Mustang
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443 critiques spectateurs

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vinetodelveccio
vinetodelveccio

89 abonnés 802 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 27 juin 2015
Un film merveilleux, drôle, poignant et bourré d'énergie qui ravit également par une mise en scène légère et très pure. La jeune cinéaste Deniz Ergüven signe donc une première œuvre ébouriffante de beauté, avec une histoire qui pouvait, sur le papier, faire craindre le remake maladroit du superbe Virgin Suicides. Que nenni, la jeune turque prend le partie de filmer une fratrie joyeuse, empreinte de rêve et de bonheur, une sorte de corps unique qui peu à peu se décompose mais ne perd jamais de vue une vision résolument tournée vers la recherche du bonheur. La photo époustouflante de clarté et de légèreté participe de cette sensation de grande fraîcheur et de légèreté, alors même que l'étau scénaristique se resserre avec beaucoup d'habileté. Les actrices sont merveilleuses de beauté et de sincérité. Un grand film.
Philippe H.
Philippe H.

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 22 juin 2015
formidable film...Grande émotion. ..scénario et réalisation impeccable. ..et ces jeunes comédiennes sont fantastiques. ....
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 22 juin 2015
Magnifique ! Une histoire qui vous prend aux tripes et ne vous lâche plus.....et quel jeu d'acteurs ! L'histoire de cinq sœurs prises en otage par leur oncle dans une société hypocrite et malsaine. Bravo à la réalisatrice qui s'est inspiré de faits malheureusement réels. Encore une fois' je tombe sous le charme de la qualité et du professionnalisme du cinéma turc. Allez-y ! C'est une belle leçon de courage et d'amour.
Flaw 70
Flaw 70

