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Un visiteur
4,0
Publiée le 25 novembre 2014
spoiler: Juste une note pour souligner la puissance la dernière scène de ce film. Ce grand classique de Sébastien Tellier ne pouvait pas trouver meilleure interprétation que la délivrance par l'amour de toute la frustration et la violence du film.
La crème de la crème est de ces oeuvres qui peuvent laisser indifférent ou profondément touché. Très belle surprise pour ma part.
J'étais un peu partagé au départ, je ne connais pas Kim Chapiron, mais la bande annonce faisait envie, après j'avais surtout peur que le film accumule les écueils liés à la non maîtrise de ses sujets, que ça soit la prostitution ou l'adolescence. Et je dois dire qu'il ne s'en sort pas mal. Je vais commencer par la fin, mais un bon film sait quand s'arrêter, et là j'ai dit, c'est très bien si ça s'arrête là, et ça c'est arrêté là. Il n'y avait pas besoin d'en rajouter.
Alors ce n'est ni un beau film, ni un film vraiment touchant, mais il y a plein de bonnes idées avec cette représentation débridée du Capital où justement cette jeunesse dorée ne se rend pas compte de ce qu'elle fait et vu que l'on adopte leur point de vue il n'y a pas cette moralisation qui pourrait tout détruire. De plus la fille le dit "Nous sommes les meilleurs élèves". C'est ceux qui ont tout compris, ils ont théorisé avec un grand détachement ce qu'on leur a appris. C'est ça le libéralisme débridé, tout se vend, tout s'achète, il y a l'offre et la demande, et si on peut parvenir à offrir ce qui est demandé, il y a de l'argent à se faire.
Si le film est parfois cynique, il arrive à travers l'amourette un peu niaise et prévisible (pour ne pas dire convenue) à ce qu'il y ait un truc premier degré, ce qui rend le film "aimable". Je n'ai rien contre le cynisme désabusé, mais parfois un peu d'humanité, d'amour, premier degré ça fait du bien. Là ça permet clairement au film de respirer et montrer sans doute maladroitement et sans doute de façon trop niaise que l'amour est plus important que le simple rapport sexuel et que finalement ce qui peut nous sauver du libéralisme, de Capital, c'est ce qui ne se vend pas : l'amour. On peut acheter un mariage, on peut acheter le sexe, mais on ne peut pas acheter l'amour.
Alors oui dit comme ça c'est pas si novateur (pas certain que ça prétende l'être non plus) et ça a l'air un peu niais, mais dans ce petit film de moins d'une heure trente ça passe vraiment bien car il est, comme je l'ai dit, opposé au cynisme ambiant.
Ce qui fait que le film fonctionne, c'est que les personnages et les situations, s'ils ne sont pas géniaux, restent assez bien écrits (j'insiste sur le "assez bien"), il y a assez de petits détails pour qu'on y croit, dans les façons de parler, les stéréotypes qui parviennent à incarner la raison pour laquelle ce stéréotype existe...
Bref c'est sympa, j'ai passé un moment agréable, il y a de l'idée et j'aime cette dénonciation sans avoir l'air d'y toucher qui se fait dans la douceur, c'est une autre façon de faire, moins radicale (sans doute moins bonne aussi), mais intéressante.
Le projet était intéressant, ambitieux mais insuffisamment bien exploité et fouillé. La fin est vraiment trop rapide et un peu confuse selon moi. Sinon, l'ensemble se regarde avec pas mal d'intérêt et on se dit que ce système pourrait facilement se mettre en place, même s'il y a quand même trop de facilités. Les jeunes acteurs sont assez bons (surtout la jeune fille )dans leurs rôles respectifs.
Un film en forme de sitcom, plan-plan et faussement subversif, noyé dans une allégorie sur le commerce assez vaine. Pas très drôle, assez mal filmé, avec un scénario qui n’évite aucune maladresse et des personnages sans grand relief… on est déçu car on attendait autre chose de la part d’un cinéaste qui a du mal à confirmer depuis l’inclassable et réjouissant « Sheitan ».
