The Voices
Note moyenne
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512 critiques spectateurs

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Cadreum
Cadreum

62 abonnés 804 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 juillet 2026
En 2014, Ryan Reynolds traînait encore le boulet de Green Lantern et de ., deux naufrages suffisamment retentissants pour qu'on commence sérieusement à se demander si le type resterait à jamais cantonné aux seconds rôles de beau gosse un peu fade. C'est deux ans avant que Deadpool ne vienne tout réparer d'un coup de fusil à pompe, qu'il tourne The Voices, petit film à onze millions de dollars réalisé par Marjane Satrapi — oui, la dessinatrice de Persepolis, reconvertie sans prévenir personne dans la comédie noire sur la santé mentale, ce qui à l'époque devait ressembler à peu près autant à une évidence que de confier Barbie à Malick. Le film suit Jerry, ouvrier dans une usine de baignoires, schizophrène non traité qui entend son chat et son chien lui parler — l'un le poussant gentiment vers la bonté, l'autre le poussant, avec un enthousiasme carrément sociopathe, vers le meurtre.

Il faut d'abord mentionner ce que le film refuse obstinément de faire : jamais Satrapi ne signale par un artifice de montage que la réalité qu'on regarde est faussée. La bascule survient dans la seconde moitié, quand Jerry avale enfin les cachets que sa psychiatre (Jacki Weaver, criminellement sous-employée mais présente) lui répète de prendre depuis le début, et découvre son appartement dans sa vraie couleur — crasseux, déprimant, jonché des preuves de ce qu'il a fait plutôt que décoré dans les teintes pastel qu'il s'imaginait. Cette unique scène rétroactive tout ce qu'on vient de voir en indice à relire plutôt qu'en simple exposition.

Cette manipulation perceptive trouve aussi son terrain d'expérimentation dans l'usine de baignoires où travaille Jerry, univers délibérément terne sur lequel on a plaqué un rose criard (uniformes, logos, banderoles de fête de bureau) avec la subtilité d'un comité RH qui aurait lu un seul livre sur le bien-être au travail et décidé d'en faire une religion. Ce choix chromatique, aussi voyant qu'un gilet fluo dans un enterrement, documente une gaieté institutionnelle imposée d'en haut qui recouvre, sans jamais l'apaiser d'un millimètre, la détresse psychique du personnage. Ce rose l'oblige simplement à performer le bonheur devant les caisses en carton, ce qui installe dès les dix premières minutes, l'écart, potentiellement fatal, entre ce qu'on affiche socialement et ce qu'on éprouve réellement derrière le sourire de circonstance.

Quant au doublage : Reynolds prête sa propre voix à son chat et à son chien, ce qui relève d'une logique tenue — si Jerry entend ses animaux parler, ils ne peuvent parler qu'avec les voix qu'il leur invente lui-même, comme n'importe qui qui aurait un jour prêté des dialogues à son chien en lui demandant s'il a bien fait ses besoins dehors, sauf que Jerry, lui, n'a manifestement jamais arrêté cette conversation. Le chat, cynique jusqu'à l'os et manifestement ravi de pousser son propriétaire vers le pire, et le chien, loyal au point d'en être touchant dans sa naïveté, sont les deux polarités d'une même conscience qui négocie avec elle-même, sans qu'aucune des deux voix ne l'emporte jamais définitivement, puisqu'elles appartiennent toutes deux au même homme condamné à les entendre en alternance.

Ce qui rend cette mécanique aussi efficace qu'inconfortable, c'est justement la performance de Reynolds, dont on reconnaît immédiatement le registre de charme habituel de la star sans jamais pouvoir s'y fier, puisqu'il sert désormais un homme dont on ne sait jamais s'il faut le plaindre, l'aimer ou fuir en courant. C'est un tueur en série qu'on a envie de voir réussir sa vie amoureuse, ce qui, écrit noir sur blanc, devrait paraître absurde et fonctionne pourtant à chaque scène. Le film construit Jerry comme un homme sincèrement désireux de bien faire, dont les intentions restent authentiques jusque dans l'horreur de ses actes. Le spectateur se surprend à espérer que ça s'arrange pour lui, avant de se rappeler, la seconde d'après, ce qu'il vient précisément de faire subir à une tête qui continue de discuter depuis un réfrigérateur.

