Dieu, que ce film est mal vendu... C'est un chef d'oeuvre.
"Terrifiant et à mourir de rire" promet l'affiche. Sûrement pas, ni l'un, ni l'autre, Marjane Satrapi est bien plus nuancée que cette accroche marketing ne peut le laisser penser.
Si l'on s'attend à une franche rigolade sur fond de boucherie, à la "Bienvenue au cottage" de Williams ou "Severance" de Smith, on est nécessairement déçu. J'ai au demeurant beaucoup aimé ces deux films, mais "The Voices" propose bien plus qu'une comédie grinçante et poisseuse.
Je ne vais rien apporter de nouveau, tout le monde l'a déjà dit : Satrapi mélange ici les genres. Et les émotions suivent : on rit, on est ému, dégouté, révulsé, puis empathique, perdu, attendri, plein d'espoir, puis on retombe.
L'univers burtonnien, qui tranche drastiquement avec la réalité, est du plus bel effet sur le tragique de la situation.
Le résultat est, effectivement, comme beaucoup l'ont déjà dit, un OVNI. Un OVNI plus que convaincant pour qui l'abordera sans préjugés.
Le casting est parfait : Ryan Reynolds créé la surprise en campant cet anti-héro avec brio. Mention spéciale pour Anna Kendrick qui livre une performance particulièrement touchante et juste.
Les dialogues sont truculents, et pas uniquement lorsqu'il s'agit d'assister au monologue zooschyzophrénique de Jerry avec chien et chat. A noter, un échange délectable entre Jerry et sa psy, dans un contexte... inattendu, mais terriblement juste dans sa simplicité.
Le film divise et divisera, il ne peut en être autrement lorsque l'on touche à un tel sujet. Mais personnellement, je n'avais pas été aussi enthousiaste en sortant d'une salle obscure depuis bien, bien longtemps...