Bien ! Par où commencer ? C'est bien la question que je me pose. Tout d'abord, je suis étudiant en école de commerce, donc forcément, je connais un peu les rouages du sujet ici traité. Du moins, du sujet qui devrait être traité. Beaucoup poussent la réflexion et voient dans ce film une prouesse cinématographique pleine d'allusions, de réflexions métaphorico-économico-politico-psycho-sociologiques, de second degré et de devinettes. Je dois donc avoir loupé le coche. Car, personnellement, j'ai vu un film sans queue ni tête, avec un dénouement d'une évidence rare, et un tas de clichés faciles qui satisferont les détracteurs des écoles de commerce. Navré pour mon absence de second degré ici, bien qu'en étant friand à l'accoutumée, je n'ai pas réussi à m'y faire sur ce cas précis.
Le film part pourtant sur des bases pas trop risquées, voire attrayantes, qui pourraient lancer un élan de sympathie. Deux étudiants du style losers, en manque de sexe, manque probablement dû à leur physique pas forcément très engageant et à leur mentalité de bonhommes de la petite vingtaine qui passent leur temps à déconner entre eux et s'écartent toute possibilité d'approche envers la gent féminine. Ensuite, quelques petites images de soirées qui m'ont rappelé quelques souvenirs, bon... Et après, ça part dans tous les sens. Il tombent sur une fille de première année qui se dit lesbienne, et un autre gars, avec qui ils ont l'idée de monter un business (ou une association, on appelle ça comme on veut) consistant à voir des filles, comme ça, dans la rue ou les magasins, pour leur proposer, contre de l'argent, de sortir avec des mecs (les moins gâtés en règle générale) lors des soirées de l'école. En gros, ils jouent les proxénètes. Évidemment, elles acceptent. Je pense que si je faisais ça je me prendrais une paire de claques voire des petits rendez-vous au commissariat. Bref, pas besoin de s'étaler sur le scénario, qui, je trouve, manque cruellement de cohérence et est rempli de clichés !
D'habitude je hais ce genre de critique directe, et suis du genre généreux, mais sur ce film c'est dur d'être tendre tellement ça part dans tous les sens, c'est facile, mal organisé, et cette fin... beaucoup trop prévisible. "Oui mais bon c'est quand même une satire du monde du business où l'on enseigne aux futures 'élites' à devenir des hommes et femmes d'affaires aguerris et impitoyables dans un monde de requins, quitte à œuvrer dans des affaires pas très nettes", mais non, je ne suis pas d'humeur à une séance de masturbation intellectuelle. Voilà, en gros l'école de commerce c'est le truc génial où on n'apprend rien, on ne fait que des âneries, on fait des choses intimes av n'importe qui, et puis si on est désespéré on utilise ses connaissances en économie pour s'étendre vers le marché extérieur ! Ce film m'a cruellement frustré, tant par le début qui me faisait espérer un film sympathique, que par la suite qui sombre dans les clichés et l'incohérence.
immersion dans le monde fermé des grandes écoles supérieures avec leurs lois, leurs fêtes, leurs clans et leurs dérives. bonne critique de notre société de consommation où tout se marchande même l'amour; Très bonnes interprétations des jeunes acteurs un film social
J'ai regardé ce film faute de mieux, et j'ai eu une agréable surprise, Je m'attendais à une enième comédie sur les années étudiantes vue et revue rehaussé de scènes avec filles à poils pour faire passer le tout. Et ce film n'a pas besoin de cela pour éviter l'ennui, le sujet de fond n'a rien de nouveau mais la façon dont est menée l'histoire permet de passer un moment sympa.
