Un casting parfait (je retrouve enfin Hugh Grant et son talent), un réalisateur plutôt discret, qui ne fait pas dans la surenchère (pas de caricatures, donc) et surtout nullement focalisé sur le handicap de son héroïne, font de ce film une version plus attrayante que celle de Xavier Giannoli et de sa « Marguerite ». Ici elle se prénomme Florence, de son vrai nom Florence Foster Jokins, riche héritière qui se prenait pour une diva. Elle vocalise dans un environnement très resserré qui la protège des quolibets jusqu’au jour où la belle entend se produire en public. Il faut alors faire avec et c’est la manière dont le cinéaste conduit chaque protagoniste vers l’inéluctable qui rend aussi son film intéressant. Hugh Grant et Merryl Streep s’accordent sur le même tempo que partage avec un talent presque insolent le jeune pianiste qui accompagne notre diva. Simon Helberg est aux anges pour avoir pu ainsi jouer au Carnegie Hall. Le reste n’est qu’illusion… Pour en savoir plus
Depuis que je suis la carrière de Stephen Frears (The Hit, My bautiful laundrette), sa filmographie fait régulièrement des hauts et des bas. Rarement maintenant deux bons films d'affilé comme dans les années 80/90. J'avais un peu mieux aimé The Program que Philomena. Je craignais un peu pour ce Florence Foster Jenkins. Surtout que j'avais moyennement apprécié la version française de Xavier Giannoli, sur le même sujet l'an passé. Mais voilà, un film avec Meryl Streep n'est jamais vraiment raté. Elle est ici une fois de plus prodigieuse. Un vrai régal de la voir chanter si faux (alors qu'elle chante très bien...). Hugh Grant sort de sa semi-retraite pour lui donner la réplique et il est lui aussi très bien. A leurs côtés, Simon Helberg, dans le rôle du pianiste, est hilarant. Le film est quant à lui réussi, même s'il est réalisé de façon assez académique. Plus léger et plus drôle que Marguerite, et sans doute plus proche de la véritable histoire histoire. Et nettement plus de moyens aussi. Stephen Frears tourne toujours sur un rythme digne de Woody Allen. La qualité n'est donc pas toujours au rendez-vous mais ce nouvel opus est un bon cru sans être un chef d'oeuvre. J'ai préféré sa version à celle de son collègue français. On passe un bon moment, drôle, divertissant et aussi assez émouvant. Future nouvelle, et énième, nomination aux Oscar pour la plus grande actrice actuelle...
Très bon film avec un jeu d'acteurs magnifique (pourtant, je n'aime pas Hugh Grant). Ce film n'a rien à voir avec la caricature donnée par "Marguerite" de Xavier Giannoli. Bravo à Stefen Frears de nous permettre de comprendre la relation entre Foster et son mari, l'influence qu'a pu avoir Foster Jenkins, et la place du pianiste. Un peu d'humour, beaucoup d'humanité et beaucoup de profondeur.
Une comédie douce-amère, inspirée d'une histoire vraie. Une femme très riche, passionnée de bel canto, donnait de la voix - et accessoirement des concerts -, soutenue en ça par son mari, à ce détail près qu'elle chantait particulièrement faux ! Compte tenu de sa fortune et des influences qu'elle avait, personne n'osait lui faire part de ce léger défaut. Ce film raconte les derniers mois de la vie de cette cantatrice d'un genre un peu particulier, qui démontrait qu'en fait l'amour de l'art peut être plus admirable que son exercice pointilleux. Meryl Streep y est, évidemment, merveilleuse. Mais y a-t-il seulement un rôle dans lequel Meryl Streep ne le soit pas ? Quant à Hugh Grant, je dois dire qu'il m'a surpris. Lui qui est habitué à des rôles quelque peu mièvres, il montre dans le rôle de ce mari attentionné et dévoué une nouvelle facette de son talent. Une mention particulière pour, qui interprète le rôle du pianiste personnel de l'héroïne et dont les étonnements et les crises de rire ne laissent pas le spectateur indifférent. M'étonnerait pas que cet acteur connaisse une brillante carrière cinématographique. En résumé, un bon divertissement, avec des scènes de rire franc, d'autres plus larmoyantes, mais un rythme soutenu et une histoire à laquelle on se prend volontiers.
