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4,0
Publiée le 26 février 2014
Sans vèritable protection et sans vraie famille, les enfants de la zone sud, dans la banlieue de Mexico, nous entraînent dans l'un des meilleurs films mexicains des annèes 50! ils sont plus ou moins abandonnès par leurs parents et s'organisent en bande pour survivre! Pour Luis Bunuel, la lègitimitè du plaisir l'emporte sur toute morale! On rencontre ainsi, dans la plupart de ses films, des scènes qui cèlèbrent la primautè du dèsir! Dans "Los Olvidados", une mère de famille se donne avec passion à un adolescent qui vient voir son jeune fils! De film en film, Bunuel s'acharnera à dènoncer les conceptions archaïques et mystifiantes de la religion catholique en matière de sexe! Pour lui, la religion est à la base de la plupart des refoulements et des crimes! Pour la combattre, l'amour fou est l'arme la plus efficace! Dans ses films, en revanche, les rêves sont le vèhicule inquiètant du surnaturel: le rêve de Jaibo (tant admirè par Andrè Bazin) dans "Los Olvidados" reste inoubliable et possède encore une fonction dramatique èvidente, en relation avec la psychologie du personnage! Prèsentè au festival de Cannes, c'est un essentiel de Bunuel dans sa pèriode mexicaine avec une misère pour laquelle on s'attache car filmèe de façon frontale et rèelle...
S'il y a bien une chose sur laquelle tout le monde sera d'accord à propos de "Los Olvidados", c'est qu'il s'agit d'une date relativement importante dans l'histoire de ce siècle écoulé de cinéma. Vu aujourd'hui avec un regard critique et passionné, on peut tout d'abord remarquer qu'il se situe dans la lignée (du point de vue de l'analyse sociale comme de l'idéologie) lignée des fables néoréalistes de Roberto Rossellini ou Vittorio De Sica. La principale évolution que l'on peut constater (ce qui fait l'un des intérêts du film et ne le situe pas comme une simple retranscription d'éléments déjà utilisés dans un autre contexte politico-historique), c'est qu'il n'est plus aussi direct dans la description de ses personnages et les émotions censées être éprouvées par le public et ce grâce (ou à cause de, c'est selon) de séquences surréalistes aux tendances psychédéliques assez en avance sur leur temps (on retrouvera majoritairement ce style au cours de la décennie 60). Cru et violent pour son époque, il demeure assez "coloré" dans sa façon d'aborder les choses, notamment du fait de l'utilisation de personnages tous très charismatiques et atypiques. De plus, "Los Olvidados" évite le larmoyant dans le sens où c'est un monde à part entière qui est décrit et qu'il n'y a donc pas de comparaison ou d'apitoiement possible en résultant (hormis une ouverture consciencieuse et un brin maladroite). Cependant, le combat bien/mal reste assez caricatural (on s'attache au brave gamin et on s'acharne sur le vilain méchant) et la lutte intérieure des personnages n'est pas assez approfondie. Enfin, les bavardages incessants laissent trop peu de place à la signature 100% Bunuel, poétique et souvent fantasmée. Daté de plus d'un demi-siècle, "Los Olvidados" voit défiler 75 minutes extrêmement rythmées et denses, d'où ses incontestables qualités (dans la vitesse et l'instantané) mais également ses faiblesses (car pas assez patient et presque mélodramatique par instants). A voir, bien évidemment.
"Los Olvidados" (Les Oubliés) est un film réaliste qui nous plonge dans un quartier défavorisé du Mexique où la misère règne. Une bande de jeunes plus ou moins délaissé par leurs parents s'organisent en bande pour survivre. Le jeu d'acteurs est très juste.
