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Note moyenne
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881 notes En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné

93 critiques spectateurs

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Ramm-MeinLieberKritiker-Stein
Ramm-MeinLieberKritiker-Stein

148 abonnés 544 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 8 décembre 2015
Un film, pur handicapé émotionnel, aucunement aidé par des personnages que trop rarement attachants car caricaturaux au maximum et une ambiance mortifère aussi poignante que de la mort aux rats dans le verre d’un squelette… Tout commence dans une chambre d’hôpital. Une naissance, moment normalement chaleureux dans une vie qui passe pour un drame tellement que la mise en scène du réalisateur est froide et impersonnelle. « Back Home » n’est qu’une multiplication d’entailles personnelles, idolâtrées et mises sous la lumière du jour les unes après les autres, et c’est là que notre bon ressenti coince. Tout semble très soigné et en même temps atrocement éloigné, les acteurs doivent donner l’impression qu’ils sont de la même famille ou qu’ils se connaissent et s’aiment un minimum, mais on a affaire qu’à une vitre teintée, une armoire sans glace et au bois à ce point repeint qu’il serait impossible d’en déterminer de quel arbre il provient. Et ce pur éloignement entre les personnages représente une vraie gêne dans le fil continuel de l’histoire, car on ne parvient à se cramponner à ces êtres et à leur souffrance que lorsque le montage le permet. C’est-à-dire lorsque le montage libère ses spectateurs, les font souffler un bon coup grâce à un changement équivoque dans le rythme. On retiendra comme exemple marquant l’entrée dynamique dans l’esprit de Conrad Reed (bien interprété par Devin Druid, acteur prometteur), adolescent en mal avec un père trop protecteur, suite au décès brutal d’une mère avec qui il se sentait si proche, si aimé… Il y’a donc bien des séquences comme celles-ci qui nous font oublier l’ennui et le manque de passion dans la façon de raconter du film, et qui nous permettent de nous évader, enfin, dans un monde où l’imaginaire est permis, voire obligatoire. Dommage qu’on se retrouve alors face au problème contraire : la réalisation d’un auteur doué qui manque dramatiquement d’ingéniosité, avec, en plus, un scénario qui déçoit plus qu’autre chose tellement il cumule les préjugés et les mauvaises tentatives pour étonner un spectateur qui ne fait que rester inerte face à un contexte fantastique qui ne fonctionne pas, qui sert juste à notre imagination pour se défouler un peu les pieds et de nous enlever cette boue obscène et grasse de nos souliers auparavant dorés, aujourd’hui ruinés. Une certaine délicatesse survient, parfois, et s’impose à notre vision, tel un petit ouragan qui passerait, loin de nous, contraire à la permanence sans borne d’un paysage élimé, éclaircissant l’aube souveraine de ses rayons clairs. Huppert. Une actrice d’une infinie beauté qui sait donner un autre souffle à une histoire qui en manque, qui subjugue de par ses apparitions et qui, lorsqu’elle quitte l’écran, nous laisse autant orphelins que les trois garçons, peut-être trop vite devenus hommes, qui complétaient une famille disloquée, réfugiée de guerre, abasourdie par les drames quotidiens et pourtant Ô combien obsolètes par rapport à ce que vit le reste du monde, comme nous le rappelle les photographies et leur noir et blanc faisant démarquer l’éternel d’un cliché. Le métier de photographe est mis en scène avec subtilité. « Louder Than Bombs » étonne rarement mais parvient à distiller des moments intimes de grâce, feuilletés dans le quotidien d’une vie. Une oeuvre à voir, rien que pour sa manière de voir le monde.
Didier L
Didier L

38 abonnés 222 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 11 janvier 2017
Ratage total de Joachim Trier dans ce drame familial touché par un académisme visuel prétentieux dans lequel il essaie de faire entrer au forceps plusieurs thématiques sans qu'aucune ne soit finalement traité convenablement. Le récit constitué de flashbacks, de rêves, de visions d'une même scène sous plusieurs angles est construit de la même façon et donne l'impression que le réalisateur nous offre un best of de ses connaissances cinématographiques (Haneke, Lars Von Trier, Van Sant et j'en passe. ....).
moket