277 abonnés 422 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 juin 2015
Présenté à la Quinzaine des Réalisateurs lors du Festival de Cannes de cette année, le premier film de la jeune réalisatrice Deniz Gamze Ergüven est actuellement en salles et il frappe fort. Souvent comparé à The Virgin Suicides de Coppola, et cela n'est pas un coïncidence car le film partage effectivement des thèmes communs avec ce dernier et ils sont qualitativement très proche. Comme comparaison on aura vu pire surtout que le film arrive à s'émanciper de tout cela pour créer sa propre voie et s'intéresser à des choses encore peu exploités au cinéma faisant de cette oeuvre, une indispensable. L'écriture se montre d'ailleurs incroyablement vivante, s'intéressant à plusieurs thématiques, comme l'insoumission, l'apprentissage et l'enfermement, à la fois psychologique et physique, pour au final parler de la femme. Sur ce point le film ne s'arrêtera pas à la place de la femme en Turquie mais il fonctionnera comme une allégorie en trois temps qui parle de la femme dans leurs pays, ici la Turquie, la femme au sein du monde mais aussi de sa place dans l'imaginaire collectif. L'aspect qui se fera le plus évident, celui qui sera narratif, est la condition de la femme dans le traditionalisme turc. Ici pas de sous entendu ou de double sens, tout nous est montré de manière frontale dans ce quotidien étouffant qui punit les femmes d'être femmes. On enferme la beauté, on la cache et on prive de tous se qui pourrait être jugé d'obscène car si la femme se permet d'être femme elle est cataloguée de "pute". On suit donc ce quotidien dysfonctionnel où le sexe est diabolisé, c'est quelque chose de mal que l'on ne peut faire qu'une fois marié car la femme ne doit pas être source d'aguichement pour les hommes. Même un jeu d'enfant anodin parait au yeux de tout comme de la perversion et tout est toujours la faute de la femme alors qu'ici le vrai problème est la faiblesse de l'homme. Ici la seule perversion est celle de l'homme qui ne peut contenir ses pulsions face à la femme, ils les blâment parce qu'elle sont jolies, pleines de vies et veulent en profiter alors qu'ils devraient blâmer leurs faiblesses, leurs hypocrisies et leurs envies de dominations. Ici les 5 sœurs sont totalement victimes de ça, elles sont étouffés par ses traditions stupides qui les enferment et les empêches de profiter de la vie. Elles se rebelleront et se battront par tout les moyens qui seront à leurs dispositions devenant des êtres insoumis et matures face à un monde faible, apeuré et stupide. Les sœurs seront d'ailleurs finement écrites, chacune disposant de sa propre personnalité, de sa propre petite histoire et de ses propres troubles. Elles sont toutes incroyablement attachantes et même si certaines ont moins d'importances dans le récit, elles marquent tous leurs empreintes. Je me suis d'autant plus identifié à elles car je partage leurs craintes de ne pas pouvoir être maître de ma vie, que l'on décide pour moi qui je dois être et par dessus tout avec qui je dois être, le mariage forcé est ici un élément qui revient souvent et qui est tout bonnement abominable. Après mon problème sur le film, car il n'est pas parfait, viendra de la caractérisation des personnages en dehors des sœurs. Certains personnages pourtant intéressant sont totalement sous-exploité comme celui de la grand-mère tandis que d'autres manque cruellement de nuance et font parfois too much comme le personnage de l'oncle. Néanmoins tout cela peut s'expliquer par le faite que l'on suit le récit à travers le regard de la plus jeune des sœurs, qui à une vision qui manque de nuance en raison de son âge et qui ne comprend pas tous des choses de la vie, ce qui fait qu'elle ne saisit pas entièrement la chose la plus horrible qui se passe dans cette "prison". Cela permet de contraster avec le regard du spectateur, on comprends des choses qu'elle ne saisit pas rendant certaines révélations encore plus bouleversantes et de constater jusqu'où vont ses sœurs pour essayer de la protéger de la vérité. Le film traite d'ailleurs incroyablement bien l'amour qui unit les sœurs avec des scènes très belles de complicités ou de chamailleries qui se montrent très touchantes et parfois même bouleversantes. Après il est aussi intéressant de voir comment le film parle de sexe à travers le regard un peu candide de la jeune sœur sur le sujet qui contraste avec notre propre regard sur la chose. D'ailleurs tout revient au sexe finalement, c'est ce qui pousse à de belles choses mais aussi à de terribles surtout dans cette société où le sexe est vu comme sale. C'est sans aucun doute la chose la plus intéressante que la vie puissent nous offrir et l'homme l'a pervertie et en fait une chose dangereuse, obligeant les jeunes à aller dans les extrémités pour pouvoir partager un moment intime, ce qui se révèle assez triste au final. Mais le film va pousser plus loin que ça et possède un aspect allégorique non négligeable même si il est finalement peut exploité surtout par la mise en scène. Le film va, par sa situation narrative, pousser ses questionnements au sein du monde, de la place de la femme dans la société moderne qui n'est pas si différente que celle de la femme en Turquie. Les femmes sont prisonnières de leurs beautés et des pulsions qu'elles inspirent aux hommes. Malheureusement les inégalités persistent et sont régit par la peur et cela devient terrifiant lorsque l'on constate que certaines situations d'un système traditionaliste suranné font écho à la place de la femme même dans un système avec des mœurs plus ouvertes, ce qui prouvent bien qu'il reste beaucoup de chemin à parcourir avant que la femme ne soit plus opprimée pour la simple raison d'être femme. Le film va même encore pousser cela plus loin en parlant de la femme au sein de l'imaginaire en adoptant la structure d'un conte. On a 5 princesses enfermé dans une tour d'ivoire gardé par un ocre, on aura aussi la représentation d'un prince charmant, d'un chevalier blanc mais aussi d'une bonne fée. Et cette structure devient diablement intelligente pour ce qu'elle représente et que les problèmes sont liés aussi à l'enfance et à l'éducation qui nous faisait lire des contes sur des femmes enfermées qui ne pouvait être sauvé que par un homme fort et vaillant. Ici cette émancipation de la femme se fera donc sur les trois niveaux, sur l'imaginaire, la tradition et la réalité offrant au film une valeur symbolique forte. La femme est insoumise, mature, belle et forte, une force de la nature à l'état brute qui revoit au Mustang du titre. Ensuite comme je l'ai dit plus haut tout n'est pas parfait et la mise en scène peine parfois à être à la hauteur du récit. Elle manque ici cruellement d'ampleur, préférant les cadrages serrés qui va plutôt bien lorsque le film se passe en huit clos mais qui devient moins pertinente lors des escapades des sœurs notamment avec la scène au stade de foot qui aurait du s'affranchir de ce procédé pour bien symboliser la libération même éphémère des sœurs. Les seuls plans larges que l'on a dans le film sont au début avec la scène de la plage et à la fin mais il aurait du aussi y en avoir d'autres si on suit la logique d'émancipation du film. Après cela est dû peut être à des problèmes de budget mais ça handicap un peu l'ensemble. Reste que les scènes d'intimités entre les sœurs sont magnifiques, que ce soit le plan en contre-plongée où elles sont en cercles pour ce dire au revoir ou lors de la séquence où elles s'amusent dans leurs chambres entassées les uns sur les autres. De plus la direction d'acteurs est impeccable, ils sont tous confondants de naturels alors que ce ne sont pas des professionnelles avec une mention spéciale pour Güneş Nezihe Şensoy qui est vraiment excellente. En conclusion Mustang est un très bon film. C'est même un tour de force comme premier film, c'est intelligemment écrit, superbement interprété et maîtrise sur sa mise en scène même si elle se montre trop cloisonnée. Après on peut regretter le manque de nuance ou un final qui manque de puissance mais cela ne pèse rien face à cette ode énergique à la vie et aux femmes qui se montre incroyablement belles, justes et touchantes dans ses réflexions. C'est un film qui secoue, qui prend position avec brutalité et fureur et qui sonnent comme un cri désespéré pour que quelqu'un se réveille et arrête ce cauchemar qui à trop longtemps duré au point qu'on le considère comme une tradition. Un film indispensable car un film vrai.
rogerwaters
rogerwaters

