Elle
Note moyenne
3,4
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662 critiques spectateurs

5
48 critiques
4
201 critiques
3
157 critiques
2
96 critiques
1
85 critiques
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Caine78

7 756 abonnés 7 399 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 22 août 2016
Ah, le grand retour de Paul Verhoeven !! Dix ans qu'on l'attendait, mine de rien. Et si le résultat est (légèrement) mitigé, on ne peut que se féliciter d'un tel titre dans cette année cinématographique bien morose. Bon, j'avoue déjà que visuellement, le film m'a paru assez loin des grands crus du hollandais violent, tandis que ces personnages, tous à moitié cinglés et franchement peu sympathiques, ont fini parfois par me lasser, le milieu concerné ici n'étant clairement pas le mien (malgré le plaisir d'y voir une scène tournée dans ma ville de toujours!). Reste qu'une fois dit cela, voilà une œuvre provoquant clairement un long malaise et beaucoup d'interrogations plus délicates les unes que les autres tant Verhoeven se contente d'interroger sans répondre, ni même vraiment juger. Ainsi, tout ce petit monde a donc beau ne pas être très sympathique, cela ne l'empêche pas d'être souvent intéressant à travers les différentes scènes du film, participant ainsi à l'atmosphère si étrange de l'œuvre, une espère d'angoisse sourde où la violence peut exploser à tout moment... De plus, si l'identité du violeur n'est pas une grande surprise, la manière dont le réalisateur filme l'étrange lien qui lie la victime à son bourreau a quelque chose d'aussi choquant que fascinant. Volontiers (très) ambigu, « Elle » sent souvent le soufre tout en multipliant les intrigues secondaires avec habileté, celles-ci souvent beaucoup moins anodines qu'elles ne le paraissent, et surtout très évocatrices de chacun des personnages, en premier lieu celui d'Isabelle Huppert, évidemment excellente dans un rôle pour le moins complexe, sans pour autant empêcher les seconds rôles d'exister, de Laurent Lafitte à Anne Consigny en passant par Charles Berling, Judith Magre ou Virgnie Efira. Je ne peux pas dire que j'ai « aimé » ce film, mais ce qui est sûr, c'est qu'il m'a interpellé, bousculé, surpris (l'auteur de « Basic Instinct » restant maître pour créer le trouble à de nombreuses reprises) : à défaut d'être la plus grande réussite du maître néerlandais, il reste une œuvre à part dans une année manquant cruellement de personnalité et de titres marquants sur la durée : voilà qui justifie amplement le déplacement dans les salles obscures.
pierrre s.

555 abonnés 3 427 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 16 septembre 2021
En allant voir ce film, j'avais en tête un certain cinéma de Paul Verhoeven. A savoir, Total recall, Basic instinct, ou Starship Troopers. Elle, est à 100 lieux de tout ça. On y retrouve tout de même la patte du cinéaste qui comme toujours n'y va pas avec le dos de la cuillère. Le film choque, provoque, intrigue à l'image d'une Isabelle Huppert géniale.
Estonius

4 737 abonnés 5 466 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 30 mai 2017
S'il il a une critique que l'on peut faire à ce film c'est qu'il part un peu dans tous les sens, trop de personnages, trop de situations à problèmes et de sous intrigues d’où une inévitable confusion. Mais sinon, quel film ! On soulignera déjà l'interprétation magistrale d'Isabelle Huppert, mais tous les acteurs sont excellemment dirigés, Quant au fond, très vite spoiler: le voisin fait partie des suspect possibles
, mais ce n'est pas ça le plus important, c'est la relation sadomasochiste extrêmement dure et complexe qui s'instaure entre les deux personnages qui est intéressante et à contre-courant de la pensée unique des féministes radicales. Parce que oui, le fantasme du viol, ça existe ! On notera au passage comment Verhoeven règle ses comptes avec la foi religieuse. Un beau film, passionnant et à cent lieues du prêt à penser hollywoodien.
tony-76

