Une vie cachée
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267 critiques spectateurs

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Christoblog

928 abonnés 1 811 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 12 décembre 2019
Pour apprécier ce nouveau Malick, il faut d'abord aimer l'ensemble de ses tics formels (certains diront son style) : montage cut à l'intérieur d'une même scène, personnages coupés au niveau de la tête, voix off omniprésente, longueur excessive, grand angle qui déforme, personnages dont on entend la voix alors qu'ils ne parlent pas, légère contre-plongée, soleil avec de petites étoiles, musique envahissante, montage qui mixe des scènes n'ayant aucun rapport entre elles, etc.

Pour ma part, l'ensemble de ces petits artifices me lassent et m'empêchent d'éprouver une réelle empathie pour les personnages, même s'il faut reconnaître ici une consistance au propos narratif qui avait disparu du récent cinéma malickien.

Je suis donc resté à l'extérieur de ce looong pensum (presque 3 heures), intéressant d'un point de vue formel, mais un peu gnangnan quant à son contenu, plein de bondieuseries et de bouillie poético-mystique.

Pour le reste, disons que les paysages et les travaux des champs sont très bien filmés et que l'acteur principal incarne son personnage avec tant de conviction qu'on ne sait pas trop s'il est la victime d'un entêtement maladif ou le vecteur d'une rectitude morale exemplaire. Un comble.
Hervé L
Hervé L

92 abonnés 719 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 12 décembre 2019
Un film beau mais lent et long sur un autrichien qui refuse jusqu a la folie de jurer fidélité à Hitler et qui se laissera tuer sans égards pour sa famille au vague prétexte d être martyr de sa foi. Les foutaises de la religion restent dangereuses et cachent mal l œuvre du démon....
William Dardeau
William Dardeau

36 abonnés 176 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 12 décembre 2019
Une vie cachèe est un film difficile à analyser et critiquer, mais je suis tout de même étonné du nombre relativement élevé d'avis négatifs qui voudraient dissuader d'aller voir cette oeuvre. Même si je conçois qu'on puisse ne pas entrer dans les différentes thématiques de Malick (Dieu, la foi, la nature, l'homme, le martyr entre autres), il faut vraiment ne pas aimer le cinéma pour ne pas être au moins impressionné par la beauté (et le mot est faible) du film. Mais si on est sensible à ces thématiques, et même prêt à en débattre, alors Une vie cachée devient un film très important, voire essentiel. Une des phrases du film donne le ton: le soleil se lève quand même sur le mal. Depuis La balade sauvage, et surtout Les moissons du ciel, Terence Malick a imposé un style et une façon de filmer immédiatement reconnaissable, et le premier plan d'Une vie cachée sur les montagnes autrichiennes est sa façon de signer l'oeuvre. Mais loin de se répéter, Malick veut aller plus loin que dans ses précédents films. De mon point de vue (mais il y a évidemment d'autres manières d'appréhender le film), le cinéaste veut montrer que l'éblouissement de la nature ne doit pas être confronté au mal (en l'occurence le nazisme): en d'autres termes il ne faut pas poser une question telle que: qui donc a créé de telles merveilles, et en même temps un homme capable des pires noirceurs ? Car pour Terence Mallick, grâce à des hommes tels que le héros du film, qui restent intransigeants face à la barbarie, le monde est vivable, et surtout mérite que l'on y vive. Les agnostiques trouveront certainement à redire sur la conception du monde de Terence Malick, mais c'est bien à cela que l'on reconnaît une oeuvre d'importance: faire discuter. Une vie cachée doit être considéré comme un film indispensable, à méditer longuement.
Joce2012
Joce2012

267 abonnés 773 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 décembre 2019
Ce film est très beau et très intense, un reproche c'est parfois un peu long et mériterait des plans un peu plus courts même si cette longueur intensifie les sentiments à voir !
traversay1

4 524 abonnés 5 439 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 12 décembre 2019
Ceux qui suivent Terrence Malick depuis le début de sa carrière (cela ne nous rajeunit pas) et qui ont été soufflés, notamment, par la beauté des Moissons du ciel, ont pour la plupart autant été autant surpris par son arrêt de réaliser pendant 20 ans que par la succession de films depuis son retour de plus en plus expérimentaux, contemplatifs et surtout "étouffe-chrétiens". Après le très pénible Song to Song, Une vie cachée propose enfin des retrouvailles avec la forme narrative via l'histoire d'un paysan autrichien, objecteur de conscience pendant la deuxième guerre mondiale. C'est vrai qu'il y a des éléments de récit exposés mais, finalement, Malick est bien dans la continuité de ses œuvres précédentes avec une mise en scène à la fois intime et travaillée façon grand angle, son lyrisme panthéiste et une voix off un brin moralisatrice. La durée du film est bien excessive pour une histoire intéressante mais, racontée principalement par son aspect moral et surtout prétexte aux grandes obsessions du cinéaste, en particulier le rapport à Dieu. Il y a de très belles choses dans Une vie cachée, à commencer par la splendeur de la campagne autrichienne, mais aussi le sacrifice de l'épouse du héros et d'autres scènes, isolées, qui consolent un peu d'un maniérisme et formalisme qui agacent quand même un peu quand ils sont aussi systématiques. Le plus étonnant, en définitive, c'est que malgré tous les motifs de regimber, avec un certain manque d'émotion au global, et le côté figé de son acteur principal, l'on sorte d'Une vie cachée plutôt reconnaissant, conscient d'avoir vu un film assez unique et grandiose dans son genre, difficilement comparable à d'autres cinémas. Quoiqu'on puisse penser sur le fond et la forme de ses longs-métrages, Terrence Malick restera sans doute dans l'histoire du 7ème art comme un réalisateur original, sincère et loin de la multitude des faiseurs qui composent le plus gros contingent des metteurs en scène du début du XXe siècle.
Humphrey D.
Humphrey D.

