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JR Les Iffs
101 abonnés
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3,0
Publiée le 28 octobre 2017
Assez bon film de Anne Fontaine, bien qu'il n'y ait rien d'extraordinaire, à part peut-être une belle photographie en extérieurs, l'histoire n'est pas inintéressante mais le récit est classique sans intrigue particulière ni suspens. C'est un peu long, le milieu monacal peut agacer, cela commence assez bien, puis parfois l'ennui vient. C'est loin d'être nul, mais cela n'apporte pas grand chose à l'art cinématographique. Cela pourrait être un téléfilm.
Tiré d’un fait réel ayant eu lieu durant la reprise de la Pologne aux nazis par l’Armée Rouge, ce film nous emmène dans ce pays à la fin de l’année 45 pour nous conter l’histoire de ces nonnes enceintes et de la femme médecin qui va s’occuper d’elles. Le film n’est pas un banal récit d’un fait de crime de guerre assez méprisable, il est aussi un drame qui interroge sur la foi et la reconstruction après un drame intime aussi stigmatisant pour la victime qui bien souvent charrie encore la honte de l’acte à la place du coupable. Le film prend donc le temps de faire se rencontrer les personnages et faire se confronter leurs points de vue. Le médecin est une femme jeune, communiste et bien dans son temps et elle est confrontée à des femmes de foi qui vivent selon des règles d’un autre âge et qui suite à un drame (pour elles quasi innommable) doivent se reconstruire, y compris dans leur foi. Le film doit beaucoup à l’interprétation tout en subtilité et délicatesse de ses interprètes qui dans un cas parce qu’elles sont des religieuses, dans l’autre parce que c’est un médecin habitué aux atrocités de l’homme, laissent peu parler leurs émotions et vont lentement faire le cheminement vers l’autre et questionner leurs croyances. Le film est donc un drame qui prend son temps, mais il est loin d’être un film ennuyeux, au contraire dans sa froideur il exprime beaucoup de chaleur humaine et de compassion de chaque côté de ce dialogue temporel/spirituel. Un film qui est, plus que le simple (mais nécessaire) rappel d’un crime atroce passé sous silence, une invitation au dialogue entre croyants et non-croyants et plus largement entre individus d’opinions différentes. En ces périodes de raidissement de chacun sur ses positions ce film montre qu’on a toujours plus de points communs avec l’autre que ce que l’on croit. Un beau long-métrage qui mérite vraiment d’être vu (Cocorico, il a quand même fait un million d’entrées aux USA !).
Film extrêmement bien fait, à mon avis ! Il y a une vérité souvent ignorée de ce qu'on subit les nonnes pendant cette sale guerre et Anne Fontaine a relaté ce sinistre fait avec une grande pudeur et sans pathos puisque l'histoire trouve une fin que j'aime parce qu'elle se tourne vers l'espoir et c'est de l'espoir que nait la vie. C'est d'autant plus intéressant que ce film parle d'une histoire vraie. Merci Mme Anne Fontaine pour votre très beau film !
Belle surprise ce film sur des religieuses. On suit une jeune médecin qui vient en aide à des religieuses juste après la 2nd guerre mondiale. Les religieuses ont été violées durant la guerre et sont pour la plupart enceinte. Ce film est tiré d'une histoire vraie et est donc assez émouvant à suivre. Les acteurs, peu connus, sont parfait dans leur rôle respectif. Ce film pourrait réconcilier les croyants avec les non croyants tant il est juste. Bref : un film d'espérance et bouleversant d'humanité.
J'apprécie beaucoup les films dont l'histoire se déroule au sein d'une communauté religieuse fermée comme c'est le cas pour les couvents ou les monastères. C'est généralement l'occasion d'aborder des thèmes spirituels comme la foi, le doute et des contradictions entre les actes et la parole. On retrouve tout cela dans "Les innocentes" d'Anne Fontaine qui prend pour cadre l'occupation soviétique de la Pologne juste après la Seconde Guerre mondiale. Le film joue sur les dualités: sobriété des plans en intérieur/beauté des plans en extérieur; souillure du viol/pureté de la naissance; comportement ambigüe de la Mère supèrieure;... L'ensemble sonne juste et réussit, par intermittences, à nous émouvoir. Par intermittences seulement car le film est souvent bien trop froid pour nous emporter dans la détresse de ces jeunes nonnes.Il manque donc ce petit souffle de chaleur qui aurait fait la différence. Rien de bien grave. "Les innocentes" mérite le détour ne serait-ce qu'en raison du sujet traité.
Le sujet est intéressant et peu habituel, la réalisation de qualité, avec une photo superbe, mais l'émotion est un peu gâchée par quelques défauts : le film est d'abord trop long, avec des passages à vide, l'actrice jouant (bien) l'infirmière de La Croix rouge trop belle pour ce type de rôle, et l'ensemble un peu trop descriptif pour qu'on entre véritablement dans le film. Mais je reconnais que ce sujet n'était pas facile et sans doute mieux adapté à un roman écrit.
