38 témoins
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Akamaru

3 518 abonnés 4 339 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 24 juillet 2012
Thriller atypique qui nous met face à notre démission morale,"38 témoins" permet à Lucas Belvaux de poursuivre dans la veine socio-politique,tout en continuant sa fructueuse collaboration avec Yvan Attal(2 ans après "Rapt").Une nuit,dans un quartier du Havre,un meurtre dans la rue,les cris stridents d'une femme.Le lendemain,tous les riverains jurent n'avoir rien vu ni entendu.Etrange,d'autant qu'un pilote de mastodontes marins semble cacher quelque chose...Belvaux élude assez rapidement la partie polar et enquête,pour se concentrer sur la lâcheté ordinaire,la couardise qui rend incapable d'agir,le pacte implicite entre les habitants pour conserver leur tranquilité.Tout cela est très pessimiste,démoralisant,mais assez juste sur l'individualisme et l'indifférence générale en vigueur au XXIème siècle.Seul un homme,aux sentiments de culpabilité,sert de grain de sable dans le système.Yvan Attal livre une nouvelle prestation intense,quasi-mutique aux côtés d'une Sophie Quinton toute en vulnérabilité et perte de repères.Le film est trop solennel et trop dirigé,mais se rattrape avec une atmosphère au réalisme quasi-poétique et de superbes vues du Havre.Enfin,la reconstitution du crime fait froid dans le dos,et finit de révolter.Un film très fort.
Nicothrash

476 abonnés 3 343 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 24 septembre 2015
38 témoins ou comment faire d'un sujet fort un film soporifique et creux. A lire le synopsis, j'en avais l'eau à la bouche et m'imaginais déjà les scènes de lâcheté et d'interrogatoire dans une ambiance lourde. Rien de tout ça au final, des acteurs qui sur-jouent sans cesse et peu convaincants, un rythme d'une lenteur extrême et finalement un thème qui perd de sa force et de sa profondeur du fait que l'on ne peut y croire. C'est vraiment dommage car le scénario paraissait alléchant au possible. Un raté pour ma part.
Hastur64
Hastur64

269 abonnés 2 289 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 29 novembre 2012
Adapté du roman de Didier Decoin, « 38 témoins » narre les conséquences d’un meurtre sur l’appareil judiciaire, les journalistes et les personnes qui, présentes sur les lieux et donc témoins des faits, ne sont pas intervenues et pire ont nié avoir vu quoi que ce soit. Le film analyse finement, sans jamais fournir de jugement ou de réponses (laissant cela au spectateur), les dilemmes et les questionnements qui affectent les divers protagonistes du drame : policiers, procureur, journalistes, conjoint des témoins absents au moment des faits et bien entendu les témoins eux-mêmes. C’est un peu le procès de l’indifférence urbaine face aux crimes et délits qui affectent des inconnus dans notre environnement immédiat. Ce questionnement sur la responsabilité des témoins passifs (et donc aux yeux de la loi complices) est traité de façon frontale et mise puissamment en exergue durant la reconstitution des faits par la police en leur présence qui s’avère le moment le plus intense du film et pointe de façon crue et terrible les projecteurs sur l’attitude abjecte et tellement commune des témoins durant le meurtre ; la durée du crime, vraiment longue, jette un regard terrifiant sur l’ignoble de leur inaction. Mais si le film est convaincant dans l’aspect situationnel, il se montre en revanche plus faible au niveau des personnages qui ne parviennent pas à donner l’impression d’être autre chose que de froids archétypes. Cet aspect un peu déshumanisé des personnages vient entre autre des dialogues qui pour bien écrits qu’ils soient, le sont justement trop au point d’en être trop pompeux. Ils ne parviennent jamais à paraître naturels, à couler comme dans une conversation de tous les jours, entraînant une artificialité des rapports entre les individus. Le film n’en demeure pas moins passionnant grâce à un paradigme fort qui sauve d’une rigidité émotionnelle sclérosante. À voir pour faire naître un débat sur l’anonymat parfois criminel dans les centres urbains.
ned123
ned123