21 abonnés 17 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 12 décembre 2019
Un film de Malick est toujours la promesse à venir d'un plaisir visuel doublé d'une interrogation métaphysique qui lui confère les qualités d'un plat gastronomique aux saveurs subtiles et délicates, tenant par là plus de l'art que de la technique. Il peut arriver que la sauce manque de liant (À la merveille) ou de sel (Knight of cups), mais toujours demeure la garantie d'une fête gustative de haute volée. Dans Une vie cachée, ce plaisir est immense.
Malick est un cinéaste des hauteurs, et il le prouve en enracinant son film dans les montagnes autrichiennes dont les sommets touchent le ciel de leurs dentelles effilées. Hauteur de vue, hauteur d'âme, chez Malick tout devient Majuscule. L'anecdotique, l'événement contingent s'évaporent pour se transcender dans l'universel. Chaque geste, chaque attitude, chaque action perdent leur banalité pour se métamorphoser en topique, soit une catégorie générale .Ce glissement permanent de l'image vers le concept est certainement la marque de fabrique du cinéma malickien. Ainsi, le fauchage des blés devient l'idée du Travail, la main qui enfouit une pomme de terre celle de la Terre Nourricière, une paysanne qui se baisse et aide à ramasser les légumes d'une brouette renversée celle de la Solidarité, la vocifération d'un soldat nazi celle de l' Humiliation, et ainsi de suite. Tout le cinéma de Malick est conceptuel alors même qu'il met en jeu une physique des corps. Ici, les corps sont malmenés, qui par la dureté du travail de la terre, qui par les sévices imposés par les soldats allemands. Mais le chant de la terre les annoblit en leur restituant une grandeur et une solennité qui entre en résonance avec celles des paysages.
Parler de lyrisme est presque un lieu commun chez Malick, tant ses films ressemblent à des symphonies : images magnifiées par l'usage du grand angle, fusion de la Nature et de l'Homme dans un panthéisme généralisé, rapprochement permanent de l'idée de Beauté avec celle de Dieu. Car Malick est un croyant et la Foi un de ses thèmes récurrents. On suit ici le chemin christique de Frantz Jägerstätter, objecteur de conscience sous le nazisme, refusant de pactiser avec le Mal, emblématique agneau de Dieu dans sa volonté sacrificielle d'endosser les péchés du monde. Le mal court, disait Audiberti, et dans le film, il vient percuter l'ordre immuable et quiet de la vie pastorale du village de Sankt Radegund. Sur les prés verts et blonds de ces montagnes autrichiennes viennent s'amonceler les nuages menaçants du nazisme à la façon de métastases venant troubler le corps social et sa relative harmonie. Un refus de souscrire à une quête pour l'armée allemande nazie va initier l'hostilité des villageois à l'égard de la famille de Frantz, alors que lui seul a la vision de la nocivité et de la noirceur du danger à venir. Sa conscience intérieure va le mettre en position de rebelle et l'exclusion sociale va le frapper très vite. Mais à l'inverse d'un Christ prêchant et prosélyte, Frantz va se réfugier dans un mutisme obstiné qui va finir par le mener à sa perte. A-t-il valeur de modèle ? L'entêtement à défendre ses croyances peut-il se faire au détriment de son entourage ? La foi sauve-t-elle ? Où se trouve la ligne de partage entre égoïsme et honnêteté intellectuelle ? La spiritualité est-elle nécessairement synonyme de sacrifice ? Le film pose toutes ces questions sans jamais y répondre. Il suit le chemin de croix de Frantz, jusqu'à sa "crucifixion" finale dans ce Golgotha figuré par cette porte s'ouvrant sur le noir absolu d'une pièce où se dresse la guillotine. Dans cet itinéraire vers la mort, l'on trouve de la sorte une multitude d 'analogies bibliques : ainsi Bruno Ganz dans le rôle de Ponce Pilate, procureur en proie au doute mais condamnant à mort par une sentence lapidaire et sans appel; symbolique des 2 larrons dans cette cour de la décapitation où l'un d'eux posant sa tête contre l'épaule de Frantz et réclamant sa part de compassion et un reste d'humanité semble dire "Souviens-toi de moi quand tu seras dans ton Royaume" ; distribution du pain aux pauvres dans une scène de la Cène où Frantz donne son quignon à un prisonnier compulsivement affamé ; amour indéfectible de Fani, la femme de Frantz, sorte de Marie-Madeleine à l'engagement total et sincère.
C'est néanmoins dans l'énoncé des convictions de Frantz que le film joue sa partie la plus faible. Le mutisme qu'il oppose à tous ceux qui veulent lui faire abjurer sa foi et sa détermination , que ce soient les villageois qui cherchent à le convaincre de la traîtrise de sa position ou bien les geôliers nazis qui le torturent en voulant lui arracher sa part d'humanité, échappe à tout argumentaire et empêche le spectateur de s'identifier totalement à ce personnage qui jamais n'oppose une raison critique à ses détracteurs. Seule entend-on une voix off figurant sa conscience intime à s'interroger sur les malheurs du monde («Qu’est-il arrivé à notre pays ? À cette terre que nous aimons ? »). Cette désolidarisation de la parole et de l'action, qui est une des signatures de Malick, est à la fois une force et une faiblesse. Force car elle débouche sur la métaphysique, faiblesse car elle gelatifie l'action et les personnages en les désincarnant.
Reste la flamboyance de son cinéma qui, au-delà de ses tics bien connus (utilisation d'objectifs anamorphiques et grands angulaires, amour de la contre-plongée, voix off plutôt que dialogues), est un ravissement visuel de tous les instants. Chaque plan est un tableau, et on avance dans le film comme on déambulerait dans une galerie de peintures, à reconnaître l'angélus de Millet, ou les compositions pastorales de Claude Lorrain ou de Nicolas Poussin, quand ce n'est pas le clair-obscur de la peinture hollandaise (voir le très beau plan de la veillée funèbre éclairée par une bougie). En somme, du très grand art où le cinéma regagne ses lettres de noblesse par la magnificence de ses images et le rapt qu'il fait du spectateur en lui proposant un imaginaire que lui seul peut susciter. Que Malick en soit remercié.
tarmokeuf
tarmokeuf

