Point limite
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soniadidierkmurgia

1 462 abonnés 4 373 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 24 juillet 2024
1964 aux États-Unis, sortent la même année deux films dénonçant de manière radicalement opposée l’engrenage infernal dans lequel, la course folle à l’armement atomique devenu l’enjeu majeur de la Guerre Froide peut conduire l’humanité. Le premier sorti, « Docteur Folamour », farce délirante et grinçante de Stanley Kubrick est devenu un classique jamais égalé alors que « Point limite », le film de Sidney Lumet s'est un peu perdu dans les limbes seulement remis au goût du jour en 2000 par Stephen Frears qui en hommage au réalisateur en a proposé une version télévisée jouée en direct par un casting de prestige (Georges Clooney, Harvey Keitel, Richard Dreyfuss).
La course à l’arme nucléaire devenue folle depuis la Deuxième Guerre Mondiale et le traumatisme d’Hiroshima a fini par échapper à ses instigateurs qui se sont bercés mutuellement d’illusion avec « l’équilibre de la terreur » (la situation actuelle donne parfaitement écho au film de Lumet). Par la farce grotesque ou par l’anticipation réaliste, Kubrick et Lumet démontrent que toutes ces théories sont destinées tout autant à justifier les délires paranoïaques des États-majors militaires que la soif de profit de l’industrie de l’armement. Il est assez paradoxal et jouissif que ce soit Walter Bernstein scénariste blacklisté qui soit à l’origine de l’adaptation du roman d’Eugene Burdick et Harvey Wheeler. Mais quand on connaît la profonde honnêteté intellectuelle et l’humanisme de Lumet, on ne peut être surpris par sa volonté de réhabiliter de la plus belle des manières une victime de la folie dénoncée par le film.
Pour encore ajouter au ridicule des théories pro-nucléaires vantées en préambule par le Professeur Groestechesle (génial Walter Matthau) dont la suffisance n’a d’égal que l’entêtement, c’est lors d’une inspection de routine destinée à montrer comment tout l’arsenal est parfaitement maîtrisé que le grain de sable se glisse dans la mécanique devenue tout à coup infernale. Le système de contrôle basé en bout de ligne sur l’obéissance aveugle face à la défiance vis-à-vis de l’ennemi juré ne permet pas de retour en arrière même quand la plus haute instance, c’est-à-dire le Président des Etats-Unis intime l’ordre de tout stopper.
La caméra de Lumet qui filme au plus près des visages, met merveilleusement en exergue les tensions qui s’expriment face aux choix cornéliens qui se font jour au fur et à mesure que les maigres digues préventives tombent les unes après les autres. L’équilibre de la terreur tant vanté par toutes les huiles du Pentagone poursuit son implacable logique jusqu’au bout. Pour éviter que l’escalade ne conduise au chaos planétaire, il convient que les pertes soient équitablement partagées. Réjouissant programme !
Grâce à sa légendaire direction d’acteurs, Lumet met parfaitement en relief la tragédie de l’homme qui ayant passé le pacte de Faust avec l’atome est devenu le jouet de sa propre création. Comme le fera Robert Aldrich en 1977 avec « L’ultimatum des trois mercenaires », Lumet pointe du doigt la tentation toujours présente au pays de la démocratie qui pousse le commandement militaire à vouloir guider l’action du pouvoir politique. Idem pour l’énorme pression qui pèse sur le Président devant réussir à conserver son indépendance de jugement, garante de l’intérêt général. Henry Fonda était sans aucun doute à ce moment-là, le meilleur pour interpréter l’autorité suprême face au choix impossible mis entre ses mains par la situation. Son visage représentait l’honnêteté incarnée et Lumet ne s’y est pas trompé qui filme le tourment qui l’habite sous tous les angles. À côté de lui, le tout jeune Larry Hagman (le fameux JR de la série "Dallas) étrangement ressemblant à Tom Hanks est au diapason, ce qui est d’autant plus méritoire qu’il s’agit de l’une de ses premières apparitions à l’écran.
Dan O’Herlihy, Frank Overton, Ed Binns tous gradés du Pentagone complètent fort bien la distribution avec une palme pour Fritz Weaver en colonel qui « pète un câble » face à ce qu’il croit être le sacrifice de son pays par le politique. On pourra dire ce que l’on veut d’Hollywood et de son système de production puritain qui oriente tous les talents vers le simple divertissement mais il faut bien reconnaître qu'à doses régulières, il laisse s’échapper des brûlots que l’on n’imagine pas être produits en France . Si vous n’avez pas vu « Point limite », précipitez-vous !
Truman.
Truman.