Cette tête, celle de Fiona (Gemma Arterton) — et bientôt celle de deux autres — constitue l'épreuve de vérité du dispositif comique du film. Soit l'image bascule dans le grand-guignol pur et perd toute prise sur l'empathie du spectateur, soit elle installe une complicité malsaine où le rire et l'effroi cohabitent sans jamais s'annuler l'un l'autre. Satrapi réussit ce pari précis en refusant de jouer la scène pour son potentiel gore — elle la joue pour la solitude touchante et absurde d'un homme qui préfère, très concrètement, un compagnon décapité et bavard à l'absence totale de lien social, ce qui recentre une fois de plus le film sur son vrai sujet : la solitude comme moteur de rationalisations de plus en plus macabres, jusqu'à ce qu'une tête dans un frigo commence à ressembler, du point de vue de Jerry, à une solution raisonnable.

Il faut cependant reconnaître, malgré l'affection sincère que ce texte porte au film, ce qui l'empêche d'être tout à fait irréprochable. Le flashback tardif sur l'hérédité maternelle de la folie de Jerry casse net la logique de tout ce que le film avait patiemment construit par la seule alchimie de la performance et de la mise en scène : en cherchant ainsi à l'expliquer, il affaiblit précisément ce qui faisait sa force, cette idée qu'un homme parfaitement ordinaire puisse déraper aussi loin sans qu'on puisse jamais pointer du doigt une cause unique et rassurante. Le troisième acte souffre du même syndrome de la solution de facilité, cette même réticence formelle privant le film d'une conclusion à la hauteur de l'audace insolente de son premier acte — dommage, mais pas rédhibitoire, tant l'ensemble tient déjà sur la seule force de son installation. S'y ajoutent quelques scènes presque cartoonesques, dignes d'un générique d'ouverture plus que du reste du récit, dont l'absurdité trop appuyée détonne et vient contredire, par excès, la justesse que le film avait pourtant su tenir ailleurs.
Il y a quelque chose d'unique à retrouver, dix ans plus tard, le nom d'un film qu'on avait vu avant même de savoir qu'on deviendrait cinéphile — et c'est exactement ce qui m'est arrivé ici : une première vision, avant que ma passion pour le cinéma n'ait seulement commencé à se dessiner, puis une décennie d'oubli du titre, jusqu'à ce qu'une rétrospective consacrée à Marjane Satrapi me le remette enfin sous les yeux et me permette de reconnecter un nom à des images qui n'avaient jamais vraiment cessé de me hanter. C'est un jalon personnel que je remets enfin à sa juste place dans ma propre histoire de spectateur, et je l'aime sans réserve, avec toute la tendresse qu'on réserve aux œuvres qui, sans qu'on le sache encore, ont discrètement planté les toutes premières graines d'une passion qui allait devenir la mienne.
Jen Djarin
Jen Djarin

10 abonnés 242 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 9 juin 2026
Si le concept est juste génial et que la performance de Ryan Reynold est remarquable, le film n'est pas aussi barré que je l'espérais (certaines scènes comme la danse finale, mais ne représentent qu'une partie mineure du film) et je l'ai même trouvé un peu long. Et aussi étonnant que cela puisse être, une fois qu'on a compris le concept du mec schizophrène qui tue innocemment les femmes qu'il aime, le film reste plutôt cousu de fil blanc.
Après, le dialogues restent bien écrits (notamment entre Jerry et ses 2 animaux), la réalisation propose de bonnes idées (la vision du monde très colorée par Jerry) et le casting est très bon (Ryan Reynold bien sûr mais aussi Gemma Aterton et Anna Kendrick). Mais pour un film où je m'attendais à rire devant, j'ai été plutôt déçu sur ce point. Certes, il a des moments qui m'ont fait rire, mais je les ai trouvé trop rare pour mettre une meilleure note.
Mirobole Pancrate
Mirobole Pancrate

49 abonnés 282 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 11 février 2026
Malgré un casting 4 étoiles et un potentiel évident, le film, ni vraiment drôle ni assez "tranchant", fait plutôt plouf...
David D.
David D.

