Crosswind - La croisée des vents
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pierre72
pierre72

162 abonnés 367 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 14 mars 2015
Sûrement l'originalité de la semaine, voire du mois. Un film estonien, tourné dans un magnifique noir et blanc (mais y'a-t-il un film en noir et blanc sortant de nos jours qui ne soit pas qualifié de somptueux ? ) et utilisant un procédé jamais utilisé au cinéma. Une curiosité donc, formellement belle, émotionnelle, réparant un pan de l'histoire un peu oublié qu'est la déportation par Staline de milliers d'estoniens dans des camps en Sibérie.
L'histoire est de celles qui émeuvent ; un couple et leur fillette sont déportés par Staline dans un kolkhose. Erna se trouvera séparée de son mari dont elle n'aura aucune nouvelle. Elle passera les maigres temps libres que lui laissent ses travaux de bûcheronnage, pour écrire des lettres racontant sa terrible existence de déportée.
Le film est de ceux qui étonnent. Tous les moments passés en Sibérie, sont des tableaux reconstitués avec des acteurs(?) figés et parmi lesquels une caméra se promène, illustrant avec force une voix off lisant les lettres. C'est beau, un peu lent. L'oeil a le temps de regarder qui tremblote dans le plan, qui cille des yeux. Les différents tableaux sont par ailleurs hyper bien construits, donnant à voir ou à apercevoir ce qu'Erna n'ose écrire, jamais redondants.
Le film est aussi de ceux qui peuvent lasser. Même si le propos est fort, même si cette mise en image est épatante d'insolite, le procédé a ses limites. Cette caméra se déplaçant toujours à la même vitesse a des vertus soporifiques intenses. On a beau découvrir avec elle des plans tous plus beaux les uns que les autres, une heure vingt minutes de ce traitement peuvent avoir raison de l'état d'éveil d'un spectateur en petite forme. Et si l'éveil est de mise, au bout d'un moment l'esprit devient plus critique. Parfois on est ébahi par certaines postures de statues à la limite de l'équilibre qu'ont du tenir les figurants mais on est aussi dérangé par d'autres, plus forcées ou peu naturelles. Le procédé montre alors son caractère trop systématique, gommant au final un peu de l'émotion que l'on devrait ressentir.
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nikolazh
nikolazh

75 abonnés 1 060 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 12 mars 2015
Une sorte de poème filmé, lecture inspirée des lettres d'une estonienne à son mari, deux déportés au milieu de tant d'autre dans une Europe de l'Est sous l'emprise de Staline qui décida en 1941 de faire tranquillement dans son coin sa petite épuration ethnique, se débarrassant de 600 000 estoniens, lituaniens, lettons. Le film est à voir comme un objet cinématographique intriguant, incroyablement maîtrisé et original, sorte d'attraction funèbre où le spectateur est embarqué sur des rails invisibles au milieu de "tableaux" qui prennent vie, comme autant de clichés à l'intérieur desquels l’œil se baladerait. Un musée étonnant, où tout est figé en noir et blanc pour l'éternité. Beau, mais forcément un peu radical et ennuyeux sur la longueur, comme tous les exercices de style.
conrad7893

351 abonnés 1 679 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 16 avril 2016
Film en noir et blanc, racontant l'histoire de la déportation d'une famille durant le règne de STALINE.
L'originalité du procédé (successions de tableaux vivants) donne une autre dimension.
Je n'ai mis que 3 étoiles à cause de la lenteur et de l'ennui que cela peut suscité chez des personnes.
C'est vrai que 1 H 30 c'est beaucoup, mais cela reste un très beau témoignage d'une sale époque, réalisé grâce à des lettres de la mère de famille déportée.
A regarder pour le souvenir.
BeatJunky
BeatJunky

