Dersou Ouzala
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ProjecteurTemporel
ProjecteurTemporel

1 abonné 58 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 mai 2026
Sous ses allures de récit contemplatif, Dersou Ouzala déploie une réflexion d’une rare finesse sur l’effacement progressif des civilisations primitives face à la rationalité moderne. Kurosawa sublime les immensités sibériennes par une mise en scène presque panthéiste, où chaque élément naturel devient le prolongement moral du personnage de Dersou. La relation entre l’explorateur et le chasseur évite tout exotisme facile grâce à une pudeur émotionnelle remarquable et un sens aigu du silence. Si le rythme très étiré peut parfois émousser l’intensité dramatique, il participe aussi à cette sensation d’immersion lente dans un monde condamné à disparaître. Un film profondément humaniste, à la fois crépusculaire et apaisé.
Alolfer
Alolfer

178 abonnés 1 737 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 28 juin 2025
La carrière de Kurosawa est tellement vaste ! Après l'échec commercial de son précédent film, le cinéaste japonais revient sur une production soviétique/japonaise, en adaptant le livre du même nom que le film : " Dersou Ouzala"

Ce visionnage a été un choc total ! Tant par la prouesse technique que par l'écriture de son histoire. Cette profonde histoire d'amitié est jumelé par une photographie impressionnante pour l'époque ; Visuellement, il s'agit d'un des plus beaux films de l'histoire du cinéma. En outre, la réalisation de Kurosawa est extrêmement réussi ; une construction des plans, à nous faire voir la grandeur des décors de la Russie de l'est. Particulièrement, son histoire est absolument chamboulante. Entre poésie et dramaturgie, c'est un récit émouvant, d'une des plus belles œuvres sur l amitiés. Deux personnages différents dans leur manière de vivre, trouvent en eux même, un respect mutuelle entre la sédentarité et le nomadisme. C'est également un film sur la vieillesse qui prend tout son sens à sa fin.

Après ces 2h30, on ressort de ce visionnage bouleversé tant par l'esthétique que par le scénario. Un grand film de Kurosawa
Charlotte28
Charlotte28

203 abonnés 2 829 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 19 mai 2025
Apologue d'une simplicité existentielle qui permet une harmonie respectueuse avec la nature, l'intrigue sombre pourtant dans l'écueil qu'elle devrait vouloir éviter, à savoir transformer cette forme d'innocence en simplisme puisque Dersou dépérit soit à cause d'une malédiction primitive soit par crainte de celle-ci. En outre Akira Kurosawa évite le sublime, la majesté du paysage s'effaçant devant sa dangerosité, ses pièges, sa létalité. L'ambiguïté du personnage éponyme surprend d'autant plus que le narrateur confère un caractère fort sur explicatif au récit, la voix du topographe (distingué Yuri Solomine) commentant sans nécessité les actions du mongol, l'évolution de l'expédition ou mêmes certaines ellipses temporelles! Même si ce procédé rappelle le caractère historique du propos, il le dessert et renforce l'ennui procuré par un rythme ronronnant où l'émotion se cache sous la froideur de la taïga. Maladroit.
Laurent
Laurent

13 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 5 mai 2025
Quel film! Qui frôle la perfection. L'histoire rare d'une 'amitié entre deux personnages que rien ne semble devoir rapprocher au milieu de la nature superbe et hostile de la Sibérie.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 1 avril 2025
Ce qui est génial avec Dersu Uzala c'est cette façon d'avancer avec nos personnages et de s'en attaché comme si on avait fait partie de cette ode à la vie.

Dans un premier temps déboussolé dans ce récit flou et cette forêt immense, Dersu vient partager son humanité à ces soldats désinvoltes.

Plusieurs plans mémorables et fabuleux, dignes de tableaux comme celui qui regroupe la lune et le soleil.

Une communion avec la nature grâce à un véritable modèle, même si je ne peux m'empêcher de voir l'inspiration provenant de Jeremiah Johnson, l'histoire est bien différente.

Akira Kurosawa offre une amitié fabuleuse, flirtant même avec la romance tant la relation est forte et complémentaire.

