Les Garçons sauvages
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anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 4 mars 2018
Cinq jeunes garçons adeptes d’ultraviolence et fous de Shakespeare comme d’autres sont dingues de Beethoven se retrouvent en séjour de réhabilitation pour leurs exactions, à la merci d’un capitaine sadique et de son chien sur un bateau puis sur une île mystérieuse, heureusement il y a Trevor pour les guider, leur Dieu de violence à la forme du crâne de diamant de Hirst. On va s’en tenir là pour le résumé, tenter d’analyser en cours de visionnage les garçons sauvages m’a fait le même effet que d’essayer d’arrêter avec mes tripes un train en marche.

Le premier film de Bertrand Mandico, après vingt ans de carrière et plusieurs dizaines de courts/moyens métrages, réussit le trip pop sado-maso à deux pas d’El Topo de Jodorowsky, Eraser Head de Lynch ou encore Belladonna d’Eiichi Yamamoto. Un produit transgenre halluciné, constamment agité d’une musique new wave (soundtrack de l’année/20) qui ressemble à un film subversif des années 60 rendant hommage aux années 30, visant bien plus à faire atteindre un état de transe psychédélique à son public qu’à se rattacher à toute forme de narration plus conventionnelle. Dix personnes se sont enfui à mi-chemin de la salle comble dans laquelle la projection à eu lieu, dix autres ont dû racheter un ticket dès le générique lancé. On adule ou on rejette en bloc, sans demi mesure possible. Il faut affronter le ridicule qui ne l’est pas tant du premier degré affirmé dans ses dialogues (enregistrés à part dans une diction suave murmurant à un micro crane), aussi sérieux qu’un vieux film catalogué science-fiction fauché regardé dans un demi-sommeil fiévreux. Ce microcosme ciné et bibliophile fait de sang, de pisse, de rhum et de carton pâte est, pour dire le moins, un parti pris atypique dans l’hexagone.

Les garçons sauvages impose d’emblée son anormalité en normalité, le travail sur l’image dans un noir et blanc stylisé jusqu’au capiteux avec ses fonds projetés fait de chaque plans une vignette portant ce récit étrange avec une créativité visuelle qui ferait passer pour aride la direction artistique du Dracula de Coppola. Dans ce furieux écrin rétro qui ne retombe jamais vraiment – on reprochera un troisième quart un peu mollasson qui est la seule trace des « erreurs » typique d’un premier film qui ne sait pas toujours où couper – Mandico épanche une soif d’île luxuriante peuplée de Docteur Moreau, de Vendredi et de tête de porc sur un pieu : Sa majesté des mouches en tête (le livre autant que le film de Peter Brook), l’île sauvage redevient ce territoire non civilisé dans lequel l’humain rencontre sa nature animale, mais la libération n’est pas que sociétale, elle est avant tout sexuelle… Bon de qui je me fous, on ne va pas prendre de pincette, j’ai rarement vu un film aussi énervé du cul !

C’est facile, allez sur la page « Liste de paraphilies » sur Wikipedia, prenez en vingt au hasard que vous listez dans un tableau de cinq colonnes par quatre et cochez à chaque fois que vous en voyez une à l’écran : on atteint le bingo avant la moitié du film. Plus révolté de la monogamie que du Bounty, nos garçons vont vivre ce récit d’initiation en hors-piste, périple tour à tour macho et féministe énervé où l’exploration de la sexualité et du genre devient un labyrinthe avec un minotaure à casquette de marin. Tout ou presque est une déclinaison d’organe génital, d’une voile de bateau aux allures de scrotum à des buissons à gambettes, et me poussez pas à épiloguer sur les bites d’amarrage ! Une esthétique allant du symbole signifiant à la grivoiserie régressive pour un résultat solide et homogène, qui fait des garçons sauvages le one-shot de génie décomplexé qu’il est : bien dans ses pompes et jamais à côté de la plaque, pour peu qu’on admette que son propos vient d’une dimension qui n’est pas la nôtre. Rien n’est crypto gay, tout est cryptique et gay, et la nuance est fine comme l’anatomie tatouée et mordue du capitaine est généreuse.