663 abonnés 4 717 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 2 janvier 2017
Un film élégant et touchant, joliment interprété, mais un peu aseptisé. L'image est belle, le film très contemplatif mais assez hypnotique. Seulement les personnages semblent trop déconnecté les uns des autres.
Felipe Dla Serna
Felipe Dla Serna

32 abonnés 246 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 18 décembre 2015
Une mère disparue quelques années auparavant est le catalyseur au sein d'une famille déchirée par son absence. Sur le principe cela paraît intéressant, mais l'exécution du film laisse à désirer à mon sens. Un peu décousu et difficile à suivre. Le fils (le plus jeune) se renferme et projète sa douleur contre le père qui a du mal à communiquer avec lui et à comprendre son mal-être. Tout ça sur le papier m'avais poussé à aller voir ce film. Mais la déception et parfois même l'ennui ont été grands. Dommage car j'adore Isabelle Huppert et je suis resté ici sur ma faim.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 10 décembre 2015
Trois ans après sa mort, une galerie newyorkaise consacre une exposition-photos à Isabelle Reed, reporter reconnue qui a posé ses objectifs sur de nombreux terrains de guerre. Mais Isabelle est décédée dans un accident de voiture au retour de son dernier reportage en Syrie. L’hommage posthume est l’occasion pour son mari et leurs deux garçons de croiser quelques souvenirs complexes et fragmentés sur la femme et la mère qu’ils ont aimée. Le récit se construit à partir de nombreux flash-back ou chacun fouille sa mémoire sans souci de cohérence chronologique.
Notamment Conrad, le cadet, qui en fait baver à son père de l’avoir tenu à l’écart du dernier secret familial : l’accident de sa mère était-il un suicide déguisé ? Mais le fait de savoir la vérité n’empêche pas Jonah, l’ainé, de voir son couple tanguer. Il y a bien sûr ce mari hésitant et séducteur qui découvre une autre histoire en tirant sur les fils de leur vie commune. Et puis il y a la photographe, « artiste et témoin », qui se posait de vraies questions sur son métier et les limites de son engagement. Sans avoir une ligne de conduite aussi claire dans sa vie privée.
En dépit d’un montage un peu sophistiqué, voire alambiqué, Joachim Trier signe un film psychologique intimiste et sensible. Il trouve des ressorts à son scénario en allant puiser aux tréfonds de l’introspection. Mais aussi en nous faisant mesurer l’incommunicabilité qui finit par affecter la cellule familiale au point de la rendre « méconnaissable à elle-même ». Le couple d’adultes est excellent, Gabriel Byrne plein de charme et Isabelle fragile et un peu lasse. Leurs deux fistons ne sont pas en reste.
David B.
David B.

55 abonnés 595 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 9 mai 2016
La quête de sens lorsque l'on est confronté à un drame implique nombre d'errements et de cogitations. C'est toute l'histoire de ce film, d'un père et de ses deux garçons, chacun tente de traverser l'épreuve, chacun à sa façon. Ne va pas mieux celui qui le paraît... Dommage que cela soit si lent et si laborieux.
Blog Be French
Blog Be French

