Ma Loute
Note moyenne
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547 critiques spectateurs

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11 abonnés 65 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 mai 2016
Aussi léger que l’annonçait la bande-annonce, ce serait dommage d’aller voir Ma Loute pour son simple comique. En effet, on se rend vite compte qu’il y a bien plus, dans le nouveau film de Bruno Dumont, qu’un humour absurde : attaque virulente des classes sociales, de différents types de personnes, il est possible de voir, dans toute cette danse exaltée entre pêcheurs de misère et bourgeois décadents, une profonde allégorie…de la société. Le cinéaste se garde bien de prendre parti pour qui que ce soit, et endosse assez vite la robe du sage, du moraliste, pour qui personne n’a raison. Misanthrope, ou pas ?
Dumont fait à une autre échelle le même boulot que Molière : il grossit les défauts de ses victimes pour que son public les saisisse mieux, et puisse y réfléchir. Mais il ne s’arrête pas à cette caricature, il l’utilise même pour soutenir son propos, l’impossibilité de deux familles différentes socialement à vivre ensemble. Pendant deux heures, ça carbure à l’humour burlesque, voire délibérément loufoque, alors qu’on parle de disparitions mystérieuses. Premier condamné, la police : deux inspecteurs, Machin et Malfoy, pareils à Laurel et Hardy, l’un énorme boule, l’autre fin comme un doigt. Pareils à des héros de B.D, qui accumulent gaffes et ridicule, et transforment leur grade en belle bande de bras cassés… Elle a tout de même le mérite, au cours de l’enquête, de se faire rencontrer deux familles qui s’ignorent : les Van Peteghem, bourgeois dégénérés, et les Brufort, pêcheurs hargneux et dangereux. L’affrontement commence, et personne n’en sort vainqueur. Pourquoi ? Parce que chacun est aussi fou que l’autre, chacun est humain, chacun a son sens du mal, de l’outrance, de la violence grâce auxquelles ils survivent. On les découvre d’abord individuellement dans ces grandes landes marines du Nord, minuscules face à la mer, face au monde, et pourtant si accrochés à leur domination du microcosme. Ils n’ont de sens de la démesure que leur propre égo : là où les bourges semblent paralysés devant la moindre action, les paysans les découpent en morceaux et les mangent à table (métaphore de leur haine mortelle). D’un côté, des acteurs pros (Luchini, Binoche et Bruni-Tedeschi sont merveilleux), pâles, d’un blanc immaculé comme si rien ne les touchait, pas même la réalité, qu’ils méprisent et cachent sous des rituels de comédie ; de l’autre, les misérables (tous des acteurs amateurs), sales, aux faces bestiales, et au regard accusateur, tous désignés comme suspects de l’affaire… Cette cruauté de rendre les deux camps pathétiques, ignobles, excessifs, tarés par une réalité presque oppressante tant elle est figée dans un schéma immuable, n’apporte en effet rien d’autre qu’un pamphlet (grotesque, provocateur) où il n’y a aucune solution, aucune possibilité pour des gens diamétralement « contraires » de vivre ensemble, comme en témoignent les nombreuses scènes où le fameux choc des cultures s’oblige, par politesse forcée pour les riches, par dégoût immonde pour les pauvres. Jamais ils n’arrêtent leur guerre ridicule, au milieu de laquelle va pourtant se tisser un lien pacifiste, connecteur entre les deux camps, qui fournit un peu d’espoir dans ce film où le rire est souvent noir. L’amour entre Ma Loute, fils des Brufort, et Billie, fille androgyne des Van Peteghem, dont l’identité sexuelle et morale restent à désirer. Bien vite, ils incarnent le « bon côté » de l’humanité (h minuscule s’il vous plaît), parviennent à transgresser l’ordre des choses, jusqu’à revenir au point de départ : Ma Loute découvre que Billie est un garçon, il le rejette, le frappe, bannissant avec lui l’homosexualité et l’androgynie, tout comme le feraient ses parents. Elle revient chez ses parents, dans les bras de sa mère, dans ceux du confort, trop épuisée pour se battre. En effet, le combat est trop abstrait, foncièrement inutile, selon Dumont. Une pensée dont on se passerait bien en ces temps de tension. D’autant plus que Billie incarne aussi l’adolescent paumé, en pleine quête d’identité, comme nous sommes tous en quête de repères. Côté Van Peteghem donc, on s’amuse. On adore tous ces personnages fantasques autant qu’on les hait. Luchini et sa démarche de néo-Richard III, son flegme et son ton, ses gags, tout est hilarant, de ses efforts à couper une dinde à sa conduite du char à voile, où il fait un vol plané et en ressort intact, en pleine forme, prêt pour s’humilier