Reste que si l’expérience dans la terra incognita Bertand Mandico est hautement recommandable aux amateurs de cinéma expérimental, d’autant plus qu’il n’est pas cagneux et que la quantité de prouesses visuelles de même qu’un brin d’humour et de désinvolture en font un bonbon vénéneux particulièrement acide et plaisant, fruit (poilu ?) de milliers d’heures de travail et d’innovations maitrisées, je regrette (pour pinailler) qu’il ait échoué à faire en sorte que chaque garçon représente un caractère, comme le réussit le livre de Golding, résultant que seuls Anaël Snoek et Diane Rouxel arrivent à faire quelque chose dans les deux heures que mettent leurs personnages à ôter leurs masques. Quoi ? Des actrices ? Les filles sont des garçons parfois, l’anglais et le français sont alternés, le noir et blanc stylisé et la couleur délavé aussi, tout est bon pour brouiller les frontières.

Epuisant, enivrant, captivant, dégénéré, iconoclaste, impossible de rester insensible à la centrifugeuse Mandico qui déferle avec la force d’un cyclone tropical dans la séance de défeuillage d’une pub Tahiti douche. Obéissant à ses désirs : esthétiques, réflexifs, philosophique, vitaux et génitaux, la fable des Garçons sauvage fera date dans le culte du bizarre. A ne pas mettre dans toute les mains, ça colle en séchant.
chrischambers86

16 189 abonnés 13 142 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 mars 2019
Voici l'un des films français les plus enivrants qui soient! Voici aussi l'un des plus ambitieux de la dècennie! Sur la mètamorphose d'une bande de jeunes garçons de bonne famille qui èchouent sur une île ètrange, Bertrand Mandico inscrit des images fascinantes comme on n'en voit jamais « au cinèma » , des images fantasmagoriques dont le rèel et les dèlires sont aussi celle d'une vision poètique nouvelle de ce monde! D'une puissance graphique absolument gigantesque, le paysage s'accorde admirablement aux personnages! il est vrai que Mandico, en disposant ses « garçons sauvages » dans toute la profondeur du champ, en èpousant leurs dèmarches à la camèra, rèussit à remplacer le jeu d'un acteur par une ècriture du geste dont la vèritè, sans cesse accordèe au dècor, est vraiment extraordinaire! L'air qu'on respire est plein de questions qui restent souvent sans rèponse et on se demande ce qui est le plus important : rèpondre à ces questions ou les poser! Composition hallucinante et hallucinèe des cinq comèdiennes, avec une mention particulière pour Vimala Pons! il faut donc arriver à conquèrir ce long pour le cerner et au-delà de cela rèussir à le comprendre et à l'apprècier! Ce coup de maître de Mandico en vaut vraiment la chandelle avec une avalanche de rèfèrences : Golding, Vigo, Cocteau, Bunuel, Fassbinder...
lhomme-grenouille

3 621 abonnés 3 170 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 14 mars 2021
Après avoir vu quelques images forcément j'étais intrigué.
C'était presque inévitable.
Et pendant quelques minutes j'y ai cru.
Difficile de dire qu'il n'y avait pas là une démarche formelle.
...Qu'il n'y a pas là quelque-chose pour charmer.

Et puis le temps s'écoule et - me concernant - l'apparente audace de surface s'est vite évaporée face à tant de... Grossièreté.

Oui. Au fond ce film est grossier.
Grossier par ses effets d'esbroufe. Et surtout grossier dans sa narration.
C'est comme si Mandico savait qu'il n'allait maîtriser aucun effet et ne jamais savoir donner de cohérence et d'élan à son oeuvre, alors du coup il tire le trait sur chaque aspect.
Photo surannée (ce qui ne l'empêche pas parfois d'être élégante). Jeu d'acteur surfait. Décor en carton pâte.
La chose aurait pu encore avoir son charme si tout ça n'avait pas été plombé par une absente consternante de subtilité.