48 abonnés 263 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 3 juin 2015
Après Respire en 2006 et Oslo, 31 Août en 2011, le jeune réalisateur norvégien débarque en 2015 sur la croisette avec Louder than Bombs et son casting quasi-hollywoodien. Pourquoi «quasi » ? Et bien tout simplement parce que Joaquim Trier cherche plus souvent à taper dans la veine intimiste de Sundance qu'à nous proposer un film marqué par sa propre empreinte… Comme beaucoup de films présentés cette année à Cannes, Louder than Bombs dresse le portrait d'une cellule familiale en crise, où un mari et deux fils cherchent tant bien que mal à se consoler de la disparition d'un mère et d'une femme. En ce sens, Trier s'éloigne des codes habituels, ne tombe pas spécifiquement dans le pathos pour jouer la carte émotionnelle, et choisit de montrer la légèreté de l’existence plutôt que le néant qui s'offre à nous (en témoigne cette jolie affiche). Ici, comme ailleurs, le deuil est impossible et les personnages ne cherchent pas à « faire leur deuil » mais plutôt à le dépasser, à laisser cet événement devenir le pilier, certes branlant, d'une vie que chacun aura à construire. La film est d'ailleurs très bien construit puisque le montage permet de revenir à chaque personnage et de découvrir comment chacun éprouve la disparition d'Isabelle Reed. L'ensemble des acteurs (Isabelle Huppert, Jesse Eisenberg, Devin Druid, Gabriel Byrne) portent très justement cette histoire et Trier se permet même quelques coquetteries qui alerteront l'oeil avisé du spectateur (notamment des arrêts sur image minutieux aux lumières presque surnaturelles, ou encore un monologue mis en image à la manière d'un clip).
« Mais quels sont les défauts du film alors ? » me diriez-vous… Revenons donc à la « veine intimiste de Sundance » ! Car si le film a de très belles séquences, certaines tombent aussi un peu facilement dans les clichés du cinéma indépendant américain : à l'instar des cinéastes scandinaves (Bergman, Vinterberg, ou d'autres), Trier choisit de dépeindre les drames d'une famille bourgeoise tout en nous proposant une réalisation cumulant les flous et les couleurs grisonnantes des films indés américains. Là où une vraie mise en scène et une photographie enjouée auraient transcendé ce sujet classique, le cinéaste norvégien choisit de filmer ce qu'on nous propose au cinéma au moins une fois par mois ! La simplicité sur le fond aurait pu être un avantage si la forme avait su véritablement se démarquer…

Joaquim Trier manque un peu la marche avec son nouveau film. En effet, les rares éclats de poésie ne suffiront pas à faire de Louder Than Bombs un bon film car celui-ci reste marqué par un scénario trop simple et une réalisation trop marquée « cinéma indépendant ». On aurait aimé que le norvégien puisse laisser éclore son talent un peu plus sur la longueur… Espérons que ce soit le cas lors de son prochain film !

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anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 4 mai 2016
Tout va bien, donc je te trompe. Maman est célèbre, aime Papa, mais le trompe. Papa, bien wealthy, fait pareil. Et le grand fiston (à peine papa) en fait de même. Le dernier rejeton lui se trompe carrément de partenaire, et se trompe sur toute la ligne... mais il a ses jeux vidéos (cliché de l'ado). Beau casting très riche même. Avec de gros plans Cette intrigue où les protagonistes se retrouvent après le décès de Maman est lente à progresser. On ne se parle plus et on a du mal à trouver un lien, une approche, donc maladroit dans les tentatives (clichés aussi). On a l'impression que faire compliqué devient plus palpitant ! Non, ce n'est pas Osage County.
ffred

1 994 abonnés 4 290 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 11 décembre 2015
En 2012, avec Oslo, 31 août Joachim Trier nous offrait le plus beau film de l'année (et sans doute du siècle). Difficile de se relancer après un tel chef d'oeuvre. Tourné en anglais avec un casting international et en compétition officielle à Cannes, Back Home (Louder than bombs avant les attentats) avait donc une énorme pression sur les épaules. Non pas qu'il ne soit raté, mais la barre était tellement haute. C'est juste que tout est un petit peu moins. Le scénario est un peu moins bien écrit. Le récit, éclatée en flash-backs, amène un peu moins d’émotion, un peu plus de pathos. La mise en scène, même si elle reste très maitrisée, est un peu moins virtuose. Les images, la bande-son et la direction d'acteur sont toujours, par contre, aussi belles. Gabriel Byrne et Jesse Eisenberg sont parfaits. Isabelle Huppert est très bien mais le rôle est moindre. La vraie révélation est le jeune Devin Druid, vraiment formidable. On retrouve aussi Amy Ryan ou David Strathairn. Immanquablement, on marche par comparaison. L'attente était telle qu'on en sort tous un peu déçu. Mais attention Back Home est tout de même un très beau film, l'un des plus beaux de l'année. D'entrée, je l'ai trouvé prenant, émouvant, voir fascinant. Une magnifique réflexion sur le deuil et la perte d'une mère, et comment chaque membre d'une même famille peut réagir différemment après un drame. Sans Oslo, sa côte aurait certainement été bien meilleure mais il est marquant et n'en reste pas moins l'un des évènements de l'année.
WutheringHeights
WutheringHeights