davantage. « Il n’y a rien à craindre, enfin… Allons ! » Il n’exprime jamais aucun sentiment – c’est trop fatigant d’être sensible ! – tout comme le reste de ses confrères. De Binoche exubérante et délicieuse en bourgeoise odieuse et bornée, qui s’étonne, après avoir chanté sa passion pour les côtes du Nord, qu’on « la prenne pour une exaltée » à Bruni-Tedeschi, femme émotive et sage, qui tombe dans les pommes quand on parle de cadavre, et dont la parole demeure une action engagée (carrément !), ils peignent un portrait de la bourgeoisie grinçant, où tous sont flemmards, apeurés par la réalité, impassibles, sarcastiques, intolérants, soucieux de préserver leur sang. Leur violence contenue, qui ressort parfois dans des crises démentielles, aberrantes mais amusantes, leurs codes, leurs bonnes manières, leur unique foi envers Dieu (et pas l’humanité), tout est rasé, critiqué, détruit avec une malice et un profond dédain envers les défauts humains. Ca décape, ça fait rire, on n’oubliera certainement pas la séquence de la concession à la Vierge, où l’ordre religieux est aussi attaqué, plus comme des victimes de leur croyance que comme des prédateurs pervers (on n’est pas dans Tartuffe non plus). La famille Brufort, quant à elle, a un penchant plus prononcé dans l’humour noir. « Qui reveut des doigts de pied ? Personne ? Même pas le pouce ? » Ce sont tous des acteurs amateurs, de ce fait on comprend un mot sur trois à cause de leur patois et de leur accent, mais cela fait gagner au film un peu d’authenticité – qu’on se rassure, ils sont aussi excessifs que les autres. De base, ces personnages n’ont ni queue ni tête, ils avancent dans une histoire aléatoire et se grisent de leur propre absurdité. Dans ce monde, c’est normal d’être fou, mais c’est anormal de…voler ! Eh oui, le film se teinte d’une bonne dose de surréalisme, en faisant léviter Isabelle Van Peteghem face à la mer, et l’inspecteur Machin en dépit de son embonpoint prononcé. Le sens ? Chacun peut le définir : absurdité gratuite, paroxysme de la bêtise humaine, et même échappatoire à la réalité. En effet, les deux personnages qui volent sont les plus « lucides » (mot à prendre avec des pincettes ou un second degré) : ils ne collent donc pas au moule où sont imprimés leurs camarades, et fuient la « logique » du monde, avant d’être brutalement ramenés à terre : non, l’humain doit tout capter, tout comprendre, rien ne doit lui échapper. Au final, on a affaire à un film à dix degrés : on peut se régaler devant cette originalité, comme essayer de la décortiquer avec patience. Ce qui reste indiscutable en tout cas, c’est la réalisation. Les paysages sont magnifiques : les contemplations (les pauses au milieu de ce fracas bruyant et furieux) de la mer, sa sauvagerie, sa couleur presque noire ravagée par l’écume, les plages immaculées où la moindre personne paraît minuscule. Puis cette lumière aussi. Elle est unique, tantôt sombre tantôt claire, s’amusant à mélanger les deux aussi, avec ces contraste, cette sécheresse offerts par la région ; tout cela contribue à la mise en scène minutieuse de Bruno Dumont, où on sent qu’il maîtrise tout d’une main de maître, et se délecte de ses acteurs qu’il a dirigés comme des pantins, des marionnettes désarticulées par les bourrasques, au teint blanchâtre et cireux. Les pêcheurs inondés par tant de propreté, préfèrent la noirceur, la saleté. Chacun se complaît dans sa situation, ce qui détruit la potentielle possibilité qu’il y ait des méchants et des gentils. Même si Ma Loute est une fable, on ne retrouve au final rien de rassurant dans ce qu’elle analyse. Elle parle de la mégalomanie universelle de vouloir exister, alors qu’on se débat au milieu d’un tourbillon chaotique, pareils à des insectes. En fait, c’est beaucoup de bruit pour rien, la vie. Bruno Dumont semble dire que notre plus grand défaut à nous humains, a été de se catégoriser dans des cases spécifiques, car par ce moyen, on a avili le monde en tuant la solidarité. C’est amer comme vision, ça c’est sûr. On se rend compte en sortant de la salle que l’histoire est hideuse (et sans résolution d’ailleurs). Pourtant, tout est élégant.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 24 mai 2016
Du Nord, je pense que c'est film est une vraie réussite ! Le réalisateur, le même que le grand "P'tit quinquin" démontre, une nouvelle fois, que son univers est captivant. Ma loute est drôle mais aussi émouvant, finalement. Les acteurs, les amateurs et les autres, sont merveilleux. On passe deux heures avec le sourire. Jouissif. A voir, belle surprise, belle réalisation, beau projet. Hâte de voir les prochains...
Dom Domi
Dom Domi

