Le projet de toute une vie. Voilà ce qu’est Albert Nobbs pour Glenn Close. Après avoir joué le rôle sur scène en 1982, l’actrice n’a eu de cesse d’essayer de monter le film pendant trente ans (elle est productrice et co-scénariste). Son rêve est aujourd’hui réalisé et le film est sur les écrans. Elle est venue le présenter elle-même en avant première à l’UGC des Halles (la grande classe). Au sortir de la salle, le sentiment était plutôt mitigé voir négatif. Tant de temps pour arriver à cela ! Une mise en scène tout, sauf originale, poussiéreuse et académique à souhait, un scénario tiré par les cheveux, plein d’incohérences et de non-sens (l’obstination du personnage a vouloir certaines chose alors qu’il n’en a pas vraiment besoins…), quelques scènes un peu « too much » (la plage…), un manque d'émotion… Mais…deux jours après je pense encore beaucoup au film. Finalement tout cela est-il peut être très cohérent. Le traitement correspond sans doute bien à ce que devait être l’époque et à l’histoire si elle avait vraiment eu lieu. Et puis on n’est pas venu voir Tootsie ! En y repensant, le film dure deux heures et je ne me suis pas ennuyé... La suite sur : http://lecinedefred2.over-blog.fr/article-albert-nobbs-99782467.html
Albert Nobbs possède un sujet qui pourrait être vrai au regard du contexte de fuite des irlandais durant cette période et des femmes pour survivre auraient tout à fait pu être amenées à prendre des métiers réservés aux hommes. Quoiqu'il en soit, l'histoire est passionnante et profondément touchante. L'émotion monte tout au long du film et la performance de Glenn Close est remarquable. La fin du film spoiler: est elle véritablement triste avec la mort accidentelle du héros Nobbs et des larmes vont monter aux yeux de beaucoup de personnes . Un film de tout premier plan nanti d'une exceptionnelle interprétation. A voir absolument...
Rodrigo Garcia prolifique et talentueux réalisateur de séries télé (principalement pour le network HBO) n’en n’est pas à son premier passage au grand écran. Il convient toutefois d’admettre qu’il est plus efficace et à l’aise sur le média télévisuel. Tombant souvent dans le mélo pompeux et sirupeux, ses films, à la forme et fond identiques, se répètent comme de pâles copies d’un cinéma de la série « Arlequin ». En adaptant, le livre de George Moore, on pouvait croire à une envolée différente. Hélas Garcia se complaît dans une facilité émotionnelle qui devient sa marque de fabrique, toujours à la limite de la dramaturgie sous vide et une mise en scène stoïque. En réalisant un film d’époque on aurait pensé, que Garcia pouvait échapper à ses tics de mise en scène et à cette aisance de « parler » beaucoup pour en dire très peu. Essai encore une fois manqué puisque Albert Nobbs est le parfait pendant de ses autres longs métrages (Les passagers, Ce que je sais d’elle… , Mother and Child…) ; c’est en flirtant trop avec le pathos et/ou la facilité que Garcia réalise ses œuvres cinématographiques. Et il n’en démord pas. Alors Albert Nobbs n’est pas l’objet repoussant auquel on peut croire mais une sensation douloureuse du temps qui s’écoule au ralenti se fait sentir. Chaque séquence souffre d’une longueur imperméable qu’on pourrait imputer au fait qu’il prend le spectateur pour ce qu’il n’est pas. Certes nous voulons bien croire en son œuvre mais à aucun moment le doute qu’il veut créer sur l’ambiguité identitaire des personnages ne fait acte. Malgré la prestation convaincante de l’ensemble des comédiens aucun suspens, désiré et mis en scène tel quel par Garcia, ne fait son effet. Ce qui est plutôt dommageable pour un film dont le principal sujet est là. Heureusement les comédiens, dans leur globalité, épatants, donnent une once d’indulgence à l’ensemble. Glenn Close joue ses meilleurs tours d’interprétation dont elle a le secret, sous un maquillage en forme de masque de cire. Elle reste convaincante du début à la fin, autant par son interprétation que par le jeu que son personnage impose, mimiques et gestuelles masculines en amont. A ce titre Janet McTeer s’avère également flamboyante. Autre surprise, qui devient presque une nouvelle attente dans un prochain métrage, Aaron Johnson, découvert dans Kick-Ass qui sans montrer une palette totalement séduisante pour ce qui est de jouer la dramaturgie, fait preuve d’un charisme qu’on est curieux de voir dans un autre contexte. Ainsi, seul le casting, avec Glenn Close comme pièce maîtresse, donne à Albert Nobbs l’intérêt minime qu’on peut lui porter. Hormis cela, la mise en scène longue et embourbée de Garcia saccage l’ensemble du film quand aucune émotion et histoire n’arrivent au cœur du spectateur. Pour le coup, en restant de marbre devant une telle réalisation, on finit par ressembler à Glenn Close, figée dans cette suite de séquences à la fadeur prononcée. http://requiemovies.over-blog.com/
Je suis tombé sous le charme de ce film dont l'existence est due en grande partie à Glenn Close. Sa prestation, sa transformation et son talent éclaboussent à l'écran et font oublier le scénario un peu léger. Malgré un creux au milieu du film, le final déborde d'émotions et l'histoire en devient meilleure !!