Bites qu'on branle et giclées de sperme ; verbes et gestes faussement rustres et libidineux débités par des actrices qui, dès les premières minutes, peinent à faire illusion. (Seule Vimala Ponce sauve un peu les meubles.) S'ajoutent à cela des symboliques qui manquent cruellement de đélicatesse.
(Mais à quoi peut donc renvoyer ces oursins poilus que ces jeunes gens lubriques dévorent ou bien ces protubérances phalliques qui délivrent un onctueux sirop blanchâtre ? Quel mystère !)

Et puis surtout il y a cette narration bêtement plate.
Dialogues tristement descriptifs. Voix off laborieuse...
A côté de toutes ces scories là toutes les choix formels apparaissent comme de perpétuelles diversions ; diversions d'autant plus irritantes qu'au fond elles se révèlent inégales et surtout mauquant d'unité.

A la limite le seul point louable de ce film aurait pu être son intrigue de base qui avait au moins ce mérite de l'audace.
Mais bon, au bout d'un moment j'ai fini par me dire que tout ça ne collait pas trop alors j'ai tenu à vérifier s'il n'y avait pas là une logique d'adaptation...
...Eh bah - bim ! - en fait ce film est tiré d'un roman de William S. Burroughs.
Dès que j'ai lu ça, autant dire que le peu de mérite que j'avais su trouver à ce film s'évanouit très vite.

Mais avais-je vraiment besoin de ça pour m'affliger de ces "Garçons sauvages" ?
Franchement le déroulement est tellement laborieux - se cachant sans cesse plus dernière ses références formelles balourdes - que ce film se suffit clairement à lui-même pour se saborder tout seul.

Au final, même si d'un côté j'ai envie de garder de cette tentative le peu d'audace formaliste qu'il s'est efforcé d'afficher, de l'autre je ne peux que ressortir barbé et exaspéré par un cinéma vain er creux qui au final n'est jamais parvenu à se construire un minimum d'épaisseur.

Ça fait vraiment film d'ado prétentieux et maladroit qui a passé presque deux heures à essayer de cacher le fait qu'il n'était pas du tout à la hauteur de ses propres prétentions.
...Vraiment consternant.
Carlos Stins
Carlos Stins

88 abonnés 657 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 14 mars 2018
Il est compliqué de parler "Des garçons sauvages" tant le film dénote au sein de la production cinématographique française offre au spectateur une expérience de cinéma à la fois unique et déroutante. Je suis pourtant un habitué et un amateur de film de genre mais je reconnais que celui-ci est vraiment difficile d’accès. Là où le long-métrage mettra tout le monde d'accord je pense, c'est sur le plan esthétique dans la mesure où Bertrand Mandico parvient à emporter le spectateur dans un trip visuel onirique de près de deux heures. Si tenté qu'on adhère au style surréaliste et baroque de la mise en scène du cinéaste français, on ne peut qu'être épaté par ses partis pris visuels très osés.L'influence de Kubrick et de son film "Orange mécanique" saute aux yeux que ce soit à travers certains partis pris de mise en scène, certaines étapes de la narration, le thème commun du libre arbitre ou même la volonté partagé des deux cinéaste de proposer une oeuvre iconoclaste qui dérangera le spectateur. Néanmoins, on sent que Mandico, dont c'est le premier long-métrage, tâtonne encore un peu et manque de subtilité pour se hisser à la hauteur des grandes inspirations qu'il invoque. Je n'ai pas toujours bien compris ce que le réalisateur français voulait dire mais j'ai été très sensible à sa manière très originale de traiter la sexualité et notamment les transgenres. Ce voyage initiatique très poétique m'a parfois un peu laissé en dehors mais ne m'a pas ennuyé une seule seconde et je garde un agréable souvenir "Des garçons sauvages", bien que je sois pas parvenu à prendre la pleine mesure de l'oeuvre.
konika0
konika0