9 abonnés 106 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 12 décembre 2019
Une fois de plus, mon réalisateur fétiche ne m'a pas déçu. La fluidité de la caméra, la lumière, la musique, le rythme, le montage, le casting impeccable, et l'incontournable voix off, bref on retrouve dans cette "vie cachée" tout ce qui fait le style Malick que j'aime tant et que ses détracteurs lui reprocheront en criant aux gimmicks... Comme dans l'ensemble de ses oeuvres précédentes, cette histoire sert de support à la quête toute malickienne de la vérité existentielle de l'homme et de son rapport à la nature, à la Création (au sens spirituel du terme plus qu'au sens religieux). Moi qui suis athée, cette spiritualité assumée, m'a une fois encore transporté (élevé ?) au point que quand les lumières se sont rallumées à l'issue des trois heures de projection, il m'a fallu un long moment pour retrouver mes esprits tant l'émotion ressentie était forte. Malick, par son talent (son génie, à mes yeux), a ce pouvoir de vous amener à l'essentiel, à l'essence même. Irrésistiblement, en séparant le bon grain de l'ivraie, en extrayant la musique de la vie du bruit de fond du monde (par exemple en ne traduisant pas les phrases en allemand dont le ton suffit bien à nous faire comprendre ce dont il s'agit), par petites touches sur les leviers de nos sens et de notre inconscient plutôt qu'en faisant appel à notre intellect, il nous guide, nous amène à l'émotion, au questionnement. Encore faut-il que le spectateur accepte pour un instant de laisser ses certitudes au vestiaire... De toute évidence, au vu de l'état du monde et à la lecture de certaines critiques, ça n'est pas à la portée de tous. Dommage.
poet75
poet75