192 abonnés 1 934 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 mars 2017
Peut on vraiment appelait "Crosswind" un film ? Pas vraiment mais peu importe, la seule chose à savoir c'est qu'il faut le voir, l'écouter aussi.... On écoute cette femme lire ce qu'elle écrit à son mari prisonnier quelque part et qu'elle espère revoir après la guerre... il y a un décalage entre l'espoir qu'entretient la jeune femme dans ses lettres avec les photos/images scènes que l'on voit se succéder (Celles-ci sont parfois dures et d'une intensité assez impressionnante...) Elles défilent et l'espoir diminue... L'oeuvre de Martti Helde est certes déstabilisante mais tellement surprenante et originale qu'il faut absolument le voir. Pas facile de rentrer dans le truc mais en s'accrochant un peu, l'histoire de cette femme qui s'étale sur 15 ans est vraiment émouvante, intense...
tuco-ramirez
tuco-ramirez

166 abonnés 1 777 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 19 novembre 2015
1941, des dizaines de milliers de patriotes des provinces Baltes et leurs familles sont raflés, séparés (hommes- femmes et enfants), mis dans des wagons à bestiaux et envoyés en Sibérie dans des camps de travail. Staline nous rappelle cruellement un autre dictateur. La moitié survivront et ne seront libérés que plusieurs années après sa mort… après une quinzaine d’années de détention et travaux forcés.
Un énième film sur la cruauté des dictateurs… Que nenni, le jeune réalisateur estonien de 28 ans Martti Heldesigne réalise une œuvre à part dans l’histoire du septième art. Un vrai souci artistique est au cœur d’un dispositif audacieux sublimé par un magnifique noir et blanc. Comment renouveler un sujet maintes fois traités ? Comme la caméra sur le dos d’un Kapo dans « Le fils de Saul » (sorti aussi cette année) ou en créant de véritables tableaux dans les lesquels la caméra du réalisateur se ballade comme dans « Crosswind ». Tous les acteurs sont statiques, les seules traces de vie sont un battement de cil par-là, un léger tremblement de main par-ci, une étole agitée par le vent ; la caméra nous dévoilant petit à petit toute la complexité d’une scène. L’objectif est de faire travailler mentalement le spectateur par immersion. Les seuls textes sont ceux de la voix-off citant des extraits de lettres d’une survivante destinés à son mari ; car le support narratif est une correspondance à sens unique… ou presque. Pas de mouvement, mis à part la caméra, çà peut paraitre abscons ; mais l’émotion est bien au rendez-vous. Un seul bémol, le renfort de la musique parfois gâche l’émotion ; le silence aurait bien souvent suffit à exprimer l’horreur.
Un film à voir absolument pour les cinéphiles tant l’invention cinématographique déployée est hors norme.
NB : Ma compagne ne souhaitant pas regarder ce film était sur une autre activité et lorgnait par intermittence vers l’écran… elle s’est vite faite happée et était devant l’écran bien attentive dès 10’ de film.
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 26 octobre 2018
Le scénario est intéressant, voir ce film fut une instruction culturelle, regardant dans un bouquin, une part de sombre histoire, la face cachée de l’URSS, un régime sévère au temps de Staline, du point de vue estonien, la raison de cette réalisation. J’ai un avis partagé au sujet de la mise en scène, une immersion dans le musée Grévin, la photographie des regards figés fait dans la contemplation plaintive, au prochain du réalisateur sans ce procédé moyen.
Michel C.

369 abonnés 1 798 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 12 mars 2015
Assez déçu !! Je croyais que c'était un film (?) Je ne dis pas que ce n'est pas émouvant, certes, 15 ans d'échanges de lettres ( à sens unique sauf à la fin dans une période de guerre froide (!) Estoniens déportés en sibérie.. etc mais pas de scènes animées, que des clichés noir et blanc et une voie trop monocorde. On a du mal à rester accrochés. Et bien entendu d'une tristesse affligeante - pas le but du ciné normalement....** !!
Septième Sens
Septième Sens

99 abonnés 762 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 26 mars 2015
Deux âmes s’aimant d’un amour sincère ne peuvent être séparées bien longtemps. Malgré les obstacles qu’il peut y avoir sur notre route, l’espoir est, et doit exister. C’est en tout cas ce que croît Erna, une jeune mère déportée en Sibérie avec sa petite fille. Elle écrira pendant quinze ans à son mari avec la conviction de croire qu’elle le retrouvera un jour, à la croisée des vents.