37 abonnés 778 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 mai 2018
Tu veux une figue ? Attention mesdames et messieurs, on tient là l’objet le plus WTF de l’année. Vous voilà prévenus. Quatre ados dont les hormones bouillonnent à en faire péter la cocotte dans la minute passent en jugement après avoir fait subir quelques sévices à leur prof de français. Les parents bon chic bon genre vont opter pour une solution aussi radicale qu’originale, les confier à un vieux loup de mer qui saura les apaiser. On est dans le bain dès les premières minutes. Le noir et blanc et la couleur alternent. Le cadre est rogné. Les plans sont totalement barrés. Semence et grimaces éclaboussent l’écran. On renoncera à parfaitement comprendre le délire sous LSD auquel on assiste, on s’extasiera en revanche devant tant de beauté formelle. Cela faisait combien de temps que l’on avait pas vu de la couleur au cinéma ? Si longtemps que ça ? Certainement depuis le chaos absolu de The Neon Demon. Alors c’est sûr, j’ai pas pigé pourquoi le N&B est si présent (serait-ce justement pour mieux faire surgir la couleur?), je suis pas bien sûr non plus que tout ça soit du meilleur goût ni même très fin. Mais avouons tout de même qu’on tient là un véritable cinéma de la sensation. Les choses les plus incongrues y sont palpables, odorantes, goûtues. On est à la fois fasciné et dégoûté. Et quelle liberté. Vous ne verrez ici ni concession ni convention, à l’image de ces plans en studio kitsch où la mise au point se fait sur des herbes factices au premier plan plutôt que sur les personnages eux-mêmes. Factice … nous y sommes. Car ici tout est faux, même le corps l’est. Tout n’est que prothèse, illusion ou délire. L’homme et la femme se confondent, mutent. Et justement quelle classe ces ados dans le vent qui peuvent rappeler les personnages de Sa Majesté des Mouches. Reste que la morale de l’histoire semble finalement bien banale : L’homme, débarrassé de ce qui le définit comme tel devient alors un être civilisé. La femme, c’est l’homme qui a évolué. Tout ça pour ça ? Probablement et c’est là la faiblesse de ce superbe exercice de style réservé à un public averti.
Fêtons le cinéma

857 abonnés 3 693 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 10 juillet 2018
Choc visuel de tout instant, déroute totale, nous sommes victimes d’un phénomène insulaire au point de perdre nos repères, nos marques, nos attributs dans cet au-delà des apparences que constituent ces Garçons sauvages. Relecture sadienne, si l’on peut dire, de Sa Majesté des mouches, le film s’érige en vaste récit d’apprentissage au terme duquel l’homme quitte son enveloppe barbare au gré de vicissitudes physiques et morales ; la renaissance de l’humanité couronne ce long et périlleux baptême désacralisant le phallus sceptre de pouvoir pour privilégier le mundus… Pierre Louÿs n’est pas loin ! La tempête esthétique explose dans l’œil cinéphile de ses mille et une références magnifiquement parsemées et constitutives d’un tout homogène qui fait sens ; le spectateur oscille entre malaise et fascination devant cet objet cinématographique unique, odyssée sexuelle foisonnante. Acteurs parfaits, composition musicale géniale, réalisation fourmillant d’idées plus audacieuses et pertinentes les unes que les autres… Bertrand Mandico signe un conte adolescent troublant et admirable à la puissance graphique sans précédent, trouvant sa place à côté de monuments du cinéma tels qu’Orange mécanique. Chef d’œuvre.
L'AlsacienParisien