131 abonnés 930 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 12 décembre 2015
Le personnage le plus touchant, celui du jeune fils, campé par l’excellent Devin Druid, rappelle les ados paumés de Gus Van Sant. Il représente la pureté là où les adultes sont tous corrompus par le mensonge – dont il va découvrir qu’il est aussi une victime. La mise en scène d’une grande beauté, avec des ralentis particulièrement poétiques, cache cependant mal, dans sa dernière partie, un scénario un peu faible par rapport à son ambition. (...) Back home reste un film de qualité mais Trier nous avait habitué à un tel niveau de maîtrise que cela ne suffit pas pour convaincre totalement.

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chrischambers86

16 189 abonnés 13 142 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 30 mars 2024
Beaucoup trop de personnages dans ce troisième long-mètrage de Joachim Trier qui s'inspire de l'inattendue pièce d'Arthur Miller, "Death of a Salesman". Personnage pivot et finalement peu consistant, Isabelle Huppert joue dans le film...une morte que l'on voit qu'à travers le point de vue du mari (Gabriel Byrne) et de ses deux fils dont le perturbè Conrad! Nous voyons comment la perte d'un être cher empêche ces trois hommes d'avancer dans la vie! C'est le point positif de cet après "Oslo, 31 aout ?" à l'ècriture sans doute trop ambitieuse! Le moins que l'on puisse dire c'est que c'est à la fois stylisè, contemplatif et dècousu! il faut donc accepter la lenteur des images (souvent belles) et le côtè dèstructurè de la forme, la complexitè et la sensibilitè des personnages! Une fois passè ce cap, on se laisse prendre par la fulgurance de certaines scènes, le jeu des acteurs (mention au jeune Devin Druid) et la force des sentiments exprimès! Difficile de ne pas dèceler dans cette oeuvre une synthèse du travail de Trier qui explosera vraiment dans le très rèussi, "Julie (en 12 chapitres)"...
Caine78

7 771 abonnés 7 400 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 septembre 2018
J'avais beaucoup aimé « Oslo, 31 août » du même Joachim Trier, magnifique adaptation du « Feu Follet » de Pierre Drieu La Rochelle, j'ai presque autant aimé « Back Home », rebaptisé tel quel après les attentats du 13 novembre alors qu'il devait s'appeler « Plus fort que les bombes ». Bref, s'il est un peu moins déchirant que le précédent et peut-être un peu moins proche de nous (de moi, du moins), il reste d'une grande élégance, avec beaucoup de sensibilité et une belle sophistication n'ayant rien de gratuite. C'est un film qui nous parle de ce que nous sommes, de la famille, mais surtout de la façon dont chacun réagit après la perte d'un être cher : il n'y en a pas de bonne ou de mauvaise, juste la nôtre, certains l'exprimant plus douloureusement que les autres. Aucun jugement , mais plusieurs scènes très émouvantes au cœur d'un excellent scénario, écrit avec précision et presque entièrement consacré à ses personnages, tous très attachants et interprétés avec beaucoup de ferveur, notamment par l'excellent Devin Druid et le toujours impeccable Gabriel Byrne. Ce n'est pas forcément une œuvre sur laquelle il est facile de beaucoup écrire, mais c'est une œuvre qui se ressent, se vit, dont on sort apaisé, pour ne pas dire heureux : au vu du sujet de départ, ce n'était pourtant pas gagné. Donc pour toutes ces raisons, bravo à Trier et son équipe, confirmant qu'il est assurément l'un des cinéastes les plus brillants de sa génération. Vivement la suite.
weihnachtsmann