1 152 abonnés 1 410 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 4 octobre 2016
N'ayant pas lu le roman de « Oh... » de Philippe Djian, Elle signe le retour du cinéaste néerlandais Paul Verhoeven et a été présenter en compétition officielle du festival de Cannes de cette année. L'auteur de Basic Instinct nous plonge dans un thriller dense, sexuel, dérangeant et très provocateur ! Dès l'introduction, le cinéphile est directement dans l'action avec une scène de viol... De plus, il y a ce plan spoiler: du chat qui regarde les faits (le réalisateur aime placer des plans originaux comme l'a été Basic Instinct au dernier cadrage - celle du pic à glace sous le lit -).
L'atmosphère en soi est malsaine, glauque au possible ! On parle de Michèle, une femme d'entreprise de jeux vidéo qui se fait agressé dans sa maison bourgeoise et violé. Cette dernière ne porte pas plainte, et prévient ses proches. Elle (Isabelle Huppert) va rencontrer son agresseur et va vite se retrouver dans un jeu sexuel dangereux que personne ne sera... Le film est composé de deux parties : spoiler: une où le suspense plane un certain temps sur l'identité du violeur (même si on a déjà une idée de qui c'est), puis vient une seconde où le jeu commence réellement entre les deux personnages.
Il faut dire que le rythme est assez inégal car il y a des moments extrêmement gênants (les scènes de violence), d'autres plus corsés à l'humour noir (avec la protagoniste)... Le long-métrage de P. Verhoeven mélange les genres entre comédie, thriller sexuel et drame. Cela est réussit ! Elle ne serait pas un bon film sans la présence de ce casting qui s'avère élégant et emballant. Isabelle Huppert offre surement son meilleur rôle à l'écran, et transmet suffisamment d'émotions pour convaincre le spectateur. Elle est glaciale et souvent angoissante à propos de ses choix qu'elle prend... Laurent Lafitte change de registre et est étonnant, crédible en faisant le voisin le parfait pour servir les autres... spoiler: Méfiez vous des apparences !
Charles Berling est bon dans son rôle d'ex-mari, assez complice avec son ancienne compagne (Huppert). Plus en retrait, Virginie Efira semble s'ennuyer spoiler: ne fait que de brèves apparitions dans le récit
et puis ses dialogues sont assez ridicules comme sa dernière réplique qui est affligeante de bêtise ! Et, Alice Isaaz possède toujours le même caractère dans ses films qu'elle faisait. La bande son reste frissonnante accompagnée d'une mise en scène maîtrisée. Néanmoins, deux ou trois incohérences scénaristiques, voir complétement insensés spoiler: - Michèle a eu un accident sur la route, suite à un passage d'un cerf... Et, elle appelle son agresseur pour qu'elle soit sauvée et soignée chez elle !! Alors qu'elle sait déjà QUI est le responsable de son agression... A croire qu'elle aime sa ! - Jeu sexuel ?
C'est ce que nous propose ce cinéaste bourré de talents ! Malgré quelques baisses de régimes, Elle est un thriller particulier pour le cinéphile tout en tension. Un retour du réalisateur satisfaisant. Un film fou !
Alain D.

734 abonnés 3 445 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 4 novembre 2016
Je n'ai pas apprécié l'atmosphère malsaine de ce thriller noir et violent réalisé par Paul Verhoeven. Les personnages ambigus, limite psychopathes de cette histoire dramatique rendent le climat tres lourd. L'ambiance tendue est parfois à la limite de l'épouvante. Le rythme de l'histoire est très lent, entrecoupé de courtes scènes agressives. Le scénario manque cruellement de finesse et d'épaisseur.
Ce film bénéficie pourtant d'une très belle affiche avec une pléiade de comédiens de talent : Elle, c'est Michèle jouée par Isabelle Huppert, son voisin Patrick (Laurent Lafitte), Anna sa collaboratrice (Anne Consigny), Richard (Charles Berling) son ex mari, Josie sa belle fille (Alice Isaaz) …
frederic M.
frederic M.

13 abonnés 33 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 22 juin 2016
Dans l’ensemble, les acteurs de cette fiction fantasmagorique jouent comme des pieds alors qu’Isabelle, plutôt bonne dans son rôle, se prend elle, les pieds dans le scénario. Difficile de rester éveillé tout au long de ce long métrage à l’issue duquel me revenait cette phrase : La vie est courte, ce sont les journées qui sont longues…1 mauvais point pour Cannes et les critiques vendus.
FM
this is my movies