278 abonnés 1 364 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 octobre 2013
Point limite est bien évidemment directement comparable au film de Stanley Kubrick "Docteur Folamour" sortie la même année mais surtout abordant le même sujet de la même façon, mais ici pas question d'ironie, de cynisme et d'humour car Lumet se prend au sérieux .

On est plongé au coeur de la guerre froide ou la tension monte petit a petit, la guerre froide a son summum .
Constamment sous tension, nerveux et intense grâce a ses dialogues ciselés qui rappellent inévitablement "12 Hommes en colère" on ressent la réalisation peaufiné et maitrisé de Sidney Lumet sans la moindre faille dans un noir et blanc exquis ou le peu de moyen est complètement masqué et ne se ressent pas une seconde .

La tension est le maitre mot dans cette guerre ou la destruction massive peut arriver a tout moment, les acteurs jouent beaucoup a la maitrise global du film dans une ambiance pesante .
Henri Fonda en président ( rien a dire sur lui bien évidemment ) ou encore Walter Matthau qui donnent le ton et ou leur sérieux offre des jeux d'acteurs d'une finesse incroyable .

Point limite aborde le conflit de façon intéressante en dénonçant l'absurdité de la guerre, mais aussi dans une ambiance froide et oppressante.
Sidney Lumet offre ici un grand film bien loin du métrage de Kubrick malgré que tout soit quasi identique au premier abord .
Thomas Roavina
Thomas Roavina

28 abonnés 348 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 29 septembre 2013
Moyen que ce point limite du pourtant très doué Sidney Lumet. En effet, l'histoire se résume en deux lignes et on s'y ennui beaucoup. Dommage pour un film à thème intéressant au départ. Peut-être est ce la mise en scène très vieux jeu de Lumet qui plombe le tout. En effet, ne se surchargeant que de peu d'effet et de surprises dans la mise en scène hormis la première scène du rêve très originale qui présageait du bon, le cinéaste opte pour un style très minimaliste de façon assumé certes, mais qui terne le film à mon goût. Les personnages évoluent mal car aucuns n'est réellement caractérisés malgré qu'il est tous une importance au scénario. C'est à dire qu'ils auraient du donner moins d'importance à pas mal de personnages, ils auraient du dégraisser leurs caractère afin d'avoir un ensemble plus léger. Cela la dit et c'est le plus réussi dans le film, les interprétations sont bonnes.
cylon86

2 847 abonnés 4 430 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 mai 2013
Pendant sérieux et férocement pessimiste de "Docteur Folamour" dont il aborde les mêmes thèmes (un bombardier américain est parti pour lâcher une bombe nucléaire sur la Russie à la suite d'un dysfonctionnement), "Point Limite" met le doigt là où ça fait mal à une époque où la Guerre Froide battait son plein, montrant les dangers d'un monde où le nucléaire et les machines priment sur tout, plus que l'homme qui lui aussi est pourtant faillible. Malgré les années qui passent, le propos du film ne perd pas sa force et il ne fait que monter en intensité au fur et à mesure, jusqu'à ce que le Président américain prennent des décisions drastiques. La photographie a un peu vieillie mais la mise en scène de Lumet reste terriblement efficace, jusque dans le final, qui fait encore froid dans le dos quand on y repense.
Akamaru

