Hedwig and the angry Inch, Shortbus, Rabbit Hole. La carrière de John Cameron Mitchell compte peu de titres mais ceux-ci sortent facilement du lot et des sentiers battus de la cinématographie américaine, pas toujours aboutis mais originaux et inventifs, ce qui est finalement une denrée assez rare. De ce point de vue, How to talk to Girls at Parties est dans la lignée, avec son scénario loufoque, son aspect visuel psychédélique et son mélange assez incongru de musique, de SF et de romance. On connait le combat de Mitchell pour les "minorités" et il n'est évidemment pas anodin que les deux populations mises en valeur dans le film soient les punks de 1977 et les extra-terrestres, soient deux "communautés" ostracisées. La rencontre entre elles provoque une onde de choc dans une Angleterre jubilante et arc-boutée sur ses valeurs conservatrices. Si How to talk ... séduit par son univers bigarré et son anarchisme irisé ainsi que par son acuité musicale, il reste un peu limité par une narration inégale avec ses sautes de tension et ses aspects brouillons sans oublier le défaut de charisme de ses protagonistes masculins qui se heurtent à des interprètes de haut vol côté féminin avec une Nicole Kidman savoureuse en punkette qui a passé l'âge et surtout une Elle Fanning qui semble avoir acquis la maturité pour jouer sur des registres très différents y compris l'hystérie avec ici une performance scénique mémorable, moment délectable d'un film cahoteux mais chatoyant.
How to talk to Girls At parties est loin d'être le meilleur film de John Cameron Mitchell. À mille lieues des réussites majeures de Shortbus et de Rabbit hole, le cinéaste livre ici un film foutraque, bordélique mais bourré d'énergie qui se regarde avec plaisir. Si le film a un côté parfois un peu too much qui le fait ressembler, sur le plan esthétique, à un film de fin d'études, il possède aussi quelques morceaux d'anthologie dont une scène magistrale de concert punk improvisé. Malgré un problème de rythme évident, how to talk... est plutôt un film agréable, doux et romantique qui doit beaucoup à la lumineuse Elle Fanning. On retiendra aussi la performance de Nicole Kidman, géniale en vieille punk sur le retour et une bande originale punk rock extraordinaire. Bref, un objet pop anecdotique mais sympathique.
Petit OFNI (Objet Filmique Non Identifié) fantasque, le nouveau film de John Cameron Mitchell défriche les sentiers battus à travers le choc des cultures entre un échantillon punk et des créatures curieuses. Souvent lunaire, plutôt original et étonnant, How To Talk To Girls At Parties parvient à conjuguer l’effervescence libératrice et expressive des années 70 au détour d’une rencontre aussi étonnante que touchante. Poétique et lumineux, l’expérience est aussi déroutante que fascinante, grâce à son empreinte artistique et esthétique qui bouscule les codes. Jolie découverte !
Film psychédélique, la bande-annonce m'a laissée penser qu'il s'agissait d'un tout autre genre. On passe toutefois un bon moment, et les personnages sont attachants.
Tourné en 2016, présenté à Cannes il y a un an, il devait sortir l'automne dernier * mais n'y arrivait pas : j'ai été voir cet OVNI uniquement pour Kidman dont je vais voir tous les films en salles et collectionne les films depuis 1999. j'ai dû courir à UGC Confluence à 10h45 pour le voir uniquement en VO à Lyon avec ce long titre pas traduit en français, 8 personnes dans la salle... il va vite dégager !
Si on voit tout de suite Kidman au début elle est ensuite pas toujours présente, heureusement ce film anglais typiquement barré fait penser un peu au 2 films TRAINSPOTTING et on ressort d'une sacrée expérience de cinéma meme si je n'ai pas bien compris la fin... Elle Fanning est encore une fois à fleur de peau, fascinante et quand on est fan de Kidman, on prend son pied à la voir en punk complètement tarée !
« Do more punk to me » exige une Zan uniformisée jaune du jeune homme débraillé noir ; car la liberté punk se répand tel un virus sur les cellules constitutives de notre ADN, une figure crayonnée sur des pages de bande dessinée qui se révolte contre l’autorité et lui oppose ses mouvements corporels et verbaux. Ce qu’il y a de génial dans How to Talk to Girls at Parties, c’est la fragilité de ses protagonistes et des valeurs qu’ils portent, l’enrichissement que deux cultures subitement confrontées provoquent : les uns errent sans but et effraient les vieilles dames, les autres entre-dévorent et agonisent dans leur croyance en une hiérarchie figée dans le marbre (plutôt le latex). Entre ces pôles oscillent un Roméo et une Juliette à la complémentarité superbe qui découvrent leur corps et la sexualité qui l’accompagne, remettent en question leurs modèles sociaux pour, finalement, chanter d’une seule et même voix un refrain improvisé comme la musique de deux cœurs à l’unisson. Les acteurs brillent et livrent des performances incroyables – Elle Fanning est magnétique, Nicole Kidman terriblement habitée, survoltée –, la mise en scène déploie un talent visuel incroyable et cultive une savoureuse polymorphie, les chansons et la composition musicale originale s’insèrent parfaitement dans le récit au point d’en épouser les moindres retournements, aussi déments soient-ils. John Cameron Mitchell signe une œuvre coup-de-poing et profondément juste qui bouleverse, révolte et fait rire, qui prône une liberté toutefois partagée et régie par des croyances, aussi anarchiques puissent-elles paraître : ainsi la scène de fin résonne-t-elle comme un acte de foi en l’humanité et en la diversité qui la compose. Brillant.
Le réalisateur se permet de tout faire : ralentis saccadés et grands angles déformants en passant par des séquences mystiques en images de synthèse. Mitchell s’approprie la liberté punk avec un plaisir certain qu’il partage avec le spectateur. On est ému de retrouver ce cinéaste indépendant américain au meilleur de sa forme !
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3,5
Publiée le 7 juin 2018
"How to Talk to Girls at Parties" est un véritable OFNI, un film qui mélangent les styles et les genres avec beaucoup de réussite. Un film musical avec des éléments de science-fiction, des Punks qui croisent la route d'Extra-terrestres, c'est inattendu et le résultat est complètement absurde et délirant. Zan qui est en conflit avec les siens décide de suivre Enn pour qu'il lui fasse découvrir son univers pendant 48 heures. Ce grand assortiment est la force du film et ce qui permet de parfaitement le rythmer. C'est à la fois une comédie loufoque, une romance attendrissante et naïve, mais aussi un film qui parle de liberté, d'amour, de sexualité, de conformisme entre autres de façon légère et décalée. Le film est parfois inégal, mais on retient surtout certaines excellentes scènes à la fois drôles et divertissantes qui prédominent le film ainsi que l'excellente performance de Elle Fanning. J'ai un peu décroché vers la fin malgré un beau final, mais dans l'ensemble ce troisième film de John Cameron Mitchell est réussi. Un film excentrique, fou, déjanté et drôle, mais aussi attachant et touchant.