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Rourkewhite
109 abonnés
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3,5
Publiée le 27 mai 2024
C'est noir, plus glacé que glaçant. C'est élégant et classique, certes. C'est bien réalisé et bien interprété (Wahlberg, sans être mauvais, peine à se hisser à la hauteur de Phoenix)! Mais à force de jouer la carte opératique urbaine, la tragédie moderne où la fatalité emporte tout, le film se révèle froid et programmatique, n'évite pas les écueils attendus et fini par manquer un peu de nerf. On se prend alors à rêver d'un grain de sable, celui qui permettrait à l'émotion de s'immiscer dans ce rouage parfaitement huilé...
James Gray est avec PTA (Paul Thomas Anderson), l'un des derniers auteurs américains qui n'ai pas été happé et broyé par le système hollywoodien. Et il est aussi l'un des rares à prendre le cinéma au sérieux. Soucieux de raconter une bonne histoire avant tout, ses scénarios sont des références. En témoigne ce second film noir, plus ambitieux que "Little Odessa" et d'une efficacité redoutable. D'une trame d'apparence très simple, Gray développe une tragédie en plusieurs actes, et prend vraiment son temps pour construire les enjeux et les conflits de son histoire. On regrettera peut-être un Mark Wahlberg trop lisse et beaucoup moins bons que ses autres partenaires qui crèvent l'écran. Un très bon film.
Le second film de James Gray ne gagnera pas le prix de l'originalité, l'intrigue n'est pas des plus aboutis mais la manière de raconter son histoire est parfaite. Esthétiquement très beau, le film redonne au polar (ultra) noir ses lettres de noblesses.
Pour son second film, James Gray a déjà établit toutes les caractéristiques de son cinéma si personnel, à mi-chemin entre Coppola, Cassavetes et Sydney Lumet. Cette histoire de famille mafieuse en décomposition, plus bancale et désorganisée qu'elle voudrait paraître est mise en scène magnifiquement. Scènes éclairées à la De La Tour, à la bougie, sombre ambiance, pas poisseuse mais pesante, lourde, dépressive. Interprétation magnifique de tous les acteurs. Le poids de la famille, de la classe, transparait dans chaque scène. Et cette histoire de réinsertion ratée n'aura été qu'un immense gachis pour les protagonistes, mais certainement pas pour les spectateurs.
Un polar noir filmé avec une photographie qui donne une sombritude déléctable, l'intrigue et le scenario sont maîtrisés parfaitement ce qui donne à ce film une crédibilité incontestable. 14/20
The Yards de James Gray est un film noir à dimension policière qui nous entraîne au cœur des rouages de la mairie de New York, en dévoilant les mécanismes de corruption liés à l’attribution des marchés du métro. L’histoire nous est racontée à travers le parcours d’un jeune homme qui, de retour dans sa famille après un séjour en prison, aspire simplement à reprendre une vie normale. Pourtant, en acceptant de travailler pour son oncle, un gros sous-traitant du ferroviaire, aux côtés de son cousin sous-traitance ferroviaire, il se retrouve peu à peu entraîné dans une affaire criminelle d’envergure, qui manquera de lui coûter la vie. Le film évoque, par son ambiance et ses thématiques, certaines œuvres du même genre, notamment celles de Scorsese. Il lui manque cependant un supplément d’intensité ou d’originalité pour atteindre pleinement le statut de grand film.
James Gray met en scène, avec une très bonne maîtrise, le cas de conscience d'un ex-détenu devant les pratiques de l'entreprise familiale. C'est le drame par excellence, chacun des protagonistes devant tour à tour affronter un dilemme. Je regrette quelques rares longueurs, mais dans l'ensemble c'est un très bon film, doté d'un casting assez exceptionnel.
La réalisation de James Gray laisse vraiment à désirer, trop lente, trop approximative en plus d'un mauvais jeu de lumière. Mark Wahlberg a un jeu d'acteur soporifique et sans aucun charisme. Un film assez décevant au final.
