Les péplums, films se déroulant dans l’antiquité, ici romaine, ne manquent pas et ont eu leur heure de gloire dans les années 1950’ (une trentaine) et 1960’ (presqu’une centaine). « Gladiateur » a le mérite de réactiver le genre (une dizaine dans les années 2000’). Comme « La chute de l’empire romain » (1964) d’Anthony Mann, il débute en 180, soit à la fin du règne (161-180) de l’empereur Marc-Aurèle (l’Irlandais Richard Harris, 70 ans), de la dynastie des Antonins, également philosophe stoïcien [« Pensées pour moi-même » (170-180)] et qualifié de dernier empereur de la Paix romaine, et auquel succède son fils, Commode (l’Américain Joaquin Phoenix, 26 ans) qui régna pendant 12 ans (180-192) et qui n’hésitait pas à combattre dans l’arène. Inutile de rechercher une vérité historique sur la mort du père et du fils, ni une réflexion politique sur Rome, car le talent de Ridley Scott réside dans l’exécution des scènes d’actions (filmées en Panavision) ; la première, bataille contre les Germains (tournage pendant 6 semaines, en Angleterre, en hiver), gagnée par le général Maximus (le Néo-Zélandais Russell Crowe, 36 ans), est époustouflante (nombre de figurants, jets de flèches et d’objets incendiaires, montage ultra-court, ralentis, gros plans). Idem pour les combats de gladiateurs, à Zucchabar, en Maurétanie césarienne (dans l’actuelle Algérie et tournage au Maroc) puis au Colisée de Rome (tournage à Malte). Le scénario reprend les trames narratives classiques, mêlant victoire, chute, trahison, vengeance, mais, étonnement, sans sexe [le différenciant de la série télévisée américaine (genre « Fantasy ») de HBO (2011-2019), « Le trône de fer », « Game of Thrones » des anglophones. D’où les nombreuses récompenses (5 Oscars, 4 BAFTA et 2 Golden Globes)].