3 524 abonnés 4 339 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 6 octobre 2011
Sorti la même année que "Dr Folamour",le "Point Limite"(1964)de Sidney Lumet s'en rapproche par bien des aspects.Même critique du militarisme incontrôlé,même fatalité envers la Guerre Froide,même noir et blanc oppressant.Mais un ton totalement différent.Si l'oeuvre de Kubrick misait sur le sarcasme amplifié,celle-ci se veut froidement réaliste,et présentée comme possible à cette époque où la concurrence est/ouest,communisme/capitalisme atteignait des proportions dramatiques insoupçonnées.Sauf que Lumet dénonçe ici la défaillance des machines,plutôt que celle des hommes.Sur une simple erreur d'aiguillage,des bombardiers américains prennent la route de Moscou pour le détruire.Malgré les efforts désespérés de tout l'Etat-major yankee pour rectifier le tir,la procédure est lançée...Que ce soit dans le bureau ovale du président(Henry Fonda,remarquable évidemment),dans les quartiers des généraux,ou dans le cockpit d'un bombardier;la tension est extrême.Sans peine,Lumet installe une atmosphère suffocante,mais qui a malheureusement mal passée le cap des années.Entre les interprétations outrancières,la trop grande technicité du langage et les longueurs dans les scènes d'attente,on lâche régulièrement prise.La fin reste réfrigérante.
AMCHI

6 980 abonnés 5 936 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 26 juillet 2011
Très bon départ pour Point limite avec son style assez froid et presque proche d'un documentaire (ce que je n'aime pas réellement) puis malgré l'intérêt que l'on porte à cette histoire Point limite devient au bout d'une heure lassant et tourne un peu en rond. A voir tout de même.
loulou451
loulou451

151 abonnés 1 503 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 8 juin 2011
Un Lumet plutôt bien réussi qui tient surtout par la qualité de son interprétation (Henry Fonda, Walter Matthau tout simplement géniaux). Pour le reste, on oubliera l'invraisemblance des situations et les carences du scénario.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 21 mai 2011
Un huis-clos à suspense extraordinaire, voilà ce que nous offre Sidney Lumet. Un film d'antimilitarisme, réaliste, dur, et qui sonne malheureusement aujourd'hui (et malgré (ou avec) le temps) bel et bien d'actualité. Henry Fonda (convié pour la 3e fois par le maître Lumet) quant à lui éclipse tous ses partenaires. Une démonstration où il livre (presque) tous ses thèmes favoris.
Parkko
Parkko

194 abonnés 2 020 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 14 avril 2011
Le début m'a laissé carrément perplexe. Je ne retrouvais pas ce que j'appréciais chez Sidney Lumet. Et puis, progressivement, le film est devenu de mieux en mieux et j'ai été agréablement surpris.
Ca fait penser un peu à Docteur Folamour mais en version plus sérieuse. Un peu comme Dr Folamour, ça a pas mal vieillit, il faut bien entendu reprendre le film dans le contexte de son époque (la guerre froide etc.) mais du coup ça fait vraiment dater, et les thématiques de Lumet sont bien présentes (l'homme face à l'autorité) mais ne sont pas aussi fortes que dans certains autres de ses films, à posteriori, au vu de ce côté très "daté". Mais mine de rien, qu'est-ce que c'est réussi. Toutes les thématiques qui sont évoquées sont intéressantes. C'est ni un pamphlet, ni une louange exagérée. Bref, ce n'est pas mon film préféré de ce que j'ai pu voir dans la filmographie de Sidney Lumet, mais j'ai bien aimé tout de même.
chrischambers86

