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LeFilCine
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2,0
Publiée le 11 octobre 2015
Le film de Xavier Giannoli s’inspire très librement de la vie de Florence Foster Jenkins. Cette américaine avait pris l’habitude de chanter pour un cercle de proches. Ceux-ci ne lui ont jamais avoué qu’elle chantait complètement faux, jusqu’au jour où elle a effectué une représentation dans une salle avec un vrai public. Le réalisateur place son sujet dans les années 20 en France et donne à Catherine Frot le rôle principal de Marguerite Dumont, cette « artiste » à la voix défaillante. Une fois les personnages présentés, la situation à la fois comique et pathétique de la chanteuse nous laisse plein d’interrogations. Mais ensuite, assez vite, le récit tourne en rond sans jamais vraiment nous permettre de comprendre l’origine de tous les non-dits entre les protagonistes. Des personnages excentriques viennent s’immiscer dans la vie de la chanteuse, pour profiter de sa naïveté, voire la moquer. Mais à l’écran, cela s’avère bien peu intéressant. L’image toujours très sombre crée en plus une ambiance assez pesante et sinistre, alors que l’excentricité de la chanteuse aurait pu être présentée sous un jour plus joyeux. Le film ne fonctionne pas vraiment donc, même s’il y a bien quelques moments drôles et une jolie fin. A noter que la même histoire va être adaptée à Hollywood par Stephen Frears avec Meryl Streep et Hugh Grant dans les rôles principaux. Gageons que le réalisateur britannique saura être plus inspiré.
Grande bourgeoise fortunée et oisive, délaissée par son mari, Marguerite trouve son reflet et son alter ego dans chacune des grandes héroïnes d'opéra.Ainsi sa vie se peuple de décors et de costumes de tragédies dont elle se pare, et elle se lance dans le chant lyrique, seul propre à exprimer sa détresse. Son malheur se redouble ici à son insu:car si sa souffrance est vraie, sa voix est fausse.Sincère dans son identification aux chanteuses, Marguerite qui cherche dans l'attention du public celle qu'elle n'a pas eue de son époux volage et désargenté, n'entend pas le son de sa propre voix, est derechefmeurtrie par les réticences de son conjoint, mais persiste, jusqu'au concert final où elle va s'exposer au-delà de l'impossible, spoiler: ce qui se matérialise par la rupture de sa voix, et perte définitive de la réalité.
La bande-son de ce film est aux confins du supportable pour les mélomanes et/ou les musiciens. Pourtant la sympathie va vers Marguerite et non vers les philistins du bon goût et du musicalement correct.Héroïne de tragédie et non de vaudeville malgré les apparences, Marguerite apparaît dans sa pureté et la vérité de son lien à la musique et au chant. Cette libre adaptation d'une histoire vraie (!) m'a émue et atteint donc son but.
Sur la forme, c'est très bien fait : costumes, décors, photo... Les acteurs sont tous formidables, Catherine Frot en tête. Elle trouve là un de ses meilleurs rôles. Drôle, touchante, pathétique. Un beau portrait de femme mais la mise en scène de Xavier Giannoli reste à mon goût un peu trop sage et il manque un petit quelque chose pour en faire un grand film. Dommage. Meryl Streep devrait tenir le même rôle dans une version américaine de cette histoire vraie réalisée par Stephen Frears. Certainement tout autre chose...