44 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 21 janvier 2026
Un film très coloré et marrant. Plutôt loufoque comme on pouvait s'y attendre avec Marjane Satrapi.
Kouto
Kouto

30 abonnés 4 775 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 12 septembre 2025
Un thriller à l’humour noir dans lequel la réalisatrice Marjane Satrapi plonge le spectateur dans l’esprit torturé d’un benêt schizophrène à tendance psychopathe dont les voix qu’il entend le pousse irrémédiablement au meurtre, individu campé avec délice par un Ryan Reynolds convaincant et inspiré. Les saillies macabres et les réparties entre l’acteur et ses « voix intérieurs » font le sel d’un long-métrage qui ne s’assume pas jusqu’au bout mais qui demeure irrévérencieusement plaisant.
🎬 RENGER 📼 Cinéphile Nostal𝙂𝙚𝙚𝙠

8 884 abonnés 8 225 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 4 septembre 2024
Jerry, un manutentionnaire un peu simplet et solitaire, mène une vie tout ce qu’il y a de plus paisible et… tristement banal. Célibataire endurci, il s’entend très bien avec son chat Mr. Moustache et son chien Bosco et consulte régulièrement sa psy. Bref, tout va pour le mieux, du moins en apparence, car lorsque l’effet de ses médicaments s’estompe, la dure réalité reprend le dessus… ainsi que sa schizophrénie.

La réalisatrice franco-iranienne Marjane Satrapi (Marjane Satrapi - 2007) change radicalement de registre, après l’animation et la comédie, elle se tourne vers le film d’horreur, alternant joyeusement entre le thriller et la comédie noire. Cette coproduction américano-germanique (intégralement tournée en Allemagne) est une savoureuse et délirante comédie sarcastique.

Ryan Reynolds campe à merveille ce sociopathe benêt qui partage sa vie de tous les jours avec son chat sournois, qui tient des propos orduriers et qui ne cesse de le pousser au crime, tandis que son chien affable essaie tant bien que mal de le ramener à la raison. Il incarne parfaitement ce psychopathe qui joue sur deux tableaux, le niais associable d’un côté et le tueur en série de l’autre. A noter aussi, que c’est lui qui prête sa voix (dans la VO) au chat et au chien !

Le reste du casting n’est pas en reste puisque l’on appréciera d’y retrouver Gemma Arterton & Anna Kendrick, dans cette comédie décalée et originale.

● http://bit.ly/CinephileNostalGeek ● http://twitter.com/B_Renger ●
Dydy Ty
Dydy Ty

3 abonnés 17 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 10 avril 2024
Je n'ai pas vu la bande annonce de ce film. Mais quand j'ai lu les avis et qu'on a parlé de rigolade, j'ai été surprise car pour moi : non il n'y a pas d'humour. Au contraire je le trouve un peu déprimant. C'est triste de plonger dans le quotidien d'une personne mentalement différente.
Pourtant cela reste un bon film. Le personnage principal est touchant et Ryan Reynolds est juste dans son interprétation.
hazelnuss
hazelnuss

2 abonnés 17 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 août 2023
une comédie qui cache un drame qui bascule soudain dans le glauque comme rarement. Très bien réalisé et interprété. un petit bijou d'humour noir.
Carolasticot
Carolasticot

34 abonnés 196 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 11 juin 2023
J’ai trouvé ce film pas mal du tout.
Divertissant, attachant et avec du suspens. Mm le côté glauque est plutôt bien maîtrisé.
Je ne m’attendais pas du tout à ca.
Mm le générique de fin est surprenant.

Mais devant l’explosion des états limites dans la société et en mm temp des comédies sur les pulsions meurtrières, est il vraiment judicieux de banaliser autant crime ?

Il est vrai qu’il s’agit d’un film de 2014… mais on peut au moins de poser la question.
Dx M.
Dx M.