Gros coup de poing dans le ventre, de ceux qui coupent la respiration. Bunuel, qui a arrêté de tourner depuis de longues années, est impressionné (comme un peu partout, on pense à Satyajit Ray ou encore Kurosawa Akira) par le néoréalisme italien, en particulier celui de De Sica. Il décide alors de remercier le Mexique pour son accueil chaleureux en y tournant un film. Les autorités mexicaines sont flattées qu'un tel réalisateur (quelle pub!) tourne un film au Mexique... jusqu'à ce qu'ils le voient, horrifiés! Bunuel va plus loin que De Sica avec ce conte de la violence ordinaire chez les adolescents des bidonvilles de Mexico, père spirituel de La cité de Dieu. Il prévient au début que ce constat est propre à chaque grande ville, et qu'il compte sur la société et le progrès pour enrayer cette misère (cf. les propos du directeur de l'école de redressement). Bunuel fait constamment les bons choix, qui mettent souvent mal à l'aise. La cruauté des enfants envers les faibles qu'ils peuvent exploiter n'a d'égal que la haine que les adultes leur portent et l'indifférence que leurs parents leur accordent. Bien sûr, on est tenté de haïr El jaibo et de s'attacher à Pedro, mais ce n'est pas si simple. El jaibo ruine chacune des secondes chances que Pedro se voit accorder, sans remords, mais lui n'a jamais eu aucune chance, rien, et a ainsi pris l'habitude de prendre ce qu'il veut par la force, établissant sa propre moralité, comme il l'explique à propos de la prison au début du film. C'est la seule façon qu'on lui laisse de vivre "fièrement". L'abandon des enfants par les parents est total, mais on a du mal à les accabler tant leur situation est difficile. Le film, d'une efficacité rare, expose qu'il faut offrir d'autres choix à ces enfants et avoir pitié d'eux et pas les accabler pour améliorer la situation. La justesse de chaque personnage est merveilleuse. Ce film est peut-être le plus puissant de Bunuel, un film encore d'actualité tant on contourne sans cesse le problème.
Alors que beaucoup considèrent "Un chien andalous" ou "L'âge d'or" comme les oeuvres les plus extraordinaires de Bunuel, j'avoue avoir adoré "Les réprouvés" ("Los olvidados" en espanol) au point de le préférer à tous ceux que j'ai vus jusqu'à présent... Visionnaire, Bunuel frappe très fort avec cette chronique sociale très dure mais incroyablement réaliste dans laquelle les images choquent et s'entrechoquent... D'un angle purement cinématographique, on notera que pléthore de réalisateurs auront par la suite copié Bunuel dans des scènes surréalistes : en témoigne la mise en images du cauchemar de Pedro, prodigieusement réussi... A mon sens, ce film est LE chef d'oeuvre absolu de Bunuel...
Un très bon film, intéressant de par son réalisme, sa noirceur, ses personnages, sa mise en scène. Le scénario m'a un peu fait pensé aux 400 coups avant l'heure. Il reste que malgré toutes les qualités du film il ne m'a passionné que sur la fin.
Un film cruel et désabusé sur l'enfance malheureuse. Terrible misère qui affecte les enfants des rues et les pousse, en quête d'amour, aux pires méfaits. La paix ne veut pas d'eux, ils sont tout le temps poussés vers la violence qui les fait dégringoler de leur condition humaine. "Sciuscia" est son pendant italien. Deux films exemplaires.
Le temps ne fait rien à l'affaire, comme le chantait le poète dont on déplore toujours l'absence comme au premier jour. Tout ça pour dire que, les années ont beau passer, rien ne change. "Los olvidados" est quasi insoutenable à regarder car il ne montre et ne décrit jamais autre chose que la misère noire et la violence. Cela dit, il ne faut pas se méprendre, c'est un essentiel du cinéma. Pour ses qualités d'interprétation, d'histoire et de mise en scène, mais pas seulement. Il tord définitivement le cou à cette idée que toute sa vie durant, Bunuel s'est attaché à critiquer vertement la bourgeoisie, ça n'a jamais été le cas. C'est une opinion fausse, relayée par une certaine presse qui ne s'est que superficiellement intéressée à lui et qui n'en a jamais retenu que ce qu'elle voulait retenir. Quels que soient les thèmes qu'ils abordent et quels que soient les milieux dans lesquels ils prennent place, les films de Bunuel n'ont qu'un seul et unique fil rouge : ils sont des diatribes d'une rare férocité à l'égard de la pourriture humaine. Celui-ci ne faisait pas exception. Le regarder signifie automatiquement t'embarquer dans 85 minutes qui te dégoûtent de l'Humain. Il fête ses 75 ans cette année, mais si on en en restaurait l'image et qu'on le colorisait, il n'en serait pas affaibli tant il n'a pas pris une ride.
