Comme des rois séduit d’abord par son duo central : Kad Merad et Kacey Mottet-Klein forment un tandem touchant, plein de maladresses, de tendresse et de tension retenue. Leur relation, aussi bancale qu’attachante, donne au film sa colonne vertébrale émotionnelle. On sent une vraie humanité dans ce portrait familial, une manière de capter la dignité fragile de personnages en galère sans jamais sombrer dans le pathos. Le mélange entre drame social et touches de comédie fonctionne plutôt bien, offrant quelques moments justes et lumineux.
Mais malgré ces qualités, le film peine à pleinement convaincre. Le rythme, déjà, est souvent inégal : certaines scènes s’étirent inutilement et finissent par donner une impression de mollesse, de film qui avance à petits pas. De plus, l’intrigue reste très prévisible, sans véritable surprise ni montée en tension, ce qui affaiblit l’impact émotionnel que le film essaie d’installer. On devine trop facilement où chaque arc va nous mener.
Enfin, il y a cette sensation de manque d’ampleur, comme si Comme des rois n’osait jamais vraiment dépasser son cadre réaliste et modeste. Pour certains, cela participera de son charme discret ; pour d’autres, cela donnera plutôt le sentiment de regarder un téléfilm appliqué mais sans souffle, un film qui aurait pu aller plus loin dans son propos social ou son intensité dramatique.
En somme, Comme des rois reste un long-métrage sincère, porté par deux beaux acteurs et une vraie sensibilité. Mais son rythme lent, son scénario trop sage et son manque d’envergure limitent sa portée. Agréable, touchant parfois, mais pas vraiment marquant.