Ambitieuse et rarement vue à l’écran, cette beauté plastique magnifie la guerre et la répression en un noir et blanc immaculé, éclatant comme les ténèbres, sombre comme les cieux. Le réalisateur filme des tableaux humains sous forme de longs plans-séquences aussi harmonieux que les combats sont intolérables. Souvent prêt à craquer, le spectateur sera fasciné par la forme épistolaire de cette œuvre, donnant à cette dernière un élan lyrique aussi déchirant que profond.

Filmé au ralenti, on se délecte de ces plans du passé, là où la guerre n’existait pas, là où l’amour et la sérénité se conjuguaient avec harmonie. Les protagonistes y sont apaisés, heureux d’exister. Il suffit alors de franchir les barrières du domicile, lieu si serein et protecteur, pour voir le temps s’arrêter, les visages se figer et les sentiments disparaître. Bienvenue dans un monde violent, avec son lot inépuisable d’injustices et de punitions, où seule la douce nostalgie d’un temps révolu peut nous tenir en vie.

Martti Helde parvient à décrypter de manière admirable et sans aucune morale démago tous ces ressentis que peut avoir un être humain face à la solitude. Par le septième art, il dresse une splendide dénonciation d’un fait historique méconnu, et pourtant effroyable. Puisqu’enfin le cinéaste ne choisit pas les mots mais les images pour faire passer son message, n’utilisons alors que deux simples termes pour lui témoigner toute notre gratitude : merci, et bravo.
Le Blog Du Cinéma
Le Blog Du Cinéma

121 abonnés 300 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 20 mars 2015
[...] Les premières images baignent dans un noir et blanc somptueux qui rend mystique les rayons du soleil perçant à travers un pommier en fleurs ou reflétant le cours d’une rivière. Plus tard, lorsque ces moments de paix, captés au ralenti chez cette famille, ne seront plus qu’un lointain souvenir, nous serons étouffés par le caractère anxiogène des camps de travail et le noir austère de la boue puis éblouis par la blancheur surréaliste d’un paysage enneigé.

Utilisant constamment la voix-off de Erna, la mère (Laura Peterson), qui narre ses propres lettres, le film immobilise littéralement tous ses personnages à partir du moment où cette famille se voit arrachée à son foyer, ses idéaux, ses croyances, sa vie. La caméra nous dévoile alors de véritables tableaux vivants, magnifiquement scénographiés, en ayant recours uniquement à la prestation physique de l’acteur (pas de trucage visuel). On est saisi par la beauté pudique de la mise en scène, qui utilise la dilatation temporelle et une succession de plans séquences, tous plus forts les uns que les autres, de par leur évocation symbolique et l’histoire qu’ils nous racontent. [...]

L'intégralité de la critique, sur Le Blog du Cinéma
Peter Franckson
Peter Franckson

79 abonnés 1 343 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 18 juillet 2016
Le sujet est méconnu, à savoir la déportation par Staline de familles estoniennes en 1941 en Sibérie. Le film, en noir et blanc (très belle photographie), raconte celle d’une famille dont la mère et la fille sont séparées du mari. La jeune femme écrit à son mari (lettres non envoyées, faute d’adresse) ; elle apprendra 40 ans plus tard qu’il est mort en déportation. Malheureusement, la forme du film l’a emporté sur le fond : pas de dialogues mais une voix off lisant les lettres écrites par la femme et de longs plans séquences où les personnages sont immobiles (pour symboliser le temps figé selon le réalisateur) et où la caméra explore l’espace. C’est bien réalisé (4 ans de travail), ça rappelle le style de Terence Malick mais quel ennui (cela dure 87 mn). Un court métrage aurait suffi, à titre de film expérimental. .
DimDim72
DimDim72