Le ton burlesque et caricaturale de ce film est surprenant et très plaisant. Les acteurs sont tous au top, car ils incarnent avec une excentricité mesurée, et un ton satirique, tous ces personnages très caractériels, dont les mimiques et la gestuelle nous font énormément sourire. Hugh Grant est parfait en gentleman coincé et maniéré, qui tient à se donner des airs distingués. La société bourgeoise du New-York des années 40 est donc le principal sujet de moquerie du film, et c'est très efficace. le côté rétro visible dans ce cadre new-yorkais, et également dans la réalisation, apporte également beaucoup de charme. Mais l'intrigue n'est pas la plus grande force du film, car elle est divertissante, mais pas bouleversante. Vu le ton principalement comique employé, l'émotion qui cherche à s'installer dans certaines scènes a vraiment beaucoup de mal à atteindre le spectateur. Mais le film reste enjoué et décalé, à l'image de la scène où de jeunes soldats bourrés font régner une ambiance de match de foot dans une salle d'opéra.
Une question vient tout de suite à l'esprit à propos du dernier film de Stephen Frears : vaut-il la peine d'aller le voir, sachant qu'il raconte à peu près la même histoire que celui de Xavier Giannoli qui nous avait tant fascinés, l'admirable "Marguerite" dont le rôle-titre a été si intelligemment interprété par Catherine Frot ? On la connaît désormais, cette cantatrice poussée par son mari-impresario à devenir un objet de risée des auditeurs, tant elle poussait loin l'art bien involontaire de chanter faux... Seulement voilà : Marguerite était Marguerite, un personnage inventé et francisé par Xavier Giannoli, inspiré bien sûr du personnage réel de Florence Foster Jenkins. Dans le film de Stephen Frears, le titre même clame haut et fort l'idée d'un biopic qui s'inscrit dans un cadre conforme à la vérité historique - New York 1944 - alors que Marguerite évoluait dans la France des années 20. En outre et surtout, si Meryl Streep est l'actrice américaine idéale pour incarner cette nunuche à qui l'on fait croire l'impossible, il n'en demeure pas moins que les deux rôles masculins de Hugh Grant - incarnant le mari volage et manipulateur - et de Simon Helberg - prêtant ses traits et son immense talent comique au personnage du pianiste accompagnateur - imposent une rude concurrence à la grande comédienne. Le scénario développe à merveille toutes les possibilités qu'offrent les deux personnages, toutes les nuances aussi qui les font évoluer au fil de l’œuvre. Le film apparaît ainsi comme une variation sur des thèmes chers à Stephen Frears, la manipulation doublée du mensonge et de l'imposture. Et l'on ne peut que se réjouir de la parfaite cohérence qui unit des œuvres aussi différentes en apparence que "Les liaisons dangereuses", "Philomena" ou "The program". Un dernier point mérite d'être mentionné : la bande son qui fait l'objet d'un soin constant - très belle musique d'Alexandre Desplat et mention spéciale pour le "Charlie's prelude" de John Kirby qui s'inscrit avec un humour irrésistible dans le prolongement du prélude en mi mineur de Chopin joué d'une bien étrange manière (on n'en dira pas davantage).
un biopic très intéressant sur la vraie vie de Florence Foster Jenkins. Méryl Streep bien sur est extraordinaire dans son rôle de soprano aux notes pas toutes bien réussies épaulée par un Hugh Grant à l'aise lui en mari et impresario assez rusé. mais la palme pour moi revient à Simon Helberg magistral en pianiste introverti. le tout sur des airs d'opéra et de musique classique.
Cette histoire vraie a déjà inspiré le film français "Marguerite" avec Catherine Frot en tête d'affiche. Biopic extravagante sur la pire chanteuse qui ait existé, "Florence Foster Jenkins" est la première collaboration entre Stephen Frears et Meryl Streep, qui se veut très efficace ! Outre l'incroyable talent de Meryl Streep, à la fois très touchante car très sincère dans ce rôle qui est convaincu de chanter juste et extrêmement drôle dès qu'elle se met à pousser la voix, le scénario est très bien ficelé et ne laisse aucune question en suspens. Ce personnage mondain croit en ses rêves et a la naïveté d'un enfant, considérant chaque jour comme le dernier à cause de sa maladie qu'elle porte depuis ses vingt ans. Quand elle chante, elle le fait avec passion, détermination et envie et qui d'autre que Meryl Streep peut interpréter cette personnalité si singulière avec autant d'honnêteté. A ses côtés, Hugh Grant, malgré son coup de vieux, assure tandis que le second rôle du pianiste, tenu par Simon Helberg (de la série "Big Bang Theory" pour ceux qui connaissent), est génialement interprété. Vous l'avez compris, le casting porte le film, et ce, malgré une mise en scène kitsch et plutôt dépassée qui a tendance à ralentir le rythme du film. Certes, l'histoire se passe dans les années 40, pendant la seconde guerre mondiale, mais ce n'est pas une raison pour utiliser des transitions ultra vieillottes datant des films en noir et blanc ? Non ? De plus, la musique très classique d'Alexandre Desplat est totalement fondue dans le film, ombragée par le talent de Meryl Streep. Heureusement, dès le premier cours de chant, on comprend toute la force et tout l’intérêt du film ! Quelle actrice ! Elle qui chante si bien dans "Mamma mia !" et dans "Into the woods" et qui se retrouve ici à faire des fausses notes. Chaque film qu'elle fait est une véritable leçon de jeu d'acteur ! Et quelle histoire touchante et étonnante à la fois que celle de Florence Foster Jenkins.
