Certaines Femmes
Note moyenne
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gimliamideselfes

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4,0
Publiée le 22 décembre 2021
Certaines femmes raconte l'histoire de quatre femmes, dans trois histoires différentes (oui c'est contre-intuitif) dans une ville paumée du Montana. On change de décor, pour une fois il n'est pas question de l'Oregon, état américain omniprésent dans la filmographie de Reichardt. Mais la forêt laisse place à un environnement non moins splendide. Il faut dire qu'elle a le chic pour réussir à mettre en valeur ses décors naturels avec une photographie magnifique, mais sans être tape à l’œil.

Encore une fois, on retrouve l'une des plus grandes qualités de son cinéma, à savoir le calme. La première histoire parle d'un type qui a tout perdu et qui pète un câble et se retrouve à prendre des otages. Je crois que je n'ai jamais et que je ne reverrai jamais plus une prise d'otage aussi calme. Ce n'est pas qu'il n'y a pas d'enjeux, que tout ça ne peut pas rapidement dégénérer, on sait que ce type est à bout, mais on évite l'écueil des scènes où l'on se hurle dessus au lieu de se parler, tout en faisant une proposition esthétique des plus originales et bienvenues.

Il faut saluer la direction d'acteur, qui participe clairement à cette ambiance calme et posée, malgré la gravité de ce peut être en train de se passer. D'ailleurs il faut noter que rarement Kristen Stewart aura été aussi juste. On sent qu'elle est fatiguée, que ça va pas, que son corps va lâcher, qu'elle ne croit pas en ce qu'elle fait et elle est vraiment touchante. Et c'est vrai de manière générale pour tous les acteurs, on croit vraiment dans leur personnage. Laura Dern et son pull couleur taupe (ou pas), son regard gêné, ne sachant plus quoi faire pour aider son client et qui en même temps a juste envie qu'il lui fiche un peu la paix, elle est absolument fabuleuse. On sent rien qu'en la voyant qu'elle n'est pas un personnage unidimensionnel et ça passe par des détails, des petites phrases, qui tout de suite viennent apporter de la crédibilité.

Vraiment, même s'il ne se passe quasiment rien de tout le film (à part cette prise d'otage au début), c'est un réel plaisir de les voir évoluer à l'écran, faire leurs petites affaires, avec tout ce que ça comprend de terrible, mais également de beau. Ce petit vieux qui ne salue pas Michelle Williams en retour, c'est terrible, ça fend le cœur.

Le cinéma de Reichardt c'est ça, capter les petits riens qui disent tout... ça donne toute la saveur à ces tranches de vie de femmes, seules et un peu perdues. On est loin d'un film féministe militant qui hurlerait son message pour bien se faire voir. Ici, la réelle révolution c'est de s’intéresser de faire s'intéresser à ces femmes très différentes les unes des autres. Des femmes différentes par leur classe sociale, par leur mode de vie, leur métier, leur but dans la vie, mais qui ont cette amère solitude en commun. J'aime beaucoup le personnage de Michelle Williams pour ça, alors que c'est sans doute le plus antipathique du lot, elle a beau avoir une fille, un mari, elle ne peut compter que sur elle, son mec est incapable de vraiment l'aider.

Donc forcément, lorsqu'enfin un personnage semble éprouver de l'affection pour un autre, même si la relation est étrange asymétrique, on a envie que cette relation puisse évoluer, aussi bizarre fusse-t-elle.

Sans intrigue, mais pas sans émotions, Certaines femmes est un vrai beau film. Peut-être pas le meilleur de son auteur... mais un beau film malgré tout.
Allo Ciné
Allo Ciné

31 abonnés 10 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 17 mai 2021
Certaines femmes n'est pas en soi un mauvais film. Il traite en effet d'une manière intéressante l'ennui et la solitude des gens, dans des paysages quasiment lunaires. Le film donne donc un point de vue assez unique sur l'Amérique profonde, allant à l'encontre de la plupart des clichés que l'ont reçoit. Cependant, il entre un peu trop dans son propre jeu, à filmer le vide, ce qui le rend certaines fois ennuyant et quasiment inintéressant. Ce concept de destins entremêlés assez sympathique mais maintes fois utilisé au cinéma, ouvre ici la voie à des opportunités malheureusement jamais exploitées. C'est donc un bilan assez mitigé, avec de belles idées mais pas toujours bien transcrites à l'écran. On note cependant des actrices qui entrent bien dans leur rôle rendant le film plus attrayant.
Y Leca
Y Leca

