La Dernière Piste
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122 critiques spectateurs

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Nicolas S
Nicolas S

54 abonnés 667 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 24 avril 2026
La Dernière piste est un Western dans la mesure où Kelly Reichardt y raconte l'émigration vers l'Oregon d'un petit groupe de pionniers guidé par un trappeur, Stephen Meek. Mais son parti pris est d'en retirer tous les atours habituels du mythe, tous les clichés, et d'en déplacer la perspective pour la centrer sur les femmes de la compagnie--en particulier Emily-- et sur leur captif, un Cayuse dont les intentions sont l'objet de toutes les suspicions. Cela permet à Reichardt de dévoiler les dynamiques internes du groupe qu'elle représente en l'abordant par ses marges, et d'éviter toute représentation simplistes : c'est ainsi, par exemple, que le partage strictement genré des tâches et l'exclusion des femmes du processus de décision n'empêchent pas celles-ci d'avoir une contribution centrale à la cohésion de la compagniener et à sa survie. Ce faisant, Reichardt ne réécrit pas l'histoire, elle la restitue au contraire avec un souci constant de réalisme, qui donne à voir et même à ressentir concrètement, dans sa pénibilité, ce que migrer vers l'Ouest voulait dire avant la construction du chemin de fer. Pas d'héroïsme ni de grandes chevauchées donc--Meek, qui incarne cet imaginaire-là, se révèle vite être un affabulateur aussi incompétent que violent--mais le doute et la peur, la solidarité et l'espoir aussi. 
Christian RZ
Christian RZ

87 abonnés 266 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 12 février 2026
De l’art de créer un huit clos oppressant qui avance sans but précis, naviguant à l’aveugle dans les grands espaces vierges de l’ouest américain
Pascal
Pascal

254 abonnés 2 408 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 7 février 2026
Le cinéma peut être une proposition de connexion émotionnelle par le visuel mis au service de l'action spectaculaire, il peut aussi l'être par le partage de l'intériorité émotionnelle par le partage de la mémoire implicite ( émotionnelle ) du cinéaste à celle du spectateur.

C'est à cette dernière proposition que s'inscrit la cinéaste nord américaine Kelly Richards, au même titre que d'autres cinéastes artisans du slow cinéma ( Lisandro Alonso, Bela Tar, Lav Diaz, Sharuna Bartas, Pedro Costa pour ne citer que quelques noms ).

La dernière piste c'est une tranche de parcours effectué par trois couples de pionniers, au travers de l'extrême ouest américain, en 1845.

Rencontre en deux sociétés closes ( pilgrims et celle d'un indien ) incompréhension mais ouverture possible l'une à l'autre, construite sur le respect, la bienveillance et la réciprocité. La thématique présentée dans " La dernière piste " -2010- est intemporelle, inscrite dans l'histoire de l'humanité.

On retrouve la coloration marron, celle de la terre, des origines telluriques de la planète, qui renvoie à celle du caractère archaïque, originel des comportements humains, que l'on retrouve aussi comme un fil conducteur, dans le récent " The mastermind ".
ProjecteurTemporel
ProjecteurTemporel

1 abonné 58 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 mars 2026
Avec La Dernière Piste, Kelly Reichardt dépouille le western de ses mythes pour en révéler l’attente, l’incertitude et l’épuisement. La mise en scène resserrée, presque anti-spectaculaire, privilégie les visages et les gestes répétitifs, faisant du hors-champ une source constante d’angoisse. Reichardt filme la conquête de l’Ouest comme une errance opaque, où l’autorité vacille et où le doute devient moteur narratif. Le personnage de Meek incarne ainsi une figure d’autorité progressivement vidée de sa crédibilité, face à des colons contraints de réévaluer leur confiance. Un western minimaliste et profondément contemporain, qui interroge avec acuité les récits fondateurs américains.
Cadreum
Cadreum

60 abonnés 778 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 8 mai 2025
La Dernière Piste est un film où l’on avance pour reculer. Où l’horizon, au lieu de libérer, enferme. Kelly Reichardt ne filme pas l’Ouest, elle en filme la perte. Elle ne cherche pas l’Amérique, elle la questionne dans ses oublis.

Le format carré () étouffe d’emblée toute velléité d’expansion. Il n’encadre pas un territoire à conquérir, mais cerne des corps, des figures comprimées, ralenties. Le paysage, au lieu d’ouvrir l’image, la referme. Plus on avance, plus on doute de l’avoir jamais quittée.