Sur le ton distancié d'un documentaire froid, cette plongée au sein de la délinquance juvénile mexicaine dénonce la misère, psychologique, émotionnelle, financière qui semble pousser les rejetons de pères alcooliques ou absents et de mères trop occupées ou indifférentes à la violence, à la cruauté, à l'immoralité - alors que les structures palliatives manquent de force. Constat amer sur une réalité que certains préfèrent oublier, le récit évite le misérabilisme autant que l'émotion, d'autant que les interprétations manquent d'une constante justesse et que certains dialogues dégoulinent de didactisme (à l'instar de la courte introduction dispensable). Une image frontale, brute, de ce que peut être un enfant...
Pour préparer « Los Olivados » Luis Buñuel passa six mois dans les bidonvilles de Mexico pour étudier ce microcosme. Avec Luis Alcoriza il écrivit un scénario auquel collaborèrent pour les dialogues Max Aub, Juan Larrea et Pedro de Urdimalas. Ainsi le film se présente comme une compilation autour du destin de Pedro (Alfonso Mejía), baignant dans la misère agrémentée d’une violence constante. Un « paradis terrestre inversé » selon André Bazin. Avec l’absence du père inconnu, privé de l’affection se sa mère (Estela Inda), il cherche une improbable relation tutélaire auprès d’El Jaïbo (Roberto Cobo) un voyou échappé d’une maison de correction, qui séduira sa mère le temps d’une passade. En dehors de la justesse de l’interprétation et des dialogues, le déroulé bénéficie d’une sécheresse qui évite à la fois le côté larmoyant du néo réalisme italien comme la démonstration du film à thèse. Mais pas que… Une stupéfiante séquence onirique, sorte de psychanalyse, résume en quelques minutes les aspirations, fantasmes et enjeux de Pedro quant au trio qu’il forme avec sa mère et El Jaïbo. Ce moment très brillant apporte, par contraste une puissance certaine à l’inéluctabilité de la tragédie. Même les rares bons sentiments sont punis, se retournant contre ceux qui les ont prodigués comme la « perte » des 50 pesos pour le directeur de la ferme. « Los Olivados » est le grand film qui relança la carrière du cinéaste (prix de la mise en scène à Cannes en 1951), bien décevante depuis « Un chien andalou ». Et de créer un nouvelle tendance au cinéma : la violence des pré adolescents dans les bidonvilles, qui passe par les Etats Unis, la France, le Brésil et bien d’autres, jusqu’au Maroc avec Nabil Ayouche. Indispensable.