54 abonnés 360 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 17 mai 2016
Ce film fait partie des films que je n'oublierais jamais. C'est un OCNI ( Objet Cinématographique Non Identifiable ). C'est ce qui qui fait sa force, son originalité, sa génialité. Si vous allez le voir, ce qu'il faut absolument faire, vous vous rendrez compte que vous n'en avez jamais vu des comme ça et peut-être que vous n'en reverrez jamais plus. Du loufoque, du baroque, des scènes et des acteurs venus d'ailleurs. Un très grand film fait pour vous bouger les neurones et les boyaux de la tête.
Allez-y sans a priori et sans avoir rien à perdre. Vous en serez surpris, ravis, souriants, interpellés, bref vous n'en sortirez pas idem.

dom

Ps: vivement le film " Ma Loute 2 , le retour ". Qui oserait imaginer une suite à ce spectacle ?
Rocla
Rocla

1 abonné 100 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 16 juin 2026
Ce film n'est absolument pas conventionnel. Il est très original, inattendu, dérangeant, et pourtant, il s'avère très attachant. Personne dans la salle, hier soir, n'est sorti avant la fin du défilement du nom des acteurs, techniciens, compositeurs, ce qui est un signe. L'histoire d'amour est époustouflante, dans des décors somptueux, et dans un contexte de pêcheurs passeurs anthropophages complètement singulier. L'enquête policière est un peu lourde, mais elle amène des gags et des situations cocasses. Le jeu des acteurs n'est pas parfait mais ce film est un ovni, très drôle, à mi chemin entre les productions de Jeunet (Delicatessen notamment) pour les prises de vues et le sordide, Tati (Playtime) pour certains gags, Green (Le fils de Joseph) pour l'audace vis à vis de la croyance religieuse, et le roman "Le monde selon Garp" d'Irving pour l'aspect truculent... On n'est pas loin du chef d'oeuvre. Le réalisateur en est tout à fait capable. C'est toujours agréable de découvrir des auteurs français de cette envergure !
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 30 mai 2016
Tout est important chez Dumont. On le savait rigoureux et pas très apte à être celui qui pourrait verser dans le sentimentalisme. C'est réussi encore une fois. Dans la création il est bon de se détacher de ses maîtres mais qu'est-ce qu'il est bon de pouvoir leur rendre un hommage libre! A Tati en premier pour l'importance à ce que l'on voit et entend... Pas besoin de décodeur pour l'accent car si l'on ne comprend pas ce n'est pas grave, dans la vraie vie on ne ferait pas mieux. Le burlesque vient aussi de là... A Scola avec son "Affreux sales et méchants" pour les rapports incestueux et les sales gueules! Et comment ne pas penser à Visconti avec son Mort à Venise... Pas si marrant finalement Ma Loute mais tellement décapant... Un certain déterminisme apparaît dans ce film, et je ne saurai dire s'il est dans la volonté de caricaturer les fondements du freudisme ou de les marquer d'une façon à ce que l'on puisse s'imaginer dans une société qui n'a encore jamais entendu parler de théories