Après 2 premiers films remarqués, "Sheitan" et "Dog pound", le 3ème long-métrage de Kim Chapiron était attendu, d'autant que son thème sulfureux s'axait autour de la création d'un réseau de prostitution au sein d'une grande école de commerce type HEC. Pour ma part, j'ai trouvé "La crème de la crème" assez décevant, dans la mesure où aucun effort n'est fait pour dépeindre de façon réaliste ce milieu des jeunes élites, les seules séquences situées dans le cadre de l'école sont des fiestas dantesques, dont je ne doute pas de l'existence, mais qui se répète à l'envi sans aucun contrepoint quant aux cours dispensés ou à l'institution elle-même. Alors, regard fantasmé d'un cinéaste, pourquoi pas, mais du coup toute la mise en place du réseau de filles manque de crédibilité, et on se demande quelle est la visée du film. Heureusement, Chapiron n'est pas manchot à la réalisation, et nous réserve quelques jolies séquences (comme la première et surtout la dernière, déconcertante mais cinématographique en diable). Surtout, la distribution est impeccable, menée par l'étoile montante Alice Isaaz, à la fois petite nouvelle timide et leader charismatique ; J-B Lafarge et son sourire carnassier, T Blumenthal et sa timidité fataliste, ainsi que Marine Sainsilly et sa douceur sauvage, complètent joliment ce casting djeunz.
Une plongée assez réaliste dans le monde des écoles de commerce avec ses castes bien définies et leur lot d'exclus. C'est sans fioritures et le jeune casting est la hauteur, tout particulièrement la troublante Alice Isaaz promise à un bel avenir dans le métier. Point noir, cette fin complètement absurde et ridicule qui plombe un peu le résultat final. Mais dans l'ensemble ça reste très correct.
Qu’il est dur de s’attaquer à la caste des écoles de commerce, même lorsqu’on est réalisateur de Dog Pound. Et pourtant, la crème de la crème réussit assez bien le pari d’égratigner un peu le vernis de ces prestigieuses institutions. Vase clos des études supérieures, groupe au sein des écoles, intérêt des étudiants pour leur enseignement, appât du gain, projections sur leurs carrières futures, interconnections des institutions pour protéger leur prestige… Tout y passe, le tout sublimé par un casting brillant et particulièrement cynique (mention spéciale à Alice Isaaz et Jean-Baptiste Lafarge), une BO de qualité et un montage au plus près de la folie étudiante. Malgré cela, tout n’est pas parfait pour autant dans la crème de la crème ; le film souffrant cruellement de renouveau dans sa deuxième partie, perdant tout son punch et mordant. Surtout, et même si l’on sent que Kim Chapiron s’est donné la peine de creuser un peu le milieu des écoles, beaucoup aurait encore pu être dit sur ce système fermé, afin de rendre cette fiction encore plus dérangeante. Ce n’est clairement pas le parti pris, et la crème de la crème reste alors une simple fiction plus qu’agréable à regarder. A voir donc
L'histoire n'est pas non plus incroyable mais on passe un bon moment. J'ai regardé ce film quand j'avais la grippe ça m'a bien passé le temps! Par contre il finit bêtement et ça, ça a le don de m'énerver.
les acteurs bien que (bon dans l'ensemble) n'arrive pas à nous maintenir dans le pragmatisme de leurs logiques.la bande son n'est pas terrible.il y a quand même quelques choses d'original à traiter d'un sujet (mondialisation du business) sur l'être humain.
En voyant la bande annonce, je me suis dit que ce film était un drame français basique et sans intérêt sur les pauvres petits riches. Et puis, en fin de bande annonce est venu le nom: Kim Chapiron... Ayant apprécié ses premiers films, j'ai voulu jeter un coup d'œil malgré tout. Grand bien m'en a pris. Je n'ai pas vu le temps passer (ce qui est de plus en plus rare). Les relations sociales et humaines sont abordées de façon intéressante et divertissante. Les acteurs sont bons et crédibles. Seule la dernière minute du film me laisse dubitatif. A voir.