Bahman Ghobadi dénonce les manoeuvres totalitaires de son pays qui refuse de laisser les jeunes vivre librement. A travers ce film, on suit le parcourt de ces jeunes musiciens qui espèrent monter un groupe de musique underground. Mais les autorités Iraniennes sont d'un autre avis. Tel un docu-fictionnel, Les Chats persans (2009) délivre de très beaux moments, entachés hélas par une triste réalité, la sévérité du gouvernement.
Quelques semaines après le très beau A propos d'Elly, voici une autre vision de la jeunesse iranienne. Cette fois une jeunesse passionnée de musique qui fait tout pour vivre cette passion, jusqu'à vouloir fuir le pays pour la vivre pleinement. Le film est en deçà des attentes que la bande-annonce pouvait laisser espérer. Le tout fait preuve d'une belle énergie mais le film tourne malheureusement un peu en rond. L'histoire se répète. Rechercher des musiciens, écouter des groupes, crapuhutages dans la ville ou les alentours, échapper à la police...la même scène reprise à l'infini. Le scénario fait preuve d'un certain manque d'imagination. Reste une mise en scène sympathique mettant en valeur de jeunes acteurs talentueux. La bande-son est est plutôt bonne. De belles images de Téhéran. Mais cela reste traité superficiellement à mon goût. Les personnages ne sont pas vraiment attachants et l'histoire pas vraiment passionnante même si elle est inspirée de faits réels. La fin est un peu confuse et on reste un peu sur sa faim. Au final un petit film annodin alors que ça aurait pu être beaucoup plus fort.
Je n'aime pas ça, mais je suis obligé de débiner un film courageux, sympa, tout ce que vous voulez, mais qui m'a vite ennuyé ! En fait, depuis le début, ce film, je ne le sentais pas ! Déjà à Cannes, je l'avais évité. Présenté dans la sélection "Un certain Regard", ce film y a obtenu un prix spécial du Jury. Puis, il y a 10 jours, au dernier moment, je n'étais pas allé le voir. Et puis là, j'ai craqué ! Et bien, j'aurais mieux fait de rester à la maison. Certes, on y apprend des choses intéressantes sur l'Iran. Certes, malgré la séquence rap et la séquence techno, les musiques qu'on entend sont plutôt de bonne facture. En fait, le problème que j'ai rencontré est purement cinématographique. Je sais bien que le film a été réalisé dans des conditions très difficiles mais cette tournée des lieux underground dans lesquels se construit la musique rock en Iran fait très artificielle, les dialogues sonnent faux et puis, et puis surtout, la façon d'accompagner les séquences musicales par une succession de plans dont aucun ne dépasse la seconde m'a vite été insupportable. Reste, malgré tout, le côté documentaire !
Exposant le quotidien de musiciens en Iran désirant quitter le pays pour se produire à l'internationale, "Les chats persans" brosse un portrait de la société iranienne à travers ses vices (loi liberticides, corruption de la police, drogue,...) sans oublier néanmoins les points positifs comme la solidarité, l'amour de la musique et une volonté de cette jeunesse de s'opposer à un régime autoritaire. Pour développer ces thèmes, Bahman Ghobadi choisit une approche légère avec une touche d'humour mais sait aussi se faire sèrieux comme nous le prouve la fin. A travers des mini-clips musicaux s'encastrant parfaitement dans l'intrigue, le réalisateur nous expose la scène underground persane (rock indé, rock folk, musique traditionnelle, blues, métal,...); une scène de qualité mais peu connue. "Les chats persans" font incontestablement partie de ces films qui nous font voyager et passer un agréable moment.
On louera le sens de la rupture de ton chez un cinéaste jusqu’à présent cantonné au registre dramatique. Aux niveaux visuel et sonore, l’œuvre regorge d’une belle énergie (montage captant la fuite incessante de personnages craignant d’être démasqués, flous enveloppants accentuant la sensation d’oppression et de terreur). Même si certains passages n’évitent pas le pêché mignon de l’esthétique vidéo clip et de la compilation de morceaux couvrant les différentes mouvances musicales, on ne saurait rester insensible à cette hymne à la jeunesse et à l’Art, véritable pavé dans la mare de l’obscurantisme et de l’intolérance.
Un film qui a eu un gros succès d’estime, sûrement car il expose de très bons sentiments. Un groupe de jeunes s’obstine à vouloir faire de la musique moderne (rap, rock) en Iran, et, comme on peut le deviner, par la faute d’un régime totalitaire, c’est très compliqué (et c’est un euphémisme !) Malheureusement, on ne décolle guère de cette donnée de départ et le récit devient vie monotone, malgré - paradoxe - une mise en scène nerveuse et efficace. Mais c’est bien la seule qualité de ce film, finalement un peu décevant et qui montre que les bonnes intentions ne suffisent pas toujours…
Pour le régime islamique iranien, la musique est impure puisqu’elle procure gaieté et joie. Alors, quand il s’agit de monter un groupe d’indie rock, on imagine bien toutes les difficultés auxquelles les apprentis musiciens peuvent être confrontés. D’ailleurs, au début du film, Negar et Ashkan sortent de prison, et la plupart des musiciens qu’ils rencontrent ont eu maille à partir avec les nombreuses polices du régime.