Reichardt choisit l’abstention comme poétique. Elle retire les éléments du western comme on gratte la peinture pour retrouver la toile : la violence, le cavalier solitaire, les fusillades, le fantasme de la frontière. Ce qu’il reste, c’est le grain, la poussière, les gestes infimes, l'attente. Une femme qui regarde. Des hommes qui se trompent.

Meek, le guide, est un personnage trompeur : non parce qu’il agit, mais parce qu’il parle. Il parle trop. Il comble l’inconnu par des récits absurdes, des anecdotes coloniales déguisées en expérience. Il incarne le verbe dominateur, celui des vainqueurs de l’Histoire. Mais ici, cette parole ne séduit plus.

Et face à elle, l’Indien capturé reste muet, non pas comme un mystère à déchiffrer. Un refus de se faire traduire. Un refus d’entrer dans la fiction du colon.

La Dernière Piste n’est pas un film historique, mais un film d’archéologie : une fouille lente dans les strates du mythe américain. Reichardt ne filme pas les pionniers, elle filme ce qui les traverse : la peur, la fatigue, l’opacité de l’autre, l’ignorance crue.

Et pourtant, malgré cette austérité radicale, il y a dans ce film une beauté qui résiste. Une beauté sèche, osseuse, dépouillée, mais profondément habitée. Chaque plan, chaque regard, chaque silence porte en lui une densité tragique.

Alors oui, La Dernière Piste est bien un western. Mais c’est un western vu depuis le seuil. Depuis la marge. Depuis les silences. Un western désorienté, désarmé, qui ne cherche pas à reconquérir le genre mais à le laisser s’éteindre doucement, dignement.
Michael VR
Michael VR

10 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 2 avril 2025
La dernière Piste est l'histoire d'une errance, celle de trois familles en route vers l'ouest américain. Malheureusement les personnages ne sont pas assez développés pour que l'on partage avec eux l'anxiété d'un voyage en milieu hostile (le manque d'eau, désorientation et désaccord sur la route à suivre, menace des indiens). On avance dans le film exactement comme eux, sans savoir où l'on va. Car de scénario il n'y en a pas, comme de cartes. Ce qui m'a le plus ému dans ce film ce sont ces paires de boeufs qui font avancer les chariots sur la piste, tantôt caillouteuse, tantôt plate. On parle d'un cinéma de la réalité, et c'est vrai que la reconstitution de l'époque est très fidèle, avec ces tenues et ces ustensiles d'un autre age. Seulement, quand un enfant ramène quelques pépites d'or lors d'une pause et affirme qu'il y là-bas de quoi en remplir un seau, et qu'ils s'en vont sans même aller voir (l'or ne se boit pas); j'ai vraiment du mal à le croire. Alors Oui Kelly Reichardt aime déjouer nos attentes mais bon, c'est un peu fort tout de même. La fin du film me laisse pantois, comme lorsqu'on arrive enfin à la rivière et que l'on découvre que son lit est sec. Grosse déception pour ce film qui n'apprend rien, n'ouvre sur rien, ne dis rien de plus. Autant j'ai aimé ces film précédents, comme Old Joy, Emma and Lucy, mais là le jeu des acteurs est trop mince pour apprécier la réalisation. L'afffiche du film nous trompe volontairement, et rate sa cible. Ce n'est pas un western mais un huis-clos qui s'égare. J'apprécie la dimension humaniste du film seulement elle tient d'avantage de la posture que de la teneur. Ce film est un mirage qui s'évapore à mesure que l'on progresse.
jeanmariejuf1
jeanmariejuf1

5 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 6 mars 2024
Je n'ai rien contre la lenteur dans le cinéma, si elle est portée par de grands acteurs et un grand cinéaste. De plus, je suis passionné par les westerns.
Mais il faut bien reconnaître que cette chose, qui dure une heure et quarante minutes et parait durer trois heures, et ses acteurs particulièrement pitoyable et insignifiants, à part celui qui interprète l'Indien, est d'un ennui total.
Il n'y a rien du tout dans ces cent minutes de cinéma, rien que de l'ennui. Un grand cinéaste, avec de grands acteurs, aurait pu réaliser un grand film à partir de cette histoire, mais Kelly Reichardt n'en a fait qu'un néant, un vide abyssal.
Cent minutes d'ennui absolu. Bon courage.
weihnachtsmann