Belle leçon de vie et d'humanité, avec une esthétique toujours impeccable chez le réalisateur.
inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

91 abonnés 4 230 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 3 mars 2025
Ce beau film d'Akira Kuroawa relate la rencontre, au début du siècle, entre un officier de l'armée russe et un chasseur golde, et l'amitié indéfectible qui unira les deux hommes. Dersou Ouzala -c'est le nom du second- est un chasseur solitaire qui vit, ou survit, dans une taïga magnifique et hostile, et qui devient le guide du capitaine Arseniev en mission de topographie dans des contrées encore inexplorées.
On peut tout aussi bien considérer le film de Kurozawa comme un simple film d'aventures au regard des péripéties et périls auxquels l'expédition d'Arseniev est confrontée au coeur de la forêt que comme un conte philosophique, qu'il est nécessairement compte tenu de la dimension et de la signification de Dersou Ouzala.
Face au capitaine russe et à l'expansion de la civilisation qu'il incarne, Dersou figure l'homme d'instinct dont l'expérience et la connaissance de la nature font de lui, outre un guide salutaire pour le petit groupe d'Arseniev, un homme parfaitement intégré à son milieu, le dernier probablement à savoir composer avec son environnement.
Et le regard que Kurozawa porte sur ce personnage si attachant semble déjà regretter la perte pour l'humanité que sera celle de Dersou, que son osmose avec la nature élève à la qualité d'humaniste et d'écologiste avant l'heure. Son aventure commune avec l'ami Arseniev se déroule ainsi, dans le silence d'un taïga farouche dont le cinéaste explore toute la diversité de paysages, de couleurs et d'expressions saisonnières.
Fêtons le cinéma

849 abonnés 3 658 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 27 février 2025
Magnifique adaptation d’un classique de la littérature russe tout aussi magnifique, Dersou Ouzala témoigne, s’il fallait encore le prouver, de l’hybridité virtuose du cinéma d’Akira Kurosawa qui accède par des conditions de tournage difficiles au dépouillement narratif nécessaire à l’amitié naissante puis confirmée entre les deux protagonistes : équipe réduite (quatre collaborateurs) dans un pays étranger (l’Union soviétique) pendant un an et demi. Loin de la stylisation de chaque plan qui fit, par exemple, la splendeur de Rashōmon (1950) ou de Shichinin no samurai (1954), soucieux de faire naître une histoire des personnages et non de les réduire à l’incarnation de rôles dans une histoire déjà écrite – c’est peut-être là la différence majeure avec les chefs-d’œuvre précédemment cités –, il privilégie l’image brute comme un documentaire pourrait la capter, donnant l’impression que la caméra suit voire recherche ses voyageurs engagés dans une marche dont la destination demeure incertaine, puisqu’il s’agit pour le topographe russe de recenser les terres encore inexplorées de la vallée de l’Oussouri, et pour le nomade hezhen de vivre en harmonie avec la nature. Cette esthétique de la spontanéité, construite par un sens du cadre et par une photographie somptueuse, ne nuit aucunement à la beauté des paysages captés : elle se subordonne aux spectacles offerts par l’environnement ainsi qu’à la puissance de la relation qui l’unit à l’homme.
L’élaboration du film en deux parties place d’emblée Vladimir et Dersou sur un pied d’égalité : chacun affronte un microcosme qui n’est pas le sien, qu’il s’agisse de la nature impétueuse pour le premier ou de la ville étouffante pour le second. C’est néanmoins l’effet de cet affrontement symbolique qui diffère : le Russe doit s’acclimater et retrouver un lien originel perdu avec la nature ; le Hezhen, lui, subit une lente mais certaine spoiler: descente aux Enfers
à mesure qu’il se dénature, comprenons qu’il perd son rapport premier à la nature, finissant « désarmé » devant elle au moment de son retour. Se jouent ici les puissances antagonistes des « forces établies », celles de la nature et de la culture, sans que cette distinction n’ouvre sur la dichotomie du sauvage et du civilisé : la simplicité, l’esprit de conversation, le respect et la fraternité triomphent, démantelant en partie le mécanisme tragique qui aurait sinon réduit les protagonistes à l’état de cobayes d’une expérience anthropologique. Là réside tout l’humanisme d’un immense cinéaste.
Kymani Alger
Kymani Alger

