Maman a tort
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Caine78

7 756 abonnés 7 399 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 4 juin 2018
J'aime beaucoup Marc Fitoussi, mais cela fait deux films qu'il me laisse plus ou moins sur ma faim. Sur un sujet aussi prometteur que séduisant (une adolescente découvre le monde de l'entreprise et la « face cachée ») de sa mère, celui-ci signe un titre un peu mou, loin de la saveur et de l'aspect grinçant qu'on était en droit d'attendre. C'est un tout : si la relation mère-fille fonctionne plutôt correctement, les seconds rôles ont du mal à exister, trop caricaturaux ou sans apporter ce qu'ils devraient. On comprend les intentions, où veut aller le réalisateur, mais rien qui permette à l'œuvre de décoller vraiment, si ce n'est peut-être dans la dernière partie. Reste la présence de ma Émilie Dequenne adorée (pas dans sa plus grande forme, cela dit), la jeune Jeanne Jestin s'avérant plutôt prometteuse. Au moins évite t-on une vision ne serait-ce que légèrement idéalisée de l'entreprise et des salariés, la dureté du milieu n'étant jamais édulcorée, sans oublier quelques scènes et dialogues plutôt bien sentis. Rien de déshonorant, mais décevant.
Chris58640
Chris58640

259 abonnés 831 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 14 novembre 2016
Il ne manque pas de qualités, le long métrage de Marc Fitoussi, et d’abord de qualités technique. Même s’il est réalisé de façon assez conventionnelle, il ne souffre d’aucun temps mort, n’accuse pas de baisse de rythme, il passe tout seul, pour tout dire. La musique est agréable, quelques petites astuces de réalisation (les SMS sous forme de petits films, la scène du baladeur dans la RER) viennent agrémenter un film bien tenu, par un réalisateur qui sait en faire sans en faire trop. Le film n’est ni un drame ni une comédie mais il mêle les deux, sans jamais trop en faire dans un sens où dans l’autre. Quand c’est drôle ça reste délicat, quand c’est triste ça reste sobre. Il y a même une toute petite pointe de suspens, lorsque la jeune Anouk, déboussolée par ce qu’elle observe, quitte le bureau sans dire où elle va puis se trompe de RER. Ce n’est pas bien méchant mais on imagine quand même l’angoisse qui peut étreindre sa mère dans le même temps. Non, de ce point du vue rien à redire. Le casting est tout à fait intéressant aussi avec pour premier rôle une jeune fille épatante de naturel, Jeanne Jestin. Parfaite dans le rôle de la candide, le jeune fille incarne avec beaucoup de naturel et d’aplomb la jeune Anouk, qui va en une seule semaine, passer de l’enfance à l’âge adulte en touchant du doigt les déceptions, les compromis, la complexité de la vie d’une adulte qui travaille, qui aime, qui souffre aussi. A ses côté, Emilie Dequenne est également très bien, très sobre et très impliquée dans le rôle d’une mère divorcée qui fait de son mieux dans un travail qu’elle déteste, qu’elle n’a pas choisi (mais qui choisi aujourd’hui ?) mais auquel elle tient, forcément. Les second rôles sont davantage hauts en couleurs, notamment les duettistes Mathilde et Bénédicte (respectivement Nelly Antignac et Camille Chamoux), archétype de ce que la vie de bureau peut produire de pire. Les seconds rôles sont nombreux, souvent très bien tenus et c’est par eux que le plus drôle comme le plus tragique arrive. Franchement, l’idée du scénario est intéressante au départ, même si le double thème de la candide et du passage à l’âge adulte ne sont pas les plus originaux du monde, même combinés ensemble. L’idée que cette gamine découvre sa mère, avec qui elle a des rapports très affectueux, dans l’univers très dur parfois de la vie professionnel et qu’elle découvre qu’elle ne correspond pas à l’idée qu’elle se fait de sa « gentille maman », c’est très intéressant. Qui sommes-nous au travail ? Est-ce là où nous portons un masque et est-ce précisément là que nous n’en portons plus ? Comment être soi-même lorsqu’on doit obeir à des supérieurs, lorsqu’on doit donner des ordres, prendre des décisions lourdes, comment combiner ces exigences avec notre propre personnalité, notre propre morale. C’est un puits sans fond comme sujet et le film de Marc Fitoussi, de ce point de vue, n’est pas sans intérêt. La petite Anouk, qui est très dégourdie et maline pour son âge (un peu trop peut-être pour que cela soit toujours crédible !), comprends vite que quelques chose ne tourne pas rond dans cette entreprise et que sa mère est un rouage d’une machine qui tourne bizarrement à ses yeux idéalistes de gamine de 14 ans. Son obstination à comprendre le dossier de Nadia Choukri spoiler: (à laquelle sa mère refuse de verser une indemnisation)
l’amènera à comprendre beaucoup de chose et lui opposera violemment la dureté du monde du travail aujourd’hui. Parallèlement à cela, elle connaitra aussi sa première déception amoureuse (semaine bien remplie, donc…) et comprendra par la même occasion qu’en amour aussi, il y a souvent une plus jolie, plus drôle, plus charismatique que soit et que c’est elle qui gagne. Ca, c’est une leçon qui n’est jamais apprise… Je regrette néanmoins que le scénario de Marc Fitoussi ne mette pas davantage en exergue certains rôles (le rôle du père, finalement presque absent), ne fasse qu’effleurer quelques aspects comme celui du harcèlement moral mais aussi du harcèlement sexuel (au détour d’un geste, un tout petit geste mal placé), qu’il ne nous en dise pas un peu plus sur le personnage de Constance par exemple. Cette jeune femme, visiblement souffre-douleur de ses collègues, semble être dans une souffrance très forte mais on n’en saura pas beaucoup plus : quid du harcèlement « horizontal », c'est-à-dire entre collègue et sans liens hiérarchiques ? Ca existe, pourquoi avoir créé ce tout petit rôle presque anecdotique si c’est pour en rester à l’anecdotique, dommage… Même si le film de Marc Fitoussi dénonce un certain nombre de choses, il aurait pu aller un petit peu plus loin, être un tout petit peu plus noir ou cynique. Mais c’est un défaut que l’on peut lui pardonner parce que, bien réalisé, bien interprété et bénéficiant d’un sujet pertinent, son long métrage est équilibré, tendre et dur, drôle et tragique comme la vie de bureau, comme la vie tout court.
Fêtons le cinéma