46 abonnés 1 174 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 5 mars 2021
3 tranches de vie féminines sur les thèmes de l'obstination et de la solitude. Lent et contemplatif sur les paysages du Montana souvent vus à travers les vitres d'une voiture. Il ne se passe pas grand chose. Le 3e sketch est le meilleur avec ses non-dits.
bobmorane63
bobmorane63

246 abonnés 2 212 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 mars 2021
C'est le premier long métrage que je découvre de la cinéaste Kelly Reichardt, du cinéma indépendant Américain montrant le portrait de quelques femmes dans les environs et les montagnes de l'état du Montana !! Une avocate défendant un homme qui commettra une prise d'otages, un couple qui veulent construire une maison avec des pierres venant d'un terrain d'un vieillard et une éleveuse de chevaux qui sympathise avec une jeune professeur de droit faisant 4 heures de route pour animer le cours chaque soir dans un Fast Food, des histoires qui n'ont peut ètre pas leurs places dans le cinéma Américain filmé et raconté ici avec simplicités. Je trouvais bizarre au début avec un rythme lent mais en avançant, j'ai été transporté. Très peu de musique, "Certaines femmes" est pour beaucoup dans l'interprétation des comédiens avec en tète d'affiche Laura Dern, Michelle Williams ou Kristen Stewart. La façon aussi de filmer le Montana comme décors est magnifique. On aime ou pas , je suis de la première catégorie.
Eva G
Eva G

4 abonnés 62 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 25 février 2020
Au coeur d'une Amérique profonde, Kelly Reichart nous expose les portraits de femmes désappointées chacune à leur manière. Entre une avocate n'arrivant pas à gérer son client, une femme cherchant à construire une maison authentique, une autre avocate souhaitant s'extraire de la lignée familiale à tout prix, et une femme désespérément solitaire, chacune nous met dans un sentiment de détresse et de douleur.
Et toute la réussite de ce film réside justement dans le dépassement de l'ennui pour donner accès à une réflexion plus poussée : pourquoi l'exposition de ces portraits nous amène à ce sentiment ? Sont-elles réellement désabusées ou ne sommes-nous pas face à la réalité de cette société découragée et abattue ?
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 18 juillet 2018
« Certaines femmes » : film tiré de nouvelles écrites par une femme, film réalisé par une femme et au casting essentiellement féminin. Cela ne signifie pas pour autant que c’est un film féministe. C’est un film qui parle de la condition humaine tout simplement. Quelle tristesse que ce film ! Un film déprimant. Déjà le Montana, l’Amérique profonde sous la neige, au coeur de l’hiver. Ne comptez pas sur moi pour m’épanouir devant ces paysages. Je hais le froid. Aucun paysage en hiver ne trouvera grâce à mes yeux ! L’hiver participe à la déprime, à la mauvaise humeur, à l’injustice, à la solitude. La solitude, voilà le thème central commun aux quatre femmes portraiturées par la réalisatrice Kelly Reichardt. Quelle tristesse. D’aucuns diront tranches de vie insignifiantes. Tranches de vie tout bonnement. Toutes les vies ne sont pas palpitantes. Toutes s’efforcent d’accomplir leur chemin, inévitablement. Autre thème marquant : l’amour. C’est une conséquence directe de la solitude. Vivre seule et sans amour. Déprimant ! Film au dialogue minimaliste ; comme leur vie : minimaliste ! Minuscule. Petite vie. Pas grand-chose à raconter et c’est pourquoi le film prend son temps. Peu de dialogue, alors on passe par les regards, les silences qui s’expriment par les regards justement. Dit comme ça, ça pourrait en décourager plus d’un et bien au contraire, le récit de ces quatre femmes est limpide et aussi étrange que cela puisse paraître, on ne voit pas le temps passé alors qu’il s’étire dans ce Montana hivernal, alors qu’il s’étire dans la solitude de ces femmes. Quatre femmes, quatre actrices à l’interprétation juste. Avec une mention toute particulière à Lily Gladstone. Tout le casting est à saluer, acteurs compris. A voir et à découvrir en V.O.
Caine78

