Frantz
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anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 12 septembre 2016
Allemagne, 1919.
Anna (Paule Beer, excellente) vit recluse depuis la mort de son fiancé, Frantz, chez les parents de ce dernier (tous deux convaincants de sincérité). Frantz est tombé comme tant d'autres sur le front de le Grande Guerre, à quelques mois de la fin de celle-ci. Il était Allemand.
Un jour,; en se rendant au cimetière, Anna découvre un jeune homme se recueillant et pleurant sur la tombe de Frantz.
Elle cherche à faire sa connaissance.
Il se présente au domicile familial. Il s'agit d’Adrien Rivoire (Pierre Niney, plein de justesse, comme d’habitude).
Il leur raconte alors que Frantz et lui étaient amis avant la guerre et, par ses récits, fait ainsi revivre la mémoire de Frantz dans le coeur de ses parents et d'Anna, qui se prennent d'affection pour Adrien, dans une Allemagne post-guerre où les Français ne sont pas les bienvenus.
Le sujet est maîtrisé par un cinéaste qui a déjà, et dans plusieurs registres, fait ses preuves. Cependant, il demeure encore trop de longueurs, trop de scènes qui n'en finissent pas et même certaines dont on peut s'interroger sur l'utilité quant à l'histoire contée.
On passe en alternance du noir et blanc - le plus souvent - à la couleur, lorsque les souvenirs ou les situations sont plus joyeux.
Un film sur l'amitié - mais laquelle ? - l'amour, la mort, la guerre - à ce sujet, le propos est parfois trop pacifiste à mon goût, il faut se méfier de juger les actes du passé avec le regard d’aujourd’hui, c'est souvent trompeur.
Malgré tout, un film que l'on a plaisir à suivre, notamment du fait du jeu impeccable des acteurs.
alpha-pixel
alpha-pixel

35 abonnés 41 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 12 septembre 2016
Au cinéma, la qualité du silence traduit souvent la valeur du film. Dans la grande salle obscure où j’étais, nous retenions notre respiration tant le film a du souffle. La grande Histoire et les insoupçonnables drames qu’elle peut engendrer sont dépeints avec tant de sensibilité, de finesse. Images « dé-peintes » en effet par le renoncement rapide à la couleur pour un superbe et signifiant noir et blanc : le noir des deuils de la guerre, le blanc des années du sursis avant l’inéluctable seconde guerre, nouvelle tuerie que tout annonce dans le film. Entre deux guerres donc, entre deux pays, entre deux familles. Entre des couples. Pour les jeunes l’époque est impitoyable. Même pour les rescapés des tranchées, car les blessures sont intérieures, terribles, lourdes de conséquences. Ainsi la férocité militaire mène droit à la culpabilité, et la culpabilité ronge et engage au mensonge. Tout dans le film amène au mensonge : la compassion, la revanche, l’effroi, l’amour, le suicide, le pardon… Certes non, le film n’est pas un mélo, tant les situations et les sentiments sont complexes, plongés dans l’Histoire, à cent lieues du grandiloquent et de l’outrance. Tout est dit dans un détail visuel, un plan rapide, un regard, en restant loin du discours assené et lénifiant. Certains propos sont d’une force et d’une subtilité telles qu’on aurait envie de vite les réécouter pour les apprendre. Deux heures d’émotion et de jouissance intellectuelle, comme dans un grand roman. Là, le cinéma se hisse au niveau de la littérature. Ajoutons un beau jeu d’acteurs, une langue harmonieuse, des reconstitutions soignées sans trop en faire… Un chef-d’œuvre.
sylvie J.
sylvie J.

3 abonnés 61 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 septembre 2016
Bravoooo !! Très joli travail sur le noir et contre plongée et la couleur! Actrice allemande magnifique
Personnellement je trouve juste que Pierre Nimey n'a pas une palette d'expression très fournie
Bon film
leoline
leoline