J'ai mis 5 étoiles non pas pour qualifier ce film de chef d'œuvre - je n'ai pas les qualifications requises - mais pour l'excellent moment qu'il nous a fait passer. Nous aurions regretté de ne pas l'avoir vu au cinéma.
Déjà sur le devant de la scène avec "Marguerite" de Xavier Giannoli, adaptation libre de sa vie et de sa personnalité, Florence Foster Jenkins revient sur grand écran sous la houlette de Stephen Frears dans un biopic centré sur la dernière année de la vie de la passionnée de musique qu'elle était. Vu que "Marguerite" est déjà passé par là, on connaît l'essentiel de la personnalité de Florence Foster Jenkins : sa richesse, son amour pour la musique, son excentricité et son chant incroyablement faux. La surprise n'est donc plus de mise même si on s'amuse toujours autant à voir les réactions des gens quand la Florence se met à pousser la chansonnette. Là où "Florence Foster Jenkins" vise le plus juste, au-delà de la reconstitution classique et des situations cocasses, c'est dans la relation unissant Florence à son mari, l'ancien acteur St. Clair Bayfield qui veille sur elle depuis plus de 25 ans. Sans jamais cesser de soutenir sa femme qu'il n'a jamais pu toucher (Foster Jenkins était atteinte de la syphilis depuis son premier mariage), St. Clair a toujours tout fait pour la protéger des mauvaises critiques (car bien entendu, elle était persuadée de très bien chanter) et la soutenir dans sa passion, envers et contre tous. Frears nous montre alors qu'il suffit d'une personne au monde pour encourager une passion pour que celle-ci puisse exister et livre quelques jolies scènes dans un film cependant bien trop sage et trop classique pour être une complète réussite. Reste tout de même de jolis numéros d'acteurs, Meryl Streep étant bien évidemment impeccable dans le rôle principal tandis que Hugh Grant, loin de ses attitudes de beau gosse désormais dépassées, fait des merveilles en mari attentionné et dévoué.
excellente realisation, excellents acteurs, donc une excellente note ! le seul petit reproche ( français / anglais ? ) etant le rapprochement trop rapide avec le film « Marguerite », de Xavier Giannoli sorti il y a quelques semaines sur la même histoire de Florence Foster Jenkins. je ne pensais pas quelqu'un capable de surpasser Catherine Frot tout de même remarquable dans ce rôle, je me suis trompé ! la fabuleuse Meryl Streep a reussi cet exploit !!!!
"Florence Foster jenkins" est la version américaine de Marguerite qui avait triomphé l'an dernier. C'est Meryl Streep qui reprend le rôle de la cantatrice ce que je peux dire c'est que cette actrice est formidable elle peut jouer tout et n'importe quoi à la perfection. on passe facilement du rire à la larme à l'oeil devant l'histoire authentique de Miss Foster.
J'ai également vu le film français avec Catherine Frot sur le même sujet et j'avoue l'avoir préféré. Il n'en demeure pas moins que Meryl Streep est très bonne dans ce rôle peu commode. Je donne une de mes étoiles à l'acteur de second rôle qui interprète le pianiste. Il est très drôle et touchant.
Encore un chef d'oeuvre avec Meryl Streep. Hugh Grant est impressionnant aussi. Je ne sais pas quelle version je préfère française ou américaine. Je trouve la française est plus comique. Les deux films sont très bien. Dommage pour la vraie Florence qui était victime des moqueries et de l hypocrisie
Au petit jeu des comparaisons entre Marguerite et Florence Foster Jenkins, le film de Xavier Giannoli ressort gagnant, principalement pour sa profondeur et sa densité. Le film de Stephen Frears a pour lui une reconstitution particulièrement chiadée de l'Amérique des années de guerre et une interprétation hors pair de Meryl Streep et surtout de Hugh Grant que l'on ne se souvient pas d'avoir vu aussi bon depuis longtemps. On peut y ajouter la prestation délicieuse de Simon Helberg, qui représente l'ébahissement d'un premier public face aux vocalises de cette Castiafore tour à tour ridicule et touchante. Stephen Frears a réalisé un film gentil et bien proportionné qui ne verse que rarement dans l'absurde alors que le sujet pouvait lui permettre d'exercer bien davantage sa légendaire ironie. Sans surprises majeures, FFJ reste un Frears honnête, loin d'être indigne, mais bien au-deçà des meilleures réalisations du cinéaste des Liaisons dangereuses et de The Queen.