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Krebs
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4,0
Publiée le 22 octobre 2017
Un film russe sur le manque d'amour pour un enfant de 12 ans, qui n'était pas souhaité par ses parents et qui s'en rend compte... Excellent film psychologique : les personnages évoluent au fur et à mesure du film, on apprend à les connaître et à se faire une opinion sur eux, opinion qui elle-même évolue : sans rien dévoiler du film, on comprend par exemple mieux le comportement de la mère quand on connaît sa propre histoire. Les acteurs sont tous très justes dans leur façon de jouer, la tension dramatique est continue, et on ressort secoués de cette histoire, réellement émouvante.
En sortant de la salle, je me suis simplement dit : "Ouah, depuis combien de temps n'avais-je pas eu ce sentiment d'avoir découvert un grand film qui restera". Jusqu'ici, je n'avais pas été pas totalement conquis par le cinéma de Zviaguintsev. Force est de constater qu'ici, il m'a littéralement scotché. Le film prend une ampleur folle. C'est un film-monde, qui dépasse de loin sa propre histoire et dépeint tout un pays, tout un monde. Un chef d'oeuvre.
Magnifique film! Un couple qui se déchire et un enfant laissé pour compte sans famille avec des grands parents inexistants. Filmé en hiver avec des lumières "sombres", tous les acteurs jouent juste. Des films qui malgré le sujet boulversant nous apportent de l'humain dans un monde controversé. A voir absolument...
Un couple auto centré et en pleine séparation se déchire sans se préoccuper de leur fils de 12 ans… un poids pour les deux… aucun ne souhaite la garde considérée comme une privation de liberté. Les deux parents ont un amant et jouent déjà chacun le coup d’après ; et l’enfant ne fait pas partie du programme. Et là, c’est la scène la plus déchirante du film ; le jeune Aliocha que l’on découvre en pleurs étouffés derrière une porte s’ouvrant devant nous alors que ses parents se déchirent violemment. L’enfant découvre alors qu’il n’est pas considéré, il est quantité négligeable. Il disparait le lendemain. Mais là c’est à nouveau terrible, chacun de ses parents tellement obnubilés par son bonheur personnel naissant ne s’aperçoit qu’après 36 heures que leur fils a disparu !!! Eloquent, scandaleux, pénible à soutenir. Dans cette première moitié du film précédant la longue recherche du fils disparu, Zviaguintsev nous assène des scènes d’une rare violence individualiste : ses parents toujours sur leur smartphone ; les séances de confidences intimes avec l’esthéticienne ; les scènes de copulation, d’amour peut être ;.. Tant d’éléments qui prouvent une innocence sacrifiée sur l’autel de l’individualisme, de la société de consommation, et d’une société russe néo bourgeoise en perte de repère. Tous les éléments de la décadence consumériste de nos sociétés sont abordés de manière crue, âpre et rude par le réalisateur russe… Sans concession. Glaçant et monstrueux dans sa première moitié. Dans la quête de l’enfant disparu, très longue à mon goût, on espère que l’expérience de la perte d’un enfant va faire évoluer les géniteurs… on espère qu’ils deviennent parents… C’est long long… Et puis une ellipse aussi terrible que la première partie du film nous conduit 2 ans plus tard. Et un constat terrible : les parents n’ont rien appris de cette histoire : le père toujours insupporté par les gosses et la mère à l’image d’une Russie galopant sur place et égoïste. Le tout est donc noir et sans espoir : c’est terrible et peut être excessif. La mise en scène est virtuose, le film est truffé de choix artistiques du début à la fin. Des comportements nihilistes à l’excès selon moi et un gros tiers central du film longuet plombent un peu le film… mais un premier tiers de mise en place terrifiant mais passionnant. Prix du Jury à Cannes… Andréï Zviaguintsev : 4 films présentés à Cannes sur 5 films réalisés et un prix à chaque fois. Un film de plus pour un tableau à charge. Mon blog: tout-un-cinema.blogspot.fr
