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Charles R
60 abonnés
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3,5
Publiée le 11 janvier 2017
On est parfois surpris par les titres des films d'un pays à un autre. Alors que le titre original est "A monster calls", qui résume en trois mots l'intrigue du dernier film de Juan Antonio Bayona, la version française, "Quelques minutes après minuit", - peu euphonique, au demeurant - ne renseigne guère que sur l'heure d'apparition dudit monstre. Curieux... De quoi s'agit-il au juste ? D'un enfant en proie aux pires cauchemars et dans ses rêves et dans sa vie quotidienne. D'un enfant seul en proie à un malaise existentiel comme Juan Antonio Bayona aime à en peupler sa filmographie. Et pourtant Conor, le jeune garçon, "trop âgé pour être un enfant et trop jeune pour être un adulte", va bénéficier d'une aide inattendue en la personne d'un monstre issu de l'écorce d'un arbre. Le film ne fait pas frissonner d'horreur et de plaisir comme le premier long-métrage du réalisateur, "L'orphelinat", et conduit par ailleurs à observer un temps avant d'entrer, si l'on ose dire, dans l'écorce de l'arbre. Certes Juan Antonio Bayona prétend s'adresser à des ados plus qu'à des adultes qui ont tout vu tout entendu et qui ne s'en laissent pas conter. Mais ce "bon gros géant" végétal peut nous amener à rester... de bois avant d'admettre les "ficelles" de la fiction. D'autant que les procédés sont multiples et que le metteur en scène ne recule devant aucune technique contemporaine, en particulier d'animation. Cela dit, le film est agréable à découvrir : une fois de plus l'acteur principal est un enfant, répondant en l'occurrence au nom de Lewis Mac Dougall, et c'est bien sur ses frêles épaules que repose tout le poids du film. Sigourney Weaver, dans le rôle de la grand-mère insupportable, s'efforce d'être aussi déplaisante que possible et n'y parvient qu'à moitié. Quant à Felicity Jones, elle ne réussit guère à nous émouvoir et n'habite que médiocrement son personnage de femme promise à une mort prochaine. Il n'empêche : nous aimons l'univers de Juan Antonio Bayona, nous aimons ce recours au fantastique pour exprimer les fantasmes et les tortures de l'enfance. Mais que diable ! Faites taire les violons, a-t-on envie parfois de s'écrier, qui cherchent désespérément à susciter l'émotion de la manière la plus criarde qui soit.
De Bayona, je n’avais vu que “L’orphelinat”, film qui brassait les mêmes thèmes : l’enfance, la mort, la maternité, l’horreur. Et les trucages numériques pour bien faire. Ici, en gros, on a les mêmes ingrédients, mais en moins bien, car l’histoire, dont on s’efforce de nous cacher le sens, est beaucoup trop linaire et simpliste : spoiler: un garçon ne peut se résoudre à voir sa mère mourir, et imagine un monstre en forme d’arbre qui cherche à lui arracher le perpétuel “lourd secret” sans lequel il semble devenu impossible de faire un film.
Il paraît que cette histoire très confuse et très répétitive est adaptée d’un roman pour la jeunesse. Dans ce cas, c’est loupé, car l’atmosphère est à ce point sinistre qu’on hésiterait à la montrer à des enfants. Le jeune garçon qui joue Conor est très bien, mais il en fait peut-être un peu trop.
Et il y a vraiment trop de trucages faits à l’ordinateur, qui ont englouti une énorme part du budget, quarante-trois millions de dollars ! En outre, après “Le bon gros géant” de Spielberg, notoirement raté, on commence à être las de ces histoires d’amitié entre un enfant et un monstre géant.
Très belle fable sur le voyage initiatique qu'est celui de faire le deuil d'un proche. Il s'agit d'un film possédant plusieurs degrés d'interprétation et ne peut ainsi raisonnablement pas plaire à tout le monde, mais il reste très poétique et très beau visuellement.
Quelques minutes après minuit est un film très dur. C'est vraiment centré sur la vision de l'enfant face aux épreuves, et forcément ça touche. C'est d'ailleurs très bien joué, Lewis MacDougall (Conor) est vraiment crédible. Le film semble un peu long, mais c'est aussi lié à l'histoire du film, au malaise qui parait ne pas finir. La créature est bien imaginée également, comme les passages en animation visuellement agréable. Bref, pas grand-chose à redire pour le genre, à voir, même si sa tristesse n'incite pas à le revoir !