215 abonnés 1 774 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 12 août 2012
J'ai vu un film... qui traite de la lâcheté humaine et de l'influence que fait peser l'environnement sur ses choix et ses décisions... On ne peut qu'être touché par la retenue de chacun des comédiens. Toutefois, cette retenue frôle la froideur et la distance. Le côté gênant de ce film, c'est son aspect statique. Les dialogues font un peu trop écrit. Cela dit, ce film pose la question de la prise de conscience de ses propres réactions face à un événement qui pourraient impacter notre vie... Ce film montre bien également les liens entre la police, les médias et la justice. Ce film s'apprivoise, car il faut vraiment se donner les moyens de rentrer dedans. Bravo pour Yvan Attal pour la qualité de son jeu.
Guiciné
Guiciné

215 abonnés 1 359 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 18 mars 2012
Un film où le potentiel était énorme, hélas la mise en scène est beaucoup trop lente et les dialogues sonnent faux et sont beaucoup trop surjoués pour que le fond s'anime réellement. Quel dommage!!!!
Parkko
Parkko

194 abonnés 2 020 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 5 décembre 2012
Attention, spoilers.
Le film prend la bonne idée de proposer un personnage spectateur, c'est celui de Sophie Quinton. Elle représente le spectateur car comme lui, elle n'est pour rien dans cette histoire, elle la découvre, ressent les mêmes choses (elle est effrayée puis elle cherche à comprendre etc.) et surtout se sent également coupable, coupable car ce n'est pas 38 personnes qui sont visées mais au final l'Homme tout entier.
Je ne suis pas sûr que le film soit moraliste, c'est pas pour dire les Hommes sont tous des lâches mais plutôt pour dresser un constat très sombre de notre société actuelle.
Nicole Garcia dans le rôle de la journaliste est vraiment très bien. Le spectateur peut également s'identifier à elle, car il a envie de justice tout comme elle - tout en sachant qu'il pourrait aussi s'identifier à Yvan Attal -. Car ce que réussit très bien à faire Belvaux c'est que le spectateur est obligé de se poser la question, qu'aurais-je fait ? Si 38 personnes n'ont rien fait, suis-je si différent pour dire que moi j'aurais fais quelque chose ? C'est plutôt sur cet axe de réflexion que porte le film (et non pas sur un axe moraliste à mon avis). A noter que la scène de la reconstitution est vraiment réussie.
Après je ne suis pas fan de tout le film, je trouve qu'il aurait fallu couper des scènes qui alourdissent un récit (qui n'en avait pas besoin) et qui font parfois retomber un certain souffle. Mais c'est un film intéressant.
Eowyn Cwper
Eowyn Cwper

168 abonnés 2 041 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 9 juin 2021
Un couple, un crime, un scénario bien huilé : l'univers de Belvaux n'a pas changé depuis sa trilogie grenobloise. Pourquoi les 38 témoins n'ont-ils rien dit de ce qu'ils ont entendu la nuit du meurtre ? La fondation de l'histoire est, il faut le reconnaître, quasiment surnaturelle. J'ai vu plus d'un avis s'arrêter à son insuffisance, pourtant tout est lié : le pragmatisme policier, le cynisme juridique, la curiosité journalistique et enfin l'émotion que produit un meurtre dans ce quartier du Havre, c'est une dense machinerie narrative qui se met en place alors que l'on passe de l'enquête criminelle à une enquête psychologique sur ce trauma collectif un peu inhabituel qu'on dévoile peu à peu. J'aurais plutôt comme grief à son encontre une griseur poussée trop loin ; une forme d'apathie qui enveloppe la morale d'un linceul péremptoire et prématuré. Mais il n'empêche pas que plus rien n'est innocent quand on transforme les sentiments en paperasse.

