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Laurent C.
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3,5
Publiée le 15 octobre 2017
Elle est écrivaine. Loin des écrans parisiens. Sous le ciel bleu de la Ciotat, elle anime un petit groupe de jeunes adultes, issus de l'immigration pour la plupart, et majoritairement masculins, qui s'essayent à la littérature. Une nouvelle fois, Laurent Cantet s'attaque à un sujet risqué. Celui d'une jeunesse qui pense certes, mais surtout qui perd le sens, l'espoir et qui se réfugie dans les pires radicalismes. Le film s'ouvre sur un jeu vidéo où un héros gravit des montagnes et domine le monde. Curieuse image qui petit à petit, prend tout son sens dans le périple psychologique et artistique de ce jeune Antoine. Le réalisateur choisit un style volontairement épuré. On est presque dans le documentaire, même si parfois, quelques musiques de fond, rappellent le caractère fictif de son œuvre. Le réalisateur refuse le manichéisme. La subtilité des trajectoires personnelles prend le pas sur le risque de la démagogie qui hante chacune des scènes. Si l'affiche vante comme une citation qui ne dit pas son nom le réalisateur d'"Entre les Murs", le film a gagné en silences. On est loin du tapage parfois exubérant des jeunes collégiens. Les jeunes gens filmés ici échappent à la caricature. Ils pensent, ils se dépensent aussi sur les bords de mer, ils essayent de se construire une idée dans un monde qui les rejette ou qui se méfie de sa jeunesse. Le film est dur et par bien des aspects fait penser au vertigineux "Elephant" de Gus Van Sant, à travers le portrait de ce jeune Antoine, au bord du vacillement. Marina Foïs dont le talent est indiscutable s'empare de ce personnage de romancière avec humilité, précision et beauté. Elle parvient à faire surgir dans ses yeux, la beauté d'un regard qui cherche à comprendre, qui s'oppose ou se défend sans jamais verser dans la colère. "L'Atelier" demeure un beau film, urgent pour mieux comprendre le gouffre de brutalité qui menace une certaine jeunesse.
Un film formidable, thriller psychologique pesant, joué juste, et qui suscite outre une réflexion sur notre monde contemporain, une réflexion sur ce qu’est créer. C’est l’anti-plus belle la vie.
J'ai trouvé ce film très bien dans l'ensemble. C'est bien vu, intrigant, juste et sensible. On sent bien le malaise général d'Antoine. Aussi l'écrivaine se sent bien concernée par ce jeune homme curieux et en souffrance. Ce qui est bien également c'est que ce film parle de la ville de La Ciotat, au passé et aussi au présent (concernant l'activité portuaire).
Prenant le prétexte d’un atelier d’écritures destiné à de jeunes garçons et filles en insertion professionnelle, Laurent Cantet imagine avec habileté les affres de la création littéraire qui ne sont pas sans rejoindre ceux du septième art. Mais il le fait sans pontifier, bien au contraire, laissant entendre et voir une histoire dans laquelle le vieux port de La Ciotat retrouve sa superbe, et des élans de générosité dans une mise en scène qui quand elle penche parfois un peu trop sur le réalisme du documentaire s’arc boute à la bonne vieille technique du trompe l’œil. Quand on ne sait plus trop qui du roman ou du script façonne le scénario, l’héroïne rebat ainsi les cartes jusqu’à devenir un autre personnage désarçonné et baissant la garde devant un jeune homme qui la stupéfie. Marina Foïs, confirmation et Matthieu Lucci, révélation, n’étaient pas fait pour se rencontrer, mais le cinéma nous prouve joliment le contraire. Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
Marina Foïs incarne une écrivaine animant un atelier d'écriture à La Ciotat auquel participent un groupe de jeunes suivis par la Mission Locale, dans le but qu'ils rédigent un roman noir. Elle est interpellée par l'un d'entre eux, exprimant des idées qui l'interpellent et qui s'intéresse également à elle. J'ai trouvé ce film réussi, il mélange les genres en ayant un important aspect social et en introduisant du suspense dans une moindre mesure. L’interprétation générale est très bonne, les acteurs faisant preuve d'authenticité. J'ai eu l'impression que ce long-métrage décrivait bien une certaine jeunesse, avec un monologue final qui m'a semblé tristement réaliste.
simple regard sur une jeunesse sans jugement re ou explication. on dirai presque un reportage pu seul ont droit à une histoire en dehors de l atelier de lecture et f écriture.. beaucoup d discours en plus d une contemplation .un peu lent mais intéressant .
