A Touch of Sin
Note moyenne
3,7
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232 critiques spectateurs

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CloakBack
CloakBack

6 abonnés 347 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 13 février 2026
A Touch of Sin frappe par la sécheresse de son regard et la brutalité de ses surgissements. Un film dense et marquant, dont la rigueur m’a davantage saisi que véritablement bouleversé.

Avant de le voir, il faut savoir qu’il s’inspire de faits divers réels survenus en Chine au début des années 2000, que Jia Zhangke transforme en quatre récits distincts. Le film marque un tournant plus frontal dans son parcours, introduisant une violence soudaine tout en conservant un ancrage fort dans des décors réels. À la frontière entre réalisme et stylisation, il se présente moins comme un film d’action que comme une fiction fragmentée, nourrie par un contexte social contemporain.

Le film aborde la corruption, les inégalités économiques et l’humiliation sociale comme moteurs d’une colère contenue. À travers des trajectoires isolées, il montre une modernisation brutale qui laisse des individus en marge, privés de reconnaissance et de justice. La violence n’y est pas glorifiée, mais surgit comme l’aboutissement d’un déséquilibre structurel, d’un sentiment d’impasse face à un système verrouillé.

Il interroge aussi la solitude dans une société en mutation rapide. Les personnages circulent entre espaces industriels, urbains et ruraux sans jamais trouver de stabilité. Lorsque les structures collectives échouent, le corps devient le dernier territoire d’expression. La stylisation ponctuelle, presque héritée du cinéma martial, contraste avec le réalisme social et accentue la soudaineté des irruptions.

De mon côté, le film m’a réellement intéressé dans sa manière de montrer une déshumanisation à l’œuvre. J’ai été sensible à la beauté des plans, à la violence frontale mais réfléchie, ainsi qu’à la construction fragmentée qui lui donne sa force visuelle. L’équilibre entre réel et fiction fonctionne, et le film produit un choc sans renoncer à sa cohérence. Il laisse une impression de maîtrise froide et déterminée.

Ses limites apparaissent cependant dans un rythme inégal et dans cette même fragmentation qui crée une distance. L’austérité émotionnelle privilégie l’impact à l’engagement affectif, et la théâtralité de certaines scènes peut surprendre, au risque de fissurer le réalisme. Des choix cohérents, mais qui maintiennent le film dans une tension plus formelle qu’émotionnelle.

A Touch of Sin s’impose ainsi comme une œuvre forte et lucide, plus impressionnante par son constat que pleinement immersive. Un film important, qui frappe sans chercher à consoler.
Kouto
Kouto

29 abonnés 4 749 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 août 2025
D’une éclatante maitrise dans la réalisation le film de Zhang-ke Jia opère par ses éclats de violences et son écriture racé une réflexion sanglante sur le capitalisme sauvage qui sévit en Chine et toutes les conséquences que cela entraine pour ses habitants. Outre sa beauté formelle orchestrant un récit habillement agencé le réalisateur offre un long-métrage solide à tous les niveaux et passionnant de bout en bout.
AdriBrody
AdriBrody

16 abonnés 774 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 6 août 2025
Si la mise en scène et la réalisation sont bien menées, on aurait pu s'attendre à bien mieux. A Touch of Sin est censé parler de la Chine et de son système, de ses dérives. Or, aucune des 4 histoires n'est intrinsèquement liée à la Chine et elles auraient bien pu se dérouler ailleurs. Par ailleurs, les 4 histoires sont aussi très proches dans leur façon de procéder. En comparaison avec Les Nouveaux Sauvages par exemple qui avait le même schéma, c'était bien mieux narré avec des histoires vraiment différentes. Ici, elles se ressemblent toutes sur le fond. La 1e histoire était vraiment bien et en s'attendant à un excellent film, j'ai juste vu le même schéma en boucle.
Fabios Om
Fabios Om

71 abonnés 1 330 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 19 février 2024
Quatre personnages centraux, quatre histoires, quatre régions chinoises. Et quatre cheminements vers la violence, une violence tournée vers les autres ou vers soi-même. Habilement agencés façon chassé-croisé, implacablement cohérents dans leurs résonances, ces récits inspirés de faits divers permettent à Jia Zhang-ke de brosser un tableau assez terrible de la Chine contemporaine. Un pays dont la mutation radicale (avec ses dommages collatéraux) s'est faite en tournant le dos au passé. Une radioscopie extrêmement réaliste et sans concessions de la Chine contemporaine. Pour dénoncer les conséquences de l'ultra-libéralisme et les poussées radicales de violence à travers tout le pays,Jia Zhang-Ke passe par le biais du film de genre. 
Ce qui gêne dans l'ensemble c'est que les quatre histoires ne sont pas liées, donnant à l'ensemble un aspect de film à sketchs un peu déséquilibré. La réflexion aurait également mérité d'être plus aboutie.
Yvanoé
Yvanoé