849 abonnés 3 658 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 4 octobre 2025
Maman a tort part d’un postulat original : défiger l’expression « stage d’observation » imposé aux élèves de troisième pour mieux le raccorder aux enjeux de l’observation tels que définis par les moralistes. Anouk porte en effet un regard neuf et dépourvu de préjugés sur le monde de l’entreprise, dans lequel elle pénètre pour la première fois, et c’est à son niveau, à sa hauteur, à partir de sa compréhension que nous allons également découvrir ce microcosme. La caméra choisit de la suivre dans un quotidien oscillant entre la répétition de tâches inutiles (mais officielles) et la poursuite d’une enquête essentielle (mais interdite), glissant sans cesse de la comédie dramatique au thriller avec une certain agilité. Marc Fitoussi se saisit du récit comme d’une métaphore de l’adolescence, période de remise en question du modèle parental spoiler: que des questions fragilisent, que des secrets soudainement révélés fracturent, période d’affranchissement – se substituer à sa mère en prenant rendez-vous avec la victime – et de dépendance extrême, en témoigne l’appel à l’aide envoyé depuis l’hôtel (« je suis perdue »).
Le réalisateur bénéficie de l’interprétation remarquable de ses comédiennes, mention spéciale à Émilie Dequenne et à la jeune Jeanne Jestin.
titicaca120

432 abonnés 2 179 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 novembre 2016
un très beau film porté par cette talentueuse jeune comédienne qu'est
Jeanne Jestin . ou comment une jeune ado découvre avec effroi le monde
des adultes sur le lieu de travail de sa maman
l'hypocrisie, le mensonge , la pression de la hiérarchie tout ce
qui est monnaie courante dans cette entreprise d'assurance et ailleurs
très souvent.
la vérité si difficile à dire et qui reste enfouie.
un très bon moment de cinéma.
I'm A Rocket Man