Tout débute pour le mieux : des plans d'une grande beauté nous montrant des arbres enneigés aux troncs curieusement entrelacés ou dangereusement courbés vers ce qui semble un lac. Pas la moindre présence humaine. Puis un enfant paraît, solitaire, sortant d'une école et traversant le bois découvert lors des premières images. On comprend alors la dimension symbolique de ce cadre à la fois splendide et significatif de la détresse éprouvée par l'enfant. Car il se dirige vers un ensemble résidentiel de la banlieue de Moscou où il va retrouver ses parents en instance de divorce et ne cessant pour l'heure de s'insulter, de s'adresser des messages d'une haine réciproque. Il doit vivre ou plutôt survivre dans cet enfer où sa seule arme demeure le silence. Jusqu'au jour où il disparaît, ce dont les parents ne s'apercevront que deux jours plus tard, trop accaparés chacun de leur côté par des relations extraconjugales. Rarement il nous a été donné de voir un film aussi terrifiant, aussi expressionniste et aussi convaincant dans la peinture désespérée des personnages mis en présence. Le réalisateur Andreï Zvyagintsev à qui l'on doit déjà plusieurs films salués par la critique nous livre un constat terrible de la société russe d'aujourd'hui. Le scénario fait du reste constamment référence à l'Histoire contemporaine du pays, en particulier par le biais des médias qui couvrent une actualité brûlante (le conflit russo-ukrainien, par exemple) ou la déforment à l'envi. La petite bourgeoisie à laquelle appartiennent les protagonistes fait l'objet d'une critique en bonne et due forme et le film présente une société dans laquelle l'enfant est devenu une gêne et un obstacle aux désirs égoïstes d'un couple. De même, le pouvoir retrouvé de l'Église orthodoxe russe est au cœur d'une vive dénonciation puisque le père de l'enfant travaille dans une entreprise dirigée par un orthodoxe intégriste qui n'admet pas de divorcés parmi son personnel. Enfin le rôle de la police y est critiqué puisque celle-ci renoncera très vite à poursuivre les recherches. Toutefois le film comporte, on le devine, une dimension universelle à travers cette peinture impitoyable de l'égoïsme des adultes et de la déréliction d'un enfant sans amour. "Faute d'amour" : tel est le titre français de cette œuvre hors du commun. Car c'est bien là le cœur du problème : le manque d'amour. L'enfant manque cruellement d'amour, mais les adultes aussi, qui ont substitué le seul plaisir physique à l'amour véritable et constructif. Zvyagintsev est en cela proche d'un Dostoïevski ou - pour rester dans le domaine cinématographique - d'un Bergman qui semble avoir considérablement inspiré le cinéaste. Le film est d'une beauté omniprésente, y compris dans les scènes et les lieux les plus sordides, mais il est également cruel. Or cette cruauté est rendue possible entre autres par une mise en scène d'une extrême exigence et un investissement permanent des acteurs. On n'oubliera pas certaines scènes déchirantes comme celle où l'on découvre au terme d'un plan superbement mené l'enfant pleurant de toutes ses larmes, caché derrière une porte au moment où les engueulades conjugales vont redoubler de violence. De même on supportera difficilement cette scène où la grand-mère du gamin s'oppose de la manière la plus sordide à sa fille, l'accablant de mille malédictions. Non, la société décrite par Zvyagintsev ne connaît ni la pitié ni le pardon. Un monde sans espoir où la neige immaculée cache la plus terrible des noirceurs.
On est dans la noirceur qui côtoie le sinistre qui se marie avec l’ennui. Quelle famille dramatique. A la sortie on a envie de se jeter sous une voiture.