687 abonnés 1 432 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 mars 2018
Quand on est face aux "Garçons sauvages", on vit un moment de cinéma rare, étrange et hors-normes, loin du soucis habituel de compréhension et de divertissement pour lesquels on aime se rendre dans les salles obscures. Ovni sorti d'un autre temps, d'un autre monde, le premier long-métrage de Bertrand Mandico sort des sentiers battus avec ce conte érotique où une bande de cinq adolescents rebelles, après avoir commis un crime, sont conduit par un mystérieux capitaine sur une ile secrète aux vertus magiques qui vont littéralement les métamorphoser... Difficile de se faire un avis sur cette forme si singulière et hors-normes mais ce qui est sur, c'est qu'on ne peut rester insensible à cette proposition forte et osée fondue dans une masse de films se ressemblant tous... Je trouve dommage qu'il ne soit pas plus distribué. Pour ma part, je suis resté hypnotisé du début à la fin, ne sachant pas quoi en penser sur l'instant, subjugué par ce toupet cinématographique, ces images à l'esthétisme sublime alternant noir et blanc et couleurs, ce casting magnifiquement androgyne au jeu à la fois détaché et très physique et ce conte pour adultes, entre loufoquerie aventureuse et la violence du sexe. La post-synchronisation des voix décale l'authenticité du présent par moment et il y a quelques longueurs aussi mais rien ne peut contredire le geste artistique du réalisateur qui est une véritable déclaration d'amour au cinéma, la preuve que toutes les histoires sont possibles, que des actrices peuvent tout jouer (y compris des garçons) et que le sexe peut être poétique et onirique, sans être grossier. Il y a de l'humour, des airs de musiques classiques connus, des actrices magnifiées, des effets dépassés mais pleinement assumés : du simple dans l'extravagant, du nouveau dans l'ancien, du jamais vu dans des références. On pense à "Querelle" de Fassbinder, "L'ile du docteur Moreau" pour le côté vieux film d'aventures à la flore tropicale foisonnante avec son personnage étrange (ici, Elina Löwensohn). En sortant de la salle, j'étais dubitatif mais en y réfléchissant, "Les Garçons sauvages" revêt une forme inédite dont on se souvient et où certains plans restent et nous font rêver. Oui, c'est totalement spé, barré, perché, tout ce que vous voulez, mais j'ai beaucoup aimé pour le geste osé en ces temps de restrictions, de politiquement correct et de "Time's Up". Merci, ça fait du bien !
FaRem

10 595 abonnés 11 636 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 novembre 2018
"Les garçons sauvages" est en quelque sorte le prolongement de tout ce que Bertrand Mandico a fait avant avec ses nombreux courts-métrages. Non pas au niveau de l'histoire, bien sûr seulement, le réalisateur a depuis toutes ces années l'habitude de nous proposer des histoires particulières et originales. Et pour ce qui est de son premier film, on peut clairement dire que c'est très original et particulier. C'est un film difficile à cerner qui se dévoile et nous surprend au fil des minutes. D'emblée on est plongé dans un univers proche du nôtre, mais quand même différent comme on s'en rend compte rapidement. On a aucune idée sur l'époque et pas même sur la nature de ces personnes qui ont une certaine particularité sur laquelle le réalisateur insiste fortement tout au long de ce film. S'il y a vraiment quelque chose qui sort du lot, c'est ce rapport au sexe, que ce soit l'acte, mais aussi l'organe. Ce qui commence tout d'abord comme une immersion dans un original camp de redressement pour adolescents à problèmes se transforme peu à peu en une expérience surprenante une fois arrivée sur cette île mystérieuse. Peut-être que si j'avais fait attention à la distribution, j'aurais pu voir venir ce qui arrive, spoiler: car les personnages sont joués par des actrices
, mais là, je dois dire que je ne m’attendais pas du tout ça. Au-delà de l'histoire qui a déjà quelque chose de fascinant, c'est surtout l'expérience dans son ensemble qui marque et surprend. Le réalisateur propose quelque chose d'unique et envoûtant se déroulant dans un univers érotico-mystique à l'ambiance onirique. La photographie en noir et blanc, les décors aussi minimalistes que superbes, l'habillage sonore, tout est fait pour rendre l'expérience aussi captivante que déconcertante. Je ne suis pas sûr d'avoir tout compris, mais c'est un film, ou plutôt OFNI, réussi qui a le mérite d'être très original.
weihnachtsmann

1 622 abonnés 5 745 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 13 janvier 2019
C’est quasi un film mythologique.
On pense de suite à Circé la magicienne qui changea les hommes en cochon.
Pour le style il faut être prêt à tout. C’est psychédélique.
Je dirai que cela se rapproche de Hazdihalilovic.
Tout est fantasme et délire.
L’île aux femmes est quand même loin de l’île mystérieuse car ici c’est l’île aux plaisirs et les allusions sexuelles sont nombreuses (d’où l’interdiction).
Mais l’univers mérite notre curiosité.
Parlons aussi de la BO électro envoûtante et on aurait Arielle Dombasle qui chantait cette fameuse scène d’orgie hallucinante!!!!!
Serge K
Serge K