→ https://septiemeartetdemi.com/
JCOSCAR
JCOSCAR

133 abonnés 1 100 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 1 avril 2012
38 témoins est un film qui satisfait celui qui l'a fait. Il ne se passe rien et c'est très ennuyeux. L'interprétation est très bonne mais pourquoi ?
petitbandit
petitbandit

118 abonnés 686 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 14 mars 2012
38 témoins part d'une idée originale et aurait pu être ce bon petit film subtil, aux scènes fines, aux dialogues grinçants. La condamnation de la lacheté et de l'indifférence : un thème d'actualité dans notre société violente et individualiste. S'il est servi par de bons acteurs, le scénario manque cruellement d'épaisseur et la réalisation est vide. Pas ou peu d'émotions autour de cette affaire, dialogues insipides, aucun rebondissement. On s'ennuie ferme et on bascule vide dans l'ennui. "Le mec au balcon" qui regarde chez Attal : il sert à quoi ??? un exempla parmis tant d'autres. A la fin on se dit : tout ça pour ça !!! sans compter que je n'ai jamais été au Havre mais que ce film m'a surtout donner pas l'envie de ne pas y aller... Plus sérieusement un film creux.
Cluny
Cluny

97 abonnés 593 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 octobre 2012
"38 témoins" est librement inspiré du roman de Didier Decoin, "Est-ce ainsi que les femmes meurent ?", dans lequel celui-ci revenait sur le meurtre de Kitty Genovese dans le Queens en 1964. Cette jeune femme de trente ans a été poignardée 17 fois en une demi-heure, sous les fenêtres de 38 témoins, avant que quelqu'un appelle la police. Deux semaines plus tard, un article de Martin Gansberg paraît en première page du New York Times sous le titre "Les 38 témoins du meurtre n'ont pas appelé la police". Cette affaire a donné naissance dans de nombreux travaux de psychologie sociale à ce qu'on appelle "l'effet du témoin" et qui constate que plus le nombre de témoins d'une agression est élevé, moins les chances de réaction sont importantes.
Le roman de Didier Decoin s'attachait à retracer cette histoire-là, dans le contexte précis de l'Amérique de 1964. Lucas Belvaux a fait le choix de la transposer dans un autre lieu, Le Havre, et une autre époque, la nôtre. Pourtant, on retrouve dans son scénario de nombreux éléments de l'histoire originelle : le nombre de témoins, l'intervention d'un voisin depuis sa fenêtre, la nature même du meurtre, la révélation journalistique qui oblige la justice à intervenir. Des travaux récents ont mis à mal la version initiale, prouvant que le nombre de témoins était moins élevé, qu'il y avait eu au moins un appel à la police et que Kitty Genovese était encore vivante à l'arrivée de la police. Devenue à la fois parabole et légende urbaine, c'est à cette première version, celle de Gansberg, que Decoin et Belvaux se réfèrent.
Lucas Belvaux explique ainsi son choix du Havre : "Le Havre est une ville très cinégénique. Ses rues rectilignes et ses angles droits permettent une mise en scène dramatique, avec des entrées et des sorties de scène, des plongées et des contre-plongées." Curieux que 2011 ait vu le tournage de deux réalisateurs étrangers dans cette ville, avec "Le Havre" de Kaurismäki. Si les deux films émargent bien entendu dans des registres très diffétrents, il y a aussi une petite touche d'irréalisme poétique dans certains passages de "38 témoins", comme la mise en scène très théâtrale et hiératique des obsèques de la victime.
Car si "38 témoins" bouscule le spectateur dans son confort en le poussant aux limites du malaise, c'est grâce à une grande intelligence de la mise en scène qui utilise à fond les différents outils à la disposition d'un réalisateur : des dialogues très écrits : "Les victimes laissent toujours de bons souvenirs, surtout les jeunes", "Parfois, il vaudrait mieux ne rien savoir", "Un témoin qui se tait, c'est un salaud, 38, c'est M. Tout-le-monde" ou "Je ne crois pas au pardon, je crois à la justice" ; l'absence de concession dans le jeu des acteurs, tous plus ou moins antipathiques danns leur intransigeance, que ce soit Yvan Attal, Sophie Quniton ou Nicole Garcia ; la beauté froide de la photographie et la prédominence de cadrages serrés sur les personnages ; la dimension fantastique du balai des engins de transport des containers ; et surtout le travail du son, qui nous fait entendre tous les bruits de l'immeuble : des pas, des aboiements, des discussions, la télé, histoire de rendre encore plus improbable le fait de ne pas avoir entendu la victime.
"38 témoins" est un film qui se mérite, sans concession. Il manie l'ellipse, étire les situations, introduit des enjeux secondaires comme la survivance du couple ou la responsabilité de la presse. La première partie nous laisse l'impression d'une exagération de la dramatisation : bon, personne n'a réagi, mais avaient-ils vraiment entendu, compris de quoi il s'agissait ? Et puis progressivement, le doute s'estompe, et la loi du silence qui arrangeait tout le monde vole en éclat, du fait d'un homme guidé par le remord, d'un policier écoeuré et d'une journaliste qui croit en la force de la vérité. Et le film culmmine dans la décomposition clinique de la reconstitution, orchestré à coups de talkie-walkie par des policiers-metteurs en scène qui placent les personnages devant leur resposnabilités. Laissons conclure Albert Einstein, cité par Didier Decoin : "Le monde est un endroit redoutable. Non pas tant à cause de ceux qui font le mal qu'à cause de ceux qui voient ce mal et ne font rien pour l'en empêcher."
http://www.critiquesclunysiennes.com/
weezlesanguinaire
weezlesanguinaire