9 abonnés 274 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 19 janvier 2022
C'est un ovni cinématographique : il ne s'agit pas d'un film mais d'un assemblage de tableaux/photos et la narratrice raconte une histoire. C'est insupportable et sans intérêt ; le film paraît interminable. A fuir sauf si vous êtes amateurs de films d'art et d'essai.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 19 mars 2015
Crosswind a été pour moi un intense, bouleversant, violent moment de cinéma comme on en vit rarement.
Ce film est extraordinaire à plusieurs niveaux :

- Premièrement, il constitue un véritable parti-pris esthétique, qui de par sa radicalité, vous emporte totalement ou vous laisse tout du long en dehors mais dont on ne pourra nier l'audace, la disruption et la délicatesse. En effet, le film s'articulent en tableaux, travaillés tels de long plan-séquences "parmi" les acteurs immobiles. "Parmi" parce qu'il s'agit là d'une véritable "plongée" au coeur d'un tableau d'êtres vivants mais figés (symboliquement dans l'histoire qui a été la leur), dans lequel la caméra se déplace. Ainsi, le film se caractérise par un rythme lent, empreint de poésie, magnifiant une photographie sublime qui vient souligner l'horreur de la réalité du sujet : déportation, séparation, faim, souffrance, combat, mort...

- Deuxièmement, le film est remarquable de par le sujet qu'il traite. La guerre et la déportation sont des thèmes malheureusement récurrents mais l'histoire des pays baltes restaient jusqu'alors l'oubliée (en tout cas pour moi et je suppose une bonne partie de ma génération) du cinéma. J'ai été particulièrement ébranlée par la justesse des propos (ou plutôt l'absence de propos qui est un parallèle de l'absence de mouvement) et de l'évocation toujours subtile des diverses perversions et les mécanismes humains qu'elles entraînent (réflexion sur le prix de la liberté, sur la capacité à revivre, à se retrouver après un tel cataclysme). Pour moi, ce rythme, basé sur la non-mouvance et guidé par une voix off toute en poésie sur la beauté de la vie et toute en retenue sur les atrocités, a été d'une puissance évocatrice hors du commun.

- Pour finir, voir ce film au cinéma est une véritable expérience. Tout concorde pour sentir que l'on vit là un moment hors-norme : la petitesse des salles dans lesquels le film sera projeté, le nombre restreint de spectateurs, les inéluctables départs de certains et surtout l'émotion qui vous submerge si vous avez la chance (ou la malchance) d'être sensible à la prise de position de Martti Helde, à la terrible réalité, en fait, de notre Histoire.

Pour moi, "American Sniper" et "Selma", blockbusters à thème politico-historique et contemporains de Crosswind font bien pâle figure à côté.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 26 mars 2015
Ou comment Martii Helde invente l'image figée en mouvement. C'est curieux que personne d'autre ni ait pensé avant ( à ma connaissance pour un long métrage ), mais il faut dire que le sujet s'y prête à merveille. Une fois le procédé acquiescé par le spectateur, la qualité de la naration prends alors le relais pour nous conter un pan de l'histoire du génocide des estonniens par le régime de Staline, à travers la lecture de lettres. C'est tout simplement magnifique. C'est de deuxième film estonien de l'année après " Kertu ", un vent nouveau de l'est, enfin !!!
Bertrand M.
Bertrand M.

4 abonnés 73 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 19 juillet 2019
Je visionne ce soir un autre de ces DVD's que j'ai acheté à l'aéroport de Tallinn en début d'année. Certes, le style en arrêts sur image est très particulier et je ne suis pas un adepte de l'absence de scénario, mais l'atmosphère est rendue avec intimisme et force. L'univers Soviétique a détruit les peuples et les individus pendant des décennies ; rendons hommage aux victimes!
Ginere
Ginere

2 abonnés 32 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 12 mars 2015
On est fasciné par la voix qui lit ces lettres, mais aussi par les longs silences. L'histoire apparait par bribes. Les tableaux statiques en noir et blanc sont un peu déstabilisants au début mais on est ensuite emporté et on oublie que ce n'est pas une image animée. Le récit est poignant sans être misérabiliste. Du grand art.
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