170 abonnés 1 089 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 21 juin 2015
Premier long-métrage de la réalisatrice, Mustang est un véritable coup de poing qui rappelle par bien des aspects le choc représenté par L’étrangère de Feo Aladag. Si les critiques ont également insisté sur l’approche très Virgin Suicides du thème, on doit surtout le rapprocher de bon nombre de films turcs qui sont d’une égale âpreté. Glaçant à plus d’un titre, Mustang parvient à ne jamais se laisser aller au désespoir ou à la sinistrose grâce à une réalisation très dynamique qui colle parfaitement à l’envie de vivre libre des personnages féminins. La société turque patriarcale n’en sort pas grandie et tous ceux et celles qui luttent pour la reconnaissance des droits des femmes se doivent de voir ce brûlot incendiaire qui ne peut pas laisser indifférent. Une très belle révélation et un gros coup de cœur.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 20 juin 2015
Par son sujet (l’histoire de cinq jeunes filles orphelines qu’on veut soustraire au monde de l’enfance pour les faire entrer dans celui des adultes et donc marier dans les conditions voulues par la tradition) « Mustang » rappelle sans aucun doute le « Virgin Suicide » de Sophia Coppola. Cependant le point de vue fortement attaché à une seule des jeunes filles (la plus jeune et, sans doute pour cette raison la plus rebelle) est fondamentalement différent : il ne s’agit plus de faire la peinture d’une société, mais celle d’une impossible résistance dans un contexte fortement marqué par des conventions qui tiennent tout autant à une orientation religieuse (même si elle n’est que très discrètement rappelée – les minarets surplombent le village) qu’à une tradition plus ancestrale commune à bien des pays de la Méditerranée.
La rupture qui surgit dans la vie des jeunes filles peut nous apparaître bien artificielle : elles passent d’une mixité non dénuée de sensualité (belle scène sur la plage commentée en contre point par la musique) à un enfermement qui nous semble caricatural. C’est oublier que ce changement est dû à la dénonciation d’une voisine dont la position dans le microcosme social semble suffisamment importante pour que la grand-mère se comporte avec elle en véritable sujet soucieuse de ne pas lui déplaire. Quant au surgissement quasiment « ogresque » de l’oncle (un moustachu brechtien aux allures menaçantes) s’il ne nous convainc pas d’un point de vue réaliste, il reste un ressort tout à fait plausible du récit. Ainsi les adultes, hommes et femmes confondus, participent d’un pouvoir auquel les adolescentes n’ont d’autre choix que de se soumettre. Si l’on regarde le film d’un point de vue documentaire, il faut souligner qu’il s’appuie sur une connaissance plutôt juste de la société turque des campagnes. On constatera qu’Istanbul apparaît comme le seul point de fuite possible, non seulement parce qu’y habite le professeur aimé muté dans la grande ville, mais aussi parce que la ville est présentée comme le lieu de la vie moderne où les règles de vie sont différentes.
Cependant il faut aussi considérer que par le point de vue qu’il adopte, celui d’une gamine à peine sortie de l’enfance, le film nous plonge dans un véritable conte aux allures parfois fantastiques (voir la scène finale de la fuite, mais aussi les nombreuses scènes d’évasion) qui joue un peu avec nos nerfs. C’est sans doute là que réside une partie de son charme.
L’autre source de plaisir est sans doute la cohésion du groupe, illustrée par ces nombreux plans d’entrelacement des corps, et du coup on comprend mieux pourquoi les personnages ont du mal à se différencier si ce n’est dans leurs destinées singulières : chacune trouvera une manière de compromis avec la situation qui lui est faite, jusqu’à ce qu’enfin l’une d’entre elle (celle qui est au centre du dispositif) prenne les choses en main comme un petit poucet plus débrouillard que ses aînés.
Sans aucun doute voilà un film qui mérite toute notre attention et sait allier un sujet un peu attendu avec une véritable tension du récit, même si nous ne sommes pas surpris par son déroulement .
nouv
nouv