298 abonnés 703 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 12 décembre 2019
Ils ne furent pas nombreux, ceux qui, en Allemagne comme en Autriche, eurent l’audace de dire non, d’une manière ou d’une autre, à Hitler et au nazisme. Oser faire cela, il est vrai, c’était, fatalement, le payer de sa vie. En Allemagne, du côté de Munich, il y eut Sophie Scholl, son frère Hans et leurs autres compagnons de la Rose Blanche. En Autriche, il y eut le parcours exemplaire de Franz Jägerstätter, un paysan du village de Sainte Radegonde qui fut guillotiné le 9 août 1943 à la prison de Brandebourg à Berlin. Il faut observer que celles et ceux qui s’opposèrent à Hitler le firent toutes et tous au nom de leur foi chrétienne. Franz Jägerstätter a d’ailleurs été béatifié le 26 octobre 2007 à la cathédrale de Linz.
C’est donc de cet homme-là que Terrence Malick a choisi de raviver le souvenir. Après sa série de films plus ou moins expérimentaux conçus à la manière de poèmes, de méditations, voire de prières, films sublimes mais qui pouvaient déconcerter certains spectateurs, le réalisateur de The Tree of Life renoue avec une narration beaucoup plus classique, mais sans se délester pour autant de son style, reconnaissable entre tous. On retrouve donc, dans Une Vie cachée, le goût du cinéaste pour les voix off, sa propension à filmer la nature, ainsi que de nombreux gros plans sur les acteurs qui semblent presque filmés avec une focale trop courte (mais c’est, évidemment, un effet voulu), etc.
Le début est on ne peut plus caractéristique. Comme dans la plupart de ses films, Malick commence par filmer la nature d’une manière quasi édénique. En quelques plans, nous sommes conviés à goûter la vie à la montagne du fermier Franz Jägerstätter (August Diehl), de sa femme Fani (Valerie Pachner) et, bientôt, de leurs trois filles, ainsi que de quelques autres personnages, dont la belle-sœur de Franz qui est venue vivre avec eux. La vie de paysan est rude, certes, mais, au départ, tout est filmé dans une sorte d’innocence première, comme s’il fallait ainsi souligner d’autant plus, par contraste, l’irruption du mal absolu, qui ne tarde pas à paraître.
Nous en avions déjà été averti, il est vrai, dès l’ouverture, par des films d’archives montrant avec quel empressement de nombreux Autrichiens accueillirent l’hitlérisme. On pouvait espérer, néanmoins, que le petit village de Sainte Radegonde resterait préservé de cette folie. Il n’en est rien. Personne ne peut se targuer ni d’être neutre ni d’être indifférent. Franz, lui, ne tergiverse pas. Il fait d’abord ses classes, puis, de retour chez lui, ne peut ignorer qu’on va exiger de lui, comme de tout homme en âge de combattre, un serment d’allégeance au Führer. Mais, au nom de sa foi comme de son humanité, il lui est impossible de se résoudre à un tel engagement. Dans son village, il se fait aussitôt remarquer et ostraciser. Quand des nazis passent par là pour réclamer à chaque habitant sa contribution à l’effort de guerre, il est le seul à refuser.
Dès lors, sa détermination est telle que rien ne peut l’en détourner. C’est bien l’itinéraire d’un martyr que filme Malick, il n’y a pas de doute, mais sans ostentation, sans prêchi-prêcha, comme certains se plaisent à le reprocher au cinéaste, à la sortie de chacun de ses films, de manière totalement fallacieuse. Au contraire, il y a dans cet homme, tel qu’il est ici filmé, une sorte d’évidence ou de simplicité, comme si la sainteté allait de soi. Pour le détourner de sa voie, certains reprochent à Jägerstätter son orgueil, alors que c’est son humilité qui, au contraire, nous interpelle. Plusieurs interlocuteurs interviennent pour le faire changer d’avis, y compris l’évêque du lieu qui se réfère à saint Paul affirmant qu’il faut se soumettre aux autorités. Le maire du village, lui, affirme à Franz qu’il est plus coupable que les ennemis du pays, puisqu’il agit comme un traître. Plus tard, quand il est emprisonné, il est sournoisement invité à signer son acte d’allégeance à Hitler, quel que soit son sentiment profond, même si celui-ci est contraire à la déclaration écrite. On ne lui demande pas d’aimer le Führer, mais de parapher un document. « Ce n’est qu’un bout de papier, lui dit-on. En ton for interne, tu peux penser ce que tu veux. »
Mais Jägerstätter ne peut se résoudre à cette hypocrisie. Terrence Malick film l’obstination d’un homme dont la droiture morale est sans faille et qu’aucun raisonnement, aucune intimidation, aucune torture ne font plier. En cet homme, tout comme d’ailleurs en sa femme Fani, il y a une bonté qui semble naturelle et qui se traduit, entre autres, par une absence de jugement d’autrui. Même ses bourreaux, Franz ne les juge pas. Le cinéaste réussit le tour de force de filmer la bonté sans maniérisme, sans mièvrerie d’aucune sorte. Car la force de l’accusé, ce qui lui permet de tenir jusqu’au bout, jusqu’au don de sa vie, cette force, il la puise dans sa foi chrétienne, sans nul doute, mais aussi, c’est évident, dans l’amour qui l’unit à Fani. Leurs échanges épistolaires, superbes, interviennent en voix off, à plusieurs reprises au cours du film. Malgré les épreuves, le mépris des villageois, la séparation du couple, la dureté des travaux de ferme en l’absence de Franz, malgré l’issue fatale qui se profile, l’amour ne faiblit pas. Ceux qui affirment à Franz que son sacrifice ne sert à rien, qu’il ne modifiera en rien le cours de l’histoire, qu’il ne sera connu de personne, qu’il n’aura d’autre effet que de faire du mal à ses proches, ceux-là ne savent rien de la grandeur de l’amour. « L’amour excuse tout, croit tout, espère tout, supporte tout. L’amour ne passera jamais… », écrit saint Paul dans sa Première Lettre aux Corinthiens (13, 7-8). Les bourreaux de Jägerstätter avaient tout prévu, sauf cela. Une phrase de George Eliot, tirée du roman Middlemarch, phrase projetée sur l’écran à la fin du film, le dit aussi à sa manière et l’éclaire de sa douce lumière : « Si les choses ne vont pas aussi mal pour vous et pour moi qu'elles eussent pu aller, remercions-en pour une grande part ceux qui vécurent fidèlement une vie cachée ».
Loïck G.

