"And the Road Warrior? That was the last we ever saw of him. He lives now... only in my memories."
L’apocalypse a déferlé sur la Terre. Dans les vastes étendues désertiques, seul compte le pétrole, unique moyen de déplacement et de subsistance. Sur les routes, Max, survivant de l’ancien monde, erre sans but au volant de son V8 interceptor.
Grâce au succès de Mad Max, film confidentiel au budget ridicule devenu un immense succès financier, George Miller a désormais les moyens de réaliser une suite ambitieuse avec The Road Warrior. Le monde au bord du chaos exploré dans le premier film s’est définitivement effondré, laissant la place à une folie totale.
Le réalisateur après s’être approprié le road movie transpose le western dans un univers post apocalyptique.
Avec son scénario issu du western classique, une communauté harcelée par une bande de hors la loi pour le contrôle d’une ressource et son personnage principal, issu du western italien, un anti héros mutique et quasi mystique venu venger les opprimés, Miller réutilise les codes d’un genre en décrépitude. Il fait de son héros le vengeur ultime, dépouillé progressivement de tous ses attachements émotionnels par la fatalité et la cruauté, il en devient un anti héros nihiliste absolu. Un héros quasiment mythologique grâce à la narration extérieure et à des plans quasi mystiques.
Miller pose aussi l’univers visuel et les codes artistiques de la saga. Un monde de récupération dans lequel chaque véhicule, chaque arme, chaque boucle de ceinture résulte d’un assemblage aléatoire. Tout est pensé, chaque personnage est stylisé, esthétisé. Pour faire régner la folie, il faut un environnement complètement fou. Ici c’est le pétrole, unique convoitise de l’homme revenu à l’état de nature, l’or noir devenant l’objet de cette guerre de chacun contre chacun.
Mad Max est aussi un pur film d’action, qui n’est qu’un enchaînement de courses poursuites extrêmement spectaculaires. Aucun effet spécial numérique rien que de la chorégraphie et des cascades qui donnent au film cet aspect organique et crédible et en font un film d’action total.
Miller poursuit l’exploration de son univers légendaire dans un film d’action particulièrement bluffant et surtout ressuscité le western, sorti de son cadre spatio-temporel conventionnel.