Revoir Independence Day aujourd’hui, c’est un peu comme ressortir un vieux jouet en plastique : objectivement, c’est kitsch, bruyant, pas très fin… mais émotionnellement, ça marche encore. Et très fort.
À l’époque, c’était le sommet du cinéma catastrophe : des aliens géants, la Maison-Blanche pulvérisée (plan gravé à vie dans la rétine), des discours patriotiques en roue libre, et un casting qui semblait avoir été choisi pour représenter l’Amérique entière dans un seul film. Aujourd’hui, on voit surtout un scénario qui tient avec du scotch, des personnages écrits à gros traits, et une naïveté confondante… mais franchement, quel plaisir.
Tout est excessif, assumé, sans ironie. Les aliens sont méchants parce qu’ils sont méchants. Les humains gagnent parce qu’ils sont ingénieux (et parce qu’un virus Windows 95 suffit à faire tomber une civilisation intergalactique). Et le président des États-Unis est aussi pilote de chasse, philosophe et motivateur de troupes à ses heures perdues. À l’époque, ça passait crème. Aujourd’hui, c’est involontairement hilarant… mais toujours efficace.
Will Smith est au sommet de son charisme, Jeff Goldblum joue Jeff Goldblum avant que ce soit un mème, et Bill Pullman livre l’un des discours les plus excessifs de l’histoire du cinéma, quelque part entre Shakespeare, Super Bowl et spot de recrutement de l’US Air Force. C’est ridicule ? Oui. Iconique ? Absolument.
Alors non, Independence Day n’est pas un grand film. C’est un monument de cinéma pop, un condensé d’optimisme des années 90, une époque où on croyait encore que l’humanité pouvait s’unir face à une menace commune… et que tout problème se réglait avec un bon one-liner et une explosion bien placée.
Le revoir aujourd’hui, ce n’est pas chercher de la subtilité ou de la cohérence. C’est replonger dans une époque où le cinéma savait être grand, bête, spectaculaire, et sincère dans son absurdité. Et parfois, franchement, ça fait du bien.
Un plaisir coupable ? Peut-être.
Un plaisir tout court ? Clairement.