16 249 abonnés 13 228 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 26 juillet 2011
Dans ce film brillant, ce ne sont plus les humains, mais les machines qui sont mises en cause! Une simple dèfaillance et c'est le dèmarrage inèluctable du processus de dègradation! Avec " Point limite", Sidney Lumet s'attaque donc à l'adaptation d'un roman d'Eugene Burdick et Harvey Wheeler, deux spècialistes de l'anticipation politique! Anticipation très crèdible à l'èpoque puisqu'il doit s'agir de l'ordre donnèe aux escadrilles amèricaines de voler vers l'U.R.S.S avec des charges nuclèaires! Forcèment le prèsident des Etats-Unis (incarnè par Henry Fonda, ce qui lui va toujours comme un gant) va devoir intervenir avec tous les drames de conscience qui iront avec! Lumet traite son histoire de façon très rèaliste et nerveuse et si son film est tournè en noir et blanc, le fameux "tèlèphone rouge" de l'èpoque entre Etats-Unis et Union soviètique de l'èpoque, n'en sert pas moins de fil dramatique! L'authenticitè de "Point limite" repose justement sur cette nervositè de la mise en scène où l'on est partout à la fois, dans un bombardier, dans le bureau prèsidentielle, dans le Ward Command des grands pontes militaires, le tout facturè comme un reportage tèlè! Du coup, nous sommes encore davantage dans une sorte de cauchemar paranoïaque et guerrier avec un sentiment d'impuissance totale face à l'engrenage des choses! Un rèalisme quasi apocalyptique s'installe tout du long avec des acteurs crèdibles et une fin qui fait froid dans le dos...
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 14 octobre 2010
Soudain la guerre mondiale: le dialogue s'engage donc entre les 2 téléphones rouges de chaque continent, dans un noir et blanc épuré d'une part et d'autre part dans ce qui ressemble à une sorte de Space Invaders prémonitoire. Une superproduction qui vaut surtout pour sa critique valable des institutions, des pseudo-responsables ainsi que la robotisation très actuelle des mécanismes administratifs, comme d'ailleurs le propos antinucléaire mais qui pourra gêner pour sa vision funeste.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 29 juillet 2010
Une énorme suprise.
Du très grand film, comme on en voit que très rarement.
Un scénario simple et très efficace,qui , malgré l'age ( 1963 ) peut etre toujours d'actualité avec les nouvelles technologies...
De bons acteurs, qui ont chacun leurs rôles pour rendre le film très homogène.
anonyme
Un visiteur
1,0
Publiée le 11 décembre 2009
un film correctement réalisé mais il ne fait plus vraiment peur . Il parait bien fade comparé au docteur folamour, on peut même se demander s'il n'était pas téléguidé pour torpiller le coté anti-militariste de ce dernier. Ici les militaires sont irréprochables sauf un qui craque oui mais on nous a bien montré avant que ses parents étaient des alcooliques (sinon c'est impossible biensur ). Le scientifique n'est plus un ancien nazi mais un juif qui refuse d'être exterminé sans réagir, et biensur le président américain pafaitement mettre de lui fait tout pour sauver le monde jusqu'au sacrifice de sa famille tout en donnant la leçon.
Caine78

7 809 abonnés 7 407 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 février 2007
Un film remarquable à tout point de vue, un huit-clos passionnant et ou la tension ne redescend jamais. SIdney Lumet semble vraiment le maitre pour dénoncer des thèmes particulièrement graves par des films très loin d'être ennuyeux, et ou l'on peut se rendre compte que la vie humaine se joue souvent à bien peu de choses. Tous les points de vue sont ici explorés et respectés, et la galerie de personnages permet de renforcer ce sentiment, sans pathos aucun, mais avec une dureté extrême. D'autant plus que l'interprétation magistrale ne fait que renforcer ce sentiment, notamment Walter Matthau ou encore Henry Fonda. Brillant.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 4 janvier 2007
Point Limite reste pour moi le meilleur film de sidney Lumet. Il nous montre a travers cette oeuvre les dangers que causeraient un guerre nucléaire et la panique que cela engendrerait. Bien que la guerre froide soit terminée, le thème est toujours d'actualité et le danger et maintenant multiplié par six, soit le nombre de pays possèdant l'arme nucléaire. une mise en scène qui tient du génie, une interprétation et un scénario impécable font de ce film un chef d'oeuvre des années 60;
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