Ce film est tout simplement un petit bijou auquel on ne s'attend pas. Très peu de promotion pour ce petit film sans ambition et pourtant. Que de talents. Entre une Marina Foïs encore une fois au sommet et un jeune talent à suivre sans aucun doute, Matthieu Lucci, ce film nous entraîne dans les profondeurs de la Ciotat et de son chantier naval.
Cette romancière connue va donc participer à ce stage d'écriture avec des jeunes dits en "insertion". Mais c'est vraiment entre Antoine et Olivia que vont se cristalliser les émotions, les joutes et les réflexions. Car tout le groupe va rapidement s'opposer à Antoine, non tant pour ses idées mais pour la façon dont il les exprime. Ce dernier oscillera entre provocations et développements construits qui invalide la théorie première des autres membres du groupe qu'il n'est qu'une baltringue d'extrême-droite. Au contraire, comme Olivia va vite s'en rendre compte, Antoine est bien plus que ça. Ce qui va bien sûr autant la repousser que l’intriguer.
Le casting est vraiment porté par cette pépinière de jeunes talents, tous originaires de la Ciotat (les accents ne trompent d'ailleurs, ce qui nous vaux une belle remarque sur l'accent parisien de M.Foïs d'ailleurs). Foïs joue ainsi une parisienne habituée aux cercles mondains toute en sobriété, ce qui est assez dommage car on aurait pu insister sur l'opposition de leurs milieux. Pour le reste et c'est assez étonnant (dans le bon sens), les presque 2 heures passent sans qu'on le remarque bien qu'on passe de longues minutes à admirer le paysage.
Vu en avant-première, c'était vraiment un régal et je le conseille vivement.
Film avec un dispositif faussement simple d'un Atelier d'Ecriture destiné à donner à des jeunes en déshérence un moyen de bâtir in projet collectif . Beaucoup d'installation d'écritures , de suggestions contradictoires , d'inimitiés d'où surgit un Antoine têtu , avec une violence immergée qui délivre un texte assez âpre et abrupt. Entre l'écrivain ( Marina Foîs opaque ) et Antoine , va se nouer , en toute innocence , une relation trouble qui va ouvrir le document à la fiction . L'un et l'autre se jaugent , s'espionnent , font du hors cadre , jusqu'à un acte violent surgisse aux portes de l'Angoisse . Tandis que le monde de Marina , faite de causes à effets , s'effondre Antoine deviendra un Héros Camusien , enfoncé dans une solitude extrême et presque invisible , dans une voix blanche dira la vacuité d'un acte si violent soit -il . Laurent Canter, sans didactisme , va faire surgir cet élan vital contenu en chacun et porteuse de fiction . Marina Foîs , en inconfort total , parfois bât bleue et bien pensante va devoir imposer une femme paumée , en perte de repère avec un Antoine transformé . Laurent Canté a éclairé nos consciences et nous a débranché de nos automatismes par un mécanisme très étrange de regarder autrement l'Autre . Bravo et nécessaire à tous les pédagogues , aux MJC et aux accompagants de la Jeunesse de tout poil.
Verbeux, quoique ce soit un peu normal vu le thème titre : un atelier d'écriture. Mais c'est peu littéraire et surtout c'est lent et soporifique. Assister à un long brainstorming (tempête de cerveau) pour que les stagiaires de l'atelier jettent les bases d'un roman noir ne présente guère d'intérêt scénaristique. Même la scène d'action qui se glisse enfin dans le scénario est d'une platitude déconcertante.
Je n'ai pas aimé....difficile à expliquer pourquoi...le mélange des genres , parfois très proche d'un reportage , parfois limite thriller , trop didactique ....analyse d'une jeunesse cherchant un avenir à la Ciotat , ou celle d'un jeune homme proche de l'extrême droite...on s'y perd .....et finalement j'ai trouvé ce film.....creux et sans intérêt,trop lent trop long ...et finalement peu de messages à recevoir.... Dommage car aux vues des critiques plutôt excellentes je m'attendais à un film fort , dérangeant, brutal....comme j'ai pu lire ....il n'en est rien.....démago tout au plus.....
les apprentis écrivains de l’Atelier, notamment Antoine, m’ont glacé le sang. Ils sont pourtant criants de vérité, dans leur provocation à fleur de peau ou leur ennui qu’ils essaient de tuer. Marina Foïs, qui encadre le groupe, en aura des sueurs froides. Pas seulement parce qu’on lui reproche, en tant qu’écrivaine de polar, de choisir des « vieux » mots pour qualifier un parpaing, objet du crime littéraire. Faut dire que grenu plutôt que granuleux, ce n’est pas vraiment dans le vocabulaire courant.
