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Guillaume
155 abonnés
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1,5
Publiée le 16 juillet 2024
Comment ne pas ressortir sceptique après la découverte de cette production ? Certes quelques bonnes répliques fusent ici et là, mais l'ensemble souffre d'un manque de rythme, et l'on cherche sans cesse le fil conducteur... Un "Pulp Fiction" de classe (très) moyenne, où seule la présence de Brad Pitt tend à nous rappelle qu'il ne s'agit pas d'un film de série B...Tout au moins dans l'ambition.
Encore un thriller américain des plus décevants. Et nominé à Cannes ! Et comparé à un Tarentino ou à un Coen par quelques critiques germanopratins qui devaient avoir des dettes auprès du producteur ! Un vrai navet, visuellement pas mauvais, mais surjoué, monté sur un scénario tonique comme un loukoum, bavard, idiot, sans même une trace d’humour pour faire illusion sur l’ennui qui nous taraude. On atteint très vite le ridicule et la somnolence dans la scène du braquage et on n’en sort plus jusqu’au générique, tout en philosophant sur les effets de la crise sur le noble métier de tueur ! Eh ! Les « créateurs » hollywoodiens, vous allez vous mettre au cinéma au lieu de faire du marketing en studio !
Un polar sur fond de crise économique et lorgnant largement sur Tarantino et autres Coen. Tel pourrait être le résumé de ce « Cogan ». Malheureusement, l’histoire est des plus banales, l’humour totalement inexistant et les dialogues pompeux et prétentieux à souhait. Vous l’aurez compris, je n’ai pas du tout été charmé par ce film et me suis ennuyé régulièrement. Je ne le conseillerais pas.
Sans faire les étincelles que l’on pouvait attendre, le nouveau film d’Andrew Dominik est un polar plutôt bien troussé mis en scène avec style et aux dialogues bien ciselés distillant même une petite dose d’humour. Le rapport effectué avec la crise économique et l’élection d’Obama n’avait surement pas lieu d’être mais le cynisme et le constat que le réalisateur reste pertinent.
C'est drôle : j'ai beau ne pas avoir vu « L'Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford », au vue des critiques j'imagine que j'ai ressenti la même chose que nombre de spectateurs devant ce « Cogan : Killing Them Softly » du même Andrew Dominik. Alors soyons clairs : cela ressemble à du cinéma, la démarche est audacieuse et cette façon de brancarder l'Amérique d'aujourd'hui aussi bien à travers les discours de George W. Bush que Barack Obama a de la gueule. De plus, voir de grandes figures du cinéma mafieux tenir des rôles à contre-emploi tels que James Gandolfini et surtout Ray Liotta, ridiculisé comme ce n'est pas permis à quasiment chacune de ces apparitions, c'est toujours sympa. Encore faudrait-il que le réalisateur se soit donné la peine de raconter une histoire. Car il serait mentir d'écrire que l'on se captive pour ce récit ma foi bien peu original, certes capable de nous sortir quelques répliques réussies, mais plombé au plus haut point par un manque latent d'action. C'est simple : on a l'impression que la bande-annonce comporte en définitive plus de violence que le film en 95 minutes ! Petite consolation : les échanges improbables et plutôt savoureux dans une voiture à l'arrêt entre un Brad Pitt assez convaincant et l'excellent Richard Jenkins, ainsi qu'un monologue final tellement politiquement incorrect et percutant que l'on est pas mécontent d'être resté jusqu'au bout... Insuffisant toutefois pour faire totalement passer la pilule, la faute à un cinéaste aimant beaucoup trop se regarder filmer : une déception.
Cinq ans après l'échec du western crépusculaire "L'assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford" Andrew Dominik retrouve Brad Pitt pour un film bien différent, où le cynisme prend place pour dénoncer le monde de l'argent, message à peine subliminal pour se soulager de l'échec non mérité de son précédent film. On suit donc une multitude de personnages dans un polar sombre mais non dénué d'humour (noir). Le milieu envoie des tueurs à gage pour descendre deux pieds nickelés braqueurs de tripots clandestins et leur commanditaire. Sous couvert d'une trame assez classique le réalisateur signe un film beaucoup plus profond qu'on pourrait le croire. Tandis que l'argent est au centre des négociations entre truands, pendant que les contrats soient effectués on entend quasi non-stop les discours de Obama pendant sa semaine d'élection... Voilà le vrai point fort du film, faire un parallèle étonannt et percutant entre ce qui se passe dans les bas-fonds mafieux et le discours économique du futur président des Etats-Unis. Les mots d'auteur sortent de la bouche de Cogan comme celui d'un capitaliste fataliste mais qui ne peut se passer d'un système financier corrompu ; il est intéressant de voir la correspondance des scènes avec les discours télévisés, des coïncidences qui n'en sont pas. Le plus gros défaut reste que c'est quand même très bavard, en fait les personnages n'arrêtent pas le blabla, parfois le fond est prenant mais ajouté au discours continues de Obama c'est parfois trop. Mais ça reste un très bon film, Un polar politico-philosophique violent et ironique particulièrement intelligent.
