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guillermo_go
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4,0
Publiée le 16 janvier 2018
Perdu — C'est le regard de cinéma qui ne s'oubliera pas cette année. Celui de cet enfant, pensif et silencieux. Difficile de parler du film sans dévoiler sa construction, et révéler de quoi vous gacher toute l'ambiance sur laquelle il repose.
J'emprunterais donc à un autre film quelques lignes pour l'évoquer très brievement. Faute d'amour m'a rappelé ce monologue d'un chef de cartel mexicain, par l'écrivain Cormac McCarthy, dans son script du trop méconnu The Counselor. J'en mets un tout petit extrait ici de mémoire pour les curieux, mais je ne peux que vous inviter à voir ce film fou pour savourer ce morceau de philosophie indienne en entier : 'Les actes entraînent des conséquences qui créent de nouveaux mondes. (...) Il ne m'appartient pas de vous dire ce que vous auriez du faire ou ne pas faire. Le monde où vous voulez réparer vos erreurs est different de celui où elles ont été commises. Votre monde n'existe plus, vous ne pouvez rien y faire, vous ne pouvez plus qu'acceptez. Car vous avez choisit ce monde il y a longtemps. '
Hardcoritude et tragédie du narcissisme occidental.
Un film glaçant, désespéré et fataliste; un couple qui se déteste, se défait, se reconstruit chacun de son côté pour répéter le même schéma, inlassablement, de génération en génération, et au milieu la disparition d'un enfant. Ce qui est intéressant c'est que le réalisateur nous préserve dans un climat assez horrible et vicieux avec des personnages qui restent dans une sorte d'indifférence individualiste pour nous questionner sur l'absence d'empathie, faire du manque un sujet à réaction, on avance pour voir et savoir comment cela va en résulter, mais presque à contre-courant de ce qui se passe à l'écran. Ce qui rend le sujet d'autant plus fort car le spectateur reste actif pour se faire une place, un avis. Et je dois dire que j'ai été bouleversé, mais non pas par la situation en elle-même, bizarrement, mais par le choc d'une séquence en particulier, où la mise en scène laisse à la fois le doute mais dit absolument tout dans les regards, incroyable moment de cinéma. J'en suis ressorti frappé d'émotions sordides, terribles mais belles, beau résumé de ce qu'est l'amour en vérité.
Un regard froid mais un film qui a du coeur. Une mise en scène impressionnante porte un regard imparable sur le monde contemporain. Des longs plans panoramiques, maitrisés qui suggère l'enfermement. Beaucoup de plans de porte, d'écrans,de reflets. Des personnes qui ont du mal à se parler, qui essayent à peine. Remplacé par le culte du corps, ultime moyen d'expression dans un monde sans aspérité philosophique ou morale. Au dela du regard très critique du cinéaste sur le monde des adultes, il parvient à insérer de l'émotion dans son traitement clinique de l'égoïsme humain. Le plan tant commenté de l'enfant en pleurs est effectivement bouleversant et vous saisit tout entier. Le récit est sous-tendu par l'enquète autour de l'enfant et le mystère qui l'entoure, la conclusion est logique. Les acteurs sont bons, en particulier Martyna Spivak qu'on ne peut s'empécher de trouver antipathique et d'aimer à la fois.
ce film russe arrive à nous tenir en haleine jusqu'au bout de ses 2 heures. Un triste constat des relations humaines entre un couple qui ne s'aime plus et qui se déchire devant leur enfant. Cet enfant qui manque d'amour. Un film bien réalisé c'est bien joué je reste mitigé sur la fin
Je m'attendais à mieux. En fait ce film décolle pas du tout. Il est lent et mou. C'est un peu dommage car j'ai beaucoup aimé l'histoire. ça aurai pu être mieux. Dommage !! Les personnages jouent néanmoins pas si mal.