5 ans après son coup de maître (et son premier chef d’œuvre !), l'auteur de "Little Odessa" nous livre son second volet sur la Famille : "The yards" (2000). Synopsis : New York, au cœur du Queens. Léo, libéré de prison, tente de se réinsérer socialement grâce à son oncle qui possède la grande compagnie des rails du métro du Queens. Mais c'est sans compter sur Willie qui exécute les tâches ingrates de l'oncle. Léo va dès lors se confronter à sa propre famille. Toujours sur le thème des rapports familiaux entre individus, et incluant le monde de la pègre au milieu du métro, maître Gray continue ce qu'il avait amorcé sur "Little Odessa" : il nous prend dans le vif du sujet pour nous imprégner poisseusement de son univers. Et les rapports familiaux sont toujours aussi diablement bien écrit par lui et son compère Matt Reeves (le réalisateur de la suite du préquel "La planète des singes" avec Serkis, c'est lui !). Ainsi, le scénario, bien alambiqué dans les méandres des personnages et de l'histoire que nous conte Gray, fignolé et minutieusement préparé, alterne avec brio corps-à-corps, temps morts (l'attente de Léo), silences (non-dits), avancement de l'enquête policière... le tout filmé par les yeux de Léo. Au lieu que ce soit James qui nous raconte une histoire, c'est Léo qui nous donne sa version des faits. Mark Wahlberg (tout juste passé devant la caméra de Paul Thomas Anderson : "Boogie nights"), juste impressionnant dans ce rôle d'homme brisé par la vie, se fait ainsi l'alter-ego de Gray au travers de sa caméra. Maître Gray, toujours dans son autobiographie, radiographie ainsi l'univers de la pègre au travers de la composition magistrale de Wahlberg qui, via son personnage, nous invite à en découvrir tous les rouages. Donc, pour parler casting, c'est toujours du haut niveau. Deux générations d'acteurs s'associent (la valeur sûre et la valeur montante), et ce, pour notre plus grand bonheur. Dans le rôle du patriarche (l'oncle qui veut aider sa famille à s'en sortir), James Caan assure un max, Faye Dunaway, Joaquin Phoenix, Ellen Burstyn, Charlize Theron et donc Mark Wahlberg apportent, grâce à leur interprétations ombrageuses et vivifiantes tout le tonus de "The yards". Des compositions dignement sobres et posées pour un film de gangster très bien maîtrisé ; Joaquin Phoenix, le futur Commodus de "Gladiator", incarnant ici un Willie peu commode, nous livre toutes les facettes de son talent : extra !! "The yards", maîtrisé par le casting donc. En atteste une musique somptueusement mélancolique et ajoutant au récit la dimension d'un mal être au sein de la famille, dont la figure de proue ne vacille jamais à l'image de l'interprétation de James Caan (justement le fils de Brando dans "Le parrain"). Musique mirobolante donc d'Howard Shore (le compositeur de "Seven") qui dirige l'orchestre philharmonique de Londres, toujours supervisée par Dana Sano (music-maker fétiche du cinéaste). Du bon son, en somme. Merci Howard ! Surtout qu'il s'agit, musicalement, d'un New York... londonien. Réjouissant !! "The yards" est également un film maîtrisé pour l'apport de James Gray à la technicité du métrage. Le travail sur la direction de la photographie par le regretté chef opérateur Harris Savides ("Zodiac", "American gangster") qui manie couleur/ombrage/visibilité avec telle parcimonie mérite tous mes chapeaux !! ; le montage d'une lenteur à couper au couteau ; et la mise en scène de Gray, toujours plus limpide, sont un modèle du genre. Pour conclure, "The yards", polar noir urbain par excellence produit par les frères Weinstein, n'a pas l'envergure d'un "Little Odessa", mais possède bien la force d'un auteur-peintre contemporain bourré de talent à n'en pas douter. Rarement New York n'a été si bien filmé depuis l'époque Leone. C'est dire ! Spectateurs libérés de prison depuis peu, ne cherchez pas : James Caan... viendra à vous ! Accord parental souhaitable.