Après son splendide L'assassinat de Jessie James par le lâche Robert Ford en 2007, Andrew Dominik était attendu au tournant. Son nouveau film arrive sur nos écrans avec une très mauvaise rumeur et un bide au box-office US. Mais il est aussi très apprécié de certains, ce qui a piqué ma curiosité. Résultat : si ce n'est pas la catastrophe annoncée, cela se regarde bien quand même et même mieux que cela... La suite sur : http://lecinedefred2.over-blog.fr/article-cogan-killing-them-softly-113361217.html
Un peu trop bavard, ce thriller sur fond de crise économique reste néanmoins prenant. Brad Pitt et Scott McNairy y sont très convaincants. On accrochera cependant davantage sur les braquages et les meurtres que sur les discussions dans une chambre ou dans la voiture.
En parallèle de la campagne présidentielle américaine de 2008, deux petites frappes braquent une partie de poker illégale. Ils sont alors traqués par Jackie Cogan, tueur embauché par la mafia. "Killing Them Softly" est le genre de film qui divise son public. Notamment, ceux qui s'attendent à un polar musclé seront déçus. Le film est posé, et surtout basé sur ses personnages et dialogues, l'intrigue de fond étant expédiée. L'intérêt de Killing Them Softly" est avant tout sa peinture cynique de l'Amérique à la sortie des années George W. Bush. En montrant un univers criminel en déliquescence, Andrew Dominik pointe du doigt la crise que traverse les USA, la déconnexion entre les élites et le peuple, ou l'absence de décision au sommet. Le tout est évoqué via des parallèles et des dialogues contenant pas mal d'humour noir, ainsi que par une photographie sombre et poisseuse. Par ailleurs, outre Brad Pitt charismatique en tueur méthodique, le film bénéficie de solides seconds rôles : Scoot McNairy et Ben Mendelsohn en petites frappes paumées, Richard Jenkins en représentant de la mafia largué, James Gandolfini en tueur décadent, ou Ray Liotta en truand pathétique. Intéressant.
Un thriller joliement stylisé distillant un peu d'humour noir et désabusé. Les dialogues sont efficaces même si le film est un peu bavard, et l'interprétation est au top, Brad Pitt en tueur gominé en tête.
Chez Andrew Dominik, l'environnement criminel ne voit pas émerger de figures réjouissantes, juste des individus dépassés et désabusés. Aucun risque qu'un seul spectateur envie ceux qu'on voit dans Cogan. Et bien qu'ils soient interprétés par de solides interprètes (Brad Pitt, Scoot McNairy, James Gandolfini ou Ray Liotta), le constat est sans appel : aucun n'échappera à la dure réalité. Au milieu de tous, Cogan bien sûr. Et même (surtout?) lui ne mérite pas d'éloges. Pour peu qu'il soit peut-être plus clairvoyant, cela ne le rend pas moins pathétique que les autres. À la sortie de Cogan, une chose m'interpelle. La constante présence du politique derrière le premier plan noir. Il propulse le film vers un désenchantement bienvenu, éloigné du panache immoral alimentant les fresques mafieuses de Scorsese par exemple. Et c'est bien le revers de son propre discours que le film se prend. L'ajout des discours politiques en arrière-plan appuie certes le message désespéré du film, mais semble également grossier tant son recours systématique n'était pas nécessaire. Cette utilisation redondante finit même par lasser, tant elle semble sous-titrer ce qui n'exigeait aucune explication. De même que le monologue final, aussi juste soit-il, amplifie d'autant ce sentiment de réflexion extraite au forceps du film. Ce qui passe soit pour de la maladresse soit de la prétention. Fort heureusement, le réalisateur reste terriblement bon dans son domaine d'expertise. Cogan regorge de très belles idées de mise en scène, et il y a de l'élégance dans la façon avec laquelle Andrew Dominik filme cette Amérique essorée par les mensonges et les espoirs déçus. Néanmoins, il me semble qu'un film comme Comancheria (Hell or High Water en VO) parvenait à de meilleurs résultats en se montrant plus subtil sur son sous-texte.
Ben... c'est vrai qu'il n'est pas indiqué film d'action, mais thriller et policier (oubliez le policier). Cela dit... c'est presque plus un film psychologique. Et il faut reconnaitre que c'est tout de même un peu mou. Brad Pitt n'est pas mauvais, mais clairement quelconque. Pour une fois, je suis d'accord avec la moyenne des critiques des spectateurs, par comparaison avec celles de la presse.
