Film d'animation réalisé par Christian Volckman, Renaissance est une proposition ambitieuse, une œuvre grandiose au style graphique unique. L'histoire se déroule à Paris, en 2054, et nous fait suivre Ilona Tasuiev, une jeune scientifique travaillant pour la toute-puissante société Avalon, qui est enlevée par un inconnu. L'inspecteur Karas est chargé de la retrouver, et son enquête va le ramener dans le passé jusqu'en 2006 où, à cette époque, les recherches du professeur Jonas Muller sur le génome humain et la progéria furent abandonnées alors qu'elles devaient conduire à l'immortalité. Ce scénario s'avère extrêmement prenant à visionner pendant toute sa durée d'une heure et quarante-cinq minutes. On assiste pendant tout ce temps à une intrigue intéressante qui nous tient en haleine tout du long. Celle-ci mêle les genres du polar et de la science-fiction, créant une ambiance singulière, dans laquelle se déroule des scènes d'action intenses et une enquête aux nombreux rebondissements. Le ton se veut lui particulièrement mature. L'ensemble est porté par des personnages appréciables. Des rôles prenant vie sous les traits d'une distribution comprenant Robert Dauney, Crystal Sgepherd-Cross, Isabelle Van Waes, Max Hayter, Marco Lorenzini, Jerome Causse et Jean-François Wolff, et sous les voix de Patrick Floersheim, Laura Blanc, Virginies Mery, Gabriel Le Doze, Marc Cassot, Bruno Choël, Marc Alfos, ou encore Jim Adhi Limas. Tous ces protagonistes entretiennent des rapports procurant pas mal d'émotions, soutenus par des dialogues bien écrits. Si le fond est captivant, le métrage se démarque avant tout via son aspect formel incomparable. En effet, celui-ci est entièrement en noir et blanc, hormis quelques rares détails, ce qui lui donne un cachet esthétique jamais vu auparavant. Car il ne s'agit pas d'un noir et blanc classique. Celui-ci est beaucoup plus prononcé, jouant avec les ombres et les lumières pour un résultat merveilleux. De surcroît, l'action se déroule dans une ville de Paris rétro-futuriste à l'architecture des plus inspirée. Une ville très bien exploitée qui est un élément central du récit et devient un personnage à part entière. Les protagonistes sont eux très bien modélisés grâce à la technique de la capture de mouvement, permettant de retranscrire fidèlement les gestes du corps humain. Ce visuel remarquable et mémorable est accompagné par une très bonne bande originale signée Nicholas Dodd, dont les compositions orchestrales collent parfaitement à l'atmosphère et ont un grand impact sur les images. Cette recherche effrénée s'achève sur une fin à la hauteur du récit, venant ainsi mettre un terme à Renaissance qui, en conclusion, est un très grand film et une magnifique œuvre méritant grandement d'être admirée.