7 757 abonnés 7 399 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 24 juin 2018
Kelly Reichardt est dotée d'une excellente réputation, je n'avais pourtant jamais vu un film d'elle jusque-ici : une forme de réticence pas forcément justifiée, sans doute liée au regard assez « social » qu'elle porte régulièrement (non pas que ce soit un défaut, cela dit!). Et en découvrant « Certaines femmes », j'ai très rapidement compris pourquoi son cinéma ne m'avait jamais attiré. Alors attention : cela ne veut pas dire que c'est mauvais ou que la réalisatrice n'a rien à dire. Le regard sur les femmes et la société américaine est assez juste, le casting homogène et très cohérent (Laura Dern, Kristen Stewart et la révélation Lily Gladstone, excellente), le discours sur la solitude, la complexe question des relations humaines, de l'amitié voire de la différence sociale étant abordés avec justesse et pertinence. Mais bon... Sur 105 minutes, cela est très loin de suffire pour me captiver. Entremêler les récits afin d'éviter la linéarité, je comprends. Sauf que s'ils sont étirés au possible et inutilement longs voire sans grand intérêt (celui avec Michelle Williams en premier lieu!), l'intérêt reste limité, d'autant qu'on se demande constamment quel est le lien entre ces différentes héroïnes, pour finalement avoir une pauvre réponse en toute fin de récit : guère convaincant. Sans parler de certaines plans voire scènes proche d'une caricature de film d'auteur avec plan fixe et « action » (vu qu'en réalisé il ne se passe rien), dont le plan final est à ce titre un modèle du genre. Tout n'est vraiment pas à jeter, donc, mais cela n'excuse pas l'ennui. Et s'il y a quelque chose que je retiendrais en premier lieu, c'est bien ça : l'ennui. Dommage, ce projet « féministe » avait quelques beaux arguments à faire valoir.
Serge_la
Serge_la

11 abonnés 815 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 12 juin 2018
Des femmes indépendantes comme ça, il y en a à la pelle au Canada, surtout au Canada français. Les femmes dépendantes sont rares. Voyez les films canadiens-français. Alors ce film est devenu très plate après le premier segment avec Laura Dern. Et je lui ai donné une étoile de plus à cause du jeu de qualité.
DAVID MOREAU
DAVID MOREAU

160 abonnés 2 375 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 13 mars 2018
Parfum de Femmes. Autant le dire de suite, certaines femmes n'intéressera que certains spectateurs, c'est une certitude. Un certain regard sur le Montana, terre d'accueil et passage obligé de la solitude et la monotonie de 4 femmes. Le silence et dort. Reflet sans conviction de l'inspiration d'une femme Kelly Reichardt . C'est la saison du train qui passe et de la vie qui trépasse. Ni passionnant, ni enrichissant. L'univers est un mystère, les femmes sont sur terre.
BigDino
BigDino

9 abonnés 473 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 11 février 2018
L'un des meilleurs films de l'année, tout en retenue et délicatesse, Certaines femmes impose son rythme et son naturalisme sans effet de manche.
Jonathan M
Jonathan M

163 abonnés 1 528 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 3 février 2018
Comme souvent dans ses histoires à pastiche, on se prête vite au jeu de quelle trajectoire à retenue le plus mon attention. 3 petits courts imbriqués sur le thème central de la capacité de résilience au féminin. Et pour ma part le choix est fait : la partition de Laura Dern est un cran au-dessus de toute les autres. Dans ce personnage d'avocate qui lutte contre la persévérance d'un client un tantinet relou, j'aurais pu suivre l'américaine pendant 1H30. Attachante, désabusée à la "Blue Jasmine" de Woody Allen, un mélo dramatique se tramait par là. Mais la cinéaste en a voulu autrement. Tous les autres portraits affaiblissent le film, et l'histoire reste au final très linéaire.
Reverdy
Reverdy

25 abonnés 92 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 30 janvier 2018
Trois histoires, quatre portraits de femmes, qui sont liées par un détail le plus souvent : voilà la structure du film, par ailleurs contemplatif, épuré, qui ose des silences, et la lenteur. La dernière nouvelles est la plus bouleversante à mon sens. Une poésie se dégage de ces histoires un peu en dehors du temps, même si des traces de la modernité sont palpables. Un voyage sur un cheval dans la dernière histoire est un pur moment de grâce, ce n'est pas le seul moment du film touché par la grâce. Les quatre actrices sont extraordinaires, et plus particulièrement Lily Gladstone, touchante, juste.
mondidi
mondidi