1 critique Suivre son activité

4,5
Publiée le 20 juin 2015
Un film magnifique, tout de grâce et de beauté (ah, les chevelures des femmes, quelle merveille ! quelle tristesse que de les cacher !) joué par des actrices lumineuses ; un hymne à la liberté, au courage ; et un film terrible sur l'oppression, l'obscurantisme, la bêtise, le mal/mâle..
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 20 juin 2015
Mustang est un film magnifique qui donne à réfléchir sur la condition des jeunes filles en Turquie, et même au delà ... Comment les femmes peuvent elles se réaliser, être elles-mêmes, avoir le droit d'exister dans une société régie depuis des siècles par les hommes? La réalisatrice met parfaitement en lumière cette époque moderne et ambivalente : le conservatisme des campagnes turques contraste avec l'effervescence et la modernité d'Istanbul , la joie de vivre, l'énergie et l'espoir de ces jeunes filles pétillantes, s'oppose à la doctrine et au mode de vie morne des villageois.

Avec Mustang, on fait l'expérience de perdre peu à peu toute liberté d'exister, on glisse doucement de la lumière aux ténèbres... On a envie de crier, de s'échapper de cette prison, de cette existence étriquée, symbolisée par la maison...
Les plans, la lumière sont extrêmement bien travaillés, ils nous plongent dans l'intimité de ces 5 soeurs, liées par le sang et par cette tragique destinée imposée par leur famille ... Ils laissent dévoiler leur corps à moitié nus, leurs cheveux libres virevoltant au vent... Les jeunes actrices toutes plus sublimes les unes que les autres, interpretent leur rôle avec une extreme justesse et intensité... Tant de beauté contribue à faire de ce film un chef d'oeuvre d'esthétisme.