Du coup, la musique se joue dans les caves, sur les toits, dans les étables ou les immeubles en construction, et la formidable énergie doublée d’une envie de liberté que dégagent ces musiciens s’oppose au carcan des autorisations délivrées au compte-goutte en vertu de règlements absurdes, comme celui qui interdit une chanteuse soliste mais autorise trois choristes. On comprend mieux pourquoi le livre de chevet de Négar est La Métamorphose…
Bahman Ghobadi nous permet de découvrir un des aspects du bouillonnement de la vie culturelle underground à Téhéran, celui de ces nombreux groupes qui se développent dans tous les styles : hard rock, blues, rap ou world music. Mais il aborde aussi une question qui le travaille depuis deux ans, et l’échec de son précédent projet, « 60 seconds about us » : la problématique de savoir s’il est encore possible de créer en Iran, et donc la question de l’exil.
Après les premières années du régime des mollahs où n’étaient autorisés que des films de propagande, le système de la censure s’est sophistiqué en imposant un code islamique interdisant de montrer une femme non voilée ou maquillée, des contacts physiques entre hommes et femmes ou des personnages portant une cravate. Progressivement, les cinéastes ont réussi à contourner ce code, et dans des films comme "Hors Jeu" de Jafar Panahi ou "A propos d’Elly" d’Asghar Fahradi, les personnages, et notamment les personnages féminins, montraient une liberté de comportement bien éloignée du dogme religieux.
Le pouvoir a manifesté alors une certaine ambigüité, autorisant ces films à aller récolter les prix dans les grands festivals, mais limitant leur sortie à quelques salles en Iran. Afin de ne plus avoir à finasser avec la censure, et parce qu’il savait que ce serait son dernier film iranien, Bahman Ghobadi a choisi de tourner "Les Chats persans" dans la clandestinité, jouant à cache-cache avec la police comme les héros de son film.
Tourné en numérique et sans éclairage, son film présente une forme éclatée, entre documentaire, fiction et clip, commençant dans une tonalité réaliste prononcée pour se finir dans une dramatisation symbolisée par un dernier plan de Negar, filmée pour la première fois tête nue, comme une annonce de ce qu'il pourra filmer en exil.
Filmé clandestinement, Les Chats Persans est assurément une oeuvre très rock n'roll qui incarne les aspérités d'une génération bâillonnée dans un pays où la liberté d'expression et l'art sont vus comme des ennemis. Au delà d'une approche documentaire et d'une interprétation très juste, le film est doté d'une bande son incroyablement riche, crée par les musiciens et groupes du film qui jouent leur propre rôle (dans une fiction cependant). La conclusion est certes pessimiste mais reflète bien cette quête désespérée d'une échappatoire qui malheureusement aboutit difficilement dans un tel pays.
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3,0
Publiée le 28 février 2012
On n'a tous plus ou moins une vision prèconçue de l'Iran pourtant le grand pays est tout autre dans le film de Bahman Ghobadi! D'une modernitè souvent ètonnante, construit sur une sorte de contradiction qui frôle parfois la schizophrènie, "Les chats persants" nous raconte la dèmarche de Ashkan et Negar, deux jeunes musiciens qui dècident de monter un groupe! Le problème, c'est que nous sommes à Tèhèran, où tout ce qui peut ressembler de près ou de loin à la musique occidentale dècadente est totalement prohibèe! Pour nos deux artistes, la seule solution c'est se produire en Europe mais pour cela, il faut de l'argent et des passeports! Tournè clandestinement, "Les chats persants" illustre bien la volontè de rèsistance, d'une jeunesse iranienne qui devait se soulever quelques mois plus tard lors de la rèèlection truquèe du prèsident Ahmadinejad! Un propos intolèrable pour le règime Ademola, terrifiè pour ses moins de trente ans, qui reprèsente 70% de la population du pays! Ce qui explique pourquoi "Les chats persants" valu à Bahman Ghobadi de devoir prendre la route de l'exil dès le retour de la prèsentation de son film à Cannes! A noter l'excellente B.O dont la chanson formidable "Dieu rèveille toi, j'ai à te parler" qui en dit long sur son pays...
Nul doute que s'il y a bien un sentiment qui prédomine après la vision de ces "Chats persans", c'est bien la sympathie. Sympathie du propos bien entendu, mais aussi de l'engagement et de la sincérité de l'entreprise qui, mine de rien, sont tout de même assez admirables. Quel dommage toutefois que ces mêmes qualités ne provoquent quasiment aucune passion chez le spectateur, qui n'est lui pas loin de l'ennui à plusieurs reprises. Car Bahman Ghobadi a tout de même la facheuse tendance à oublier de nous raconter une histoire, semblant penser que son "simple" engagement vis-à-vis de la musique suffira à nous transcender. Reste que certaines scènes n'en demeurent pas moins particulièrement fortes et que la l'enthousiasme communicatif de certains personnages valent vraiment le détour, d'autant que le dénouement particulièrement inattendu nous laisse au final sur une impression plutôt positive... Pas de grand film en vue donc, mais une oeuvre toutefois suffisamment digne d'intérêt pour que l'on daigne la découvrir sans regrets. Honorable.
Ce film est intéressant à plus d'un point. Les acteurs, parfaits dans leur rôle respectif démontrent avec force conviction les difficultés de leur vie quotidienne et leur combat pour accéder à la liberté ! Tous mes voeux les accompagnent !
Le premier intérêt de ces "Chats persans" est musical. Les oreilles sont en effet dorlotées par du bon son, et l'on découvre quelques morceaux sympatoches, particulièrement "Human Jungle" de "Take it easy hospital" (à écouter sur la page myspace du groupe) ou le clip rap "Ekhtelaf"... Le film ne se résume toutefois pas à sa bande originale efficace, puisqu'il séduit également par son ampleur dramatique.