397 abonnés 1 840 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 12 décembre 2019
Il est dommage que le réalisateur joue sur les rallonges et un maniérisme parfois souligné dans son cadre. Que c’est long … Car l’histoire qu’il nous suggère plus qu’il ne la raconte ( les thèmes réflexifs, moraux, philosophiques ne manquent pas … ) est d’une universalité bouleversante, qui prend à nouveau pour socle le nazisme et ses déviances humaines. Terrence Malick n’en démord pas. L’homme doit son salut à une foi inébranlable en un dieu, ici jamais nommé. « Il » est, comme celui de Franz Jägerstätter qui par force et conviction refusera toujours de prêter allégeance à Hitler. L’homme s’engage alors sur un chemin christique filmé jusqu’à l’intimité révélatrice d’une profondeur d’âme exemplaire. Le portrait n’est pas si courant, il demeure exemplaire.
Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
Tumtumtree
Tumtumtree

203 abonnés 587 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 17 décembre 2019
Un film assurément clivant... Les détracteurs de Malick y verront sans doute une œuvre trop longue, hautaine, un fumeux poème visuel fondé sur un destin inepte. Les traumatisés de Tree of life retrouveront leur hantise : une vie familiale entrecoupée d'incessants plans de ciel, d'arbres, de montagnes, de rivière, sur un fond de musique continue et de paroles invoquant Dieu le père... Certes, certes... Mais reconnaissons que Malick tente ici un biopic d'une ambition rare, qui creuse les temporalités, les relations humaines, les motivations les plus profondes. La mise en scène semble rechercher partout (dans les champs, le village, la caserne, la prison, les villes, les tribunaux, etc.) une forme de relation organique à son sujet et à ses motifs. Les montagnes autrichiennes et ses intérieurs rustiques sont superbement montrés ; on sent que cette vie quotidienne rurale l'a absolument passionné. Les figures humaines, des plus tendres comme les deux petites filles aux plus féroces, concentrent la même attention. Les langues donnent lieu elles aussi à un traitement singulier : comme beaucoup d'Américains, Malick fait parler en anglais des êtres qui ne le sont pas, mais il introduit régulièrement des passages en langue originale (allemand, italien...) laissés non traduits. Sur le fond, Malick propose une variation dans la suite de la "Ligne rouge". En Europe cette fois, il interroge ce basculement du temps de paix vers la guerre, de l’enrôlement dans la haine contre la résistance idéologique, d'un acte symbolique que seuls Dieu et soi-même peuvent connaître dans une guerre qui règle chaque jour le sort de millions d'hommes. Le cinéaste est alors confronté à l'éternelle question de son cinéma : l'existence du mal dans un monde qui aurait été créé par Dieu. Et pour cela, il revient lentement mais sûrement au cinéma plus scénarisé et presque accessible avec lequel il avait malheureusement rompu ces dernières années. Encore un petit effort pour faire plus court et le prochain film sera aussi beau que Badlands... ----- Après avoir vu ce film une seconde fois, j'ajoute une étoile... Ce long tunnel de 3h, plein d'incertitudes, gagne à être revu : on en saisit bien mieux les lignes de force et on en apprécie bien plus les meilleurs moments. C'est une œuvre unique, d'une ambition folle, malgré ses défauts...
garnierix

307 abonnés 604 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 12 décembre 2019
« Si les choses ne vont pas si mal pour nous aujourd’hui, c’est notamment grâce à ceux qui vécurent fidèlement une vie cachée et qui reposent dans des tombes que personne ne visite plus ». C’est la citation (approximative) tirée de George Eliot à la fin du film ––et qui ne le résume pas, car elle lui est supérieure (parlerait-on de ce fermier exécuté par Hitler s’il n’avait pas été béatifié par Benoît XIV ?). Le film s’inspire donc de la vie d’un petit objecteur de conscience, Franz Jägerstätter, qui refusa de servir dans l’armée allemande, jusqu’à en mourir en abandonnant tout, dont femme et enfants, malgré son amour pour eux. « S’inspire » parce qu’on doute que, dans la réalité, les ouailles de Hitler aient pris autant de précautions et de temps pour l’éliminer. Mais il fallait que Terrence Malick ait le temps de déployer tout son art pour en faire une symphonie (trois heures de film). Et c’est bien qu’il ait pris ce temps : ce film est comme un ralenti augmenté de la douleur de vivre, magnifié (contrasté en permanence) par la beauté qui pourtant nous entoure (la nature, l’amour). Il fallait bien sûr l’œil et l’oreille de Malick pour se saisir du sujet et nous en enivrer jusqu’à l’écœurement. Christique ––Malick a trouvé un Christ à filmer. Tout est dit dès les premières minutes quand une voix off murmure « on vivait au-dessus des nuages » (c’est-à-dire pas sur terre). A partir de là, c’est une longue symphonie égrenant des réflexions qui nous concernent tous : la patrie, la communauté, la famille, Dieu, la reconnaissance du bien et du mal, la résistance, la conscience, la lâcheté, le sens du sacrifice, l’art. Symphonie aussi d’images et de sons que vous avez encore en tête en sortant de la salle, en même temps que les questionnements. Evidemment, ce film n’est pas un divertissement, ni un thriller. Ce n’est même pas un film où l’on pleure, bien qu’il y ait de quoi pleurer ––le seul moment où Malick se laisse aller est à la fin, avec un gamin, peut-être homosexuel (parce que les nazis ratissaient large dans leur haine des autres), qui embrasse Franz avant la guillotine, lequel lui rend son baiser. Ce film est une méditation. Le message le plus poignant et le plus révoltant du film reste un message qu’il ne formalise pas mais qui est clair : finalement les pires monstres de notre société, ce sont les moutons. A.G.
Fêtons le cinéma