390 abonnés 3 775 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 18 mars 2024
J'ai adoré ce film... l'ambiance stage d'observation est tellement réaliste et gênante qu'on s'y revoit et ça fait froid dans le dos tellement je déteste les souvenirs que ça m'a laissé... voir cette gamine laissés à l'abandon dans l'entreprise de sa mère et ranger un placard pendant une semaine m'a vraiment amusé mais soulé aussi mais c'est surtout ce qu'elle découvre sur sa mère qui fait froid dans le dos et franchement c'est un super film entre drame & comédie ! On passe un vrai bon moment... bravo !
cinono1

365 abonnés 2 276 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 13 novembre 2016
A travers ce portrait d'une jeune ado, Marc Fitoussi parvient à offrir une dimension de conte à son métrage. Un conte moderne, urbain ou il s'intéresse à deux thèmes qu'il avait traité, la liberté et par opposition la norme qu'on trouve dans une société d'assurance. L'air de rien, le film montre beaucoup des pratiques et de la pression qu'on rencontre dans les entreprises et dans la vie actuelle. Un beau conte moderne donc auquel il manque juste un peu plus d'ampleur.
Chaîne 42
Chaîne 42

221 abonnés 3 555 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 février 2026
Un film qui est davantage une comédie qu'un drame en mettant en avant une collégienne de 14 ans un peu naïve mais intelligente confronté au monde de l'entreprise. Le fond de l'histoire est à découvrir et est plus pertinent que ce qui est dans la grand majorité des fictions. Un grand réalisme qui peut amener à vraiment réfléchir sur la consistance de la société humaine.
BeatJunky
BeatJunky

192 abonnés 1 934 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 25 février 2017
Une bonne surprise, une histoire très intéressante sur le monde du travail à travers le stage de cette p'tite jeune ds la boite de sa mère (la tjrs excellente E.Dequenne). Le film passe vraiment bien, c'est juste et réaliste tout étant très souvent comique grâce à ses personnages et des situations crédibles et réalistes . Tout y est: Les collègues lèche -bottes, les comères (coup de chapeau au duo Camille Chamoux/Nelly Antignac qui m'ont éclaté!) les jaloux, les ambitieux.... Les relations entre ces personnages sont vraiment représentatives de ce que chacun peut vivre dans son entreprise ce qui rend le film vraiment accrocheur et captivant... Un excellent film de M.Fitousi qui devrait plaire même aux ados qui se reconnaîtront à travers le personnage d'Anouk....
Claude DL
Claude DL

122 abonnés 1 914 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 février 2019
Ayant lu le scénario avant le film, je n'avais pas vraiment envie : une ado qui découvre le monde de l'entreprise (une grosse boite), cela sentait le barbant. Grave erreur. On découvre en fait une oeuvre profondément humaine, entre une mère séparée à la limite du "break down", car elle oeuvre dans une compagnie d'assurances aux méthodes limite et qu'elle n'a pas d'autre choix que d'assumer, étant dépourvue de diplômes pour trouver ailleurs, et sa fille, naïve mais diablement intelligente, qu'elle fait prendre en stage de troisième dans sa boite et qu'elle veut préserver au mieux. Le numéro d'actrices est époustouflant de naturel, notamment la jeune Jeanne Jestin, tout à fait exceptionnelle, et les seconds rôles sont tous au top. Cette découverte par cette ado du monde sans pitié des "grands" dans lequel évolue sa maman est remarquablement retranscrite par le réalisateur. Vraiment à voir.
AHEPBURN
AHEPBURN

112 abonnés 514 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 novembre 2016
Du cinéma qui divertît et et fait réfléchir en même temps. La stagiaire de troisième que l'on prend pour un bébé ... Elle est très touchante, humaine, naïve dans le bon sens du terme. C'est du cinéma qui dénonce les mesquineries dans l'entreprise mais pas uniquement. On n'a pas beaucoup entendu parler de ce film pourtant il vaut le coût. L'interprétation est bonne et je pense que la jeune comédienne n'a pas fini de faire parler d'elle.
zhurricane
zhurricane