1 622 abonnés 5 745 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 25 décembre 2016
Après la mort de la mère se tisse un échange délicat et sensible entre les membres de la famille en deuil. Portrait émouvant du jeune qui essaie de reprendre pied et d'un père qui veut garder le contact. Très stylisé mais jamais usurpé. L'effleurement de la caméra suffit à prouver les émotions.
Hotinhere

794 abonnés 5 495 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 24 mars 2022
Un drame familial sensible mais manquant d'émotions, sur l’incommunicabilité et la reconstruction d’une famille après le décès de la mère, porté par un casting convaincant. 2,75
Fritz L
Fritz L

220 abonnés 767 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 décembre 2015
La sélection du Festival de Cannes 2015 comptait dans ses rangs quelques uns des plus beaux films de l’année, dont trois, ayant pour thématique le deuil, se détachent des tous les autres. Après « Valley of love » de Nicloux, « Mia madre » de Moretti, c’est au tour de « Back home » de sortir sur les écrans. Joachim Trier, très remarqué en 2012 avec l’impressionnant « Oslo, 31 août » confirme un exceptionnel talent à filmer l’intériorité du drame, plaçant le spectateur comme le témoin privilégié d’instants intenses, qu’il partage avec les personnages. Il ne néglige pas non plus cette mise en scène presque chirurgicale, à la limite austère, de son précèdent film, prompte à provoquer la suffocation tout en maintenant à vif l’attention.

Il est d’ailleurs intéressant de faire le parallèle entre le film de Moretti qui joue sur le circonstanciel (l’avant décès) et où les émotions brutes ressortent en tiroir et « Back home », reposant sur l’analyse, puisque axé sur le travail du deuil. En ce sens les deux films sont complémentaires. Mais là où Moretti distille chaleureusement les sentiments contrastés du manque à venir, des regrets, du temps qui passe, Joachim Trier discerne dans la mort une manière de régler ses comptes avec la vie, et surtout avec la défunte. Le père et les deux fils sont terriblement affligés, chacun à leur manière, et l’omniprésence fantomatique dans leur vie de cette mère, de cette épouse, plombe leur quotidien, entrave l’avenir.

Si l’on occulte une certaine tendance au maniérisme, et une sentiment de déjà vu (les interrogations d’Isabelle sont les mêmes que celle de Rebecca dans « L’épreuve » par exemple) on ne peut que s’extasier sur la construction même de « Back home » oscillant entre la pensée et le réel, dont la mise en images est particulièrement intense (visions de l’accident), profondes (échanges entre les frères, ou avec le père), voire carrément sublimes (la toute première scène sur le bébé, le très long gros plan sur le visage d’Isabelle). « Back home » est un film sur la douleur, celle de découvrir l’être aimé disparu tel qu’il était vraiment, et non pas tel que l’on voudrait qu’il fut. Il est avant tout un film sur le mensonge et la lâcheté, chaque personnage se voilant allègrement la face, pour ne pas déplaire, pour ne pas savoir, pour ne pas vivre. Le deuil génère toujours une envie de vivre, ou de revivre.

C’est tout cela que concentre Trier dans son film. Et s’il est aussi puissant, cela tient au choix et surtout au jeu des acteurs. Eisenberg, Byrne et Huppert apportent toute l’aura nécessaire à leurs rôles, mais s’il en est un qui se détache plus encore, c’est bien Devin Druid, il crève l’écran en adolescent perturbé, traumatisme que l’on perçoit jusqu’au moindre mouvement du corps.
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