Difficile de rester de marbre devant l'émotion véhiculée par ce film, notamment portée par une performance incroyable de maturité du jeune acteur principal. Une histoire haute en couleur adaptée avec fidélité de l'ouvre originale, y compris la dureté et la tristesse des thématiques abordées, à savoir si vous comptez y exposer un jeune public... Maîtrisée de bout en bout, la réalisation est juste et intimiste dans un style britannique particulièrement à propos. Touchant.
La magie de ce monde fantastique ne prend pas effet sur moi, l’obscurité s’assombrit constamment dans le film, pas de larme versée pour cet adolescent si pathétique, un gâchis dommageable.
Voilà une très jolie histoire émouvante et originale. J'ai beaucoup apprécié. C'est à la fois triste et magnifique. Ce serait fort dommage de louper ce film.
Très beau film servi de beaux effets spéciaux, une photographie soigné et un bon jeu d'acteur.. C'est très sombre comme histoire, on verse forcément sa petite larme.
Une jolie fable et une belle réflexion sur le rapport des enfants à la mort. Le film fait place à une poésie de quasi tous les instants, soutenu par un visuel magnifique, et au fantastique pour aborder un sujet grave qui parlera à beaucoup. On pourrait lui reprocher d'être un peu trop tire-larmes et d'être assez attendu dans sa trame mais Bayona réussit à mêler grand spectacle et film intimiste, le tout aidé par un casting impeccable, avec une mention particulière pour Sigourney Weaver, très touchante dans son rôle de grand-mère qui doit faire face à la colère de son petit-fils.
Certains n'auront pas manqué de faire le parallèle avec « Le Labyrinthe de Pan », pas forcément à l'avantage du film de Juan Antonio Bayona. Reste que malgré d'infimes réserves (légèrement larmoyant, message un peu appuyé, budget ayant quelques limites), « Quelques minutes après minuit » demeure un drame très émouvant et fort bien raconté, s'appuyant sur un héros auquel il est aisé de s'identifier, tout en faisant appel aux peurs enfantines (ici le deuil en particulier) sans jamais les caricaturer, cette créature aussi inquiétante que réconfortante par moments donnant à l'œuvre un bel équilibre entre réalisme parfois cru et séquences fantastiques d'excellente facture, trouvant leur paroxysme lors deux très beaux récits racontés par le monstre, tout en aquarelle et en mouvements magnifiques. Il y a quelque chose de profondément touchant à voir ce jeune homme évoluer afin de surmonter l'immense malheur qui le touche, chaque second rôle semblant presque être pensé pour enrichir sa personnalité. En tout cas mon premier coup de cœur de 2017, intimiste et grand public au sens le plus noble : belle réussite.
Troisième film du réalisateur catalan Juan Antonio Bayona après L’orphelinat et The impossible. Ne sachant rien du film (à part le casting) avant d’y aller, je ne m’attendais pas du tout à cela. On dirait du Spielberg ! Voilà un très joli drame familial mêlé à du fantastique. Une très belle mise en scène pour un film à l’histoire assez classique, bouleversant mais sans pathos. Le mélange des séquences (oniriques, animation, vie réelle) fonctionne parfaitement, sans effets spéciaux envahissants. L’interprétation est de qualité. La grande Sigourney Weaver, bien sûr, Felicity Jones, pour une fois convaincante et le jeune Lewis MacDougall sont tous très bien et rendent leurs personnages très attachants. C’est un peu long au début mais on se laisse vite suspendre. Au final, une très belle fable où intime et spectaculaire se côtoient avec une belle réussite. Un très beau film sur la perte d’un être cher, le deuil et le passage de l’enfance à l’adolescence. Une bien belle surprise en ce début d’année.