90 abonnés 468 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 30 décembre 2012
Un film choc sur le thème de la culpabilité . Yvan Attal est très bon et crédible dans le rôle d un témoin clé d un meurtre qui ose avouer qu'il a vu un crime et qu'il n a pas oser témoigner ou aider la victime . Un bon film .
belo28
belo28

87 abonnés 1 130 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 16 mars 2012
Passer le premier quart d'heure du meutre (sobre mais efficace) dans la rue de Paris, passer les faux semblants de chacun, passer cette idée de faire un grand film policier. Non l'ambition de Luvas Belvaux est tout autre. C'est une fable moralisateur qui oublie le ton accusateur. On est scotché par les performances des trois comédiens principaux, saisi par la force des seconds rôle. Le climax du film (la reconstitution du meurtre) est en tout cas un des exemples forts du cinéma de demain.
ninilechat
ninilechat

84 abonnés 564 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 avril 2012
Quand je reviens à la vie civilisée après m'être passée de cinoche pendant un mois, j'ai l'impression qu'il n'y a eu que du bon pendant mon absence, qu'il y a eu dix films que je n'arriverai pas à rattraper. Il me semble qu'en mars 2012, c'est un peu du vrai: il y a eu beaucoup de bonnes sorties.

Pour moi, Lucas Belvaux est un des meilleurs réalisateurs français actuels. Tabernacle! il est belge.... ça m'étonne pas..... Sa trilogie Cavale / Après la vie / Un couple épatant était une des choses les plus fortes et les plus originales de la dernière décennie. Il sait comme personne gratter derrière les apparences de la vie quotidienne. On ne sait jamais vraiment QUI est l'autre.

Le Havre, ville portuaire. La ville-modèle-de-reconstruction-fonctionnelle. Haïe par certains architectes, encensée par d'autres. Une jeune fille est assassinée, la nuit, dans une rue du centre ville, attaquée quand elle attachait son vélo, poignardée -puis massacrée dans son couloir d'immeuble. Ses hurlements ont déchiré la nuit -que nous n'entendrons qu'à la fin du film, au cours de la reconstitution. Un premier long cri, au moment de l'agression, puis d'autres cris horribles dans le couloir. Mais personne n'a rien vu. Si: un des habitants (Patrick Descamps) a entendu du bruit (premier cri), il est allé à sa fenêtre, a aperçu deux silhouettes, en a conclu a une querelle d'ivrogne, a braillé "vos gueules", et est allé se recoucher.

Tout est en ordre. Aux ilots d'immeubles, faits au carré, tracés au cordeau, de la ville répondent les piles, faites au carré, tracées au cordeau, des containers sur le port. Là dedans le meurtre, le sang, représentent le désordre improbable, impossible.