1 617 abonnés 5 728 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 2 janvier 2024
Une jolie réflexion sur la peur de l’inconnu.
L’autre est forcément différent mais faut-il en celle s’en méfier.
La route est dangereuse dans ce désert sans eau et l’indien est-il le sauveur que tout le monde espère….
Doit-on attendre que quelqu’un nous sauve ou bien ne faut-il pas le faire soi-même?
Tel est en filigrane le message du film.
Doux comme rythme et beau.
onsefaitunetoile
onsefaitunetoile

85 abonnés 1 487 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 18 octobre 2023
Un film contemplatif aux magnifiques décors, mais cela on le doit à la beauté sauvage de cette partie des Etats-Unis. On suit ces colons perdus au milieu de nulle part, ils se sont perdus, leur guide fort en parole, à l'air d'être aussi incompétent que beau parleur, et leur préoccupation va vite devenir de trouver un point d'eau. Ils vont compter sur un indien qui, la petite troupe l'espère, va les guider jusqu'à ce point d'eau.
Tout réside dans cette confiance, et le seul intérêt est de savoir si il les guidera, ou si il les mènera à leur perte. Même si tout cela est bien longuet, car il ne se passe pas grand chose, on est bien obligé de suivre cette caravane, jusqu'à son point de non retour.
Pour l'ambiance, les décors et une belle interprétation, un exercice de style de la part de la réalisatrice.
Nicolas Métrich
Nicolas Métrich

41 abonnés 738 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 28 septembre 2023
Un des westerns , le plus nul de tout les temps !
Le scénario , l' histoire n'est pas terrible , pas formidable .
Et en plus , il n' y a pas du tout d' action .
Ce western est mou , lent et ennuyant !
Que du bla bla , de la parlotte !
Mélany T
Mélany T

43 abonnés 797 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 avril 2023
La mise en scène est magistrale et le récit intelligent, singulier et passionnant. Encore un chef d'œuvre de Kelly Reichardt.
White Fingers
White Fingers

29 abonnés 1 237 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 janvier 2023
« La dernière piste » est l’antithèse du western classique. Les amateurs de gunfights et autres poursuites endiablées à chevaux en seront pour leurs frais. Le film est une ode à la lenteur où la scène d’action la plus « violente » est un chariot de pionnier qui dévalent la pente d’une colline. Une fois cette mise au point faite, « La dernière piste » est un petit bijou de film contemplatif qui s’apparente à un documentaire historique. L’histoire met en situation trois familles perdues sur les pistes de l’Oregon à cause d’un guide raciste et incompétent. L’apparition d’un Indien (« à l’esprit d’enfant ») va bouleverser ce microcosme. Le plus intéressant dans cette « déambulation » est (a) le souci apporté par la réalisatrice, Kelly Reichardt, au réalisme et à la reconstitution historique (un couple qui parle dans la nuit à la lueur d’une pâle lampe à huile, les voix, la lumière, pas d’artifices) et (b) les rapports entre les protagonistes : pas de propos outranciers malgré les tensions, les avis des uns et des autres sont écoutés, et la résilience de chacun au bord de l’épuisement. La fin est la meilleure qui soit car elle ne résout pas le problème « par magie ». Ma seule réserve, le format carré qui sert certainement à donner un sentiment d’oppression dans un large espace. J’aurais préféré, à l’inverse, qu’on insiste sur l’aspect « perdus dans des espaces à perte de vue ».
Retrouvez mon amour du Far West dans le roman WHITE FINGERS : LA PISTE SYSKIYOU - Eds VERONE - TOME 1).
Xavier Vantieghem
Xavier Vantieghem

6 abonnés 4 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 12 octobre 2022
Oui, c'est joli et intelligent mais le film semble long et si la sobriété est une qualité,trop de sobriété fini par créer de l'ennui.
soulman
soulman

140 abonnés 1 401 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 31 août 2022
"La dernière piste" donne à voir une image réaliste et pas toujours sympathique de ces migrants vers le grand Ouest, à l'époque de la conquête. Vanité, lâcheté, racisme sont des tares déjà bien présentes dans ce 19ème siècle pendant lequel l'homme "civilisé" a décidé de s'installer sur des terres hostiles, souvent vues à tort comme des eldorados, au détriment des peuples qui les habitent déjà. Le film de Kelly Reichardt ne contient pas une once de gras : il est sec et direct, comme le jeu de Michelle Williams, encore une fois parfaite.
gimliamideselfes

3 433 abonnés 4 013 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 décembre 2021
Je pense qu'on réalise difficilement à quel point Kelly Reichardt est l'une des meilleures cinéastes.

