Un très grand Woody Allen , en noir et blanc somptueux, majestueux. Classieux . Il y a tout d’abord cette manière de filmer Manhattan, sur la musique de Gershwin , des brumes au soleil levant , des gris anthracites, des clair- obscurs, des noirs Soulagiens, des plans sur les gratte-ciel , sur Central Park au crépuscule, et les ponts de Brooklyn. Le plus bel hommage rendu à cette ville , par le cinéma.
Et puis bien sûr les personnages, on est au summum de la 2eme période de Woody Allen. Il se raconte, il raconte ses amours ratés par personnage interposé, sa crise existentielle. Ici le héros, qui écrit des scénarios ; navigue entre plusieurs relations amoureuses. Il a rencontré une très jeune fille de 17 ans il est très amoureux, (la belle Mariel Hemingway , assez taiseuse, elle fait le job mais ne fera pas une grande carrière) mais si il sait que cela n’est pas raisonnable, il doute, n’y croit plus, puis il rencontre et s’éprend d’une femme mature plus « challenging » , indépendante, féministe, brillante, mais désabusée, qui ne croit plus à l’amour (excellente Diane Keaton, quelle grande actrice).
Il y a un quatuor amoureux qui se crée incluant son meilleur ami. Chassé croisés amoureux, changement de partenaire, on est dans un marivaudage contemporain, où le psychanalyste n’est jamais bien loin, De très beaux dialogues, avec toujours une angoisse existentielle forte pour un film majeur .