Vingt-cinquième volet de la saga James Bond, Mourir Peut Attendre, réalisé par Cary Joji Fukunaga, est un film de bonne facture venant mettre un terme à cette nouvelle ère initiée en 2006. L'histoire nous fait suivre l'agent 007 qui reprend du service à la demande d'un ami de la CIA afin de mettre un terme aux agissements d'un mystérieux criminel qui compte bien supprimer l'espèce humaine en répandant une dangereuse arme biologique. Ce scénario s'avère plutôt emballant à visionner tout du long de sa durée de deux heures et quarante-cinq minutes. Une durée conséquente, la plus longue de toute la licence, qui se fait tout de même un peu ressentir. Tout débute avec une introduction risquée puisqu'elle nous fait suivre pendant de très longues minutes un récit sans son héros principal qui apparaît bien plus tard à l'écran. Celle-ci est assez déroutante à son commencement mais on retrouve par la suite le visage emblématique de celui qu'on est venu voir. S'ensuit un générique d'ouverture correct avec son esthétique raccord avec le propos. Puis on vit une intrigue pas très intéressante au niveau des objectifs car c'est toujours un peu la même chose. Ce qui est plus intéressant, c'est l'enjeu personnel de James Bond qui est vieillissant, isolé, vulnérable, et dont on ressent la fatigue physique et mentale due à ses nombreuses années passées à se battre contre ses ennemis. Le personnage n'a jamais été aussi humanisé et on rentre dans son intimité avec les thèmes évoqués que sont la famille et l'héritage. Mais cette romance en devient hélas vraiment trop gnangnan. Et c'est dommage car malgré l'épaisseur apportée à tous ces protagonistes, on prend réellement du plaisir uniquement lors des scènes d'action. Et il faut dire que celles-ci nous offrent du grand spectacle cinématographique via des séquences intenses de courses-poursuites, de fusillades, de combats à mains nues et de cascades. De surcroît, les gadgets sont nombreux, ce qui fait extrêmement plaisir. Le ton se veut, lui, plus tragique et désespéré que jamais, au point d'être carrément plombant tant c'est sérieux et dramatique. Heureusement, quelques petites touches d'humour subsistent mais elles font rarement mouche. L'ensemble est porté par des personnages peu attachants et touchants malgré la gravité de la situation. Daniel Craig incarne un Bond mielleux pour sa dernière après quinze années de bons et loyaux services rendus à sa majesté. Léa Seydoux est, elle, assez agaçante, notamment à cause de sa façon de s'exprimer uniquement en chuchotant. Rami Malek joue un antagoniste creux et peu mémorable alors que Ralph Fiennes, Christoph Waltz, Naomie Harris, Ben Whishaw et Jeffrey Wright sont toujours aussi de la partie. Mais la grosse erreur de casting vient de Lashana Lynch qui est clairement là pour l'agenda politique consistant à mettre de l'inclusivité à tout va. La place qu'elle prend à Bond fait vraiment mal tant c'est juste de l'idéologie ridicule. À noter également la présence d'Ana de Armas qui fait une courte apparition remarquée. Tous ces individus entretiennent des relations compliquées qui procurent tout de même quelques petites émotions. Des échanges soutenus par des dialogues empreints de gravité. Sur la forme, la réalisation du cinéaste américain s'avère qualitative. Sa mise en scène est à la hauteur de celle de ses prédécesseurs, notamment Sam Mendes, en insufflant de l'ambition et en étant soignée au niveau de ses plans. De plus, elle évolue au sein d'environnements variés tantôt urbains tantôt naturels qui en jettent à la faveur des nombreux pays foulés. Ce visuel de grand standing est accompagné par une excellente bande originale signée Hans Zimmer qui nous gratifie d'une partition aux compositions épiques collant à merveille avec l'action. Ses reprises des thèmes de la franchise sont percutantes et toutes les notes ont un gros impact sur les images. On ne peut malheureusement pas en dire autant de la chanson du générique d'ouverture interprétée par Billie Eilish, qui est vraiment beaucoup trop déprimante et peu dans l'esprit de la saga pour rester mémorable. Cette ultime aventure du mandat Craig s'achève sur une fin déboussolante qui est une première pour la licence avec un événement qu'on ne pensait jamais voir qui survient. En conclusion, Mourir Peut Attendre est un long-métrage méritant d'être découvert même s'il n'est pas le meilleur des cinq épisodes ayant vu le jour avec un Bond aux yeux bleus.