Pourtant, un des habitants, Pierre, (Yvan Attal), est rongé par le remords. Il est pilote sur le port: sur un petit remorqueur, tout en moteur de puissance, il s'arrime aux énormes porte-containers pour les ramener à quai, les deux remorqueurs comme deux chimpanzés accrochés aux oreilles d'un éléphant pour le manipuler. Il parle d'abord à sa femme (Sophie Quinton), tout juste rentrée de voyage, qui lui conseille d'oublier. Il sait que, si quelqu'un était intervenu dès les premiers cris, la jeune fille aurait été sauvée, et décide de témoigner. L'enquête montre que trente huit personnes ont entendu les cris -sans bouger. Le procureur décide de ne pas poursuivre "une personne qui ne dénonce pas un meurtre, c'est un salopard; trente huit personnes, c'est Monsieur tout-le-monde. Que prouvera t-on? Que 25 % d'entre eux étaient abrutis par des neuroleptiques et les autres des lâches?" Didier Sandre dit cela avec son air de mépris distingué qui lui va si bien..... Mais la journaliste du Havre libre (Nicole Garcia), et surtout le capitaine chargé de l'enquête (François Feroléto) ne supportent pas que l'affaire soit étouffée -et elle éclate. Pierre est désormais le mouton noir; sa femme le quitte et le quartier ne veut plus de lui.

Belle histoire, tirée d'un fait divers, exemplaire, qui donne à réfléchir sur la lâcheté au quotidien -notre lâcheté à tous, même si elle est ici poussée à l'extrême. La ville est filmée magnifiquement, l'agitation frénétique du port, la nuit, répondant au calme extrême de ces rues résidentielles où il ne peut rien se passer...

Beau film de société, film passionnant, presque parfait, (je trouverais, peut être, qu'Yvan Attal en fait beaucoup dans le genre: visage fermé, oeil regardant dans le passé de la conscience?) Mais j'ai l'impression qu'il n'a pas extraordinairement marché, et ça me navre!
Seemleo
Seemleo

80 abonnés 888 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 mars 2012
Plus que sur l'indifférence ou la peur des témoins d'un crime, le film se focalise sur les conséquences de la "non-assistance à personne en danger", sur la culpabilité qui en découle et son pouvoir de destruction, sans pourtant donner de réelle solution. Par le biais de l'enquête policière afin de maintenir le suspens, le réalisateur dépeint par le menu cette descente aux enfers auto-alimentée (honte, colère, perte d'estime de soi) et symbolisée par les bateaux-containers du Havre lourdement chargés. La réalisation, irréprochable et le casting judicieux propulsent cette oeuvre dans la catégorie "Auteur de qualité".
Flying_Dutch
Flying_Dutch

81 abonnés 770 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 mars 2012
Le nouveau long-métrage de Lucas Belvaux s'impose par sa singularité et sa force rare dans le paysage cinématographique français.Un cadre parfait et une histoire prenante, il achemine son récit par un rythme lent mais une machine parfaitement huilé. Dans le bruit et le chaos de la mécanique, erre l'âme humaine et ses remords, ses hontes et sa culpabilité. Car la première chose que fait ce film, c'est de nous interroger nous sur la nature humaine, par plusieurs questions, auxquelles il laisse de nombreuses ouvertures. La principale ambiguïté se pose sur le personnage de Pierre, a-t-il agit par sens de la justice ou par égoïsme? En voulant s'exorciser, il entraîne avec lui 37 personnes. La loi du silence est un fléau, mais à posteriori, la condamnation des témoins semble creuse, et en cela, le comportement de Pierre vis-à-vis de la journaliste et de sa fiancée s'avère de plus en plus bornée vers la fin. Pourtant, notre empathie lui est acquise, notre sens de la justice est flattée mais Belvaux n'oublie pas de nous placer face à notre propre hypocrisie. Hypocrisie à deux niveaux: celle de ceux qui se sont tus en étant caché, mais pleurent au grand jour, et la notre qui condamnons ce comportement sans nous poser la question: qu'aurions nous fait? C'est à cette question que nous confronte le personnage du procureur, brillamment écrit. A cette réflexion de Belvaux, se rajoute un Yvan Attal bouleversant et un sens de la mise en scène exemplaire.
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