823 abonnés 3 087 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 12 juin 2016
Bon, déjà, c'est un film de P. Verhoeven et ce seul fait devrait suffire à déplacer les foules. POurquoi est-ce indispensable ? Déjà, le hollandais prouve qu'il n'a rien perdu ni de sa maîtrise visuelle et encore moins son esprit iconoclaste. Quand il associe les 2, ça donne des raccords décalés qui appuient les émotions d'un personnage et se répondent d'une scène à l'autre pour un effet comique parfois, d'autres fois plus dramatiques. Une mise en scène froide, acérée, un propos mordant et dérangeant mais aussi des acteurs magistraux dans des rôles compliqués. Et surtout, le film sait raconter son histoire avec beaucoup de brio si bien que l'identité du violeur n'a très vite plus d'intérêt vu que les différentes sous-intrigues deviennent bientôt tout aussi palpitantes. On retrouve le goût du réal pour la violence, le sordide, la perversion mais aussi son savoir-faire technique et ça donne un film français (!!) tout simplement brillant, unique de par son ton et magistral de bout en bout. C'est fort, ça remue les tripes et le cerveau et voilà pourquoi c'est un film de Verhoeven. D'autres critiques sur
eliacam
eliacam

24 abonnés 231 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 30 mai 2016
Philippe Djian a une écriture à lui, mélange d'humour, de décalage, de scènes torrides aussi. Le livre n'était pas un roman policier mais un livre très décalé, drôle.
Ce film est tourné comme un Chabrol, vibrant, froid, comme un thriller sur le fil ... je n'ai pas retrouvé ce qui faisait le charme du livre dans ce film qui au demeurant est malgré tout un bon film, avec une époustouflante Isabelle Huppert mais je me répète ! Charles Berling est lui très bon et tout à fait dans le ton du livre.
Helene59
Helene59

14 abonnés 39 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 3 juin 2016
Excellente surprise que ce film, qui m’aura tout de même bien mis mal à l’aise à certains moments. Mal à l’aise du fait de son héroïne principale, très très particulière, jouée par une Isabelle Huppert qui, je dois bien l’avouer, est parfaite dans le rôle ! Michèle est une femme tordue : fille d’un psychopathe emprisonné pour avoir commis 27 meurtres, dirigeante d’une boîte de développement de jeux vidéo, mère d’un jeune homme complètement paumé, jalouse maladive et possessive avec les hommes qu’elle charme, elle est seule. Sa vie bascule quand elle se fait sexuellement agresser chez elle par un individu masqué, qui la relance par la suite… S’en suit une enquête menée par Michèle sur l’identité de cet individu, et un jeu très particulier avec son agresseur…

Le film nous met tout de suite dans l’ambiance dès la scène d’ouverture : le viol. C’est fort, violent, rapide, on est déjà à bout de souffle rien qu’après cette scène. Puis on découvre le quotidien de Michèle qui, mystérieusement, ne s’ouvre que tardivement à ses amis de cette agression. Et on découvre rapidement que ce quotidien n’est composé que d’hommes (à part sa meilleure amie et sa mère, avec qui elle entretient des relations très particulières), dont beaucoup sont susceptibles d’être l’agresseur. Car Michèle aime plaire, quitte à trahir sa meilleure amie en couchant avec son mari « juste comme ça », ou en tentant de faire capoter la nouvelle idylle de son ex.

Mais là où le film devient le plus tordu, c’est pendant sa seconde partie, quand Michèle découvre qui l’a agressé. Déjà que je la trouvais assez dingue, là on a atteint un summum dans l’incompréhension. Car évidemment que je ne la comprenais pas, je ne partage pas son histoire, son passé. C’est une dominante, qui s’est construite toute seule autour d’un passé ignoble, et pour qui le sexe n’est pas un aboutissement mais uniquement un instinct.
Pour tout ça, Michèle a un rapport à la réalité assez déroutant, elle ne sait pas faire face à ses problèmes et n’arrive pas à assumer ce qui lui arrive. Elle ne pense qu’à prendre un café quand sa belle-fille accouche, et à dire « Mais c’est pas vrai ? » quand sa mère tombe d’une crise cardiaque. Et c’est cette évolution dans le rapport à la réalité que l’on va suivre, et pas uniquement dans sa relation avec son agresseur mais aussi dans ses relations avec ses proches.
Bref, vous l’aurez compris, Elle n’est pas seulement un film sur le viol, il va bien plus loin.

Côté réalisation, c’est très propre au niveau des plans. Les lumières sont assez sombres pour souligner l’ambiance du film et de la vie de Michèle. Mention spéciale pour le casting, qui est parfait ! Virginie Efira m’a totalement convaincue en voisine attentionnée catholique, de même que Laurent Lafitte qui est étonnant.

