Il est des films qui, à défaut de briller, ont le mérite d’exister. Comment tuer son boss 2 en fait partie. Ce n’est ni une réussite éclatante, ni un accident industriel : c’est un film qui flotte, suspendu entre l’idée de faire rire et l’impossibilité d’y parvenir totalement. Il donne tout, parfois trop, mais rate trop souvent sa cible pour vraiment convaincre.
Le trio Bateman–Day–Sudeikis est de retour, fidèle au poste, avec sa dynamique de copains un peu débiles, un peu attachants, beaucoup bruyants.
Leur complicité reste intacte, mais l’effet de surprise s’est évaporé. Ce qui déclenchait des rires francs dans le premier film se transforme ici en enchaînement de punchlines attendues. On sourit. Parfois. Mais rarement plus. Il y a comme une fatigue dans l'écriture comique : le gag arrive, on le voit venir, il passe… et l’on passe aussi.
L’idée de départ — kidnapper le fils d’un investisseur pour se venger d’une arnaque — n’est pas mauvaise en soi. Elle est même plutôt originale.
Mais sa mise en œuvre donne l’impression d’un film qui hésite entre la farce, le thriller et la comédie de situation. Trop souvent, le ton change brutalement, comme si les scénaristes se demandaient eux-mêmes dans quelle direction aller.
Le résultat : une intrigue alambiquée qui s’embrouille dans ses propres rebondissements.
Chris Pine est sans doute l’ajout le plus intéressant au casting : imprévisible, à la fois menaçant et ridicule, il donne parfois au film l’énergie qu’il cherche ailleurs. Christoph Waltz, en revanche, semble jouer en pilote automatique.
Quant à Jennifer Aniston, son personnage reste dans une zone grise difficile à cerner : plus provocante que drôle, plus répétitive que transgressive.
Elle incarne un problème plus large du film : son refus d’évoluer, de prendre des risques nouveaux, de nuancer ses figures.
Certaines scènes fonctionnent. Un échange, une expression faciale, un moment de panique absurde… et l’on sent poindre un film plus inspiré, plus audacieux. Mais ces éclairs sont trop courts, trop espacés, pour enflammer l’ensemble. La mise en scène est correcte sans être remarquable. Le montage, parfois précipité, coupe les respirations comiques avant qu’elles n’aient le temps d’exister. On devine que le potentiel est là — mais il reste en sommeil.
Le véritable obstacle de Comment tuer son boss 2, c’est Comment tuer son boss. En reprenant presque tous ses codes, sans les renouveler, la suite semble se condamner elle-même à n’être qu’un écho lointain. Le cynisme léger et la satire sociale qui donnaient du mordant à l’original se perdent ici dans une accumulation de situations sans vraie portée. À vouloir retrouver la magie, le film répète ses formules sans les réinventer.
Pour autant, il serait injuste de dire que l’on ne passe pas un moment relativement plaisant devant ce film. On ne s’ennuie pas. On ne souffre pas. Mais on ne vibre pas non plus. On suit les aventures de ce trio sans véritable attachement, sans réelle impatience. C’est un peu comme regarder un épisode allongé d’une sitcom qu’on aimait bien, mais dont la saison actuelle tourne un peu à vide.
Comment tuer son boss 2 n’est pas un désastre. Il n’est pas honteux. Il est simplement ce qu’il est : une suite tiède, construite avec des éléments éprouvés, jouée par des acteurs compétents, mais privée de cette étincelle — celle qui transforme une comédie moyenne en moment mémorable. On rit à l’occasion, on hausse les épaules souvent, on oublie presque toujours. Un film qui se regarde sans agacement… et s’oublie sans remords.