861 abonnés 3 736 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 12 décembre 2019
Que le titre tire ses trois mots du roman Middlemarch de George Eliot ne relève pas de la coquetterie littéraire ; non, ça dit tout. L’article indéfini situe d’emblée les destins que nous allons suivre sous le signe de l’anonymat grandiose, ce même anonymat qui apparaît comme la condition sine qua non du faithfully dans lequel résonne la foi véritable. Car ce que met en tension Une Vie Cachée, c’est avant tout deux modes de croyance définis par leur antinomie : d’une part, le protestantisme vécu à échelle familiale et dégagé de ses lourdeurs théoriques – incarnées en partie par le personnage de Tobias Moretti –, soit une foi qui se ressent à mesure que les pieds foulent la terre ou sont picotés par les blés, que les corps s’enlacent et se baisent, que les mains réunies se lèvent vers le ciel ; d’autre part, le nazisme qui s’enracine dans une violence protocolaire déshumanisante et qui a besoin d’objets matériels pour s’exprimer : drapeaux, saluts, costumes et insignes militaires. Et s’il oppose sur le plan physique et visuel ces deux réseaux de croyance, Terrence Malick va plus loin, construit par sa mise en scène un rapport à l’espace nettement différencié, traduction par l’image et le mouvement de la Weltanschauung propre à chaque camp. Franz Jägerstätter et sa famille sont en communion avec le ciel et la terre, leur rapport au monde se manifeste par sa verticalité, si bien que l’époux disparu se réincarne dans les montagnes ; il reste à jamais, pour les siens, un roc. En revanche, les officiers nazis organisent l’espace selon un découpage horizontal et chiffré : des condamnés à mort sont alignés sur un banc, deux étages d’une prison se superposent, puis ce sont leurs portes ornées d’un numéro. Le salut hitlérien regarde devant soi, les mains du croyant contemplent l’au-delà. La campagne autrichienne ne connaît pas le nombre, elle sème par poignées, elle cueille elle ramasse elle épluche elle décortique. La ville, quant à elle, on y entre en donnant son nom à un soldat qui l’inscrit minutieusement sur sa feuille. Et la paperasse ne fera que croître, jusqu’au tribunal. Légèreté des corps dans un décor de rêve, pesanteur de l’enchaînement. S’il est une fresque historique où s’affrontent liberté intérieure et soumission extérieure, Une Vie Cachée est avant tout un drame climatique et mystique qui plonge son personnage principal dans les tourments d’une foi qu’il n’a pas choisie et dont il ne peut se soustraire. Les agissements de Franz, nous les saisissons sans véritablement parvenir à les comprendre : pourquoi s’accrocher ainsi à ses convictions de justice et d’équité alors qu’il suffit de feindre, de rentrer dans le rang ? Cette interrogation en dit long sur notre aliénation, du moins sur notre propension à courber l’échine devant la contrainte afin de ne pas en subir les conséquences. Aussi l’entêtement de Franz traduit-il la démarche artistique du cinéaste qui trouve ici l’occasion d’affirmer l’engagement de son geste. Filmer les champs, les forêts dans le brouillard, l’onde, ce n’est pas de la paresse. Ou un tic qui signerait la toile du maître. Non. C’est un acte de foi, un cri de révolte lancé à l’encontre des asservissements et des servitudes. Malick pense le retrait non pas comme le conservatoire d’une lâcheté, mais au contraire comme le lieu d’une retraite où méditer sur le monde, où transmettre et ainsi sauvegarder un art de croire et de vivre en accord avec la nature et les besoins de chacun. Cette retraite, ou « vie cachée », n’a pas d’endroit strictement délimité : la campagne se mue rapidement en champ de bataille sur lequel l’épouse et sa famille subissent les assauts répétés de la rumeur, la ville vit au rythme des sirènes et des bombardements. La seule nécessité de la retraite réside dans l’amour porté à son prochain, dans ce baiser entre un mari et une femme ou entre deux condamnés à mort attendant leur exécution. Plus largement, la « vie cachée » perdure aussi longtemps que les corps se touchent, se réconfortent, s’unissent en somme, cessant alors d’être des automates. Le montage privilégie des plans brefs et coupés avec suffisamment de netteté pour créer un rythme saccadé : des poussières d’instants existentiels germent sous nos yeux, ne prétendent guère épuiser la vitalité de ceux qui les soufflent. Rares sont les œuvres à réussir l’illusion d’autonomie de leurs protagonistes, cette impression que la caméra n’a su saisir que des bribes d’une vie qui continue encore là maintenant. Entre les coupes, entre les fondus au noir, du temps humain. Avec Une Vie Cachée, Terrence Malick raccorde la foi à ce qu’elle a de plus solitaire et paradoxalement de plus communautaire, rappelle que la vie ne vaut que par le sens qu’on veut bien lui donner puis défendre, au prix fort s’il le faut. La sublime partition que compose James Newton Howard emporte vers les sommets une œuvre suffisamment majestueuse et virtuose pour saisir les reflets d’au-delà dans les paysages qu’il capte, dans les figures qu’il embrasse, dans le mouvement avec lequel il communie.
Remi S.
Remi S.