Je n’ai pas vu les 2 heures de film passer, j’ai été embarquée dans toute cette tourmente, et je suis ressortie de cette séance à la fois dérangée mais convaincue.

16/20
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 6 juin 2016
Quoiqu’un poil malsain, Elle est surtout troublant parce qu’il explore le déni et le refoulement de la pensée d’une manière peu habituelle. Dans ce récit construit autour d’une enquête personnelle, le plus poignant reste la dimension presque immorale du psychologique, qui ose mélanger le tordu avec la raison, le dramatique avec la passion, le subtil avec le violent, et enfin, le sulfureux avec le sadique. Mais si cette œuvre reste en majorité déroutante de par le malaise qu’elle crée, elle se compose néanmoins de ces petites bouffées d’air qui permettent au récit chargé de sens de devenir plus agréable. Sans doute grâce aux rôles chaleureux qui entourent celui d’Isabelle Huppert, nettement plus froid. Doté d’un certain sang-froid, presque imperturbable aux premiers abords, son personnage laisse cependant le spectateur entrer dans sa tête pour y découvrir son passé, ses pulsions ou ses craintes. Autour d’un Laurent Lafitte surprenant ou encore d’un Charles Berling toujours aussi attachant (pour ne citer qu’eux…), l’actrice est impeccable dans ce rôle offert par Paul Verhoeven, qui lui, confirme son titre de maitre des ambiguïtés de l’instinct humain.
Romain J.
Romain J.

65 abonnés 224 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 28 mai 2016
Radical, flippant dans sa représentation de l'âme humaine, ELLE est un film dérangeant quand on plonge dedans. Verhoeven revient avec un film plus sobre mais émotionnellement turbulent. Isabelle Huppert y est exceptionnelle.

Critique complète ici.
gimliamideselfes

3 433 abonnés 4 013 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 26 mai 2016
Si j'avais été l'un des rares à aimer la bande annonce du film, je dois avouer que je ne m'attendais pas à une telle claque. Elle est un film extrêmement radical, qui montre que Verhoeven, même 8 ans, déjà, après Black Book garde tout son sens de la violence, tant physique que psychologique.

Elle est un film dont on ne ressort pas indemne, un film puissant, un film qui mélange les genres et qui surtout ne se lasse pas de surprendre son spectateur, de le mettre mal à l'aise.
Le rythme est d'ailleurs très particulier et participe pleinement à ce malaise. Je n'ai pas l'habitude d'aimer en plus ce genre de film où il n'y a pas une seconde en trop, au contraire, j'aime lorsque les scènes s'étirent, prennent leur temps, pour inscrire ainsi les personnages dans une réalité. Mais là, chaque coupure, chaque moment où une séquence s'arrête, on a une ellipse où quelque chose de grave, de dérangeant s'est produit, ce qui renforce, forcément, le malaise. On sent que quelque chose n'allait pas à la séquence précédente et là on reprend et c'est étrange également. On n'est jamais dans le confort.

Et j'adore ce sentiment d'être là, sans trop savoir si c'est du lard ou du cochon. C'est d'ailleurs un des points commun avec Ma Loute, c'est que le film est très drôle (la salle était hilare à plusieurs moments et moi aussi), mais il ne l'est pas forcément explicitement, on a plein de scènes où l'on ne sait pas trop si l'on doit rire ou pleurer. C'est extrêmement inconfortable, j'adore ne pas savoir sur quel pied danser.

De plus, l'imprévisibilité du film en rajoute une couche. Parce que comme on le sait dans la bande annonce Huppert a été violée et il va être question de retrouver le coupable, le violeur. On se doute, connaissant les films du genre qu'elle le connaît. Le film donne énormément d'indices, élimine chaque suspect l'un après l'autre ce qui permet de malgré tout surprendre le spectateur, mais sans jamais trop en faire, sans jamais qu'on soit là face à une révélation majeure.

D'ailleurs la relation qu'elle entretient avec lui est juste géniale, c'est malsain, ambigüe... Mais vraiment, profondément et de manière viscérale. Tout ce que n'est pas le cinéma d'habitude. On est face à une oeuvre totalement atypique. D'ailleurs aucune concession n'est faite. Il n'y a aucun réel moment de détente, même lorsque le film est franchement drôle, parce que si la situation est drôle, on rit jaune, on rit parce qu'on est pas habitué, parce que ça ressemble à du vaudeville, mais c'est traité comme un thriller.