Luis Buñuel cinéaste inclassable aura connu plusieurs carrières successives et aura bizarrement très peu œuvré dans son pays d'origine alors sous l'autorité d'un caudillo avec lequel il ne pouvait faire bon ménage. Converti à l'art cinématographique presque par hasard suite à sa rencontre avec le groupe des surréalistes dans lequel l'a introduit son ami d'enfance Salvatore Dali, il devient l'assistant de Jean Epstein et Jacques Feyder avant de réaliser les deux chocs visuels que furent "Le chien andalou" en 1929 et "L'âge d'or" en 1930. Fâché avec les surréalistes à qui il reproche leur embourgeoisement, il réalise un documentaire saisissant sur les conditions de vie encore moyenâgeuses d'une population vivant dans la région des Hurdes (Estrémadure) avant de disparaitre de la circulation pendant plus d'une dizaine d'années. Durant cette période, il voyage à Hollywood pour parfaire sa connaissance du cinéma, rencontre Chaplin et travaille même un temps au Museum of Modern Art de New York. Mais il doit s'exiler au Mexique quand paraît en 1942 le livre de Salvatore Dali ("La vie secrète de Salvatore Dali") qui expose clairement ses positions marxistes et son anticléricalisme. Il y rencontre le producteur Oscar Dancigers, d'origine russe qui lui propose de repasser derrière la caméra. Après deux films de commande, il obtient l'autorisation de Dancingers de porter à l'écran "Los olvidados" dont il écrit le scénario avec Luis Alcoriza après avoir vu "Sciuscia" (1946) de Vittorio De Sica, le père de néo-réalisme italien, qui faisait le constat amer de la misère de l'Italie d'après-guerre à travers le rêve brisé de deux jeunes cireurs de chaussures après qu'ils ont fait l'expérience de la violence. . Si Buñuel choisit lui aussi le parcours de deux adolescents, Pedro et Jaibo, dans les faubourgs de Mexico, il en vient directement au constat d'une violence consubstantielle à la misère. Pas d'apprentissage ni de moyens d'en sortir comme le montre fort bien le passage où Pedro (Alfonso Mejia) est envoyé dans une ferme-école tenue par un directeur aux idées libérales qui s'il fait le bon constat, prononçant cette phrase lourde de sens : '"Ce n'est pas les enfants qu'il faudrait enfermer, mais la misère ", admet avec celle-ci que la solution ne peut-être qu'économique. Chez Buñuel, la misère est présente sans le moindre romantisme au contraire de chez De Sica, plus enclin à la commisération et à la légèreté comme le prouve son parcours d'acteur et sa deuxième partie carrière. Pas question pour le tempétueux ibère de dédouaner les autorités en glorifiant les élans de solidarité où les effets positifs du hasard. Le jeune Pedro en est l'illustration parfaite qui cherchant à s'acheter une conduite pour retrouver l'amour de sa mère est à chaque fois ramené vers le fond par Jaibo (Robert Cobo) son chef de bande. Irrespirable, filmé au plus près des visages torturés, "Los Olvidados" est un véritable coup de poing qu'il convient de regarder à intervalles réguliers pour se rappeler que l'homme n'en a pas encore fini avec ce fléau (la misère) qu'il déclenche souvent lui-même par son goût immodéré pour la guerre. A sa sortie le film a fait bien sûr scandale notamment au Mexique qui ne supporta pas le miroir tendu. On reprocha à Buñuel de ne proposer aucune solution. Mais c'est sans doute grâce à ce parti-pris que le film résonne encore si fort aujourd'hui. On notera enfin que l'on trouve dans ce film réaliste au possible la présence d'images insolites, érotiques et oniriques qui occuperont une place centrale dans la carrière française du Buñuel de la grande maturité dont il ne faut jamais oublier qu'il reste une figure majeure du mouvement surréaliste
Ce film mexicain de Bunuel est important malgré des défauts qui empêchent un consensus général sur son contenu. Son rythme est inégal et son montage surprenant; quant aux plans surréalistes fort nombreux, il faut bien connaitre Bunuel pour les accepter dans un contexte aussi douloureux. C’est sans doute le film sur l’enfance abandonnée le plus implacable qui existe. Bunuel ne lâche rien et ne se donne aucune sortie heureuse, tous ses personnages en dehors des gendarmes et des enseignants sont détestables. Tous ont des excuses certes mais si les jeunes enfants sont peut-être récupérables, les grands adolescents et les adultes ne le sont plus y compris l’aveugle qui n’arrive même pas à faire pitié aux spectateurs. La responsable de ce que l’on voit à l’écran se nomme la misère, elle est traitée comme elle le mérite, sans aucune complaisance, avec comme seul remède énoncé par Bunuel lui même : le progrès social tant espéré par ce grand humaniste dont chaque film est un enrichissement sans équivalent. Ce n’est que sur le plan cinématographique que je me permets d’émettre quelques réserves car l’avenir montrera ce dont Bunuel est capable quand il introduit de la rigueur dans son montage. Dans Los Olvidados, la réalité est si désespérante que je n’ai pas supporté le coté surréaliste qui convient si bien à sa période française.
