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Un visiteur
5,0
Publiée le 19 mai 2018
un film engagé intelligent avec un Vincent Lindon exceptionnel entouré d'acteurs non moins exceptionnels. À voir absolument pour comprendre les enjeux de société entre pouvoir politique et pouvoir économique
Film trop manichéen qui baigne dans le pathos ( surtout la fin ) ou tout est noir ou blanc et où les protagonistes se parlent mais ne s écoutent pas. C’est un film dans l air du temps qui plonge dans une certaine facilite et fait un peu suite commercial par rapport au précédent . Le monde du travaille et la protection des droits ne se résume pas à celui qui criera le plus fort. Il n y a aucune subtilité . Cela dit ma note est peut être trop faible mais je fait la balance avec toute la bien pensance actuelle. On ne cherche qu à montrer au final une vérité que pour faire pleurer la mère de famille. Ç est pathétique.
Pour rendre justice au nouveau film de ciné-réalité du duo Lindon-Brizé (déjà à l’œuvre dans « La loi du marché » » ou « quelques heures de printemps », il faut prendre un peu de recul car c’est une œuvre multidimensionnelle. C’est un film d’un réalisme quasi-documentaire : il propose une immersion totale, tourné caméra à l’épaule, au plus près des visages, des regards, des voix, des cris, des larmes, des rires… C’est un film politique, dans le sens premier du terme : il décrit l’action d’individus vivant un drame individuel et collectif en même temps et qui agissent (ou croient agir) pour le bien de la cité, du collectif. C’est un film humain : on y est dans le bruit, la fureur, les silences, les doutes, les hésitations, les convictions de chacun des protagonistes. La caméra ne juge pas, elle se contente de regarder et suivre ces drames humains qui se jouent dans chaque scène. Bien sûr, ce film défend une thèse… Mais avant tout, ce film dépeint d’une manière quasi-clinique les réalités de ces luttes où chacun est persuadé d’avoir raison, que le droit est de son côté, que l’autre en face à nécessairement tord et doit plier… Ce film nous décrit dans une version 2018 toutes ces vanités, ces irrespects, ces intolérances, ces mépris, ces peurs, ces rancœurs qui minent l’œuvre commune de nos sociétés, jusqu’à finir dans un buché pour paraphraser T.WOLF dans les années 80 (RIP Tom WOLF qui nous a quitté cette semaine). Le plus triste, c’est qu’il est question d’un buché au final : charge à chaque spectateur de décider de ce qui part vraiment en fumée au bout du compte : les luttes ouvrières ? le capitalisme ? l’Humanité (à qui je mets encore un « h » majuscule, malgré tout). J’ai trouvé ce film fort, puissant, dérangeant, violent, triste… humain, en bref. Et ce cinéma est aussi un cinéma que j’aime, loin de l’Entertainment, mais suscitant des émotions fortes et des vraies interrogations. Vincent y est une fois de plus confondant de sincérité et d’humanité et porte à un niveau incroyablement élevé le niveau d’empathie qu’on peut éprouver pour un personnage.
Bravo ! bravo ! Rien à dire de plus que les critiques si sensibles précédentes auxquelles j'adhère ! Courez vite le voir ! Vincent Lindon jamais décevant décidément !