Les personnages ne sont pas en reste, ils sont tous géniaux dans ce petit microcosme de bourgeois branchés et interprétés par des acteurs tous géniaux, même ceux que je n'aime pas (Efira ou Lafitte (surtout lui d'ailleurs)). Et puis, bordel, Verhoven arrive à rassembler Huppert, Berling, Consigny, Pons (sublime comme à son habitude) dans le même film, il faut le faire. Et j'adore vraiment Huppert, sa manière de jouer la bourgeoise coincée et un peu pas nette dans sa tête. Parce que, pour comparer avec l'incomparable, dans Carol, je déteste Blanchett avec son rôle de bourgeoise huppé que l'héroïne est censée aimer alors qu'elle est coincée et fausse comme pas possible. Sauf que là Huppert, on est pas censée l'aimer, c'est juste le personnage principal, et vu comme elle est timbrée, aucun risque de la prendre réellement en empathie. Cette façon qu'elle peut avoir de dire "Salut", de faire des petits sourires en coin... Je suis juste dingue du personnage. Si Huppert joue toujours un peu le même genre de rôle, c'est vraiment chez des gens comme Haneke ou là Verhoeven qu'elle éclate réellement, parce qu'il savent utiliser son côté assez malsain, son jeu si particulier.

En regardant le film, je tremblais, j'étais mal à l'aise, et même temps j'étais entrain de jouir devant l'écran. Je n'en pouvais plus, j'étais en extase continu pendant 2h. Et il n'y a absolument rien à reprocher au film... C'est une expérience viscérale qui se vit totalement et à fond dès les premières secondes. Les dialogues qui sont parfois extrêmement violents, les situations inconfortables, les vrais moments de malaise entre les personnages et dans la salle... Je citerai juste une scène, que je trouve géniale, mais je trouve tout le film fabuleux et ceci grâce à son rythme effréné multipliant les scènes du genre : Huppert s'engueule avec sa mère et sa mère fait quelques pas hors champ, on l'entend tomber, Huppert devant si c'est pour de vrai et là Consigny, qui est son amie lui gueule dessus : "bien sûr que c'est pour de vrai". Ce moment est fabuleux, parce que là, même Consigny, qui est toujours là pour elle, toujours conciliante, drôle, douce, lui gueule dessus parce qu'elle agit n'importe comment.

Et puis il y a tous ces moments où il se passe quelque chose d'important et c'est traité avec une banalité absolue. Je pense à la scène où Huppert et Berling cherchent un endroit particulier sur une sorte de pont pour faire quelque chose de particulier, je n'en dis pas plus, et là ils font leur truc comme si de rien n'était, envoyé, c'est pesé.

La fin est du même acabit d'ailleurs. J'adore cette fin, totalement cynique, qui fait vraiment fin d'épisode de sitcom alors qu'en réalité tout le film était ultra glauque.

J'étais tellement sous le choc en sortant de la salle que j'en avais mal au ventre, j'étais tellement tendu, crispé, que le film me travaillait au corps. Je suis absolument sans voix, c'était vraiment génial. Et je rejoins les cahiers du cinéma, je ne comprends pas que ce film n'ait pas été primé à Cannes, meilleure actrice, meilleur scénario et surtout palme d'or. Je pense que je préfère même ce film à Ma Loute et ça confirme que cette année on a une grande année de cinéma.
L'AlsacienParisien