de la psychanalyse, ou si peu. Dans tous les cas c'est bien vu. C'est peut-être pour cela que Dumont voulait Luchini ... nous mettre sur une piste en la détournant dès le départ vers des contrées qui jonglent entre la parodie et la poésie. Il y a tant de choses à dire sur le choix des couleurs, le bleu des yeux par exemple, la profondeur de champs, de centrer le sujet au net, de faire de la photographie d'époque avec une chambre grand format! L'image à elle seule nous raconte une histoire. Bref vous l'aurez compris j'ai passé un excellent moment avec Ma Loute.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 26 mai 2016
Le film est déroutant et il ne plaira pas à tous! Malgré quelques gags qui tombent à plat, ce film loufoque est bien pensé, bien aidé par de belles performances de Luchini et d'acteurs amateurs. A voir pour l'originalité du film !
mat niro

462 abonnés 2 157 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 19 mai 2016
Ce film est réellement un "ovni cinématographique". On y retrouve une famille d'aristocrates de Tourcoing emmenée par un Fabrice Luchini complétement déjanté qui laisse libre court à sa douce folie. Bruno Dumont reprend ici l'esprit de "ptit Quinquin" mais pas avec la même réussite. Il y a de vrais bons moments de folie mais on se lasse un peu des frasques d'une Juliette Binoche toujours exaltée et un poil agaçante tout comme Valeria Bruni Tedeschi. A vouloir noter ce film que certains verront comme un chef d'oeuvre et d'autres comme un navet, j'ai tranché en choisissant de mettre la moyenne tout simplement.
Michel C.

369 abonnés 1 798 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 16 mai 2016
Malgré la stupéfaction de toute la salle (sinon je me poserais des questions !) et qu'il soit présenté à Cannes, je ne vois ni chef d’œuvre, ni avenir à cette réalisation -:( Si vous aimez la côte d'Opale et ses étendues de sables, ce sera la bonne raison d'y aller.... aussi pour la maison caractéristique "le Typhonium" assez surnaturelle !! J'avoue que la photo est excellente, mais scénario, dialogues, musique désolé du peu..... je ne peux m'exprimer en toute simplicité (alors qu'en sortie de salle, ça fusait assez bas...).. quel gâchis, bonjour tristesse, absurdité quand tu nous gagnes !!! **
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 16 mai 2016
Déroutant, absurde, magnifiquement joué ! À mourir de rire. À voir absolument !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
anonyme
Un visiteur
1,0
Publiée le 18 mai 2016
Très très mauvais. Y a-t-il plus consanguins que les Van Peteghem du film ? Oui : les critiques de cinéma, bobos cannois qui ont perdu la raison...
Forte envie de m'enfuir au bout d'une demi-heure. Seul le personnage fascinant de Billie (Raph) a maintenu un intérêt pour cet opus grotesque. Les acteurs ont-ils eu consigne de surjouer ? Ou, la bride sur le cou, s'en sont-ils donné à coeur joie dans des délires de gamins ? Dans les deux cas, le résultat est là : affligeant !
pierre72
pierre72