Après avoir essuyé un lourd échec avec "Une vie", une adaptation de Maupassant, S. Brizé est donc revenu à un cinéma engagé, porté par V. Lindon, un cinéma à la limite du documentaire, énervé, en guerre contre les injustices du monde du travail et plus particulièrement du marché entrepreneurial et capitaliste. Lindon est donc épaulé par une brochette d'acteurs amateurs, la plupart vraiment issu du monde ouvrier et syndical, qui nous rejoue donc ce drame constant de l'entreprise mondialisée qui licencie en France malgré des bénéfices et qui ouvre une usine dans un pays où la main d'oeuvre est moins chère. Un combat noble et juste donc, dépeint ici avec toutes les problématiques que cela comporte, à savoir une unité syndicale qui se fissure dès l'apparition d'un montant plus gros sur le chèque de départ au fur et à mesure que le combat s'éternise et paraît perdu d'avance. Le dispositif de Brizé atteint ici un pinacle, on a parfois l'impression de regarder la télé devant le reportage ou bien de voir un vrai docu, ça hurle, ça vocifère, ça vibre, ça touche aussi, c'est intense mais voilà, le film déroule son pensum de manière roborative, avec un héros presque sacralisé, malgré toute l'intensité et le talent de Lindon, qui phagocyte le film. C'est aussi épuisant, même s'il est parvenu à faire remonter dans mon estime le travail des syndiqués. La musique originale est particulièrement efficace, certains personnages manquent de nuances, mais le propos est fort, frappe juste, réservant quelques moments particulièrement marquants. D'autres critiques sur thisismymovies.over-blog.com
Nous nous trouvons ici entre la confrontation du travail et celle du capital (je tiens à dire qu'à la base ce genre de film ne m'intéresse spécialement). Mais la mise en scène est brillamment maitrisé, saisissant à la gorge le redoutable (je me comprends) montage ainsi que son découpage. Gros plus à Vincent Lindon qui inonde chaque de façon assez prononcé mais majestueusement. Mais à se focaliser souvent sur Vincent Lindon on pourra parfois ressentir un malaise face à quelques choses que l'on pourrait limite appeler de la "propagande" (je me comprends). Laissant des questions parfois pas simple à être dépourvu d'une réponse surtout dans le climat du film, ce qui peut donc être une petite faiblesse Une guerre des luttes excellament racontée même si comme dans bien souvent au cinéma quelques petits faux pas ou légère faiblesse. LE film voit le réalisme un peu trop artificiel et une iconisation (sans trop en dire) que l'on ne peut que constater mettre des battons dans les roues au premières intentions de Vincent London. Après les amateurs de ce type de film pourront quand même y trouver un petit plaisir.
Vincent Lindon crève l'écran !!! Un écorché, mais quoi de plus naturel, quand sa société faisant de plus en plus de bénéfices, décide pour cause de rentabilité de fermer et mettre 1100 personnes au chômage..... c'est humain de se battre comme cela. On voit le combat, sur ce visage nature, blessé, convaincu, déterminé. Une des plus belles interprétations de VL, qui lui vaudra sans doute un prix. Les prises de vues sont magnifiques de vérité, les visages, mais aussi les machines de l'usine, renforcent cette impressionnante force qui se dégage jusqu'au final bouleversant.... Excellent !! **
De Stéphane Brizé (2018). Un film social totalement immersif et en cela déjà une grande performance. Un drame social, sur le monde quel du travail vu de l'intéreur et de l'extérieur au travers des médias. Jamais manchéen bien au contraire , le film est même très didactique et très bien documenté. Tout y est en effet . Des directeurs financiers et administratifs aux délégués syndicaux et représentants du personnel. Tout y est dans l'analyse de la situation vu des différents acteurs de la situation. Les termes employés, les débats, les faux semblants . Pour peu que lon connaisse de près le monde de l'entreprise, on est vraiment en immersion. On le doit notamment à la présence de vrais déléus syndicux et de pesonnes baignant dans le monde du travail. Et puis la force de conviction des acteurs qui sont habités par leur rôle. Notamment Vincent Lindon carrément exceptionnel et très inspiré et convaincant. Avec aussi Mélanie Rover, Jacques Borderie et même Jean Gosset un ancien négociateur de la centrale syndicle UNSA dans le rôle du conseiller social du président. A voir notamment dans le contexte d'aujourd'hui de femetures de sociétés au nom de la rentabilité et du pragmatisme économique.