37 abonnés 93 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 11 septembre 2016
Voila la parfaite alchimie d'un film réussi de bout en bout. Acteurs, couleurs, langues, culture ou tout passe de l'un a l'autre avec délicatesse, subtilité, sur un fond politico-social lourd et sépia de la grande guerre. Le sujet est difficile, déroutant, rebondissant ,déconcertant. Film chronique où pour une fois les clichés franco-allemands sont évités même si les tensions de l époque sont bien là. Reconstitution parfaite sans excès de recherche de l absolu... tout se déroule en 1h52 (encore 15 minutes de trop) avec une performance du jeu de tous les acteurs... Au fait est ce un film français ou allemand ? laissez vous bercer par la lente et surprenante mélopée d'un désamour toujours recommencé entre ces deux pays. Magnifique.
benoitG80

3 590 abonnés 1 464 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 11 septembre 2016
"Frantz" prouve bien qu'on ne sait jamais où attendre François Ozon...
Après "Une nouvelle amie" plutôt déstabilisant, le cinéaste étonne cette fois par son choix sage et rassurant de s'inspirer du film de Ernst Lubitsch ,"Broken Lullaby" de 1932.
Ce dernier avait eu une grande résonance par rapport à la proximité du conflit mondial et surtout par rapport à la découverte et à l'étude du syndrome du traumatisme de guerre.
Ce qui n'empêche pas pour autant en 2016, de découvrir un cinéma intéressant, rien que par cette histoire elle-même, où le besoin de pardon et ce qu'il engendre, devient à lui seul la grande affaire pour continuer à vivre !
Il est maintenant difficile d'entrer dans les détails de cette relation qui noue Adrien et Anna sous peine d'en révéler le moindre indice quant à leurs réelles attentes respectives, mais ce qui saute aux yeux, c'est sans doute un aspect trop lisse et distancié qu'ont les deux acteurs, pourtant chacun traumatisé à leur façon par la disparition de Frantz, ami proche pour l'un et fiancé pour l'autre...
François Ozon joue cependant avec un grand tact sur le décalage des sentiments de ces deux personnages, mais surtout sur le mensonge et sa justification, et à ce niveau quelques scènes nous interpellent franchement.
C'est sans doute ce point essentiel qui est le pivot du film, sur ce que l'effet d'un témoignage aussi romancé et inventé soit-il, peut apporter en tant qu'ouverture et bien être à ceux qui restent...
Les parents de Frantz ont justement à cet égard, une part importante dans le récit par l'aspect humain et sincère qu'ils dégagent à eux deux, ce qui manque justement à Adrien/Pierre Niney et à Anna/Paula Beer, trop en retrait, et qu'on aurait aimé plus fougueux, plus vrais dans leur ressenti !
L'émotion arrive cependant dans une deuxième partie, où les retrouvailles en France permettent quelques moments enfin plus intenses et plus justes !
Au fond, François Ozon, en partant du traumatisme de guerre et du deuil, glisse doucement vers une romance un peu trop rangée et stylisée, qui se réveille un peu de temps à autre !
À ce niveau, l'utilisation du noir et blanc évoquant le passé et la mort, qui alterne avec la couleur et le goût de vivre, ne sont pas d'une grande subtilité et ce procédé artificiel étonne quelque peu également.
Et donc en conclusion, le sentiment d'avoir enfermé cette réalisation dans une forme étudiée, très léchée pour laisser le fond au stade d'ébauche.
Un film dont l'ambition et les idées semblaient pourtant promettre, qui ne démérite pas non plus mais auquel il manque la touche forte, ultime et attendue pour nous surprendre et adhérer complètement.
Michel C.

369 abonnés 1 798 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 12 septembre 2016
J'attendais ce "F. Ozon" avec envie et curiosité. Avant toute chose, c'est un travail formidable des deux acteurs Pierre Niney et Paula Beer, dont on reparlera, tellement elle est prometteuse !! Les scènes de "train" sont très réussies, mais c'est surtout le savoir faire du réalisateur pour nous donner l'illusion, que l'on "entre" dans la tête d'Anna, qui met en lumière ses sentiments, ses doutes et ses espoirs, et qui dans son parcours émouvant crève l'écran davantage finalement qu' Adrien (P Niney). Un des meilleurs "F. Ozon", le meilleur surement, avec une scène finale qui rappellera quelques souvenirs... - Excellent !! **
Dom Domi
Dom Domi

54 abonnés 360 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 11 septembre 2016
Très beau film, très intelligemment réalisé.