Quand on s'approche de près au style filmique de Bunuel, on constate que sa vision du monde a évoluée en forme et en fond. Ses premiers films ( si on excepte l'Age d'Or ) sont plus linéaires et ne sont pas encore emprunts totalement par le surréalisme et l'absurde. Bunuel dresse un portrait dénonciateur, où il précise par un prologue que les personnages sont copiés du réel, celui de la banlieue de Mexico. Presque aucun personnage n'est innocent, et certains, dont le musicien aveugle, n'est pas aussi bienfaiteur qu'on le pense. Les mauvais garçons sont ceux qui ont des parents qui ne s'occupent pas d'eux, tandis que par le petit au sombrero a été abandonné par son père et est le seul de bonne foi. Il y a là un ensemble de symbolisme et de critique de société de la part de Bunuel. Son film conserve l'esprit de réalité mis à part le rêve onirique et la présence forte des poules et des coqs ( le combat de coqs rappelle au héros son traumatisme : les garçons de l'histoire sont des coqs prêts à se dévorer entre eux pour accéder à plus haut ). Notons le fabuleux tour de mise en scène de Bunuel dans la séquence du pédophile tentant d'appâter le héros : cette scène est réalisé derrière une vitrine insonorisée. Et enfin le superbe et provocant lancer d'oeuf sur la caméra. Le cinéaste inscrit dans ce film dans la lignée du documentaire et du film social réaliste italien de l'époque, poussant le spectateur à voir une certaine réalité et une extrêmité décrite et dénoncée par les personnages.
Contemporain du néoréalisme italien, le film de Luis Bunuel n'a rien à envier aux drames sociaux de Rossellini et autre Vittorio de Sica. Cette proximité artistique, cette familiarité, n'empêchent pas Bunuel d'apposer sa griffe sur ce film qui, lorsqu'il délaisse un moment le réalisme brut, introduit des scènes oniriques troublantes ou d'étranges fulgurances qui rappellent la culture surréaliste du cinéaste. "Los Olvidados" (les oubliés) ont pour cadre un faubourg de Mexico, véritable cité-bidonville, et pour héros, ou plutôt sujets d'étude, les enfants de la rue. Ils sont quelques uns, plus ou moins livrés à eux-mêmes, à errer dans des rues sinistres, sur des terrains vagues sur lesquels les édifices en construction semblent en réalité des ruines. Parmi ces jeunes garçons, deux font l'objet, de la part de Bunuel, d'une attention plus particulière: Jaibo l'orphelin, adolescent violent et, déjà, délinquant irrécupérable; et puis, plus jeune, Pedro dont la fréquentation de Jaibo pourrait l'entrainer sur la mauvaise pente. Leur sort, à tous les deux, semble déjà réglé.
La direction d'acteurs est aussi juste que le propos, qui est celui d'un humaniste éclairé, évoquant modestement le renoncement familial et éducatif, la pauvreté et l'exploitation des enfants; des enfants perdus et bientôt oubliés... Des personnages "bunueliens" traversent le film, tels ce bourgeois qui tente d'acheter les faveurs de Pedro ou, surtout, cet aveugle intransigeant, brutal, en qui on est tenté de voir une incarnation divine, évidemment maltraitée par le cinéaste. On ne s'étonne guère, en tout cas, que soient absents de ce drame social la religion et les curés... Enfin, considérant le dernier plan du film, sombre, cruel et tragique, on a envie de paraphraser Jean-Luc Godard à propos du regard d'Harriet Anderson dans un film de Bergman: c'est le plan le plus triste de l'Histoire du cinéma.