" Marguerite" , le film français haut de gamme qui sort cette semaine est accompagné de tellement bonnes critiques que les spectateurs, déjà maintes fois échaudés par des sirènes menteuses, peuvent légitimement se poser la question sur la véracité de cette avalanche de compliments. Mis en avant par la promotion, le potentiel comique de cette richissime baronne éprise de bel canto qui donne des concerts d'une fausseté inouïe, cache en fait un film bien plus subtil que prévu. Le prétexte de nous faire rire aux dépends de la voix de cette pauvre femme tourne vite court, le film nous offrant tout d'abord une toile de fond riche, aussi bien en décors qu'en rappels historiques. Nous sommes juste après la grande guerre. Les bourgeois tout occupés en bonnes oeuvres côtoient pourtant quelques jeunes artistes aux idées neuves. Les dadaistes font exploser les bonnes manières dans leur coin, les années folles ne sont pas loin. Et au milieu de cette effervescence, notre Marguerite, sa voix de crécelle désaccordée et son argent en bandoulière, va pouvoir vivre une vie d'artiste lyrique. Abusée, leurrée par son entourage qui garde le silence pour ne pas perdre les profits qu'il retire de son absence de franchise, elle s'enfoncera dans une folie artistique. Cela aurait pu être drôle, c'est surtout aussi pathétique que touchant. Xavier Giannoli aime son personnage qui n'est finalement qu'une grande amoureuse déçue. Elle chante pour qu'on la regarde, qu'on l'aime. Ces cris de poulets qu'on étrangle qu'elle lance devant un public mi narquois, mi médusé, est sa seule façon de crier son amour à un mari qui la délaisse. Catherine Frot, comédienne aimée et bankable, porte le film sur ses épaules et donne une interprétation magistrale de cette femme blessée. Tour à tour naïve, enfantine, exaltée, elle nous touche constamment, donnant à son interprétation quelque chose d'inoubliable. Mais le film ne serait pas aussi réussi si autour d'elle, il n'y avait une pléiade d'acteurs tous plus justes les uns que les autres, de Michel Fau au cabotinage irrésistible à André Marcon, mari volage plus nuancé que prévu et au troublant Denis Mpunga, serviteur fidèle et aimant de Marguerite. Ce personnage est une formidable idée de mise en scène. Toujours présent, son oeil regarde et scrute les âmes, témoin amoureux et bienveillant des délires d'une femme, il donne au film toute sa portée symbolique. Par ces apports scénaristiques et de mise en scène, ce qui aurait pu être une comédie bien menée, clinquante et touchante, devient soudainement le reflet goguenard de notre propre réalité. Marguerite touchera le coeur des spectateurs car elle vit son rêve jusqu'au bout, défie la société, le supposé bon goût, fait éclater les conventions. La fin sur le blog
Film époustouflant par la beauté de la photographie et la mise en scène virtuose de Xavier Giannoli qui signe ici son meilleur film ainsi que probablement le plus beau film français de l'année. Catherine Frot est magistrale ainsi que les seconds rôles tous plus justes les uns que les autres.
j'ai adore ce film, la premiere scene ou chante catherine frot, j'ai eu un fou rire, les decors, l'ensemble des acteurs sont bien, catherine frot vraiment geniale, j'espere que ca vaudra des recompenses!
En 1920, à condition d'être fortunée, une femme peut rester persuadée avoir l'étoffe d'une grande cantatrice même en chantant abominablement faux. Si aucun moyen technique, pas plus qu'un entourage apitoyé, intéressé ou hypocrite, ou un mari quelque peu culpabilisé par son infidélité ne lui révèle la dure vérité. C'est le cas de Marguerite,. Fortunée, aimant la musique, elle chante souvent - faux - de grands airs d' opéras au cours de réceptions qu'elle donne en sa riche demeure devant des amis et connaissances qui se gardent bien de lui dire quoi que ce soit. Jusqu'au jour où elle s'avise d'aller plus loin et de se produire en public. Un film original, des moments savoureux, tour à tour touchants et ridicules. Une interprétation magistrale de Catherine Frot et de plusieurs seconds rôles dont celui du professeur de musique, très jubilatoire. Excellent film.
Le film brille dans ses détails, comme ce personnage noir ambigu joué par Denis M., le leitmotiv de la voiture qui tombe en panne toujours au même endroit ou ce poète foldingue qui s'invente un accent, évoquant les excès du mouvement dada, propre à l'époque de l'après-grande guerre. Film truculent, où se mélangent le plus beau (des voix admirables, des décors délicats) et le plus moche (le ténor déchu, l'hypocrisie de TOUS les personnages à l'endroit de Marguerite). Quant à Catherine Frot, la maitrise qu'elle a de ses personnages est telle qu'on ne dit plus "je vais voir le film sur cette femme qui chante comme une casserole" mais "je vais voir le dernier Frot". Bref, si vous voulez passer un bon moment, allez donc le voir, ce dernier Frot !