Un film fort qui dévoile des atrocités de la guerre cette fois-ci au sein d'un couvent de religieuses qui ont été violées à la fin de la guerre par des soldats russes. De ces viols de nombreuses soeurs sont tombées enceintes. Une femme médecin de la croix rouge française les aidera à accoucher et surtout trouvera une solution pour ces nouveaux nés. Sans jamais tomber dans le pathos ce film fort et sobre montre bien sûr la cruauté des hommes, mais également la foi fragile de certaines sœurs suite à l'horreur vécue et surtout l'obscurantisme de la religion. Bravo à la prestations des actrices, notamment à celle de lou de laage qui a un rôle de jeune femme forte, responsable et non plus d'adolescentes (un rôle qui montre son émancipation cinématographique). J'ai beaucoup aimé également le rôle de la mère supérieure prête à tout pour sauver l'honneur de ses religieuses et garder le secret.
Ce n'est pas le genre de film que je suis à priori tenté de voir et pourtant il m'a bouleversé. Les viols font hélas partie des atrocités courantes pendant les guerres. Ceux qui ont été commis par les Russes à Berlin sont connus, ceux qui ont été perpétrés par les Américains en France le sont un peu moins mais commencent à l'être, de même que ceux des soldats français, notamment en Italie et en Algérie. La Pologne aussi en a durement souffert, d'abord sous le joug des Allemands puis après l'entrée des troupes soviétiques pourtant alliées. Les femmes comptent toujours parmi les premières victimes et la barbarie n'est l'exclusivité d'aucune armée. Mais le film d'Anne Fontaine ne se contente pas de dénoncer ces crimes. Son sujet principal est l'obscurantisme religieux qu'elle traite sans indulgence, mais sans jamais tomber dans l'anticléricalisme caricatural, en dépit du comportement criminel de la mère supérieure. Les personnalités des religieuses, la diversité de leurs réactions sont montrés avec une grande finesse psychologique et un grand respect humain. Le médecin et son assistante composent aussi deux beaux personnages. On notera tout de même quelques anachronisme. En 1945, le gouvernement polonais n'était pas communiste et l'Eglise n'était pas réprimée. Elle ne le sera que plus tard, très brièvement pendant la pire période stalinienne des années cinquante. Mais elle conservera toute sa puissance, tous ses biens et ses traditions ultra rigoristes. On le constate d'ailleurs aujourd'hui, alors qu'elle tente d'imposer l'interdiction de l'avortement. Il est permis de douter que, en 1945, les religieuses aient envisagé qu'on puisse leur interdire de recevoir du courrier. En dépit de ces petits défauts tout à fait secondaires, Les innocentes est une oeuvre puissante, certes dérangeante mais incontournable parce que son propos dépasse de très loin l'anecdote historique et demeure pertinent dans le monde contemporain.
Sujet sensible puisqu'il s'agit non seulement de bonnes sœurs, mais pire encore, de viols. Traité avec intelligence et sans voyeurisme, on ne ressent pas le danger avant de rencontrer les russes. Pas besoin d'image pour savoir ce qu'il s'est passé dans le couvent et seuls quelques mots de la mère supérieure suffiront à comprendre le silence des sœurs et expliqueront ses agissements par la suite. Une histoire abominable pour laquelle la réalisatrice sait jouer avec notre imagination à travers une bonne dose d'actes suggérés.
Anne Fontaine fait preuve d'une grande retenue et de la plus totale pudeur pour raconter cette histoire de naissances et de renaissances en évitant tout pathos ou académisme. Aidée par une composition splendide des images par une Caroline Champetier au sommet et des acteurs magnifiques de sobriété (mentions spéciales à Lou de Laage et Agata Kuzek à la présence impériale), elle réussit un film à la charge émotionnelle indéniable.
C'est très bien écrit mais cela n'arrive pas à dépasser son pitch, certes intéressant d'un couvent de bonnes sœurs à la fin de la seconde guerre mondiale dont nombres sont enceinte après avoir été violées par des soldats en campagne. Quand je dis qu'il n'arrive pas à dépasser son postulat de base c'est qu'il ne raconte pas autre chose que ce que je m'attendais en ayant lu le résumé de départ et du coup il donne l'impression d'être trop classique car laissant le spectateur dans une zone de confort alors que le sujet est grave. Pourtant le film est bien écrit et réussi à créer de la tension notamment avec le personnage de la mère supérieure et de ses actes. Si je reconnais qu'il est soigné et qu'il a plein de qualités notamment une solide interprétation ce n'est pas le genre de film qui m'intéresse.
beaucoup de pudeur et de sensibilité pour un drame terrible mais inconnu de l'après 2eme guerre mondiale. à noter l’excellente prestation de Lou de Laâge.
Esthétiquement c'est très beau, bien réalisé et excellemment interprétée (fabuleuse Lou de Laâge). Le rythme est parfois un peu lent mais jamais pesant. Le propos est intelligent et ne sombre jamais dans la caricature, on peut même dire qu'il s'agit d'une leçon de respect. La réalisatrice ne juge rien, prouvant s'il le fallait encore qu'on peut commettre les pires atrocités en croyant bien faire. Anne Fontaine est décidément une valeur sûre du cinéma français.
Vraiment un très beau film à tous points de vue; qualité de l'image, émotion, pudeur et justesse dans les sentiments sont présents à tous les instants. A aucun moment, on demande au spectateur de prendre partie sur des sujets aussi délicats et ils se tissent des relations fortes entre des personnages aussi différents; tout s'imbrique merveilleusement.