20 abonnés 135 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 11 décembre 2019
Au cours de mon voyage cinéphile, Terrence Malick s'est rapidement inscrit comme mon cinéaste préféré ! Ses films me parlent, me font voyager, et me font ressentir cette sensation de plénitude et de beauté assez indescriptible, *The Tree of Life* s'avouant comme le plus beau film qui m'a été donné de voir. Graphiquement parlant, on pourrait voir à travers sa filmographie une montée au fur et à mesure de ses tentatives d'expérimentation et de renouveau narratif. Des films comme *La Balade sauvage* ou *Les moissons du ciel* s’inscrivent comme accessibles et assez académiques dans leurs narration. Mais celle-ci se développent et se complexifie au fil du temps, avec un renouveau net dans *Le Nouveau Monde*, ou encore plus dans *The Tree of Life*. Inévitablement à force d'augmenter et se renouveler dans son art, Malick aurai atteint une certaines limites d'appréciation, qui va s'avouer plutôt intéressante à ne pas dépasser ( à moins que certains l'ai dépassé ). Je pense donc aux métrages *A la merveille*, *Knight of Cups* et *Song to Song*.
Avec *Une vie cachée*, Malick inverse t'il la courbe artistiques de ses films, pour revenir à ce qu'il à fait de mieux ? Est-il enfin de retour dans son cinéma le plus beau et le plus parlant ?

Sans être non-plus son film le plus percutant, Terrence Malick signe avec *Une vie cachée* une oeuvre très belle et fais sonner les cloches de son grand retour dans le meilleur du cinéma d'auteur Américain. Une immersion magnifié dans l'histoire vraie de Franz Jägerstätter, paysan autrichien, qui en 1938, à refusé de rejoindre les rangs du Troisième Reich. Un grand acte de courage, qui le conduira à être emprisonné à Berlin loin de sa femme, de ses enfants et de sa campagne natale.

Au sein des montagnes et de la nature autrichienne, le petit village de Radegund. C'est ici que vit Franz ( August Diehl ), sa femme Franziska ( Valerie Pachner ) et leurs trois enfants. Ils sont agriculteurs et fervents pratiquants religieux. Ici, l'agriculture se fait à la manière ancestrales. Au pied des monts et des forets couvert par le brouillard, Franz et Fraziska travaillent dur et s'aiment plus que tout ! Mais loin de cette innocence et de la beauté naturelle de la campagne, l'Allemagne ainsi que nombreux pays aux alentours, s’effondrent dans le totalitarisme nazis. Franz Jägerstätter l'a compris, de ce qu'il à pu connaitre lors de ses classes militaires, il ne combattra pas au nom d'Hitler et de la haine nazis. Les doutes et le mépris des villageois de Radegund, autrefois simples et bienveillants, vont vite se ruer sur Franz et sa famille. Dans ce choix de ne porter allégeance à Hitler, Franz va entraîner sa femme et ses enfants au premier plan des regards endoctrinés et perdus des villageois de Radegund.
Que faire lorsque les amis d'autrefois vous rejettent ? Que faire lorsque même l'église se range au coté de l'idéologie totalitaire et renie Franz, qui est pourtant un croyant endurcie ?
Franz, Franziska et leurs enfants ne forment qu'un bloc, qu'une seule entité ne jurant que par dieu, l'amour, la bonté et rejetant la haine environnante. Malgré les pressions de sa sœur, de sa belle-mère et de la population de Radegund, Franziska aimera pour toujours Franz et ses convictions. Quoi que le futur apportera en bon et en mal.