Mustang peut être assimilé au Virgin Suicide de Sofia Copola, à la différence qu'il est un un hymne à l'espoir... car l'amour qui lie les jeunes filles les unes aux autres semble être plus fort que les diktats...
Éric De Larmor
Éric De Larmor

20 abonnés 96 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 20 juin 2015
Mustang est bien plus un appel à l'affirmation, et si nécessaire à la révolte des filles et des femmes que le constat fataliste d’une société en régression. À travers cette chronique vivifiante d'adolescence rebelle, la réalisatrice nous dit clairement qu'il faut garder l'espoir, qu'il y a des espaces de liberté à sauvegarder ou à conquérir. Même si le combat quotidien est difficile…
L4dy S
L4dy S

11 abonnés 4 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 20 juin 2015
Pas du tout moralisateur ni caricaturale à mon sens, j'ai passé un super moment à craindre pour ces 5 soeurs et surtout à espérer pour elles
vidalger

380 abonnés 1 314 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 20 juin 2015
C'est un film plutôt sympathique que l'on devrait aimer pour son exotisme de proximité, son combat pour les droits humains, par sa jeune réalisatrice ou pour sa brochette d'actrices belles comme le jour! Et pourtant, on s'ennuie un peu par l'étirement de scènes parfois répétitives- les demandes en mariage- , et l'on a un peu de mal à accepter des naïvetés de " premier film" - la complicité des jeunes sœurs - , les caricatures de personnages - l'oncle d'opérette - les scènes dramatiques téléphonées - la fuite en voiture-, voire la fin bâclée en deux minutes.
Michel C.

372 abonnés 1 817 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 20 juin 2015
Ce film ne laissera personne indifférent :: il est brutal, difficile et tellement vrai. Une illustration 3D du parcours de de la femme dans les rapports qui nous unissent - aussi pour les enfants. Bien entendu en Turquie ce parcours était décalé, il l'est encore bien sur - et pourtant tout va tellement plus vite. Édifiant et cru, c'est un superbe témoignage que cet environnement familial "spécial", et ces cinq filles, ces sœurs sont formidables, jolies, admirables - elles sont le soleil d'une misère humaine.... !! **
ninilechat
ninilechat

84 abonnés 564 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 juin 2015
Elles sont cinq sœurs, toutes plus jolies les unes que les autres, leurs âges s'échelonnant entre 12 et18 ans environ. Leurs parents sont morts; elles vivent dans un village turc au bord de la mer mais loin de tout, avec leur grand mère (Nihal Koldas), un peu fofolles, une véritable petite bande de poneys échappés.

Un jour, en sortant de classe, avec leurs uniformes, jupes plissées et collants opaques, elles vont sur la plage, avec leurs copains, elles rentrent dans l'eau, puis grimpent sur les épaules des garçons pour jouer à la bataille navale. Mais une voisine les a vues "frotter leur bas ventre (se masturber, quoi) sur la nuque des garçons". La grand mère est débordée, devant un tel scandale! c'est l'oncle Erol (Ayberk Pekcan, moustachu à souhait) qui va reprendre la situation en main.

C'est le début de l'enfermement. Un contrôle de virginité. Puis, fini, le lycée. A la place, des matrones viennent leur apprendre la cuisine et l'économie ménagère: ce que la femme doit savoir quoi!! Fini, la liberté. Plus le droit de sortir de la maison. On leur coud des robes longues et moches pour remplacer leurs shorts et leurs petites robes d'été...

Mais les petites pouliches sont très douées pour ne pas de laisser faire. Elles inventent des voies d'échappement. La petite dernière, Lale (Günes Nezihe Sensoy) en particulier, est aussi intrépide qu'indomptable. Alors, les grilles se multiplient, les barreaux.... spoiler: Un match de foot dont le public sera uniquement féminin, les hommes étant punis pour cause de débordements, et où vont toutes les filles du village? L'oncle Erol dit: non; alors elles se sauvent; hélas, les voisines les voient à la télévision.... maintenant, la maison sera gardée par des barbelés. Les filles continuent à se défendre avec leurs armes, à prendre des bains de soleil, à mimer la nage sur leurs couvertures.... à vivre quoi!