686 abonnés 1 431 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 8 juin 2023
Wouah wouah wouah ! Ce film m'a donné des frissons et l'adrénaline est palpable tout du long grâce à un scénario très bien ficelé ! Le réalisateur hollandais a choisi d'adapter ce roman en France avec une équipe entièrement française et ça fait du bien d'avoir un aussi bon thriller avec ces acteurs qu'on sous-estime souvent et qui se restreignent généralement à des histoires plus légères. Une histoire malsaine, une palette de personnages amoraux et vicieux, une musique maintenant le suspense tout du long, des scènes dérangeantes frôlant le cauchemar, des relations ambiguës à n'en plus finir, tout ça dans un décor de Noël en aucun cas rassurant : bien entendu, rien de ce que j'écris ne donne envie mais c'est là toute le charme du film, on s'enfonce dans un enfer où l'Homme est cruellement dépeint telle une montagne russe émotionnelle où on passe des surprises aux scènes insolites ! Aucun personnage n'est défendable... C'est effrayant et ça nous parait presque surréaliste, impossible mais tout reste cependant plausible et concret. Le jeu démentiel de Isabelle Huppert en est pour beaucoup ! Certes, c'est une actrice réputée pour des rôles aux vices prononcés (Souvenez-vous de "La pianiste" et de "La religieuse"...) mais elle porte sur ses maigres épaules le poids énorme de cette histoire improbable. Au début, on dirait qu'elle joue faux, voire presque à côté de la plaque, mais bien vite, l'incongruité de l'histoire joint parfaitement l'air distancié qu'elle donne à ses répliques. Elle en devient flippante et dérangeante. Tous les autres acteurs sont étonnants, assignés à des rôles qu'on ne leur propose pas d'habitude ; ça fait énormément de bien de les voir jouer autre chose ! Néanmoins, j'ai toujours du mal avec l'interprétation de Laurent Lafitte, que je trouve vraiment pas convaincant, d'autant plus avec le rôle qu'il tient, mais c'est un goût personnel... Cela dit, ça n'empêche pas au film d'être une vraie gifle pour le spectateur. J'aurai presque envie de dire que c'est un film d'horreur pour tout le côté amoral du film. Je ne m'attendais vraiment pas à ça... Je le conseille grandement pour ceux qui veulent faire de l'hyperventilation pendant deux heures car vous aurez des hauts-le-cœur, je vous le garantis !
Spe64
Spe64

26 abonnés 191 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 8 juin 2016
Un étrange mélange de multitudes de relations plus ou moins complexes à malsaines , les unes entrainant les autres, tantôt victime, tantôt coupable, de l'enfance douloureuse aux remords, en passant par les mensonges, l'adultère , la perversion...
Ces relations ont toutes des sujets différents, ils sont tous intéressants mais les protagonistes étant nombreux , ils ne sont traités qu'en surface, ce qui donne un ensemble froid sans grandes émotions et l'on peine à s'attacher aux personnages qui sont pourtant bien interprétés.
Une impression étrange à la fin du film...le temps de digérer l'ensemble qui oscille du grave au rire..
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 25 juin 2016
Un peu comme Shane Black (voir ma critique sur The Nice Guys), Paul Verhoeven fait parti de ses réalisateurs qui ne parlent pas spécialement à la nouvelle génération et qui, pourtant, a à son actif une filmographie plus que lucrative. Il suffit de faire un retour dans le temps pour se rendre compte que le bonhomme se trouve être le réalisateur de grands films des années 80-90 que sont RoboCop, Total Recall, Basic Instinct et Starship Troopers. Et puis, après une dernière production hollywoodienne oubliable (Hollow Man en 2000) et un retour au cinéma néerlandais passé à la trappe question attention internationale (Black Book en 2006), plus rien de la part de ce cinéaste (si ce n’est un moyen-métrage en 2012, intitulé Tricked). Alors, quand ce dernier annonce son retour et ce aux commandes d’un film purement français, autant dire que l’attente n’a fait qu’accroître, avec l’espoir de retrouver la flamboyance du bonhomme. Ce qui est, avec Elle, chose faite !

Alors, autant prévenir tout de suite, le film n’est pas à la portée de tout le monde. Déjà parce que l’élément perturbateur est un viol, balancé à la figure du réalisateur de manière sadique et violente ( spoiler: fond noir après le générique, « animé » par des cris et des bruits de vase brisé puis enchaînement sur le plan d’un chat regardant la scène avec une totale indifférence jusqu’à son dénouement
). Mais aussi car le reste du film, à savoir le vécu du personnage principal, sa façon d’agir face à son agression, relève d’une perversion sans nom qui peut mettre mal à l’aise. Là est tout simplement la puissance du cinéma de Paul Verhoeven, qui a toujours su parler et montrer la violence physique et sexuelle de manière crue, brutale et viscérale à travers différents genres et métaphores (il suffit de se rappeler du meurtre dans Basic Instinct ou encore de l’aspiration de cerveau dans Starship Troopers). Et qui, avec Elle, trouve ici le paroxysme de son cinéma en allant directement à la source des ses thématiques propres. Ainsi, alliant une sublime mise en scène aussi hypnotique que dérangeante (les plans, la musique utilisée… et qui, au passage, ne filme jamais Paris en mode carte postale) et une écriture aux petits oignons qui entretient le suspense jusqu’au bout (beaucoup de personnages et de passés tortueux qui font douter sur l’identité du violeur et ses intentions) font d’Elle un long-métrage tordu au possible mais surtout diablement intrigant, prenant et puissant.