Voulant dénoncer le capitalisme de la société russe et l'égocentrisme ambiant, Andrey Zvyragentesv nous livre un film souffrant de nombreuses longueurs. L'ambiance voulue est lourde et pesante après la disparition de ce jeune enfant de 12 ans qui va cristalliser la haine déjà bien présente dans cette cellule familiale. La mise en scène est parfaite avec ces personnages au jeu excellent mais il faut bien se rendre à l'évidence : le film est beaucoup trop long (la deuxième partie avec la traque de ce garçon est interminable). Un constat amer de la vie actuelle sous Poutine que j'ai trouvé moyen.
L’expression « Les âmes mortes » me semblait plus sophistiquée que le mot « rude » qui m’est venu d’emblée, mais si c’est bien du russe Gogol, il s’agirait d’une comédie, alors que pas du tout du tout concernant ces deux heures dérangeantes, mais excellemment menées. Deux parents en train de divorcer ne s’étaient même pas aperçus de la disparition de leur fils. Pendant deux heures nous suivons les recherches menées par une association dont le professionnalisme vient pallier les insuffisances de la police. Tout à leur ahurissement devant un comportement de parents manquant à tous leurs devoirs, les critiques mentionnent bien peu, en général, les personnages positifs. La violence des situations présentées laisse deviner des racines anciennes qui évitent d’incriminer seulement notre « époque-téléphone-portable » ou un seul lieu, la Russie, tant le propos est universel servi par des images très belles ; de la beauté des ruines. Vu avec retard, je remercie celle qui m‘a pressé de ne pas manquer le dernier film d’un réalisateur qui m’avait bien plu avec « Eléna » et « Léviathan » aux musiques déjà remarquables. A la sortie d’un tel bain d’eau glacée, les formules définitives viennent sur le clavier. La liberté est impossible quand l’amour envers les enfants n’est pas là où même les scènes filmées dans ce registre semblent désespérées. L’égoïsme rend la vie impossible : l’égoïsme nous scie comme égoïne. Est ce que les jeux de mots laborieux nous libèrent et nous mettent hors d’atteinte?
Grand film, dur, d'une mise en scène rigoureuse et glaciale. La société russe n'en sort pas grandie...ni la notre d'ailleurs ! Interprétation magistrale. Eut pu mériter la palme...
Un film que l'on n'oublie pas et qui nous hante plusieurs jours. Un sujet terrible. Des personnages dont on oublie qu'ils sont des acteurs. De très belles images.
Un regard froid mais un film qui a du coeur. Une mise en scène impressionnante porte un regard imparable sur le monde contemporain. Des longs plans panoramiques, maitrisés qui suggère l'enfermement. Beaucoup de plans de porte, d'écrans,de reflets. Des personnes qui ont du mal à se parler, qui essayent à peine. Remplacé par le culte du corps, ultime moyen d'expression dans un monde sans aspérité philosophique ou morale. Au dela du regard très critique du cinéaste sur le monde des adultes, il parvient à insérer de l'émotion dans son traitement clinique de l'égoïsme humain. Le plan tant commenté de l'enfant en pleurs est effectivement bouleversant et vous saisit tout entier. Le récit est sous-tendu par l'enquète autour de l'enfant et le mystère qui l'entoure, la conclusion est logique. Les acteurs sont bons, en particulier Martyna Spivak qu'on ne peut s'empécher de trouver antipathique et d'aimer à la fois.