C'est étrange, je retrouve la même sensation que j'ai eu après avoir regardé "Le Labyrinthe de Pan" de Guillermo del Toro. En effet, "Quelques minutes après minuit" définit un cadre fantastique pour révéler une histoire intimiste et bouleversante. Mais malheureusement, la magie n'opère pas et la narration, qui est très romancée, nous amène à croire que le roman doit valoir vraiment le coup contrairement au film qui recèle de bonnes idées mais qui, mélangées ensemble, forment un tout étrange et difforme. L'esthétique est attrayante et l'histoire rappelle l'univers des contes, à la fois effrayant et dotée d'une morale. Mais force est de constater que le film se perd dans ses propositions et n'aboutit sur rien de concluant, ni d'extraordinaire. En effet, ce grand monstre sortit de l'imaginaire du jeune garçon esseulé est impressionnant, certes, mais ses motivations et sa fonction restent floues. Les histoires qu'il narre sont représentées de façon originale et surprenante, des courtes formes animées rappelant le conte des trois frères dans "Harry Potter et les reliques de la Mort - 1ère partie". Visuellement très réussis, j'ai eu du mal à trouver la raison de leur présence au sein de cette histoire. Et qui dit histoires au milieu d'une grande histoire dit cafouillage et incompréhensions. Ce qui est bien dommage car la performance du jeune Lewis MacDougall est bluffante et pleine d'émotions. Il est sincère tout en étant très simple et l'amour qu'il voue à sa mère mourante est juste incroyable. Felicity Jones, dans le rôle de cette dernière, est méconnaissable et signe une interprétation poignante. J'étais très excité à l'idée de voir Sigourney Weaver mais j'ai été plutôt déçu par son manque de nuances dans son jeu, que j'ai trouvé plutôt monocorde. "Quelques minutes après minuit" est une histoire du passage à l'âge adulte, où le monde imaginaire de l'enfance se confronte à la réalité cruelle. On garde en tête de très belles images et une esthétique poétique réussie mais on regrette ce manque de cohésions entre toutes ces tentatives de narration, d'autant plus que le film s'étend en durée, ce qui met notre envie de comprendre à rude épreuve... Mais surtout, j'admet que c'est un beau reflet de nos propres pertes, de nos proches qui nous ont quitté et tout l'imaginaire qui en découle.l
J’avais entendu parler de ce film depuis quelques temps et j’avais vu qu’il y avait le roman de sorti. Je ne l’ai pas lu et j’étais intriguée par le film tout en ne sachant pas du tout à quoi m’attendre. Je dois dire en être ressortie chamboulée, il est tellement beau ce film malgré sa tristesse. Conor vit avec sa maman qui est très malade, il s’occupe d’elle et espère la voir guérir. Son père est en amérique, remarié, et sa grand-mère veut l’aider et surtout ne pas le laisser seul dans cette tâche. Plusieurs nuits, à 0h07, Conor reçoit la visite d’un monstre, celui-ci est un if qui se réveille et prendre forme sous ses yeux. Il lui dit qu’il va lui raconter trois histoires mais que la 4e sera dite par Conor et portera sur son cauchemar. Ces histoires sont pour lui faire prendre conscience des choses et le faire réagir tout en l’aidant dans sa tristesse qu’il garde au fond de lui. Conor est renfermé, en plus il se fait maltraité par des camarades de classe et il doit faire face à la maladie de sa mère tout en restant fort pour elle.
C’est une nouvelle manière d’aborder la maladie, la mort et surtout le deuil. D’un conte qui semble pour enfant on se retrouve avec un film noir, dur et difficile à affronter. Les émotions sonnent tellement vraies, grâce à un excellent casting, que l’on ne peut rester insensibles, on se met à leur place. Conor voit sa mère dépérir à vue d’œil et il passe par différentes étapes : le déni, la colère, la peur, la violence, la rancœur puis il finira par accepter. Au fur et à mesure du film, l’histoire se fait de plus en plus dure et on sait que l’issue ne sera pas bonne. Je dois dire que les acteurs n’y sont pas pour rien. Lewis MacDougall qui joue Conor est extrêmement juste dans son rôle, il saura nous tirer plus d’une larme au fur et à mesure de l’histoire. On ressent son mal-être, sa rage, son incapacité à pouvoir changer les choses. Felicity Jones, que l’on a vu dans beaucoup de films récemment Rogue One, Inferno, n’a pas un rôle facile et elle saura montrer dans ce film tous ses talents d’actrice. On ressent sa douceur, son amour pour son fils tout en essayant de le rassurer. On se demande par moment dans le film si c’est réellement une bonne chose de lui faire garder espoir suite aux différents traitements mais l’espoir est une nécessité pour une éventuelle guérison ! I y a Sigourney Weaver qui joue la grand-mère que je n’avais pas vu depuis plusieurs années dans un film. On ne la voit pas énormément mais elle joue également magnifiquement. Tantôt stricte pour son petit fils on la voit au fur et à mesure devenir lasse mais surtout anéantie pour sa fille. Et puis, ne l’oublions pas l’excellent Liam Neeson qui fait la voix du monstre, une voix à la fois dure mais juste. Ce casting ne pouvait pas être mieux choisi, chacun permet de créer ce film et nous faire ressentir toutes ces émotions.
