Crazy Horse fut projeté pour la première fois dans le cadre du Festival de Venise. Il fut également présenté aux Festival de Toronto (programme "Real to Reel"), de San Sebastian de New York, de Londres, de Tokyo, de Vancouver, ainsi qu'au Festival du film documentaire de Lisbonne (Doclisboa).
La filmographie de Frederick Wiseman est constituée d'une quarantaine de documentaires. Avec Crazy Horse, il signe son troisième film documentaire prenant place à Paris après deux autres volets, La Danse, le ballet de l'Opéra de Paris et La Comedie-Francaise ou l'Amour joue.
Si la notion de désir est clairement au cœur du long-métrage, le réalisateur dit avoir voulu montrer le sens différent que chacun des protagonistes lui prête. Le film repose ainsi sur un jeu de divergences entre, tout d'abord, le désir de distraction du public et le désir d'argent qui est celui des professionnels, l'émerveillement du premier et l'ennui pragmatique des seconds.
En filmant aussi bien la revue elle-même que les coulisses, le cinéaste a voulu souligner la double identité des danseuses du célèbre cabaret : "Ca me fascine que pour moi les répétitions aient été beaucoup plus sexuelles que le spectacle. Parce qu’aux répétitions, on voit des vraies filles. Elles n’étaient pas nues, pour ne pas perdre de temps, et agissent comme des femmes belles, alors que souvent dans le spectacle, avec tant de maquillage, avec les perruques, elles deviennent des objets", explique-t-il.
Après quarante ans de tournage sur pellicule de 16 mm, Frederick Wiseman a tourné son documentaire en Haute Définition, ce qui lui a permis de bien restituer l'ambiance colorée du "Crazy Horse". Lui et son chef-opérateur se sont immergés dans cette usine nocturne de fantaisie pendant onze semaines.
Frederick Wiseman dit vouloir soulever des questions par ses documentaires. Il décrit ainsi son film comme un questionnement sur "le désir, l'érotisme, la sensualité, l'artifice des femmes, le contraste entre beauté naturelle et beauté créée". Il affirme cependant que, s'il pose ces questions, son film ne les résout pas. Pour lui, la question centrale concernant le Crazy Horse reste de savoir pourquoi les spectateurs viennent voir des spectacles de ce genre.