A signaler qu'il n'y a pas de référence à la religion dans le superbe film de Deniz Gamze Ergüven. A part les traditionnels "si Dieu le veut" qui émaillent les conversations entre voisins, on ne voit jamais les protagonistes prier ou se rendre à la mosquée. C'est juste une terrible vision du rôle de la femme, dont la valeur marchande dépend du "diamant qui dort entre ses cuisses", pour reprendre le terme d'une des chansons de Jacques Brel. Il faut les garder intactes, puis les marier au plus vite, comme une génisse que l'on vend au marché. Les deux ainées d'abord, Sonay (Ilayda Akdogan) et Selma (Tugba Sunguroglu). spoiler: Sonay a de la chance: elle a un amoureux, avec lequel elle l'a déjà fait mais par derrière pour ne pas courir de risque; mais sa sœur est vendue vite fait bien fait, à un inconnu: on présente les deux jeunes gens, la jeune fille sert un thé aux familles, les familles déclarent que "ces jeunes gens ont l'air de se plaire" et hop! le père du fiancé sort les bagues de sa poche. A la nuit de noce, Selma ne saigne pas. Derrière la porte, les parents du marié attendent le drap..... furieux, ils conduisent dare dare la jeune femme à l'hôpital, dans sa robe de mariée, pour qu'un gynécologue dise s'il faut rendre l'objet à son envoyeur ou s'ils peuvent le garder.... Quelle horreur! Ece (Elit Iscan) préfèrera se suicider que de connaître le même sort.
Quand arrive le tour de Nur (Doga Zeynep Doguslu), alors Lale organise la fuite, non elle ne subira pas le même sort, pas elle, pas Nur, et ni l'oncle ni la grand mère n'y pourront rien; spoiler: ils subiront l'humiliation suprême de voir le mariage refusé par la fiancée le jour des noces, et la rage d'Erol restera impuissante: les petites ont choisi la liberté, et rejoindront la bonne personne qui pourra les défendre et les protéger.
Le petit cheval sauvage ne s'est pas laissé attraper.

Ce merveilleux film, illuminé par la vitalité et le charme des cinq jeunes actrices, est une belle leçon de résistance. Il nous montre un bien déplaisant visage de la Turquie traditionnelle, loin de la modernité d'Istanbul, mais après tout n'est ce pas celle qu'Erdogan appelle de ses vœux? En tous cas, il doit nous faire réfléchir sur le triste sort des jeunes filles dans tant de pays par le monde.

A voir absolument!
ffred

1 995 abonnés 4 298 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 20 juin 2015
Voila sans doute le film qui arrive sur les écrans avec la meilleure rumeur de Cannes. Je me méfie, souvent avec raison, des bonnes rumeurs (cf. Vice Versa). Celle-ci était bien fondée. Mustang est de ces films qui marquent, que l'on aime autant qu'ils nous énervent ou nous révulsent. Celui-là est aussi léger et solaire qu'il est grave et terrible. On pense beaucoup au Virgin Suicides de Sofia Coppola. Un nouvel exemple de la bêtise humaine, du poids dépassé des traditions, du patriarcat et des religions. Pour un premier long métrage, la franco-turque Deniz Gamze Ergüven frappe fort. Et fait un sans faute. Et dans tous les compartiments. Une mise en scène aussi forte que légère, au plus près des personnages, une écriture sans faille, des images superbes et une direction d'acteurs impeccable. Toutes les jeunes actrices sont formidables, mais surtout celle qui joue la plus jeune des soeurs Gunes Nezihe Sensoy. Un film fort, terrible et nécessaire. Aussi énergique que désespéré. Magnifique.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 19 juin 2015
Un véritable coup de coeur! Les comédiens et surtout les jeunes comédiennes donnent une puissance à ce film qui ne peut laisser insensible et qui me rappelle combien j'ai de la chance d'être née femme dans un pays comme la France. La force d'un documentaire-fiction, la poésie, la beauté des images, un scénario sans faiblesse. Vous rirez parfois, mais vos mouchoirs risquent aussi d'être mis à contribution.
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