N'est pas Tarantino, qui veut. Malgré le très adaptable et séduisant Brad Pitt, tourné dans des décors post-modernes plutôt bien vus, ce film abuse de scènes absurdes figurant les mêmes bandits minables qu'on a déjà vus mille fois. L'humour grinçant est étouffé par une logorrhée politique permanente. La violence est crue et sans aucun recul. Le scénario finit par se perdre dans des méandres tellement complexes que leur fort effet soporifique finit par ne plus compenser le bruit des coups de feu et nous a plongé dans le plus grand ennui. Les images sont régulièrement bricolées pour faire plus joli, mais toujours rien d'original chez ce tâcheron Hollywoodien. Repassons-nous plutôt Pulp Fiction, voire Réservoir Dog!
Andrew Dominik n’est pas un réalisateur prolifique. Un film tous les 6/7 ans. Deux premiers longs métrages qui s’inscrivent dans une forme et une esthétique marquées, dont L’assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford, western crépusculaire, d’une beauté inouïe. On retrouve dans Cogan (Killing Them Soflty) les mêmes désirs projetés du réalisateur mais le discours sur la notoriété de son western est remplacé (en moins subtil) par celui du pouvoir de la finance. Le lyrisme de L’assassinat de Jesse James laisse place au polar et à la modernité narrative qui l’accompagne. Une modernité de propos et de forme. Cogan est un film qui prend son temps. Etendre la temporalité par un retour à une mise en scène nécessaire (importance des points de vues : de chaque personnage, à travers un rétroviseur, un masque, sous héroïne, sous alcool…) qui ramène au sens même d’une réalisation méticuleuse (scène du braquage toute en tension, lenteur et fausses pistes). Andrew Dominik ne peut distendre son propos et la manière dont il le met en scène. Il fait évoluer ses personnages dans une Amérique abattue (la crise est passée par là) dans des décors vides, proches du no man’s land. L’univers est crasseux et pluvieux, le soleil ? présent. Lors d’infimes éclaircies comme les élans de ses personnages pour se sortir de leur vie, misérable parfois, aberrante tout le temps. C’est cette touche d’absurdité qui prédomine tout au long du film. Désamorcé les notes noires du polar pour en agencer un ton plus réaliste et dénonciateur. En ça, le film se suffit à lui-même et la profusion de déclarations politiques (radio, télé) tout au long du film gâche un peu la subtilité du discours du réalisateur. Rien de gênant (la scène d’intro assène de toute façon le premier coup et indique le rythme à suivre) mais un peu moins subtile que le reste du film. Parti pris loin d’être nécessaire puisque dans une dernière séquence (qu’on ne spoilera pas) le film se résume en un dialogue culte. Certes les spectateurs plus attachés au genre seront sans doute déstabilisés par la forme et le passage en force du réalisateur mais cette mise en scène revient à mettre en avant l’importance des personnages et des dialogues. Le format du film (à peine 1h40) semble aller au plus pressé, comme le résumé d’un fait divers banal, à l’esprit choral, où la banalité d’action de chaque protagoniste semble s’évanouir dans un tout chaotique et absurde. En fait, chacun prend la place qui lui incombe et l’incohérence de chaque action apporte au film cette saveur particulière. Si le western devait avoir une filiation Cogan en serait un reflet moderne possible. Donnant un écho particulier à L’assassinat de Jesse James, la reconnaissance laissant place à la finance. Brad Pitt, fil conducteur parmi tous ces gangsters réussit comme à son habitude à délivrer une prestation magnétique et parfaite. Là où même les silences en disent autant que les dialogues. Son personnage (Cogan) est le reflet réaliste de ce que l’Amérique est devenue, statique et financière (« Don't make me laugh. I'm living in America, and in America you're on your own. America's not a country. It's just a business. Now fuckin' pay me. »), post Bush, à l’aube de la présidence Obama. Le film serait la critique moderne de ce que l’Amérique est devenue. Un pays où la violence (le film l’est, même de manière épars) est montrée comme un vecteur sur lequel les Etats-Unis se sont fondés et ce à niveau égal avec une certaine nécrose financière. Un tout qui dirige le pays vers l’immobilisme où l’absurdité utilisé par Andrew Dominik serait l’unique moyen de désamorcer la noirceur de fond. Par la précision de sa mise en scène (et de son montage), la force de son (ses) discours sous-jacent(s), Cogan résonne comme le poème noir de cette fin d’année, parsemé ça et là d’ironie et d’extravagance. Loin de son western majestueux, Andrew Dominik signe tout même le polar non-conformiste de cette fin d’année. http://requiemovies.over-blog.com/