38 abonnés 547 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 19 août 2024
Kurosawa a toujours été un amoureux de la nature et il le montre très bien dans ce film . Découvert hier grâce à la rediffusion ugc , je suis cependant déçu car je n'ai pas reconnu le style de Kurosawa ( niveau mise en scène) et puis j'ai trouvé le film très/trop simple, même beaucoup trop simple ! J'ai même parfois eu l'impression de voir un documentaire sur national géographic ! Mais les deux personnages principaux ont une belle alchimie, le personnage de Dersou Ouzala est très touchant et est d'ailleurs d'une immense pureté. J'ai beaucoup aimé la partie avec [ Spoiler] Dersou qui est en ville ( il est beaucoup trop pur pour notre monde ) . [ fin du Spoiler] La fin du film est très belle comme sa photographie d'ailleurs ! Il faut quand le voir pour sa culture 3/5.
capirex
capirex

186 abonnés 791 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 16 août 2024
Magnifique et excellent film d'Akira Kurosawa , son premier long-métrage qu'il réalise hors du Japon et en langue Russe , tournée en décor naturel et en pellicule 70 millimètres .
Ce film qui se déroule sur une période de 10 ans est présenté en deux parties: la première se déroule durant l’automne et l’hiver 1902, la seconde cinq années plus tard .
Le film raconte l’amitié sur dix ans entre un explorateur et son guide , Dersou Ouzala , chasseur autochtone de la taïga .
D’une beauté inouïe – crépuscules rougeoyants , plaines enneigées , lac gelé c'est là une œuvre splendide de Kurosawa !
Criticman17
Criticman17

11 abonnés 282 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 29 juillet 2024
Dersou Ouzala est un film très touchant où l'on voit une amitié très forte qui se crée entre Vladimir Arseniev, officier-topographe et Dersou Ouzala un chasseur qui connait parfaitement le territoire en Russie orientale. Les points forts du film sont évidemment l'amitié qui est très forte entre les deux personnages principaux et les valeurs des deux personnages qui s'apprivoisent chacun l'un sur l'autre avec d'un côté l'intelligence et le côté homme à tout faire de Dersou Ouzala dans ce milieu naturel hostile et de l'autre la droiture et la sagesse du capitaine Vladimir qui s'ouvre à Dersou avec respect et complicité. L'autre point fort c'est cette réalisation d'Akira Kurosawa qui est sur la bonne distance et qui nous touche par cette simplicité mis en avant et cette nature présente puissante et belle. Un film à voir absolument.
Léo Peteytas
Léo Peteytas

26 abonnés 127 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 24 juillet 2024
Au fin fond de la toundra, nulle part, en plaine ou dans les plus sombres et enchevêtrés sous bois, Arseniev, à l'écart de toute forme de "civilisation", chemine aux côtés Dersou Ouzala, juste Dersou, le, Dersou. Histoire vraie d'une rencontre entre un topographe bienveillant, ouvert d'esprit et passionné de nature, et un chasseur Golde, minorité Toungouse, le film de Kurosawa est un magnifique hommage à leur amitié et cette nature souvent austère, dure, dangereuse et magnifique qu'ils ont affronté ensemble, des années durant. Pas de sentiment d'évolution dans ce métrage très contemplatif, s'intéressant au voyage dans son quotidien, et à ses aventures. Des valeurs ; de la marche en toutes saisons, de partout et nulle part, souvent par un temps épouvantable bravé, non sans courage, par les deux amis et leurs compagnons, les soldats qui participent aux expéditions dirigées par Arseniev. A bien des égards, le lien intime entretenu par Dersou avec l'environnement et les êtres vivants - lien propre aux peuples Toungouses - est inspirant. Son respect pour toutes les formes de vies est une véritable leçon de sagesse et d'humilité, au point que chacun éprouve rapidement de l'affection pour cette force de la nature. Car Arseniev n'est pas seul à admirer Dersou. Les soldats en viennent également à apprécier leur camarade de fortune, apprennent à le respecter, lui, ses convictions, ses croyances, et son caractère. Là est aussi probablement une autre leçon pour nous autres, Homo Occidentalis. Elle engage à suivre cette voie dont nous ne devrions jamais nous détourner : Le rapport à la vie est en toutes choses, et toutes choses est en rapport avec la vie. Peut-être est-ce de cette façon que l'on pourrait tenter de "résumer" la pensée de Dersou. Tirons les enseignements de son rapport charnel avec la vie. Cultivons en les semences fertiles dans les nôtres, en nous recentrant sur l'essentiel. Ainsi, parviendrons nous, un jour, à vivre en paix.
nathalie krauze-bojman
nathalie krauze-bojman