L'Histoire franco-allemande est jonchée de cadavres, par millions.
Dans ce film, le spectateur est " positionné " dans un certain moment de cette histoire traumatique, juste après la guerre de 14-18.
Chacun des deux pays et des deux peuples se débat dans le deuil de ses morts respectifs. Des millions de jeunes hommes ont péris dans des conditions horribles, sans compter le nombre de blessés par milliers qui ont eu plus de " chance " que les autres.
Et toute l'intelligence de ce film est là, au travers de deux personnages qui partagent le même deuil.
La mort de Frantz.
Frantz est mort dans une des nombreuses tranchées qui séparaient les territoires, et Anna, son amie allemande fleurie une tombe symbolique, tandis qu'Adrien, ancien soldat français, vient y déposer des fleurs en son souvenir.
Chacun des deux est en deuil. Chacun des deux éprouve une tristesse telle qu'elle leur donne l'envie de " l'égoïsme " du suicide.
Ces envies de suicide mettent en évidence le " suicide collectif " guerrier qui s'impose dans les têtes des habitants de ces deux pays et frappe l'Europe de cette époque-là. Suicide collectif qui pousse des pères à envoyer leurs enfants dans la vague exterminatrice qui ne laisse que peu de chance de retour possible.
Il y est question, aussi, du mensonge et des non-dits. Ceux-là même qui permettent de refaire " l'histoire " pour la rendre acceptable par la communauté, parce que la vérité est tellement cruelle qu'elle fixe une limite difficile à franchir.

Ainsi, Frantz devient le symbole de ce qui rapprochera et ce qui divisera les deux personnages.
Tout comme la haine et le ressentiment diviseront pendant encore longtemps les deux peuples.
Ce film se veut pacifiste mais lucide. D'autant plus que chacun de nous sait, en regardant ce film, que cette histoire franco-allemande fera encore des millions de morts quelques années plus tard, avec une dimension encore plus dramatique car elle sera portée par l'idéologie nazie.

L'histoire ne peut pas se terminer par le rapprochement amoureux des deux personnages principaux car se serait oublier la dureté de l'Histoire et des années noires à venir.
Il faudra beaucoup de temps et la construction d'une entité européenne pour que ce rapprochement du couple franco-allemand soit rendu crédible et espérons-le, irréversible.
Pourtant Anna, tout en laissant planer le mensonge dans les lettres qu'elle fera parvenir à ses parents sur sa vie en France, restera en France, pour y faire sa vie.
Et la couleur donnera aux dernières images l'idée que notre relation avec l’Allemagne finira par s'apaiser et que l'instinct de vie l'emportera sur la mort, la haine, et la logique qui pousse au suicide.

Un très grand film, à voir, absolument.

dom
Laurent C.
Laurent C.

294 abonnés 1 133 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 septembre 2016
"Frantz" est en soi une grande nouvelle dans le monde du cinéma, à savoir le retour de François Ozon, qui après quelques années d'égarement dans un cinéma fantasque, désinvolte, revient à ses œuvres de début où, au-delà de la mise en scène toujours très soignée, brillent d'un bout à l'autre du film, le non-dit et le mystère. Naturellement, on pense au fameux "Sous le Sable" qui cultivait, derrière un récit du deuil, l'ambivalence de la mort et de la disparition. "Frantz" se situe jusque après la guerre de 14-18. On a oublié que derrière la grande Histoire, se cachent des douleurs familiales, des séparations insupportables, et c'est ce que François Ozon engage dans ce récit. Car "Frantz" est d'abord l'histoire d'une déchirure, finalement peu important la nature même de cette fracture dans le cœur d'Anna ou d'Adrien. Si le réalisateur s'amuse à brouiller les pistes, jouant d'ailleurs avec brio avec le passage du noir et blanc à la couleur comme pour mieux dire l'ambiguïté des relations humaines, il n'en demeure pas moins que c'est un film à multiple facettes. Le spectateur peut se contenter de suivre le récit comme il se déroule, sans y voir une prétendue ambivalence amoureuse, ou au contraire, il peut se perdre avec Ozon dans ces détails dont on n'a jamais véritablement la clé comme la passion que voue ce Frantz à Verlaine, les roses que lui dépose Adrien, et les sourires des protagonistes qui semblent savoir bien des choses sur lui. De facture plus classique que les œuvres précédentes, le film fait montre d'une photographie et d'une lumière impeccables. La direction des acteurs est parfaite, et les deux acteurs principaux, Niney et Beer s'adonnent à ce récit avec grâce et dévotion. D'ailleurs, ce film signe le retour sur les écrans d'un grand acteur, Pierre Niney, qui, depuis qu'il a quitté la comédie française, se perdait dans des œuvres mineures et sans grande envergure à part peut-être Yves Saint Laurent. "Frantz" est une œuvre totalement inspirée où la patte d'un Françoise Truffaut est lisible dans un grand nombre de plans. C'est un cinéma de la douceur, de la douleur aussi, parfaitement mis en scène, qui parle d'amour déçu, souvent impossible, et comme dirait Verlaine, "Tout ce qui m'est cher / D'une aile d'effroi / Mon amour le couve au ras des flots. Pourquoi, pourquoi ?"
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 11 septembre 2016
C'est un superbe film! Les images sont magnifiques et l'histoire vraiment émouvante. Le jeu des acteurs est excellent, mention spéciale à Paula Beer.
laurence l
laurence l