J’ai aussi beaucoup aimé la partie animation dans ce film. Je dois dire que les histoires racontées par le monstre sont vraiment très bien animées. Le style est vraiment beau et original. De plus, le monstre est également très bien fait et crée l’originalité du film. Il est rare d’abordé des sujets tels que la maladie, la mort, le deuil avec du fantastique et pourtant Quelques minutes après minuit est la preuve que c’est possible et surtout montré avec brio. Je pense que c’est un film difficile à voir pour les personnes qui ont dû affronter la maladie d’un proche et surtout la mort de celui-ci … Il est déjà difficile de ne pas pleurer devant tellement les émotions sont fortes que quelqu’un l’ayant vécu aura énormément de mal à le revivre…
En résumé, Quelques minutes après minuit est un film magnifique mais tellement triste … J’avoue que je ne savais pas le fond de l’histoire et j’ai été énormément touchée par ce film. Quelle histoire ! Il est impossible de rester insensible devant l’histoire de Conor et de sa maman. C’est un film émouvant, qui sonne tellement vrai et surtout joué à la perfection ! Je vous conseille fortement d’aller voir ce film, un coup de cœur pour moi, et surtout n’oubliez pas les mouchoirs parce qu’ils sont indispensables !
Comme "Lo Imposible" le laissait craindre, Bayona est un réalisateur absolument haïssable, du genre à vendre son père et sa mère pour tirer des larmes à ses spectateurs pris en otages, et bien entendu ramasser le jackpot du succès populaire. Sans atteindre à la bassesse de "Lo Imposible", ce "A Monster Calls" à la réputation incroyablement surévaluée (et que je me répande un peu partout sur le "chef d'oeuvre absolu" que ce serait, à croire que tous ces gens n'ont jamais vu de vrai cinéma !) est éthiquement tout à l'opposé de ce qui est la nature même de l'Art cinématographique : il n'y a aucune limite aux scènes larmoyantes qui n'ont pour but que de briser les dernières barrières qui pourraient encore tenir dans votre coeur, l'équation "cancer de la maman adorée papa parti fonder une autre famille très loin persécution brutale de la part des autres collégiens" fonctionnant ici au même niveau que les tourments de la famille américaine victime du tsunami dans le film précédent... Pire encore, Bayona ne crédite son "média" d'absolument aucune capacité de suggestion, sans même utiliser le mot, banni ici, de subtilité : tout doit être asséné et répété plusieurs fois pour être bien certain que tout le monde aura bien compris le "message". Et que je t'accumule les symboles, les représentations, et pour finir les discours sentencieux (Liam Neeson est très bon pour les déclarations sentencieuses !) à l'intention des plus distraits ou des moins éveillés d'entre nous. Bon, le spectateur qui arrivera à survivre au milieu de ses kleenex trempés et de son mal de tête croissant notera toutefois quelques belles fulgurances graphiques qui rattrapent la laideur endémique des effets speciaux, que le gamin est très joliment crédible et que Felicity Jones reste bien lumineuse malgré son cancer, et que tout ça constituerait presque une bonne raison de voir le film. Pour le reste, entre une mise en scène sans inspiration (nul moment de peur, nul instant de stupéfaction devant le spectacle soi-disant grandiose qu'on nous inflige...), et surtout un contresens total sur la nature et le rôle des contes de fées (bon dieu, lisez Bruno Bettelheim sur ce sujet !), je crains bien qu'il y ait très peu à sauver dans ce "A Monster Calls".
J. A. Bayona s'est fait repérer en tant que protégé de Guillermo Del Toro, le cinéaste ayant été plutôt conquis par ce que le jeune réalisateur avait offrir. Et il faut reconnaître qu'il s'est assez vite imposé comme un esthète consciencieux à la vision forte. Ces deux premiers films ont plutôt bien fait parler d'eux, malgré une facture classique qui amoindrissait les fulgurances visuelles. Car malgré ses visuelles très travaillés, le cinéma de Bayona évolue dans un cinéma de genre qui ne bouleverse que très peu les codes établies et qui reste au final assez anecdotique malgré des œuvres réussies. Néanmoins les retours pour son A Monster Calls, son troisième film, furent assez dithyrambiques au point d'espérer une apothéose dans sa filmographie. Adapté du roman du même nom de Patrick Ness, par ce dernier d'ailleurs, le film s'impose au final comme une oeuvre classique sur la jeunesse et le passage à l'âge adulte. Bayona reste donc sur sa ligne de conduite même si il livre quand même son film le plus abouti.