22 abonnés 351 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 9 octobre 2019
Inclassable, vu comme un rêve ou un cauchemar, j ai apprécié l originalité, je jeux des acteurs, l'ambiance glauque et orgiaque par moment, voilà du vrai cinéma qui sort des sentiers battus.
elriad

522 abonnés 2 048 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 novembre 2018
pour un premier long-métrage, quelle maîtrise ! Bertrand Mandico ne cède pas à la facilité et certes, son film en rebutera plus d'un car il fait partie des films qui se méritent. Qui s'apprivoisent. Qui nécessitent une véritable ouverture d'esprit. On peut y retrouver du Cocteau poétique, du Genet fantasmatique, du Bunuel métaphorique, ou encore du Pasolini décadent, mais Bertrand Mandico marque de son empreinte avant tout en se révélant un réalisateur exigeant, tel le réalisateur chilien Alejandro Jodorowsky, en nous proposant un véritable rêve éveillé, une fable cruelle et hypnotique. Le tout magnifié d'une photo en noir et blanc mâtinée de couleur saturée. Un coup de cœur et un réalisateur à suivre de très près.
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 25 mars 2018
Difficile de faire la synthèse de film expérimental qui part dans tous les sens et multiplie les mélanges de genres. Images en noir et blanc ou aux couleurs saturées, scènes de muet ou dialogues post-synchronisés, alternance de surjeu ou sans expression... A cet enchevêtrement de styles, s'ajoute une ambiance érotico-morbide, qui finit par étouffer légèrement. L'expérience est intéressante mais suscite finalement peu de plaisir. On finit par "décrocher" et se lasser de cette performance.
Bertie Quincampoix
Bertie Quincampoix

142 abonnés 2 088 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 10 mars 2019
Ce conte pour adultes à la fois onirique, poétique et violent inspiré d’un roman de William S. Burroughs nous offre un festival d’images plus irréelles les unes que les autres, tantôt dans un noir et blanc superbe, tantôt dans une couleur aux tons chauds et suaves. Entre rêve et cauchemar, cette œuvre à part nous embarque dans le voyage maritime de cinq garçons de bonne famille devenus criminels, incarnés ici par cinq actrices au look androgyne. Créant un univers visuel unique, ce film fascinant se plaît à brouiller les pistes entre les sexes et les genres, s’employant à développer une atmosphère fortement teintée d’érotisme, jusque dans ses décors souvent très suggestifs. Parfois un peu maladroit dans ses dialogues et sa direction d’acteurs (ou plutôt : d’actrices), ce premier long-métrage de Bertrand Mandico, connu pour ses courts, prend néanmoins la forme d’un essai cinématographique hypnotique et ensorcelant.
LeMagduCiné
LeMagduCiné

71 abonnés 626 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 janvier 2019
Avec son premier long-métrage Les garçons sauvages, Bertrand Mandico nous invite à un voyage initiatique sur une île à la flore étrange. Une oeuvre hallucinante à la beauté plastique foisonnante, où les genres se métamorphosent.
Vinz1
Vinz1

274 abonnés 2 845 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 24 novembre 2018
On prend un peu de « Orange mécanique » de Stanley Kubrick pour le look des jeunes dépravés, un brin de « La montagne morte de la vie » de Michel Bernanos pour la bizarrerie et l’hostilité de l’île, un soupçon de « L’île du docteur Moreau » de H.G. Wells pour les expériences en territoire tu aux yeux de tous et un poil de Jules Verne pour une partie de son œuvre et l’on obtient ce film hyper singulier. C’est certes créatif, hyper onirique, visuellement magnifique mais on a l’impression qu’on nous balance des plans çà et là sans aucune réelle ligne directrice et les symboles sexuels sont un peu trop appuyés à mon goût. Le métrage semble alors être plus préoccupé par sa forme que par son fond alors que pourtant le message voulant que l’avenir des hommes, ce soit la femme est d’une redoutable puissance ! Voir un tel OVNI est toutefois tellement rare dans le cinéma hexagonal qu’il faut derechef encourager ce genre d’initiative !
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