Ce qui fait d'Andreï Zviaguintsev un grand cinéaste, c'est qu'il ne juge aucun de ses personnages. Tout est question de mesure, et de montrer l'homme dans ses retranchements. Quand il s'agit d'évoquer la culpabilité, c'est parce que justement personne ne semble l'être individuellement qu'en faite tous réunis on l'est un peu. En première ligne les parents, et un divorce houleux et définitif. Leur amour pour leur enfant est enfouis par leur désir de renouveau. Instantané d'une famille occidentale contemporaine, faisant l'unanimité critique car touchant du doigt le désarroi d'une société. Des parents ingrats qui vont toucher le fond, une empreinte au fer rouge qui signe l'arrêt de leur bataille. Un enfant s'est perdu, faute d'amour. *TOP 5 FILM 2017*
Depuis que je l'ai vu avec mon mari, un phénomène bizarre s'est passé à la maison. Il a détesté ce film, moi je l'ai aimé et.... On n'arrête pas d'en débattre ensemble. Preuve que c'est une oeuvre qui laisse une empreinte, qui marque, qui est riche. En tout cas, cela faisait longtemps que nous n'avions pas autant débattu du contenu d'un film et pour moi, c'est le signe que ce film mérite d'être vu, même si j'ai bien conscience qu'il peut déplaire par son refus du pathos et par son austérité, par sa peinture également sans concession d'une société gangrénée par l'individualisme et la recherche effrénée d'un bonheur qui - forcément- s'avère impossible à atteindre.
Dans un ville comme les autres de la Russie poutinienne, un homme et une femme comme les autres se déchirent au jour le jour, comme pour être sûrs que le divorce est ce qui leur conviendra le mieux. Dans l'appartement, qu'ils veulent désormais vendre pour pouvoir partir chacun de son côté avec un nouvel amour prometteur, cet homme veule et cette femme vulgaire ignorent leur jeune fils, Aliocha qui, "faute d'amour", pleure tout seul sa peur de manquer d'essentiel. Quand Aliocha disparaît, puisqu'il le faut, chacun dans son coin, l'homme et la femme participent aux recherches, comme à regret, comme du bout de l'âme. Faut faire vite car l'hiver vient, et on sait bien qu'en Russie, le froid ça rigole pas... On sort du film écoeuré, mais en nous décochant son direct à l'estomac Andrey Z fait oeuvre utile me semble-t-il. Dans les critiques négatives de ce film que j'ai lues ici, j'en repère une des plus intransigeantes (puisqu'elle ne met qu'une étoile) et lui concède une certaine pertinence. Elle dit que le film est complaisant dans l'étalage de l'ignominie, décidément trop plombant. C'est vrai qu'il est dur ce film, quoi que pour moi, il soit sans voyeurisme excessif ni complaisance.... Mais cette critique fait surtout à Andreï Z le reproche de se servir de séquences d'actualité télévisée sans équivoque, à la fin du film, pour prétendre que tout ce gâchis est un apanage de la Russie Poutinienne, alors que le manque d'amour est un apanage mondial. Je ne suis pas sûr que ce soit l'intention de l'auteur, mais en tous cas cet apanage est aussi français, certes, si on en croit Souchon qui chantait l'universel, dans notre pays en paix officielle :
"Toutes les guerres avec les deuils et... de l'avoir dans nos armoires !... On s'touche, on s'embrasse la bouche... mais tu vois pas qu'on s'aime pas ?"....
Il n'a pas tort dans un sens, ce critique, donc... Pourtant, je donne raison à Andrey Z qui étale le manque d'amour du début à la fin de son film comme un grand danger, caché derrière l'ordinaire, qui l'étale et l'installe comme le froid dans l'hiver qui s'avance. Il a raison Andreï Z, parce qu'il y a urgence à ouvrir les yeux, sauf à disparaître derrière l'avoir, le jouir et le d'abord-soi, sauf à s'évanouir comme un enfant perdu, comme Aliocha.... C'est sans appel, impitoyable et sans espoir au premier regard, l'âme russe et l'âme du monde sont mal en point. On a peut-être déjà franchi la ligne rouge, allez savoir. Il y a grande urgence. Il faut résister par l'amour, ne serait-ce que pour la beauté du geste, pour être des hommes encore un peu. Et donc il a raison, Andreï Zuyaquintsev.
Film beaucoup trop long!! Quel ennui!!. Description des protagonistes tous plus odieux les uns que les autres durant la première heure du film puis mise en œuvre des recherches menées pour retrouver l’enfant disparu la deuxième heure. Un sujet fort mais traité avec une telle froideur que le film ne parvient pas à captiver le spectateur.