Duo gagnant pour "La loi du marché" qui avait permis à Vincent Lindon d'obtenir le Prix d'interprétation cannois et un César, Lindon et Stéphane Brizé collaborent une nouvelle fois ensemble avec "En guerre", un film à la portée social plus que jamais d'actualité. Ici, le cinéaste nous plonge au cœur de la grève qu'effectue les employés d'une usine pour tenter de sauver leurs emplois. L'usine, qui avait pourtant garanti aux employés un travail pendant encore 5 ans à la condition de certains sacrifices, va finir par fermer ses portes au bout de deux. Les syndicalistes, à commencer par Laurent Amédéo (Lindon, impérial, seul acteur professionnel du casting) sont remontés et ne veulent rien lâcher. Mais à mesure que le temps s'écoule, la solidarité s'estompe et la situation semble impossible à arranger... Avec une volonté d'hyperréalisme saisissante, Stéphane Brizé nous montre la lutte effectuée par ces employés pris au dépourvu. La frontière entre la réalité et la fiction est telle qu'on a l'impression à chaque fois d'assister à des scènes quasi-documentaires tant Brizé les installe dans la longueur en laissant les acteurs s'exprimer, quitte à souvent crier. Nerveux, tendu et lancé comme un cri de détresse et un appel à ne pas se laisser faire malgré les injustices, "En guerre" souffre cependant de cet hyperréalisme. On finit par ne pas s'attacher aux personnages et par assister parfois médusés aux débats et aux arguments qu'ils se lancent. D'un côté, on sent l'urgence, le combat et le réalisme. De l'autre on sent le film un peu forcé sur certains points, abolissant toute frontière entre fiction et réalité, nous empêchant d'avoir du recul. Ce qui ne serait pas si gênant que ça si la fin n'était pas aussi moralement discutable, Brizé faisant de son héros un martyr pour la cause qu'il défend. C'est fort mais on a du mal à savoir quoi en penser et on aurait préféré un peu plus de nuances dans le propos...
En Guerre (2018) pose toutes les questions : a-t-on raison de laisser les entreprises fermer des usines pour délocaliser et augmenter les profits ? doit-on résister jusqu'au bout ou prendre les primes offertes en négociant ? comment résister : faut-il voir le patron, mettre les groupes en grève, chercher des appuis politiques ? mais il ne donne pas de réponse. Pour moi, il est clair que toute fermeture d'usine remet en cause le capitalisme et qu'à un moment la seule solution est la réquisition par l'état sans indemnités ni rachat. Mais pour d'autres la réponse est autre chose. C'est donc un très bon film car il pose les questions et n'impose pas de réponses. Jamais ils fait dans le mélo ou le psychologisant : il cille simplement à son propos : décrire la lutte contre la fermeture d'une usine rentable dans un groupe rentable après que les salariés aient accepté de travailler 39h payées 35 en contrepartie du maintien de l'emploi. Que faire ? et Comment ? Le film ne part jamais dans l'anecdotique ou le psychologisant. Surtout ne pas dévoiler la fin. Bravo Lindon, Brizé et toute l'équipe.
Il nous aura tout fait! Petit patron en faillite après la filouterie de son assureur, chômeur devenu agent de sécurité, et maintenant leader cégétiste dans une usine menacée de fermeture, même en chien, comme on l'a vu récemment, il incarne le cabot contestataire, celui qui n'aboie pas avec la meute! ll est bien loin, le temps où Vincent Lindon était le chevalier servant d'une princesse. En défenseur de la classe ouvrière, il est bluffant. Tout le film de Stéphane Brizé est bluffant d'ailleurs. Ca démarre comme un documentaire sur un conflit social qui pourrait se situer chez Lipp, Arcelor-Mittal, Florange....., et ça relève le défi de nous passionner jusqu'au bout. Je crois que beaucoup parmi les acteurs sont des non-pro, et nous avons l'impression d'être dans un reportage... On ne peut les citer tous; ils sont parfaits! mentionnons Mélanie Rover, qui interprète la représentante de la CGT-jeune, et qu'on reverra sûrement.
C'est une multinationale allemande qui a deux filiales en France, Perrin Industrie à Agen et à Montceau les Mines. Elle a signé avec les syndicats un protocole, au terme duquel elle s'engageait à maintenir l'activité au moins cinq ans; en échange les travailleurs renonçaient à leurs primes, et acceptaient de travailler cinq heures de plus par semaine. Au bout de deux ans, les Allemands s'assoient sur leurs engagements: on ferme! Pourquoi? l'usine est rentable, mais ne fait pas assez de bénéfices au gré des actionnaires teutons..... Les syndicats, au départ sûrs de leur bon droit, ne se heurtent qu'à des portes fermées. L'action en justice leur donne tort. Le Medef est aux abonnés absents. Le gouvernement les soutient, bien sûr, mais se doit d'être impartial: l'éthique lui interdit de peser sur les affaires de l'industrie. Par ailleurs, c'est une affaire allemande.... Chez les syndicats en grève qui bloquent le site, vient vite la division. Le syndicat maison, réformiste, plus lucide sans doute, a bien compris que la direction ne cédera jamais et qu'il faut avant tout essayer d'obtenir une sur-prime de licenciement la plus élevée possible. Laurent, délégué cégétiste, entraîne une partie du personnel dans un jusqu'auboutisme qui ne peut que mal finir....C'est extrêmement didactique, à travers les discussions où interviennent l'avocate des salariés, le conseiller social du gouvernement, on comprend beaucoup de choses.