Dès les premières minutes, j'ai vraiment accroché. Une très belle photographie, une bande originale super efficace, des acteurs méconnus qui respirent le naturel, une histoire commune mais tourné de manière à ce qu'on s'identifie et surtout une tension palpable pendant plus de deux heures. J'ai aussi adoré le fait que l'on nous laisse avec des questions car de nos jours, c'est assez rares. Après, je regrette aussi pas mal de choses comme le fait que beaucoup de scènes soient portées sur des scènes sexuelles car pour moi ce n'est pas le sujet même de la chose même si on peut voir en ça, l'égoïsme de chacun. Après, je trouve aussi dommage que ce soit aussi long car certains passages sont longuets et idem pour quelques dialogues. Aussi le fait que l'on peut tomber parfois dans le cliché alors que ce long métrage n'est pas du tout fait pour ça. En fait, "Faute d'amour" est une bonne surprise même si je savais qu'il a eu le prix au Festival de Cannes mais bon, ça ne m'a pas influencé. Je pense qu'avec certaines choses en plus, on aurait pu passer au statut de "claque cinématographique" assez facilement mais bon, on ne peut pas plaire à tout le monde. Il faut quand même aller le voir par curiosité. 13/20.
Dans "Faute d'amour", à l'image du très beau "Léviathan", les personnages sont d'une densité incroyable, cela jusqu'aux protagonistes secondaires. Denses et souvent monstrueux, mais d'une monstruosité humaine, crédible, palpable, c'est là toute la force du film. Le portrait sociétal à charge de la Russie (mais ne peut-on pas en retrouver quelques aspects chez nous ?) est terrifiant. Le tout avec des interprètes incroyables et une mise en scène inspirée.
Andreï Zviaguintsev poursuit une filmographie passionnante et qui ressemble de plus en plus à une œuvre majeure. Entre métaphore de la Russie actuelle et portrait glaçant du désamour, le film subjugue par sa cruelle beauté.
Un film froid à tout point de vue, déjà avec les décors, gris, pluvieux ou neigeux, ensuite avec l'ambiance : un couple qui se déchire violemment, égoïstement, jusque’à oublier qu'ils ont un enfant, pas désiré, pas aimé qui, quand il comprend que ces parents qui vont divorcer, se disputent pour n'en avoir pas la garde, décide de disparaître ... s'en suit un traitement froid de l'affaire par une police en manque de moyens, un redoublement des disputes, de l'angoisse, certes, mais pas partagée, du remords non, même pas.... Une équipe de bénévoles au sein d'une association va prendre les choses en main;, sans succès...les nouveaux partenaires qui partagent plus ou moins la vie des deux époux, sont eux aussi froids, égoïstes, distants, .. les mères de deux des personnages sont imbuvables .... Et tout se déroule dans une Russie en plein mutation.... Le film est esthétiquement réussi, mais froid, il ne prend pas partie, il montre en longs plans-séquences le plus souvent, avec des cènes terribles comme celles de la morgue, ou de la bâtisse abandonnée...les scènes de sexe ou d'amour sont toutes tournées soit à contre-jour, soit dans la pénombre En tant que spectateur, je me suis quand même beaucoup ennuyé, car le film est lent, peu de musique, plus d ecris que de dialogues, et j'avoue que l'évocation dramatique m'a laissé plutôt froid
Boris et Genia sont en train de divorcer. Ils se disputent sans cesse et enchaînent les visites de leur appartement en vue de le vendre. Ils préparent déjà leur avenir respectif : Boris est en couple avec une jeune femme enceinte et Genia fréquente un homme aisé qui semble prêt à l’épouser... Aucun des deux ne veut s'occuper du fils Aliocha, âgé de 12 ans. L'enfant disparait.
Faute d'amour est un film dramatique d'Andrey Zvyagintsev, réalisateur d'Elena et de Leviathan.