169 abonnés 1 151 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 septembre 2016
Très belle histoire bien adaptée par Mr Ozon, beaucoup de délicatesse et de très belles images qui relate une histoire lourde mais magnifique
norman06

425 abonnés 1 823 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 10 septembre 2016
Beau mélodrame épuré et sobre, dans la lignée du Ozon sombre de "Sous le sable". Les références à Hitchcock ou Sirk n'écrasent pas le film, modèle de narration et admirablement interprété.
titicaca120

432 abonnés 2 179 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 10 septembre 2016
un film somptueux dans l'Allemagne de fin de première guerre mondiale.
le réalisateur alterne le noir et blanc et la couleur et le scénario
est bien ficelé.
les acteurs sont tous magnifiques de justesse.
un pur régal que ce film.
dgedge1
dgedge1

15 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 10 septembre 2016
Film assez sombre et dur mais avec de très beaux moments, une belle morale, un excellent jeu d'acteurs.
Le noir et blanc et l'allemand apportent beaucoup et ne doivent surtout pas rebuter. Le passage du noir et blanc à la couleur est très intéressant. De très beaux décors également.
La jeune actrice allemande est magnifique et parfaite dans ce rôle.
Bravo
traversay1

4 482 abonnés 5 353 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 septembre 2016
Broken Lullaby est un mélodrame sublime de Lubitsch (1932) qui fut un de ses échecs commerciaux les plus noirs. Frantz reprend son idée initiale avant d'explorer d'autres voies. La toile de fond en est un petit village d'Allemagne, un an après la fin de la première guerre mondiale. Chronique d'un désastre dans les têtes et dans les coeurs, où l'on ne finit pas de pleurer, qui un fils, qui un fiancé ... La rencontre d'un soldat français et d'une jeune allemande permet à Ozon d'illustrer ce gâchis, en confrontant les souffrances, de l'âme et du corps, mais surtout d'envisager une relation au destin incertain. Film sur le mensonge, le pardon et l'instinct de survie, Frantz entremêle les fils d'un drame en suspension qui offre la même beauté mortifère dispensée par le tableau de Manet "Le suicidé" que l'on voit à plusieurs reprises dans le film. Pierre Niney épouse avec talent les vibrations de l'homme blessé. Mais une fois de plus, c'est le personnage de femme qui intéresse Ozon. Complexe, intense, fragile : il est joué à la perfection par Paula Beer, révélation majuscule. Le ton volontiers ludique, provocant et ironique du cinéaste n'est ici pas de mise. Dans un noir et blanc somptueux, sa mise en scène classique, enveloppe les scènes et garde une certaine distance. Ce qui n'empêche pas les émotions d'affleurer grâce à ses interprètes. Frantz fait montre d'une maîtrise totale dans cette observation de vies anesthésiées par le malheur et dans l'illusion d'une renaissance. Ce n'est pas d'une gaieté folle mais c'est incroyablement beau et douloureux.
Renzo S
Renzo S

2 abonnés 9 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 septembre 2016
François Ozon signe là un film remarquable traversé de part en part par ce magnifique personnage d'Anna auquel Paula Beer prête une vie extrême (les autres rôles ne sont pas en reste) ! Tout est à l'avenant, d'une grande délicatesse et retenue.
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