Il est un peu dommage que le film, passablement manichéiste, élude des données importantes: beaucoup d'entreprises doivent fermer, non pas à cause de la voracité des actionnaires, mais parce qu'elles ne sont plus viables. Et si elles ne sont pas assez compétitives, c'est parce qu'en France elles supportent les charges sociales les plus élevées du monde...
On souhaite juste que Stéphane Brizé ne se cantonne pas au film social, car il nous avait enchanté dans un registre plus tendre: Quelques heures de printemps, Mademoiselle Chambon...
Si Vincent Lindon a pu recevoir un récompense en Or pour la Loi du Marché du meilleur acteur à Cannes en 2015 alors que le Jury de Cannes 2018 (pas encore fini à l'heure où sont écrites ces lignes...) lui octroie cette année une récompense de Platine ! Extraordinaire! Mais le film ne tient pas à ce seul acteur; les actrices et les acteurs professionnels ou non qui l'entourent pour ne pas dire l'accompagnent dans cette histoire tellement actuelle, si tristement réaliste, sont magnifiquement ou terriblement crédibles (suivant le camp dans lequel on a envie de se mettre). Bien sûr la lutte de la classe ouvrière pour garder les emplois n'intéresse pas/plus grand monde 50 ans après mai 1968 mais, il n'y a pas besoin de se sentir directement concerné pour décider d'aller voir ce nouveau film qui relate avec une incroyable justesse les relations interpersonnelles, les conflits d'intérêt et les "discours" qui évoluent dans une situation conflictuelle s'inscrivant dans un temps long. De ce point de vue seul c'est un chef d'oeuvre. Avec en prime un Stéphane Brizé qui a su mieux gérer que dans la Loi du Marché son goût pour la caméra à l'épaule... Bravo !
Un rôle sur mesure pour VIncent Lindon. Film remarquable d’engagement, de passion. Parfois un peu trop manichéen à mon goût contre les méchants patrons sans coeur qui ne pensent qu’à l’argent. Quelques longueurs et la caméra à l’épaule supportée par cette musique trop prenante seraient aussi mes autres bémols. Ceci étant dit, je ne peux que conseiller. J’ai particulièrement aimé le rôle des politiques très bien illustré ici
Un film assez radical dans son propos, complètement dans l'actualité porté par un Vincent Lindon plus investit que jamais, que j'aime cet acteur ! Un film qui sonne la révolte du monde d'en bas, du monde qui en a marre, et pour ça on a besoin d'un leader charismatique, ce que trouvera stephane brizé en la personne de vincent lindon. On est sur du cinéma vérité filmant les riches comme les plus pauvres dans leur quotidien le plus banal, jusqu'au jour ou la pilule ne passe plus et que le droit de manifester ses droits se fait sentir. Ce jour là c'est l'affrontement, on rentre en guerre. A voir j'insiste pour l'excellent Vincent Lindon en syndicaliste père de famille jusqu'au-boutiste.
Noble combat dont l'issue est malheureusement souvent courue d'avance. Le film en posant sa caméra au plus près des négociations montre bien les différentes étapes du processus et les objectifs divergents entre ouvriers/travailleurs et patrons/actionnaires. Le casting est parfaitement réussi, Vincent Lindon en tête, admirable, et le réalisateur ne ménage aucun parti. Chez les ouvriers, notamment, les différents points de vue, liés à la situation de chacun, sont très bien argumentés et prouvent la réelle difficulté de ces négociations, où, même si la solidarité est le maître-mot, elle n'est pas toujours facile à conserver. Sur la forme, le film m'a parfois moins convaincu, le mélange fiction/docu, les intermèdes télévisés d'une chaîne d'info continue, l'utilisation de la musique n'ont pas forcément l'effet escompté. Et la toute fin ne me paraît pas du tout correspondre à l'image qu'on se fait et qui est montrée du meneur des négociations.