162 abonnés 367 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 14 mai 2016
"Ma loute" est bien ce qu'on en dit : une oeuvre comique ET burlesque, avec un zest de polar. Mais c'est aussi la quintessence du cinéma de Bruno Dumont, une réflexion sur la partition riche/pauvre, sur l'universalité et le mystère de l'amour, sur le cinéma d'aujourd'hui ( et d'hier), sur le regard, sur la lumière, sur la folie, sur la vie, sur la mort, sur la terre, sur... Bon, vous l'aurez compris on trouve tout chez Dumont et surtout dans son dernier film, mille feuilles gourmands et splendide, intrigant et poétique, violent et intello, simple et drôle. Il suffit de se laisser porter par ces images inspirées aussi bien par la peinture de Courbet, de Magritte ( et d'autres) que par la lumière des plages du Nord ( ah pardon, Hauts de France dorénavant ! ) et par la démesure d'un scénario qui ne s'interdit rien pour mieux atteindre l'universel. Le mélange de tronches du Nord et de stars fonctionne admirablement bien. L'ambiguïté ressentie dans " Le petit quinquin " quant à l'utilisation d'amateurs au physique atypique est ainsi gommée. Vedettes ou non, tout le monde est filmé avec le même regard, n'occultant aucun défaut ou s'en servant pour les sublimer. Le choc des cultures, des castes a lieu. Tous deux assez dégénérés ( consanguins pour les bourgeois/stars, cannibales pour les pauvres/amateurs), leur représentation va jusqu'au grotesque. Les non professionnels déploient une fraîcheur et un naturel ahurissants, les pros se défoncent dans un numéro affolant (mention pour Juliette Binoche qui lâche tout et nous emporte dans un sommet délirant rarement atteint par une comédienne de cette envergure). Et le film avance, parfois un peu lentement, mais allant crescendo dans cette folie bien plus organisée qu'il n'y paraît. Rien n'a été laissé au hasard. En plus de l'image hyper travaillée, le son prend une part importante dans la réussite de l'ensemble. De l'emploi très circonscrit de la musique aux bruitages des personnages ( oui Luchini se déplace tout le temps avec des bruits de vêtements trop amidonnés qui craquent et l'inspecteur Machin grince à qui mieux mieux ), tout concourt à nous étonner, nous faire rire, voire nous émouvoir ou nous faire frémir. Et dans toute cette débauche folle furieuse, les métaphores sont nombreuses pour qui veut les saisir mais pas indispensables pour celui qui veut seulement se laisser aller à un moment ludique et merveilleux.
Et puis, il y a Billie. Billie, c'est sans doute la figure centrale du film, celle qui essaie d'établir un pont entre les deux mondes. C'est la fille ou le garçon (on ne saura jamais) consanguin(e) des bourgeois qui tombe amoureuse de ma loute, le fils des prolos du coin. Leur passion symbolise l'attirance et la violence de ces deux univers opposés, contraires. Pour moi métaphore du cinéma de Mr Dumont, Billie, par son côté double, symbolise ce balancement entre tragique et comique, cette interrogation ( entre autre) sur le beau et le laid que le réalisateur nous propose depuis longtemps et qui nous trouble tant. Pour incarner cette figure singulière, le réalisateur révèle à l'écran Raph, véritable déflagration cinématographique, une apparition comme il en arrive peu dans une année. Aussi beau en fille que belle en garçon, son regard bleu et magnétique, sa voix grave et sensuelle, son physique de rêve quelque soit son genre, il, elle, offre une interprétation parfaite qui donne à penser que nous le, la, reverrons très vite. ( Oui, même sur le net, Raph garde son ambiguïté).
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fasskinder
fasskinder

33 abonnés 304 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 18 mai 2016
Au départ, la bande annonce ne m'avait donné aucune envie de voir ce film. Ensuite, je dois dire que c'est pas mal.... mais ça aurait pu être mieux ! ça aurait pu être un grand film... il faudrait couper 20 minutes de gags niveau école élémentaire et de surjeu des comédiens (notamment Binoche et Luchini qui se font plaisir) et s'interroger plus sur l'identité androgyne que sur les liens incestueux-clichés du nord... Un conseil donc : retour à la case montage, M Dumont !
Jean-Michel B.
Jean-Michel B.