Glenn Close interprète à l'écran le rôle qui a fait sa réputation d'actrice exigeante au début des années 80 à Broadway. Une domestique qui se fait passer pour un homme depuis des années et qui cherche une compagne pour asseoir sa crédibilité. Il est évident qu'elle connaît son personnage par cœur, saisissant tous ses paradoxes et ambiguïtés et livrant une composition plus que convaincante. Pourtant, le film paraît froid (la photo donne dans les tons aciers) et dénué d'émotions. Albert Nobbs est difficilement attachant tant la raideur du visage de son interprète masque la moindre émotion. Dans le même genre, Anthony Hopkins était beaucoup plus subtile en majordome touché par l'amour dans les "Vestiges du jour". Par ailleurs, le film est relativement long alors qu'il ne s'y passe pas tant de choses. Les intrigues secondaires ne passionnent guère et font un peu clichées. Aaron Johnson est crédible mais en fait trop et son personnage est stéréotypé. Pas mal sans être totalement convaincant.
Le film, une fois la situation posée, s'enlise pour finalement se prosterner au pied de Glenn Close - très retenu Albert Nobbs. Ce n'est pas suffisant !
une histoire originale qui bénéficie d'un bon casting avec une mention spéciale pour Janet McTeer même si elle n'est pas sur l'affiche. Dommage tout de même que le scénario ne soit pas plus travaillé on pouvait espérer un film plus riche. La fin arrive tout de même à nous prendre par surprise. Si on est grincheux on pourrait s'étonner que l'homosexualité des deux femmes soit mise en relation avec les violences qu'elles ont subies...
Le film vaut surtout pour la performance de Glen Close, car côté scénario, c'est là que le bas blesse un peu. L'histoire ambigüe reste fade et sans réelle tension, dommage.
En cette fin du XIXème siècle, à Dublin dans l’hôtel Morrison tenu d’une poigne de fer par la cupide Madame Baker, c’est comme dans « le » HLM de Renaud, on y croise une pléiade de drôles d’oiseaux : Des clients dévergondés issus de la vieille aristocratie et de la grande bourgeoisie européenne, un très vieux valet de chambre aussi sourd que tremblotant, un autre davantage préoccupé à finir les fonds de bouteilles qu’à garder ses chaussures bien cirées, une soubrette ingénue prompte à se laisser conter fleurette, un arsouille un peu bad-boy dont les hormones sont en effervescence, un bon vieux docteur qui prend des tasses de whisky au petit déjeuner, etc… Mais putain c’qui est surtout blême, dans l’Hôtel de Luxe Morrison, c’est le visage cireux d’Albert Nobbs, le majordome de la maison aussi efficace que discret, qui observe tout ce beau monde de loin avec une espèce de froideur impassible et distante.
Le seul moment où il se lâche Albert c’est le soir, quand la porte de sa chambre est fermée à clé, lorsqu’il qu’il peut dégrafer son corsage qui l’enserre la journée puis compter et recompter la petite fortune qu’il a amassée sous son plancher depuis trente ans, sou après sou, pourboire après pourboire. Son rêve : Atteindre les 600 livres nécessaires pour ouvrir une petite échoppe de tabac et ne plus avoir à cacher son secret : Celui d’être une femme, car s’il était découvert, ce serait la porte, la honte, la misère assurée, à une époque où seuls les hommes pouvaient aspirer à ce type de poste.