La famille comme tribu fratricide... Beaucoup de cinéastes contemporains - Martin Scorsese en tête - ont dépeint la mafia comme un milieu intime et pourri de l'intérieur dont chaque membre peut avoir recours aux trahisons et aux coups les plus bas vis-à-vis de ses semblables. Quelques années après un très beau premier film - le crépusculaire Little Odessa - James Gray réalise The Yards, une chronique familiale aux allures de tragédie profondément ancrée dans ce contexte impitoyable qu'est le gangstérisme. Le cinéaste s'y intéresse plus que jamais à l'éthique du milieu : la fameuse loi du silence. Entouré des meilleurs acteurs de l'ancienne génération - superbe James Caan - mais aussi de la nouvelle - Joaquin Phoenix, fringuant ; Mark Wahlberg, impressionnant - James Gray nous offre de magnifiques éclats formels pour mieux recentrer la morale de chaque personnage au coeur de son film. Anti-manichéen et sombrement réaliste, The Yards s'avère alors non moins crépusculaire que Little Odessa et s'inscrit dans la lignée des meilleurs films du genre. Une petite référence.
De James Gray j'ai pu voir Two Lovers, qui m'a bien emballé, et La Nuit Nous Appartient (que j'ai du voir 2-3 fois) qui ne m'a guère ému et même plutôt ennuyé. Soit 50% de sa filmo en fait! Je reconnais du talent au bonhomme mais un petit truc qui lui manque, surtout pour la Nuit Nous Appartient, c'est un peu de folie. Et là j'ai vu le même film, une histoire de corruption, de famille, avec une ambiance de nuit, plutôt bien foutue, mais loin des maîtres étalons du genre (Coppola, Scorsese). Tout ça est hyper sage, très, trop calme en fait. Et finalement guère passionnant. A vrai dire passé la 1ère heure, j'ai regardé d'un oeil, parce que tout ça était très lent et sans grand enjeu. En fait on peut considérer que c'est un peu trop long, ou qu'il en manque et que tout ça aurait pu être plus étoffé. Mais là on est entre deux, et on s'ennuie ferme. Donc bon c'est pas mal, mais insuffisant pour ma part.
Deuxième film de James Gray, sûrement le moins génial de ce cinéaste passionnant. On y retrouve les thèmes chers à l’auteur, la famille et l’honneur sur fond de tragédie grecque transposée à l’époque moderne, ici celle des gangs et des syndicats. La mise en scène est comme toujours irréprochable et l’interprétation, de Joaquin Phoenix à James Caan en passant par Faye Dunaway et Mark Wahlberg, est parfaitement homogène et brillante. La seule réserve à émettre est sûrement au niveau du scénario, un rien moins inventif et plus touffus (voire confus par moments) que ceux des autres films de Gray, par ailleurs un des génies indiscutables de l’heure. Mais ceci mis à part, quelle force, quelle atmosphère, quelle humanité !
On peut reprocher quelques longueurs, un scénario pas extraordinaire ou encore l"acteur Mark Wahlberg qui manque d'expressivité, il n'empêche que Gray reste un grand réalisateur contemporain et comme il n'y en a plus beaucoup en vie, on se doit de saluer son travail. La photographie et la musique sont magnifiques, de même que la sublime performance de Joaquin Phoenix qui est pour moi un des meilleurs acteurs du cinéma aujourd'hui. Ne vous attendez pas à de la violence pure, elle est contenue, elle est dans les rapports, les regards, les gestes. Car, à travers une image soyeuse, Gray arrive à rendre le tout digne d'une tragédie. Dommage que la fin soit un peu fade.
Le genre du film noir n’avait plus la même saveur depuis bien longtemps, c’était sans compter sur l’arrivée quelques années plus tard du quasi inconnu James Gray qui redonne au genre ses lettres de noblesses grâce à son second long-métrage "The Yards. Léo Hadler, jeune délinquant de quartier, sort de prison avec une seule idée en tête : ne plus jamais y retourner. Dans cette optique il décide de trouver un travail stable et réglo et se tourne vers son nouveau beau-père le patron d’Electric Rail Corporation qui règne sans partage sur le métro du Queens. Mais le destin semble en avoir décidé autrement, alors que son meilleur ami Willie l’initie aux rudiments du métier, Léo découvre que son beau-père gère son business comme une véritable petite mafia et se trouve tiraillé entre la promesse qu’il s’est faite et sa vie. "The Yards" est un long-métrage aux ambitions scénaristiques très légères, le rythme de ce thriller est donc assez lent et c’est bel et bien son point faible. En revanche le casting est de qualité et la maîtrise dont fait preuve Gray pour dépeindre une ambiance à la fois sombre et réaliste fait énormément penser au travail de Martin Scorsese à ses débuts. Définitivement un metteur en scène à suivre.