Libérer la parole par l'écriture et faire face aux pulsions qui émergent n'est pas forcément facile ni anodin. Est-ce que l’apprentissage de l’écriture permettra à Antoine de sortir de sa solitude et redémarrer sa vie? Un très beau filme qui plaide la cause, de façon crédible, de l’expression artistique, comme une voie alternative à la violence.
J'aime beaucoup le cinéma de Laurent Cantet, notamment Entre les murs et Foxfire et j'attendais beaucoup de cet Atelier. J'imaginais voir une sorte d'Entre les murs mais au soleil du sud de la France. Sauf que bien vite Cantet va dévier de ce dispositif qu'il connaît déjà et que nous spectateurs connaissons aussi également, mais je ne trouve pas nécessaire que ce déviation soit des plus pertinente.
En effet on va donc suivre une jeune qui n'est pas d'accord avec les autres membres de l'atelier sur la direction que le roman qu'ils doivent écrire doit prendre. Le problème est que la violence que semblent ressentir les autres je ne la sens pas, son texte qui fait polémique dans le film car il serait complaisant avec le meurtrier ne me choque absolument pas. En outre, je pense qu'il a raison, qu'il est difficile de décrire un meurtre si on n'a pas soi-même pensé à tuer et que si on écrit sans avoir cette envie de meurtre et bien nos meurtres fictifs vont paraître faux, sophistiqués, mais sans jamais réussir à faire voir au lecteur ce qu'il se passe dans la tête d'un meurtrier.
Mais en suivant ce jeune Cantet va aller trop loin, sa relation avec Marina Foïs va devenir un peu trop écrite et on perd la spontanéité qui faisait le charme et le qualité du film. En fait j'ai l'impression que chaque scène, sauf quelques unes qui suivent Antoine, sont indépendamment très bonnes, vraiment libres, où la discussion est à chaque fois intéressante, où les réactions sont vraies, mais que le tout mit bout à bout me semble parfois dire des choses un peu éculées.
Par exemple le film s'ouvre sur The Witcher 3, pas quelqu'un qui joue, mais juste Geralt qui parcourt Skellige et qui se met se battre dans le vide et la scène dure plusieurs secondes. Cantet montre ce qui se passe dans le jeu, il prend le temps. Il fait de même avec tout. Mais vu que le thème du film est la violence chez ce jeune, est-ce-que l'on n'a pas là un vieux serpent de mer sur les jeux vidéos qui rendent violents ? Sauf si on est sur l'ennui, lorsqu'on s'ennuie dans The Witcher, que l'on a fini d'admirer les magnifiques paysages, comme le héros de notre film, on se met à tirer dans le vide, à se battre contre un ennemi imaginaire, juste comme ça, pour passer le temps.
Il en va de même pour ce que peut dire Foïs, où j'ai l'impression d'avoir Cantet qui nous dit : « j'ai écrit un personnage raciste, mais en fait c'est pas moi, j'ai le droit d'écrire un personnage raciste pour le critiquer ». Bon heureusement le film est plus subtil que cela et on se prend vraiment à apprécier le personnage d'Antoine pour ce qu'il est, quelqu'un qui a besoin de bouger, qui s'ennuie, qui doit faire quelque chose.
Aussi, je ne sais pas si le choix de la Ciotat est anodin... alors forcément on pense au film des frères Lumière, mais pas que, je pense surtout à ce chantier naval, on a clairement un film qui est là pour casser certaines thèses d'extrême droite en plaçant les immigrés dans le camps des travailleurs qui ont tout perdu lorsque le chantier naval a fermé, mais sans forcément la jouer moralisateur.
Le film pose les bonnes questions sur ce que c'est que d'être jeune et de ne plus trouver sa place dans un monde où tout semble foutre le camp.
Donc je suis un peu partagé, car le film est vraiment bien sous certains aspects, notamment le discours final d'Antoine et la réaction des autres est vraiment très bonne, tout comme la scène finale, mais que parfois ça va trop loin, lorsqu'on suit Antoine et ses amis aller essayer des armes, espionner, ou aller encore plus loin... j'ai l'impression qu'on sort du cinéma naturaliste que j'aime chez Cantet, ce moment où il n'y a pas réellement d'intrigue, où on suit juste des personnages intéressants parce qu'ils existent en vrai.