1 abonné 22 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 4 février 2024
mise en scène impeccable, scénario de vengeance : un sujet banal finalement. On ne pase pas plus de 2 h dessus sans décrocher puisqu'il n'y a pas d'autre liens entre les histoires que le portrait effrayant de la corruption et de la violence ordinaire... Ça a le mérite de nous proposer une réflexion sur le sujet.
Claude A. F
Claude A. F

6 abonnés 3 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 5 novembre 2023
une fresque en quatre parties, remarquablement filmée, magnifique peinture de la Chine contemporaine
Patjob
Patjob

43 abonnés 755 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 juin 2022
Les quatre histoires successives, aux petits recoupements artificiels, racontent le désarroi et la souffrance de quatre individus dans une Chine sous la double coupe d’un régime bureaucratique autoritaire et d’un capitalisme débridé. Dans cet univers, les différentes violences individuelles constituent une réaction à la violence sociale. Cette intéressante plongée dans la Chine contemporaine, si contradictoire, est magnifiée par la mise en scène de Jia, truffée de plans éblouissants (même dans des environnements tout sauf idylliques), autrement remarquable que le scénario, étonnamment primé à Cannes. La première histoire est la meilleure, par son rythme, ses qualités esthétiques et sa magnifique conclusion symbolique de ce cheval qui, débarrassé de son tortionnaire, ne sait plus où aller et transporter son fardeau.
maxime ...

308 abonnés 2 069 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 16 mai 2022
Tian zhu ding est le deuxième film que je découvre de Jia Zhangke après Er shi si cheng ji, il y'a de cela quelques mois. Encore une fois, il ose embrasser pleinement le social pour en faire défiler ses constantes et tranche avec la radicalité de ses prises de vues, absolument unique, pour moi en tout cas ...

Jia Zhangke parviens à me faire vivre des expériences de cinéma absolument folle tant il y'a des coupures, des transitions, des changements de tons sous les grands éclats de ses fulgurances, néanmoins, il me faut je l'avoue volontiers m'accrocher !

L'esthétique des images captivent et repense les contrastes grâce à sa sophistication mis en branle par la brutalité des trajectoires que l'on contemples. La température est prise pour mieux narrer les brides de destins obscurs entre désarroi et revanche, un gout prononcé pour quadrillé la rudesse des conditions de vie de ses personnages sur un fil ... Son réalisateur en appel à la métaphore du bétail en cage, malmené par ses maitres, abattu par convenance. Il témoigne de la violence, avec fracas.

Comme pour son précédent film, tout ne m'a pas paru forcément très limpide, je me suis paumé dans ses intentions et franchement ça ne m'a pas toujours trop plu ... Je serais toutefois un peu malvenu d'en déduire toute conclusion trop hâtive tant ce film transpire de passion pour son exercice, son Art et transmet ses aspirations sans fine bouche. Un film relevé, élégant sans être trop fort de café, juste un peu inhabituel pour un néophyte.
Daniel Schettino
Daniel Schettino

31 abonnés 241 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 2 mai 2021
Le film point du doigt le comportements des "mauvais" Chinois. Si encore cela reflétait la réalité du pays ! Mais dans la réalité que se passe-t-il vraiment ? Il faut faire attention quand même. On doit prendre ses distances avec ce film car il désigne qui sont les bons et les mauvais citoyens. Et c'est du pipeau ! Corruption à tous les échelons et si on faisait le ménage dans les plus hautes instances du pouvoir ! Et si la société chinoise se démocratisait ? Car les "bons" citoyens désespérés et en colère, restent dans le cadre strict de la pensée politique officielle en Chine. Alors les critiques font une analyse marxiste du film mais si la Chine changeait de système politique, si on établissait la démocratie, quels seraient les comportements ? Là on a la désagréable impression d'être dans un film éducatif. On veut m'éduquer, me dire qu'elles sont les bonnes attitudes, les bons sentiments. Où se situe le bien et le mal. Mais de quoi je me mêle ! Si tout va mal c'est à cause d'individus peu scrupuleux qui brisent les autres, mais surtout pas à cause du système lui-même ? Ben voyons ! Le film nous montre à l'évidence que la propagande est liée aux promesses d'un avenir meilleur. Assurément il veut donner de l'espoir aux exclus fatigués du système, harassés par leur vie misérable. Avec l'espérance d'un changement de la société. Tu peux toujours rêver ! Et de voir médusé, des personnages brisés, enflammés par leur combat pour l'assurance d'une société plus juste. Ce film est l'exemple parfait de la machine de propagande étatique.
stans007
stans007