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 29 juin 2024
Un chef d'oeuvre d'une beauté à couper le souffle ! L'incroyable beauté des éléments et des hommes. Une leçon d'humanité.
weihnachtsmann

1 617 abonnés 5 728 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 21 juin 2024
L’histoire d’une amitié entre deux peuples.
L’homme apprend l’humilité face à Dersou qui connaît si bien la nature.
C’est assez beau et ce rythme lent convient bien à cet environnement froid et éteint.
Une sorte de leçon de vie.
Peter Franckson
Peter Franckson

79 abonnés 1 342 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 mai 2024
Étonnement, le film constitue un tournant dans la carrière alors déclinante dub réalisateur japonais : son précédent film, « Dodesukaden » (1970) a été un échec financier, l’obligeant à se tourner vers un documentaire pour la télévision, « Uma na uta » (1970) sur les chevaux de course. Ces difficultés, associées à des problèmes de santé, le poussèrent même à se suicider, en vain. Nul n’étant prophète en son pays, ce sont les studios soviétiques Mosfilm qui lui demandèrent de réaliser l’adaptation cinématographique du récit autobiographique (1921), en 3 livres, de Vladimir ARSENIEV (1872-1930), officier de l’armée impériale russe et explorateur du bassin de l’Oussouri, affluent du fleuve Amour qu’il rejoint à Khabarovsk, capitale de la Mandchourie russe (annexée à la Chine par la Russie en 1858). Le film est d’une grande richesse quant aux thèmes abordés (il a remporté l’’Oscar du meilleur film étranger en 1976) : d’abord en décrivant les difficultés d’exploration, au début du XXe s, de la taïga et de la toundra, liées aux conditions climatiques (en hiver et lors de la débâcle des rivières gelées) et surtout à travers l’amitié forte entre Arseniev (Youri SOLOMINE, 40 ans) et un chasseur autochtone, Dersou Ouzala [Maksim MOUNZOUK (63 ans)], du groupe ethnique des Goldes ou Hezhens, spoiler: vivant seul, sa femme et ses 2 enfants étant morts de la variole
. Débutant en 1910 [sous le règne de Nicolas II (1868-1918)], le film est un flash-back, spoiler: Arseniev recherchant la tombe de son ami mort il y a 3 ans à Korfovsky
, et évoque leur parcours commun, à partir de 1902 puis en 1907, Derzou Ouzala, chasseur animiste ayant une connaissance parfaite de la nature et de l’interprétation des traces, ce qui lui permit de guider les militaires russes et même de sauver la vie d’Arseniev lors d’une tempête près d’un lac gelé. Le film bénéficie d’une mise en scène simple et efficace (nombreux plans fixes où les personnages évoluent dans le cadre, peu de coupes au montage) et d’une bande son mettant en valeur les bruits de la nature. Sans oublier la photographie en couleurs (10e collaboration sur 11 du Japonais Azakazu NAKAI) sur une pellicule en 70 mm et la musique du Russe Izaak SCHWARZ.
mathieu leblanc
mathieu leblanc

1 abonné 58 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 16 mai 2024
La Taïga - là où la Russie embrasse l'Asie. Un géomètre de l'armée rouge - venu en délimiter les confins. Un chasseur de la tribu Golde - qui a fait de la forêt son foyer pour rester proche de sa femme et son fils qui y ont péri. Leur rencontre - quand le second s'improvise guide du premier. Puis leur amitié sur une décennie. C'est beau comme une histoire d'amour. Puissant comme du Michel Strogoff perdu en plein blizzard... Et vous avez jamais autant flippé en regardant deux types tenter de construire une cabane.
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