2 abonnés 56 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 29 janvier 2018
Ce film est une merveille absolue, venez découvrir des moments de la vie de 4 femmes dans le décor somptueux du Montana et vous en ressortirez meilleur. On pense évidement aux nouvelles de Raymond Carver. Plein de moments chargés d'émotion pure. Le cinéma américain n'est pas mort, il y a un cinéma indépendant qui nous pond de tel film, ainsi que "The ghost story" ou "florida project" sortie récemment qui nous on régalés
Christoblog

920 abonnés 1 799 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 29 janvier 2018
Le problème que j'ai avec le cinéma de Kelly Reichardt, c'est que je n'en perçois pas les intentions.

Quel intérêt de voir Michelle Williams se promener dans les bois, faire des sandwichs et boire du vin pendant que son mari regarde du sport à la télé ?

S'il s'agit de montrer sa tristesse ou de matérialiser sa solitude, alors le film est un grand pléonasme, tant la façon qu'à Reichardt de filmer (pas de musique, une image terne et sombre, des scènes qui s'étirent) souligne les thèmes abordés (incommunicabilité, solitude). La réalisatrice filme de façon dépressive et minimaliste des situations déprimantes.

Il est intéressant de comparer ce film à Moonlight. Les deux films partagent en effet un certain nombre d'éléments communs : ils sont constitués de trois parties distinctes, abordant chacune une thématique différente, et mettent tous deux en scène des personnages en difficulté dans leur relation aux autres. Alors que Moonlight est porté par une foi dans le cinéma qui lui permet de donner de sublimes plans presque joyeux dans la façon dont il sont conçus, Certaines femmes ajoute de l'ennui à l'ennui, et de la tristesse à la tristesse.

Vingt-quatre heures après l'avoir vu, il faut tout de même que je reconnaisse que certains moments laissent une empreinte profonde : la scène du cheval dans la troisième partie par exemple. Ces quelques séquences ne rendent pas le film passionnant, mais juste intéressant.
 Kurosawa

674 abonnés 1 509 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 novembre 2017
Construit en trois parties mais doté d'une mise en scène cohérente, "Certaines femmes" fait preuve d'un art du portrait à la fois général et minutieux en inscrivant ses personnages dans leur rapport au travail, à l'amour et à leur famille tout en dévoilant leur intériorité. Kelly Reichardt, dont le calme tenu force l'admiration, fait donc joindre la condition de ces femmes – isolées, résignées, déçues – à un sentiment de solitude infinie, qui finit par devenir bouleversant dans un ultime segment où se joue une relation sensible puis impossible entre deux femmes qui s'attirent et deux interprètes que tout oppose. Il est très étrange de voir se nouer une amitié entre Jamie et Beth alors que les deux actrices qui les incarnent n'ont rien en commun : impossible, en effet, de rapprocher Lily Gladstone, actrice discrète aux origines indiennes, à Kristen Stewart, star internationale devenue célèbre grâce à "Twilight". L'émotion qui finit par nous gagner lors d'un plan-séquence déjà inoubliable, où le visage de Gladstone est filmé pendant plus d'une minute, provient du fait que ce curieux rapprochement avait pris sens et que sa cassure irrémédiable n'est due qu'à l'écart sentimental qui habite les deux personnages. La solitude de Jamie tient dans un rapport amoureux et dans sa condition même de "native american" alors que celle de Laura (Laura Dern) réside plutôt dans le manque de persuasion professionnelle du fait d'être une femme; quant à Gina (Michelle Williams), elle est isolée par sa fille et son mari, qui ne la soutient pas au moment où elle doit convaincre un propriétaire de lui céder un tas de pierres locales pour construire sa maison. Mais sur ce point, Reichardt est loin de soutenir son personnage; au contraire, elle va dans le sens du mari qui comprend mieux le déchirement que causerait au vieil homme la vente de son grès. S'il y a féminisme à l'oeuvre dans "Certaines femmes", cela ne signifie pas que la cinéaste prend constamment la défense des femmes mais qu'elle les filme entièrement, qu'elle s'attache à leur courage, leur sensibilité mais aussi à leur égoïsme, toutes les composantes qui tendent à les faire exister, à les rendre singulières.
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