36 abonnés 1 462 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 avril 2021
Enchevêtrement confus mais bien filmé de scénari hémorragiques décrivant quatre réactions violentes aux différentes formes d’oppressions qu’on peut rencontrer aux quatre coins de la Chine actuelle.
Ykarpathakis157

6 190 abonnés 18 103 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 22 novembre 2020
A Touch of Sin est composé de plusieurs histoires différentes qui sont liées de manière ténue entre elles. Les histoires se déroulent toutes dans la Chine moderne et le film est bourré de meurtres graphiques, de tentatives de viol, de suicide, de vols et autres. Quelques-uns de ces meurtres semblent justifiés mais beaucoup sont tout simplement insensés et très sanglants. Outre le fait qu'il s'agit peut-être d'un conte de moralité sur la corruption et l'absence d'âme de la Chine moderne je ne voyais vraiment pas l'intérêt du film. En fait j'ai trouvé tout cela horrible du début à la fin. Un film vraiment horrible que j'espère ne plus jamais revoir...
AlphaWolf
AlphaWolf

91 abonnés 889 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 12 mai 2020
Lent, froid, hermétique: A Touch of Sin réunit toutes les caractéristiques du film chinois où, comme souvent, la portée sociétale de l’œuvre est servie par un scénario trop mou et qui manque de précision. Avec pour dénominateur commun la violence, morale et physique, différentes intrigues indépendantes s'enchainent, évoquant une pale copie sous Lexomil d'un Relatos Selvajes. On finit ces deux très longues heures le cerveau aussi embrumé que les paysages hivernaux dans lesquels évoluent les personnages.
Yves S
Yves S

18 abonnés 11 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 23 janvier 2020
Très mauvais ! On comprend l intention du réa de montrer la violence sourde qui explose par moment gratuitement ! Déprimant !
mouh M.
mouh M.

6 abonnés 167 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 23 janvier 2020
Dénoncer les travers d'une société le documentaire le fait très bien. On a là, 4 histoires sociales servies juste en guise de témoignage et sans fil conducteur. C'est monotone, lent, contemplatif et ennuyeux hormis quelques fulgurances d'action trop peu nombreuses.
Max Rss
Max Rss

252 abonnés 2 307 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 2 juin 2019
Il est vrai qu'un film adoptant une telle forme a de quoi gonfler. Car, quoi qu'on en dise l'immersion dans une histoire requiert un certain temps. A peine une histoire est-elle finie qu'il faut de nouveau s'immerger dans celle qui suit. Pour ma part, au sortir de ce "A touch of sin", je me fais la réflexion suivante : alors, tout ça pour ça ? Entendons nous bien, ce n'est pas le fait que le film soit divisé en quatre histoires vaguement reliées entre elles qui me dérange. Non, ce qui me dérange c'est leur finalité et surtout leur qualité. Parce que, question qualité, on est quand même loin du compte. Il n'y a que la première histoire qui soit bien. Le mineur, déjà, il a une tronche. En plus de ça, il possède un charisme certain. Le côté justicier lui va bien. Et puis, il a un but qui l'anime tout le long de l'histoire, une conviction. Ce qui fait que, même s'il apparaît comme étant un peu de bas de plafond, on s'identifie à lui, on prend part à son combat. Les trois autres histoires, la limonade n'est plus du tout la même. Elles se résument surtout à ce seul mot : ennui. En effet, les personnages principaux de ces trois histoires sont vides, ne dégagent rien. Ils errent ça et là. Où le vent les pousse. Ils n'ont aucune motivation. Rien. Ce qui fait qu'on se désintéresse totalement de leur chute. Quant à la finalité : nous montrer la face sombre de la Chine contemporaine. Cette Chine si puissante financièrement. On nous dit quoi ? Qu'il y a la corruption, que la violence gangrène la société, que ceux qui vivent dans les terres crèvent de faim. Alors, visiblement, cela a suffi à titiller les ardeurs très sensibles de la censure appliquée par le gouvernement chinois, vu que le film n'est pas sorti en salles là-bas, mais pour le spectateur occidental qui est déjà au parfum de ces fléaux, ça n'a aucun intérêt. C'est lui redire ce qu'il sait déjà. Pour un film dont le coeur même est la critique de la société chinoise, je trouve quand même que la charge contestataire est bien légère. Et puis, m'offrir une demi heure de bien, pour une heure et demi d'ennui ensuite, bof quoi. Je saute pas aux rideaux, loin de là.
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