La lettre de convocation tant redoutée arrive. Franz ne peut échappée à y aller, mais ses convictions de rejet du mal le suivent et le maintiendront toujours vers la lumière durant ce long voyage, dans le couloir inévitable de l'emprisonnement, de la violence et de la mort. Le libre-arbitre existe toujours en lui, malgré les pressions et les doutes. Le bois des chalets est rapidement remplacé par la pierre usée des murs et la ferraille rouillée des lits, au sein des deux prisons successives. L'être unique formé par la famille au sein de la nature autrichienne se divise. Une partie toujours en campagne, l'autre réprimandée par des nazis entre 4 murs. Bien que divisé, l'amour et la beauté sont toujours présent, à travers les nombreuses lettres et la foi perpétuelle du couple vers les cieux. Avec le peu le lumière qui traverse la cellule sombre, Franz arrive à s'en remettre complètement à dieu, ignorant supplices physiques et tortures morales. Qu'il soit objectivement libre ou emprisonné, Franz est un homme bon. Le partage, la prière et le rejet du mal continue d'exister en lui à la prison. **Son physique est certes menotté et frappé par les gardes, son esprit quant à lui est ailleurs.**
Mais certaines interrogations religieuses sont toujours semés entre les prisonniers dépourvus d'espoir. Dieu les a-t'ils laissés pour compte ici, entre les mains du diables ? La mal est-il simplement une création de Dieu qui à le mérite d'exister ?

Le couple peut une dernière fois se revoir, quelques jours avant la l’exécution de Franz. L'être pourtant unique et bon formé jadis, ne peut s’entremêler dans ce rendez-vous quadrillé par les gardes. Des derniers mots d'amour et de compréhension l'un l'autre, avant l'ultime regard et le dernier baiser. Un geste d'amour encore une fois rapidement rompue. L'amour et la beauté n'a pas sa place ici, dans cette antre du mal et de l'horreur.
Mais y'a t'il au moins une personne portant allégeance au mal, qui pourrait s’interroger sur les convictions et la personne de Franz ? Peut-être le juge Lueben ( Bruno Ganz ) qui dans une entre-vue rapide dans son bureau avec le prisonnier, aurait été touché par la lumière. Mais la réalité des choses et sa position dans la pyramide nazis l'a emmené à choisir comme jugement final, la mort.
Le long couloir prend bientôt fin. Des regards et un baiser avec les autres condamnées, à quelques minutes de mourir. Un personnages intriguant, aux airs de Jésus, allant à la guillotine sûr de lui et fier de ses convictions. C'est ici alors que prend fin l'humanité ? L'au-delà est surement plus beau. Franz retrouvera sans doute bientôt sa femme et ses enfants, au sein de la nature et des montagnes. La lumière les éclairant pour toujours.

Pour adapter cette histoire cachée, Malick fait appel à son style sensoriel parfait. Les phrases et les poèmes semés dans ce fabuleux récit. Le grand angle pour magnifié la nature, les ombres, la lumière et les êtres. Comme à son habitude, il y'a une importance sur les mains qui s’entremêlent, se frappent et éprouvent le remords. Mais aussi les visages marqués par l'endoctrinement, la tristesse et l'amour. Emmanuel Lubezki, chef op de Malick depuis *Le Nouveau Monde* en 2005, n'a pas été rappeler par le maître. C'est au tour de directeur de la photographie allemand, Jörg Widmer de faire ses preuves. Evidemment c'est extrêmement beau, mais le style ne change pas non plus de celui de Lubezki. D'ailleurs Terrence Malick n'en à pas fini à les expérimentations de réalisation. Apres la Go-Pro dans *Knight of Cups*, c'est la caméra à la première personne qui arrive dans *Une vie cachée* pour nous immerger encore plus dans le film.

Pour revenir sur quelques petits défauts du long-métrage, il faut avouer en grande globalité que le film n'est pas aussi percutant que certains de ses anciens travaux cinématographiques ( assez étonnent par rapport à son récit ). Une première heure plutôt faible, même si le film prend rapidement son envol par la suite. La musique de James Newton Howard que je trouve de même peu marquante, alors qu'évidement chez Malick la bande-originale est importante pour le ressentie. Et pour finir, j'ai inévitablement envie de revenir sur cette question de la langue. J'avoue ne pas trop comprendre la volonté de Terrence Malick de faire parler le couple en anglais, et le reste en allemand ( de même pour ne pas vouloir traduire les scènes allemandes ). Une impression bizarre comme si l'allemand c'est mauvais, et l'anglais c'est bien.

Pour autant Malick signe son grand retour au film historique et à son style de toujours, dans une narration linéaire aux allures sensoriels et inventives. Au sein de la campagne autrichienne, la famille Jägerstätter touché par la foie, l'amour et le respect de la terre et des ancêtres, face à la haine grandissante et la fin certaines de l'innocence, et de la beauté de l'homme.
Franz Jägerstätter sera béatifié et considéré comme martyr par le pape Benoit XVI, prés de 60 ans après sa mort. Une vie qui s'avoue, comme celle de milliers d'autres, cachées dans l'ombre de l'histoire.
rimalo
rimalo

3 abonnés 5 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 11 décembre 2019
Chef d'œuvre absolu
Très belles lumières paysages superbes accompagnées d'une musique envoûtante
malgré la longueur du film on ne s'ennuie jamais alors que des questions essentielles sont posées
a méditer
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 11 décembre 2019
Paysages autrichiens saisissants, acteurs impeccables, dialogues minimalistes et tension dramatique crescendo. Mais c'est beaucoup trop long ! Est-ce pour donner un air d'éternité ?
Une allégorie cachée ? Un avis très mitigé.
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