Au niveau du scénario, on reste face à un récit classique sur le passage à l'âge adulte où l'enfant doit faire face à la vérité qu'il grandit et qu'il doit donc commencer à prendre ses responsabilités. A travers la perte de sa mère, on assiste surtout à la perte de son innocence, l'enfant rentre dans un monde très adulte où l’insouciance de la jeunesse fait place à la réalité d'une mort inévitable. C'est une histoire qui à été mainte fois contée avec plus ou moins d'originalité et même si celle-ci s'avère efficace, ce n'est pas celle qui brille le plus par sa finesse. On plonge dans une intrigue sur-écrite qui se veut beaucoup trop symbolique tout en s'assurant l'attention des spectateurs en expliquant absolument tout. Donc où est l'intérêt de mettre des symboles si c'est pour les sur-expliquer par la suite ? Et c'est ce principal problème qui va venir handicaper le parcours du personnage principal notamment dans les passages avec le monstre. Celui-ci perd tout aura mystique à partir du moment où il n'est là que pour appuyer le propos du film plus que véritablement donner forme à l'évolution du héros.
Pourtant de très belles idées accompagnent le principe même de ce monstre, parfois elles sont même assez vertigineuses mais le problème c'est que celui-ci s'écoute bien trop parler pour n'apparaître que comme autre chose qu'un gimmick. C'est dommage car l'idée de puiser dans la Genèse avec cette Arbre de la connaissance personnifié est assez brillante. Il pervertit l'enfant de son savoir, celui-ci se voyant forcé de quitter le confort de son insouciance pour affronter la vérité. Les enfants sont des êtres auquel on ment, on les pousse à croire des choses qui n'existent pas et il y a un dur temps où croire de suffit plus et il faut les confronter à la réalité. C'est un principe bien tenu par le film, qui se montre très souvent touchant même si il rate sa fin en voulant prendre cela à contre-pied. La toute dernière scène fait beaucoup trop redite avec celle qui la précède et le message perd en force, terminer une scène plus tout aurait été bénéfique mais le fait que le film ne le fasse pas souligne bien sa volonté de toujours appuyer sans subtilité ce qu'il cherche à dire. On ressort donc assez frustré, car le tout est touchant tout en parvenant à fonctionner mais on à le sentiment que l'oeuvre n'atteint pas son plein potentiel car elle ne sait pas trop qu'elle public viser. Bien trop sombre pour les enfants et trop explicative pour les adultes. Dans le traitement de sujets similaires, Where the Wild Things Are de Spike Jonze et Bridge to Terabithia sont des œuvres beaucoup plus fines et qui parviennent mieux à prendre au dépourvu.
A Monster Calls peut quand même s'appuyer sur un casting exemplaire, surtout le jeune Lewis MacDougall qui du haut de ses 14 ans jongle avec une palette d'émotions phénoménales et très dense pour un acteur de son âge. Toujours très juste et d'une sensibilité renversante, il offre une performance mémorable. Le reste du casting n'est pas en reste aussi, notamment Sigourney Weaver qui est ici excellente, mais les personnages n'ont pas forcément la même place pour pouvoir s'exprimer. Ce qui impressionne aussi avec le film, c'est la maîtrise visuelle que J. A. Bayona instaure à son récit. Les passages en numériques qui accompagnent les histoires du monstre sont somptueux, avec un traitement des couleurs ingénieux qui marque la rétine et accompagné par une composition musicale enivrante qui évite habilement le pathos. La mise en scène est ingénieuse dans sa manière d'aborder l'imaginaire et le regard, celui de l'enfant qui devient petit à petit adulte, aidé par une superbe photographie. On est face à un film visuellement enchanteur et qui fait une grosse partie du charme de l'ensemble.
A Monster Calls est donc un film réussi mais qui n'apporte rien au genre dans lequel il évolue. C'est un récit que l'on a pu voir ailleurs et traité de manière plus subtile. Pourtant ce serait injuste de ne pas recommandé cette oeuvre touchante et sincère malgré ses défauts. Car même si elle se révèle profondément classique on reste face à un film qui a dû cœur et s'impose par sa générosité essayant tant bien que mal d'être accessible à tous. Un récit universel qui ne laissera pas indifférent surtout qu'il peut compter sur une réalisation somptueuse et un casting extraordinaire. Un joli film, ni plus, ni moins.