96 abonnés 1 336 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 28 novembre 2017
Un film avec Emilie Dequenne c'est forcément un film à voir, bon j'assume mon côté adorateur de cette actrice, qui une fois de plus est super. Mais il y a en a une qui lui vole la vedette, c'est bien la jeune: Jeanne Jestin, qui est admirablement mis en valeur par ses habilles bleu royal et jaune moutarde. Au delà de cet aspect esthétique, son personnage est profondément humain, il s'indigne du manque d'humanité du secteur du travail. Justement le film est un peu trop froid, ça manque de corps, ça tourne trop au milieu du travail, et ça dégage pas forcément de bonnes ondes.
kevinsolstice
kevinsolstice

83 abonnés 1 931 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 10 octobre 2017
L'air de rien, le film montre beaucoup des pratiques et de la pression qu'on rencontre dans les entreprises et dans la vie actuelle. Un beau conte moderne donc auquel il manque juste un peu plus d'ampleur. néamoins, beau film.
alain D.
alain D.

19 abonnés 218 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 30 juin 2023
houla la morale de supermarché ! et une ado aussi expressive qu'une huître ! encore du cinéma qui ne fait pas rêver avec ses énormes ficelles des méchants assureurs contre les innocents, quelle lourdeur, quels poncifs éculés !
AV ciné
AV ciné

127 abonnés 681 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 11 mai 2020
Une comédie dramatique intéressante.
L'histoire est satisfaisante avec l'univers parfois impitoyable du travail vu à travers les yeux d'une enfant et la jeune Jeanne Jestin est justement convaincante.
Emilie Dequenne est convenable et les autres acteurs sont corrects.
Les décors sont acceptables et l'ambiance est plaisante.
Les scènes d'entreprise sont très reflétantes de ce qu'il se passe réellement et la morale sur l'argent au profit de l'humain devrait faire réfléchir beaucoup...
Un film donc pas mal qui nous montre bien le monde grinçant de certaines entreprises malgré des personnes impuissantes qui voudrais vaincre l'injustice.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 3 octobre 2017
Il m’a fallu un petit temps pour comprendre que le titre du film n’est pas en soi une affirmation, mais un point de vue. Celui d’Anouk, collégienne effectuant son stage d’observation en entreprise dans la compagnie d’assurances où travaille sa maman, Cyrielle. En effet, en quoi sa maman a tort ? Peut-on reprocher à Cyrielle d’exécuter les consignes de sa hiérarchie ? Peut-on lui en vouloir de subir comme la très grande majorité des employés de France et de Navarre des pressions au nom du fameux et implacable « faire du chiffre » au détriment d’un service de qualité-client ? Son tort serait-il d’avoir laissé faire ? De garder le silence ? Marc Fitoussi, réalisateur, tente de nous le dire à travers Cyrielle durant la scène du restaurant avec sa fille et à travers Simone qui refuse d’entendre les états d’âme d’Anouk. Si « Maman a tort » c’est selon le point de vue de sa fille qui découvre le monde du travail et sa complexité. C’est la sensibilité d’Anouk à laquelle s’ajoute sa naïveté. Le film est intéressant car il questionne Anouk et nous questionne. J’ai crains à un moment de la trajectoire donnée au film avec l’enquête d’Anouk. Je veux bien accepter qu’elle soit mature (pas suffisamment pour juger à l’emporte pièce sa maman) mais pas au point de mener une enquête, rencontrer une des victimes de la compagnie (Nadia) et lui proposer son aide. En ce qui me concerne, ça ne collait plus. Heureusement, Marc Fitoussi me rassure assez vite par la réaction de Nadia qui refuse l’aide d’Anouk, collégienne de surcroît ! Marc Fitoussi nous brosse la vie ordinaire d’une femme ordinaire, dans une entreprise ordinaire ; une femme noyée dans la masse majoritaire des employées qui chaque matin se lève pour aller au travail en ravalant sa fatigue, son découragement, ses scrupules dans un mouchoir ; une employée parmi d’autres satisfaite d’avoir un boulot quand d’autres en cherchent. Marc Fitoussi nous montre ce quotidien sur cinq jours en le répétant avec subtilité : métro-boulot-dodo. Il n’y a pas de happy-end, pas de héros ou d’héroïne(s) en l’occurence. La vie s’écoule comme à l’image de la dernière séquence quand Anouk rejoint son collège, sans rebondissement, sans vague. Marc Fitoussi réalise un film équilibré mi-grave, mi léger car non dénué d’humour. Enfin, je salue la prestation de Jeanne Jestin dans le rôle d’Anouk.
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