Cette Dernière piste ne déroge pas à la règle et elle sort encore une fois un petit bijou. Ce qui est formidable dans ce film, c'est qu'elle déjoue toutes nos attentes de spectateurs. Et si l'on est en terrain connu, avec un convoi qui se rend vers l'ouest pour l'installer au beau milieu du XIXe siècle, on se rend bien vite compte que ce qui est intéresse Reichardt c'est réellement ce voyage. Je veux dire que dans beaucoup de film le trajet n'est quasiment pas traité, ou alors comme une succession de péripéties, là il n'y a rien de tout ça. On voit juste des chariots avancer dans le désert, traverser une rivière et c'est un peu tout.

Disons qu'on nous propose là une vision bien loin des fantasmes de conquête de l'ouest, où les gens rêvent d'aventure... Ici ils sont épuisés, apeurés et surtout assoiffés. L'aventure, le renouveau, refaire sa vie ailleurs, c'est surtout un long et pénible voyage, lent comme une marche funèbre, où il ne se passe pas grand chose, mais où le moindre obstacle peut gravement mettre toute la mission en péril.

D'ailleurs il faut noter que le film commence au beau milieu de nulle part et finit au beau milieu de nulle part, rien n'est résolu, ce qui permet de renforce l'impression d'égarement, on ne sait jamais vraiment où nous sommes, quand nous sommes, combien de temps s'est écoulé, tout se ressemble, comme s'il n'y avait jamais la moindre progression dans leur quête.

Je dois dire que cette vision du western, ou même du voyage de manière générale, je ne suis pas certain d'avoir vu ça ailleurs.
C'est singulier et ça fait un bien fou.

Et c'est à rapprocher de l'autre qualité du cinéma de Reichardt : le calme. Chez n'importe quel autre réalisateur les gens pleureraient, s'engueuleraient, ici on a quasiment pas ça. Certes on a bien un personnage qui craque un peu, qui veut faire demi-tour, ou qui peur des indiens, mais de manière générale, tout ça se fait dans le silence. D'ailleurs les personnages sont très peu développés, il n'y a quasiment pas de dialogues, ce qui permet encore une fois d'isoler ces êtres dans l'immensité du décor et de les perdre encore un peu plus...

Alors on a quand même deux ou trois personnages qui ont une personnalité, celui de Michelle Williams, l'héroïne du film (ou plutôt le personnage principal, celle par qui on va voir cette non-aventure), mais surtout celui de Meek (celui du titre anglais) joué par Bruce Greenwood. C'est vraiment à travers ce personnage que se distille un peu le message du film, c'est l'archétype du cowboy, le mec qui a toujours une histoire rocambolesque à raconter, qui sait tout, qui connaît tout le monde, mais qui là, dans notre histoire, se révèle totalement médiocre, inutile, voire causant la perte de nos personnages. J'ai beaucoup aimé cette remise en perspective du mythe du cowboy qui a tout fait, tout vu... ça n'empêche pas de faire n'importe quoi... et là encore, c'est traité avec beaucoup de calme, ce qui permet au film de ne jamais être lourdingue dans son propos.

Et donc au contraire on va avoir Michelle Williams qui va de plus en plus s'affirmer, prendre des décisions et devenir centrale, effaçant petit à petit le personnage éponyme,même si c'est trop tard... le mal est fait... Quelle belle façon de faire d'écrire un personnage et de faire passer son discours.

Puis, il faut forcément parler de cet indien, capturé, sommé d'aider le groupe à atteindre une source d'eau (c'est d'ailleurs le seul semblant d'intrigue du film : trouver de l'eau), on ne sait pas trop ce qu'il dit, ce qu'il fait, s'il mène les voyageurs au bon endroit et on arrive à ce final, antispectaculaire au possible, nihiliste et finalement absolument glaçant. Je suis certain que beaucoup chercheront à interpréter la fin, je m'efforce de ne pas être de ceux-là, mais en tous cas une chose est sûre, c'est qu'elle est inattendue et assez sidérante... Ce qui en fait peut-être l'un des westerns les plus réalistes qu'il m'ait été donné de voir.

En tous cas, c'est à voir... C'est unique en son genre.
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