Après une très belle introduction de musiques admirablement interprétées nous faisons connaissance avec l'héroïne...Nous sentons le ridicule et le décalage, qui va s'accentuer tout au long du film jusqu'au drame. Les questions soulevées ne concernent pas que l'héroïne, elles concernent chacun de nous : nous connaissons nous nous-mêmes ? n'entretenons nous pas une image qui n'est pas notre vérité en profondeur? certaines personnes de notre entourage ne laissent- elles pas, par gentillesse, intérêt ou lâcheté des vérités non-dites ? Le film est bien mené, et ceux qui croient le cas exagéré pourront entendre sur Youtube la vraie Florence Foster Jenkins. Les seuls reproches que je ferais sont un peu de longueur et lourdeur vers la fin et sur les personnages secondaires, certains ont pour moi des mobiles peu compréhensibles...mais un peu de mystère n'est pas à rejeter.
Eh bien ! Pour ceux qui s'attendaient à une comédie dramatique en bonne et due forme, ils risquent d'être surpris ! D'ailleurs, c'est tout à l'honneur de Xavier Giannoli dont on retrouve ici les qualités : audacieux, original, élégant, capable de belles envolées et de nous emmener dans des directions totalement inattendues et souvent séduisantes, à quoi s'ajoute de nombreuses réflexions très diverses et souvent pertinentes sur l'humain, l'amour, l'art... Non, vraiment, voir un film français de cet acabit, c'est une vraie bonne nouvelle et un plaisir à bien des égards. Seulement voilà : j'ai beau reconnaître à l'œuvre beaucoup de talent, je ne m'y suis pas totalement retrouvé pour autant. Certaines scènes ont beau m'avoir plu, d'autres m'ont indifféré, leur cohérence avec l'ensemble m'ayant même paru parfois discutables. C'est un peu le problème avec les cinéastes qui tentent pleins de choses : difficile de toutes les faire fonctionner. Même constat pour les personnages : si certains sont marquants et très réussis (celui du mari et de Madelbos notamment), d'autres sont complètement à côté de la plaque : celui d'Atos m'a irrité quasiment en continu et m'a semblé parfois bien superficiel, et je ne parle même pas de celui d'Hazel, séduisant mais en définitive totalement inutile au récit : on a du mal à comprendre... Je ne peux pas dire que je me sois vraiment ennuyé (quoique), mais je ne peux vraiment pas dire que j'ai été captivé non plus. Reste que si je continue de penser que Giannoli a tenté beaucoup trop de choses en même temps ici (quelle ironie), voilà au moins un cinéaste ayant de la personnalité, cherchant à proposer quelque chose de nouveau à un public qu'il tient manifestement en haute estime : ne serait-ce que pour cela et une fin particulièrement inattendue et remarquablement construite, « Marguerite » peut valoir le coup d'œil.
Superbe réalisation haut de gamme, mise en scène particulièrement soignée, casting impeccable accompagnée d'une Catherine Frot dont ce film marquera clairement sa carrière. A l'instar de l'opéra, le film est découpé en actes, qui ne se résume qu'à un pâle clin d’œil. Le problème vient plutôt de la densité de l'intrigue : c'est long plus de deux heures pour arriver au dénouement tant attendu. L'intensité du regard de Marguerite Frot ne suffit pas à nous faire bailler de temps à autre.
un très bon drame historique tiré d'une histoire vraie dans les années 20 d'une chanteuse bourgeoise pris de passion de musique et d'opéra.mais qui chante archi- faux dont personne n'a jamais oser lui dire la vérité surtout ses proches sur ses faux airs de bonne chanteuse. une très bonne interprétation de "catherine frot" en fausse chanteuse qui joue divinement bien son rôle. tous les autres personnages aussi sont bien travaillés. un bon scénario,une bonne mise en scène, de bon acteurs et une bonne ambiance des années 20 esthétiquement. voilà un film à la fois drôle et émouvant.
Excellente interprétation de tout le casting. Mais c'est encore Catherine Frot qui brille, je pense qu'elle gagnera le César. On ne peut pas dire que ça bouge cependant, l'histoire vraie captive, car bien que chantant mal elle est d'une grande sincérité quant à l'intention. . spoiler: Elle fait une attaque cardiaque quand elle s'aperçoit qu'elle chante faux .