller des images marquantes et répétitives,dans un élan pop et libertaire.
    maxime ...
    maxime ...

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    3,0
    Publiée le 17 septembre 2016
    Wong Kar-Wai pond une " suite " hypnotique à Chungking Express, tantôt séduisante ou au contraire un tantinet austère, ce film marque et travail l’âme. Plus charmant dans son histoire mais plus conceptuel dans la fabrique, moins vif et tonifiant que ces précédents long métrages mais toujours aussi beau ! Une sacrée expérience, pas la dernière ...
    anonyme
    Un visiteur
    2,5
    Publiée le 9 septembre 2018
    WKW n’est pas vraiment un réalisateur qui se renouvelle souvent et ici je trouve que la recette ne prend pas. Le montage trop rapide, l’effet fish-eye permanent, les acteurs en surjeu, tout ça est trop daté et finit par donner un léger mal de crâne. Ce serait moins grave s’il y avait un scénario, mais ici on a plutôt des personnages qui servent de prétexte à des situations loufoques. Restent la belle photographie de Christopher Doyle et la maîtrise générale de WKW qui prouve à nouveau qu’il sait filmer la ville et caractériser un personnage pour le faire exister. Et une très belle BO.
    Juliano
    Juliano

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    4,0
    Publiée le 19 juin 2018
    Sous les lumières des nuits hongkongaises, les destins des âmes errantes s’entrecroisent. Sans amour, on a envie de voir le bout du tunnel.
    Parkko
    Parkko

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    2,5
    Publiée le 14 juillet 2011
    Voilà, au bout de quatre films de WKW je crois que j'ai enfin (!) compris ce que je n'aimais pas chez lui. Je ne comprends pas ce qu'il nous raconte, ce qu'il veut nous faire passer, ce qu'il nous dit, pourquoi. Pourquoi ? Pourquoi ces histoires, pourquoi ces destins croisés sans réels liens, pourquoi cette mise en scène épileptique quand elle n'est pas nécessaire, pourquoi ne pas faire simple, pourquoi ne pas chercher une émotion juste et pourquoi aller tout le temps vers une sorte de surenchère facile (de mise en scène, de scénario), qui tombe dans une sorte de caricature d'un cinéma pseudo magnifique ? C'est dommage, car on sent le potentiel derrière. Bien caché, là, quelque part.
    Extremagic
    Extremagic

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    2,0
    Publiée le 29 juillet 2015
    Wong Kar-Wai avec moi c'est coup-ci coup-ça, autant j'adore certaines choses, et certains de ses films, autant d'autres c'est à la limite de l'ennui malgré de très bonnes choses. Là je dois dire que j'ai été assez déçu voire même plus que d'autres, parce que même si je ne me suis pas profondément ennuyé, j'ai trouvé que c'était plus simple, facile, caricatural (?). Alors comme d'hab il y a un excellent sens du cadre, de la photo, même si la mise-en-scène a trop a bougeotte pour pas grand chose. La musique aussi apporte pas mal même si c'est pas aussi magistralement utilisé que dans Chungking Express. Ses personnages hauts en couleur m'ont beaucoup moins plu dans ce film. Ils sont intéressants mais trop unilatéraux et antipathiques. Non c'est pas la catastrophe non plus c'est qu'il y a largement mieux dans sa filmographie. Même si les plans en moto sont magnifiques surtout quand on la suit de loin, à grande vitesse avec cette route curviligne...
    weihnachtsmann
    weihnachtsmann

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    2,0
    Publiée le 18 août 2021
    Ok il est vrai que le style fait tout mais ce film me fait penser au tournant des années 2000 pour la mieuse en scène des opéras. Il fallait faire décidément autre chose. Et même si parfois il valait mieux fermer les yeux et écouter la musique, on avait le droit à tout et n’importe quoi.
    Là c’est une avalanche de prises de vues au service d’une histoire plutôt incompréhensible.
    Je crois que je me suis arrêté au noir et blanc dans le bar à la moitié.
    Moorhuhn
    Moorhuhn

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    3,0
    Publiée le 31 mars 2013
    Une déception. J'en attendais beaucoup de ce premier Wong Kar-Wai, j'ai apprécié sans plus car une tenace impression de superficialité m'a envahi pendant et après le visionnage de ce film. Pourtant il y a une chose qui m'a beaucoup plu dans ce film c'est son atmosphère nocturne. L'ambiance est particulièrement plaisante, bien rendue grâce à des jeux de lumière très appréciables. Mais la mise en scène dans sa globalité m'a gêné. Ca m'a gêné dans le sens où j'ai trouvé que WKW en faisait trop. Trop d'effets tourbillonnants,trop d'effets clipesques, trop d'images trafiquées... Je regrette amèrement que le cinéaste ne se soit pas contenté de quelque chose de plus sobre. Si je ne nie pas qu'il y a parfois de belles trouvailles et que l'ambiance reste particulièrement délectable, je pense que dans la grande majorité du film ce n'était pas nécessaire de trouver ces quelques instants épileptiques (notamment avec le tueur) et ce côté trop tape-à-l'oeil. Pour autant il y a quelque chose de poétique qui se dégage de ce film, ces âmes perdues qui se croisent et s'entrecroisent je trouve ça beau. Mais le procédé technique m'a paru artificiel et m'a plutôt gonflé sur la durée.

    Malgré sa structure de film choral, j'ai trouvé aussi qu'il y avait un déséquilibre au niveau des personnages. Les passages avec la fille à perruque m'ont ennuyé. Ca reste personnel sur le coup, mais j'aurais préféré que le personnage de l'associée du tueur soit plus développé. D'autant plus qu'elle est magnifiques à en pleurer. Le traitement des personnages m'a paru superficiel, j'avais cette triste impression que WKW survolait son sujet, ne prêtait pas attention à ses personnages. J'ai trouvé ça froid malgré la touche poétique de certains passages comme le Jukebox ou encore une scène de masturbation féminine. Là où ça pourrait paraître vulgaire chez certains, j'ai juste trouvé ce passage très beau.
    Mais dans l'ensemble, mon avis reste teinté d'amertume. Je n'ai pas su saisir là où WKW voulait en venir. Peut-être aurais-je dû démarrer par Chungking express dans la filmo du réalisateur, c'est prévu que ce soit mon prochain d'ailleurs, mais en tout cas je me suis senti désarçonné et rarement impliqué dans le film malgré la tristesse ambiante de certains passages. Je pense le revoir un jour, avec plus de bagage chez WKW mais pour le moment je reste amer face à un film que j'aurais aimé adorer vu l'ambiance et le sujet. Dommage, je reste quand même assez confiant pour le reste des WKW qu'il me reste à voir.
    loulou451
    loulou451

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    4,0
    Publiée le 8 mai 2010
    Mise en scène étourdissante, bande son à couper le souffle, acteurs convaincants, une fois encore Wong Kar-Wai montre qu'il est un des réalisateurs les plus doués de sa génération. Certes, l'histoire est jalonnée d'invraisemblances, de clichés parfois, mais on se laisse chahuter et bercer par l'indescriptible poésie de l'ensemble. Un beau film.
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