L'anti Kramer Vs Kramer Le film met en lumière l'égoisme conjugué de 2 parents qui ont décidé de refaire leur vie, aucun ne voulant s'occuper du fils unique, Aliocha. Faute d'amour est un film âpre sur l'échec d'une famille, l'égoisme et l'inconséquence des 2 parents. Boris, le père, est un gros bonhomme cavaleur qui multiplie les rencontres et fait preuve de sincérités successives sur le plan sentimental. Par 2 fois, il a mis ses maitresses enceintes avec l'obligation à terme de faire face et de fonder une famille (ce qui finit par le lasser immanquablement comme en témoignent les dernières images du film). Boris travaille dans une entreprise dirigée par un patron très conservateur et orthodoxe et la seule chose qui le préoccupe est de garder son emploi alors qu'il va divorcer et refaire sa vie. Genia est une jolie jeune femme, tombée enceinte de Boris trop jeune. Elle est tout à fait dépourvue d'instinct maternel, rudoyant son fils unique en permanence alors que celui ci est fragilisé par le projet de divorce de ses parents. Lorsque l'enfant disparaît, alors seulement, les parents prennent conscience de leur monstruosité, rejetant sur l'autre la faute et les responsabilités. Le film est une radiographie impitoyable de la société russe, dont les individus pragmatiques font passer leurs intérêts propres avant toute autre considération. On est révulsé par la situation d'Aliocha devenu un élément gênant dans le projet de vie de ses parents. Le réalisateur filme très bien mais avec complaisance cette dureté et cet égoisme qu'il met en parallèle avec une société russe blasée et des autorités administratives qui se moquent de tout. Le film est presque un documentaire tant son ambiance est réaliste et sans fard. Il est aussi une charge contre ses personnages principaux et l'administration russe, ce qui n'est pas rare chez le réalisateur.
Seul bémol au programme: Faute d'amour se termine avec la diffusion sur la télévision russe des combats dans l'est de l'Ukraine, l'occasion de montrer l'ingérence russe chez son voisin ukrainien dans les circonstances que l'on connait. Le point de vue d' Andrey Zvyagintsev sur ce sujet, tout aussi respectable qu'il soit, n'a rien à voir avec les thématiques familiale et sociétale de son film.
Le film a obtenu le prix du jury au festival de Cannes 2017.
C'est le récit glaçant de la désintégration d'un couple (Marianna Spivak et Alexeï Rozine, fabuleux)) sur le point de divorcer. Alyosha, leur garçon de 12 ans, assiste tous les jours en silence à un déferlement de paroles haineuses dont certaines, sans doute les plus terribles, le concernent directement. Ses parents, obnubilés qu'ils sont par leur propre nombril, mettront 36 heures à s'apercevoir de sa disparition. Ce film russe est d'une noirceur presque insoutenable. C'est à la fois un regard clinique sur une humanité en perdition et un portrait saisissant d'un monde à bout de souffle dont parviennent régulièrement à la radio des nouvelles effrayantes, comme un écho à la propre situation de ces petits bourgeois égoïstes, bouffis d'aigreur. Tout est gris, froid, sinistre et désespéré. Mais cette radiographie du désamour est d'une incroyable acuité. Et même si Zviaguintsev privilégie une mise en scène sèche et sans pathos, quelques scènes bouleversantes m'ont clouée au fauteuil, comme celle où Alyosha, dans l'indifférence générale et planqué derrière une porte, hurle de douleur sans qu'un seul son ne sorte de sa bouche… Une métaphore sans doute de la société russe, bâillonnée par la censure et les privations, et dont la souffrance n'est pas entendue. Une œuvre choc qui ne peut pas laisser indifférent.
Bon film qui mêle assez habilement critique sociale et politique de la Russie d'aujourd'hui et un drame familial qui débouche sur une issue proche du film policier. Bien réalisé, avec des acteurs convaincants. La photographie, très nette, est presque trop lumineuse et léchée pour rendre compte de la réalité moscovite.
Un beau film, prenant, terrible. Ce manque d'amour parental est un drame en lui-même, la disparition de l'enfant en rajoute un. 2 sujets en 1. Aimez vos enfants autant que vous pouvez
un sujet dramatique, une belle mise en scène originale assez statique pour donner plus de relief au drame qui se joue, des comédiens grandioses, une histoire universelle qui se déroule en Russie, un film passionnel, un drame sur la fin d'un amour qui se termine en tragédie. c'est absolument admirable et bouleversant
Bouleversant. Le film est d'une froideur tout du long, les sentiments explosent d'un coup en fin de film pour mieux disparaitre. Son meilleur film à mes yeux.