10 abonnés 7 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 19 mai 2016
L'outrance comme substitut d'une absence de propos. Bruno Dumont fait marcher son cinéma en utilisant des recettes et des clichés. Consternant.
leoline
leoline

37 abonnés 93 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 14 mai 2016
C'est vrai on est dérouté en 30 secondes et on ne lâchera pas ce déroutement durant 2h02...(trop long aussi c est vrai)...MAIS... une performance cinématographique : belles photos musique d'opéra et personnages sortis d'un monde loufoque et baroque. Indescriptibles jeux des acteurs ou anti-jeux des acteurs. Performance des jeunes acteurs... ma préférence va à ma Loute et à la soubrette... Les stars sont bonnes mais surjouent trop souvent leur partition. Au final un film qui laissera une trace comme une pièce de Tchekhov ou mieux un tableau de Magritte animé... Surréalisme mélangé a l onirique au tragi-comique. Moi j ai aimé... Ne pas chercher a comparer car franchement ce film est singulier, unique et fou.
tixou0

783 abonnés 2 045 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 30 mai 2016
Dans la baie où se jette la Slack (Pas-de-Calais), sur la très photogénique Côte d'Opale, cet été-là (comme tous les autres, avant.. là, on est en 1910), le monde est binaire : d'un côté les habitués venant en villégiature, de riches bourgeois tourquennois pour nous, fin de race très caricaturaux (on se marie entre cousins, et tout le monde s'appelle "Van Peteghem"), et donc dramatiquement consanguins spoiler: (jusqu'à l'inceste)
, et de l'autre une tribu de pêcheurs et "passeurs" nécessiteux, tout aussi dégénérés, spoiler: appréciant la chair humaine - crue, c'est plus visuel.... attention, les âmes sensibles.... et plus goûtu sans doute
, les "Brufort". Entre les protagonistes, deux policiers calaisiens improbables, le bibendumesque "Machin" et son adjoint fluet et rouquin "Malfoy", mènent l'enquête sur plusieurs "disparitions inquiétantes" d'autres estivants. Avec une inefficacité remarquable.... Notons tout de suite ce qui est au positif : la photo de Guillaume Deffontaines (une splendeur - travail déjà admiré pour ma part dans le précédent opus de Bruno Dumont, "Camille Claudel - 1915"), l'utilisation opportune de la musique (post-romantique, d'une grande puissance lyrique) d'un compositeur belge méconnu, mort à 24 ans (en 1895), Guillaume Lekeu, et quelques numéros délirants de Mlle Binoche ("Aude van Peteghem"), en grande forme. Mais cette farce drolatique tombe à plat, hélas, au global, faute d'histoire digne de l'univers créé...... Et on souffre pour Luchini, dans l'outrance tournant à vide, en permanence ! Au fait, qu'a donc voulu faire BD ? Du simple burlesque, de l'"hénaurme" (à l'image du quasiment seul "suspense" qui s'installe vite : "Machin" va-t-il, ou non, rouler comme une barrique ?) Sauf à noter le renouvellement de l'imagerie, spoiler: quand il se met, après "Isabelle Van Peteghem", à léviter, à la fin...)
Ou ambitionnait-il une critique sociale, acerbe, à défaut d'être originale ? Sans oublier l'irruption du "genre", avec le mystère "Billy/ie" : essentiel, ou simplement anecdotique ?... En résumé : surtout de la forme, et peu de fond - convaincant, en tout cas !
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