Seulement voilà, le jour où Madame Baker impose au majordome de partager sa couche pour une nuit avec Herbert Page, le peintre en bâtiment venu ravaler un pan de mur, Albert parviendra-t-elle toujours à dissimuler sa vraie identité ???
Le principal intérêt du film, à mes yeux, c’est la très sobre performance de Glenn Close, aux antipodes de son rôle « d’ ébouillanteuse » déjantée de lapin vivant qu’elle interprétait naguère quand elle était femme fatale. Rôle presque trop en retrait à tel point qu’elle se laisserait quasi voler la vedette par le personnage d’Herbert, bien plus charismatique. L’histoire est dure et touchante mais étrangement je suis resté un peu en retrait, il manquait ce je ne sais quoi d’indéfinissable qui provoque l’empathie. Un peu trop de longueurs peut-être, ou l’impression de ne pas vraiment avancer assez vite dans la vie monotone de cette jumelle triste de Charlie Chaplin.
Pile dans le genre. L’histoire d’un homme qui n’en est pas un en réalité. Si l’histoire se déroule sans accroc, l’émotion, qui n’est pas absente, est timide. On ne sera point surpris par un récit jalonné et dont les ressorts sont du déjà vu (le format « tiré d’une histoire vraie » est parfaitement respecté). En revanche on applaudira la prestation d’une Glenn Close épatante. Le portrait social d’une Irlande en crise est assez intéressant mais un peu trop évident et manichéen. Bref, tout ça ne sent pas la révolution mais l’interprétation (de Janet MC Teer également) vaut largement le visionnage.
Très jolie film dramatique... l'histoire se passe en Irlande au 19ème siecle.Pour survenir à ses besoins, Glenn Close se fait passer pour un homme et y arrive pendant plus de 30 ans et se fait embaucher comme majordome. Elle/Il se prénomme Albert Nobbs Le personnage est peu bavard et essaye de se faire discret jusqu'au jour ou il y a des travaux dans l'hotel et Albert se voit contraint de partager sa chambre avec un autre homme. Il essaye de trouver une femme pour rendre sa vie d'homme plus crédible...et rompre peut être aussi sa solitude... Après j'avoue que dans le film, le fait que les autres ne perçoivent pas que c'est une femme et non un homme me semble peu crédible... J'ai trouvé le film bien réalisé bien que triste. Belle performance de Glenn Close.
Les films sur le travestissement féminin sont toujours bien moins drôles que ceux sur le travestissement masculin. Même le distrayant VICTOR, VICTORIA ressemblait déjà bien plus à un drame que TOOTSIE sorti la même année. Ici, Glenn Close fait preuve de beaucoup de retenue pour interpréter son rôle de serveur devant cacher sa féminité à ses employeurs. Quand elle va réaliser ne pas être à seule à devoir utiliser de ce subterfuge pour survivre dans la société phallocrate de l’Angleterre victorienne, commence alors pour elle une quête de son identité commençant par une remise en question de ses attirances sexuelles. Le fait de traiter l’homosexualité sans jamais l’évoquer ouvertement tout en restant dans les rails d’une mise en scène extrêmement conventionnelle nous entraine dans un patinage scénaristique regrettable et sans saveur.
Étonnante Glenn Close ! Porter en soi un projet depuis tant d'années et le voir sur les écrans aujourd’hui, grande récompense pour cette immense actrice. Tout dans le film peut paraître vieillot, suranné, sans relief, morne, invraisemblable et triste comme le sombre destin de son personnage central. Mais c’est avant tout un portrait de la condition féminine de certaines femmes au 19ème siècle. L’histoire reste étonnante sans tapage ni effets outranciers. Glenn Close tout à fait méconnaissable, livre ici une magnifique interprétation avec ce plus qui vient de l’intérieur. Oscar de la meilleure actrice ? Je suis pour. http://cinealain.over-blog.com/article-albert-nobbs-98265505.html