89 abonnés 823 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 septembre 2022
Très bon ds l'ensemble... Comédie thriller horrifique rafraîchissant... L'histoire est prenante et l ambiance est bien décalée... Notre protagoniste est un schizophrène sous traitement qui entend des voix lorsqu'il ne prend pas ses cachets... C'est un solitaire en herbe qui parle régulièrement à son chien et à son chat... Il va commettre des meurtres malgré lui pensant faire le bien et tomber dans une spirale infernale... J'ai adoré le contraste qu'il y a entre son univers spirituelle et la réalité notamment de son appartement par ex... Les acteurs sont excellents surtout l acteur principal... La fin est sympa... Une véritable bonne surprise...
Ghighi19
Ghighi19

100 abonnés 2 071 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 23 juin 2022
Original et plutôt bien mené. J avoue être assez étonné par le ton assez burlesque finalement du film . Bon la deuxième partie est un peu plus lente et la fin ratée mais Ryan Reynolds est très bien .
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 8 avril 2022
Réalisation de petits moyens certes, mais d'un kitsch totalement assumé, et surtout habilement graphique. Acteurs parfaitement dans leur personnage. Mise en scène barrée mais qui apporte une atmosphère complètement cohérente au film.
Pour moi un bijou à voir absolument. Vous en sortirez ravis ou dépité... il n'y pas d'entre-deux.
tadd
tadd

12 abonnés 197 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 30 mars 2022
Absolument bluffant. Impossible de le classer dans un genre ou une catégorie. Ce film emprunte les meilleurs aspects aux films noirs, burlesque, gore, horreur, comédie sentimentale, drame, etc etc... le tout avec une caméra qui accompagne parfaitement les acteurs qui tiennent leur rôle, la photo est magnifique. J'ai adoré.
Fodscraft
Fodscraft

30 abonnés 63 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 17 janvier 2022
Jerry est un jeune homme suivi par un psychiatre qui vit seul avec son chien et son chat, et dialogue avec eux.
Seulement voilà, leur influence n'est pas des meilleures quand il s'agit de vie sociale et de morale...
Est-ce de la schizophrénie ?
Marjane Satrapi dresse le portrait d'un homme presque ordinaire, mais qui ne comprend pas les conventions sociales, le second degré et l'ironie.
spoiler: Et c'est là qu'entre en scène le serial killer. Le serial killer est devenu, au fil du temps, des nombreuses œuvres fictionnelles ou non et par le biais d'une fascination malsaine, un sujet très à la mode (regardez l'audience de Dexter en son temps). Le sujet n'est pas nouveau, mais Marjane Satrapi a l'idée de montrer au spectateur les visions de Jerry avant la réalité, une sorte de vernis qui rend tout plus acceptable et cache la réalité, en rendant les joues plus roses, en gommant les ordures ou en rajoutant un peu de magie dans l'air.

spoiler: Mention spéciale pour les animaux domestiques : très cartoonesque, le chien joue le rôle de sa bonne conscience et le chat sa mauvaise.
laurie james
laurie james

23 abonnés 220 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 décembre 2021
J'aime les animaux et en particulier les chats. Un film avec des animaux qui parlent avait de quoi me séduire. Mais on est très, très loin du Dr Doolittle ! Le scénario est totalement déroutant et oscille tout le temps entre des genres cinématographiques à l'opposé les uns des autres. Il commence et finit en comédie musicale sans doute pour nous démontrer qu'au fond tout cela n'était pas si sérieux. Il y a pas mal de scènes gore mais en même temps amusantes.
Mais là où le film nous cueille réellement, c'est que l'on ressent de l'empathie pour ce schizophrène devenu tueur en série car son schéma mental est très bien décrit spoiler: (son enfance, sa décision de ne plus prendre ses médicaments, ses voix rendues réelles...).
et de ce point de vue, le propos devient plus sérieux. Ryan Reynolds est absolument fascinant dans ce rôle à contre-emploi.
Je soupçonnais déjà mes chats d'être des tueurs en série, maintenant j'en ai la preuve !!
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