Mais le film va bien plus loin qu’une espèce de quête personnelle, que de « chercher à faire justice soi-même ». En effet, Elle, malgré son histoire et son élément perturbateur, est avant toute chose le portrait d’une femme ambiguë. Celle qui, au lieu d’aller voir la police pour son agression, vit ça comme un événement banal au point de l’annoncer à ses amis/collègues avec indifférence. Et du coup, les différents personnages présents de base pour renforcer le suspense se trouvent finalement être de nouvelles facettes indirectes de l’héroïne, permettant d’en dresser sa personnalité atypique et dérangée. Un travail d’écriture en or qui transforme donc ce personnage, sur le papier hautement antipathique, en une femme tout de même attachante et qui donne envie de suivre ses péripéties morales et sociétales. Ce qui renforce encore plus le côté malsain, pervers et tordu de l’ensemble, spoiler: notamment quand celle-ci se met à draguer ouvertement son voisin (au point de se masturber à la fenêtre, jumelles en main, alors que celui-ci dresse une crèche avec son épouse) ou encore les raisons de son viol.

Il faut dire aussi qu’outre son scénario et sa mise en scène, Elle se paye le luxe d’avoir un casting véritablement bon. Voire même étonnant quand on connait la plupart de nos comédiens nationaux qui se retrouvent à l’affiche d’un tel long-métrage. Une remarque qui s’applique surtout à Laurent Lafitte ou encore Virginie Efira, habitués depuis quelques temps à la comédie (Les Petits Mouchoirs, De l’autre côté du périph et Papa ou Maman pour l’un, La chance de ma vie, 20 ans d’écart et le récent Un homme à la hauteur pour l’autre) et qui, malgré cela, parviennent à rendre crédible leur personnage respectif. L’occasion également de découvrir de toutes nouvelles têtes talentueuses comme Alice Isaaz et Jonas Bloquet. Mais tous, je dis bien tous, ne font aucunement le poids face à l’actrice principale, à savoir Isabelle Huppert. Si celle-ci a déjà démontré dans ses précédents films avoir un jeu bluffant de naturel, elle pousse le bouchon encore plus loin en interprétant avec délectation ce personnage dérangeant. Se présentant pour le coup comme l’argument principal pour voir Elle, en plus des autres qualités citées dans les paragraphes précédents.

Mais le film parfait est loin d’exister, et Elle possède de petits défauts qui font dire que l’ensemble aurait pu être bien meilleur s’il ne les avait pas. Et le grand ennemi du long-métrage reste, à titre personnel, sa durée excessive de 2h10. Je suis bien conscient qu’avec autant de personnages et d’intrigues à exploiter, cela se montre raisonnable de perdurer autant. Mais quand on voit que le climax traîne un chouïa la patte, on se dit alors que plus court aurait été souhaitable pour éviter une légère impression qu’Elle tourne au final en rond sur sa dernière lancée. Ce qui affaiblit légèrement l’aura de l’ensemble et lui fait perdre en crédibilité sur certains points ( spoiler: notamment en ce qui concerne la production de jeu vidéo dans laquelle travaille l’héroïne
). Il est vrai que cela relève du chipotage. Cependant, face aux nombreuses qualités du long-métrage, il est tout de même bon de les signaler pour éviter que la critique soit monotone.

Car au final, cela n’enlève en rien le fait qu’Elle se présente comme le grand retour de Paul Verhoeven au cinéma. Et que son passage remarqué au dernier Festival de Cannes avec ce film, acclamé par la presse et les spectateurs, lui offre la chance de revenir sur le devant de la scène comme ce fut le cas auparavant. En tout cas, j’attends avec impatience son tout nouveau projet, en espérant bien entendu qu’il soit du même calibre qu’Elle, à savoir un film complètement représentatif de son long-métrage, qui n’a subit aucune censure ni pression (d’où le fait de ne pas avoir fait appel à des studios hollywoodiens) pour imposer sa vision et son savoir-faire.
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