I Am Not a Witch
Note moyenne
3,3
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33 critiques spectateurs

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Olivier Barlet
Olivier Barlet

329 abonnés 433 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 19 décembre 2017
Ce premier long métrage extrêmement prometteur est à ne pas rater. Il nous emmène avec une bonne dose d'humour dans un monde fictionnel parfaitement décalé où transperce de bien réelles et actuelles problématiques. Après un démarrage fulgurant, nous voilà partis dans une série de scènes rocambolesques, extrêmement drôles et parfaitement allégoriques puisque tout au long du film, c'est l’exploitation de la croyance pour asseoir les pouvoirs qui est visée, un sujet parfaitement universel. Cela passe ici par l’industrie touristique, la police et la justice. Sans oublier, puisque ce sont les femmes les sorcières, cette peur de la femme qui fait qu’on la ramène à une menace forcément paranormale puisque développant une étonnante puissance. La jeune fille n’a pas été choisie par hasard : son regard perçant a une force capable de surmonter l’assignation, car c’est de cela qu’il s’agira : vivre assujettie ou vivre libre, au risque d’être dans la peau d’une chèvre.
Cela n'est pas sans rappeler La Chèvre de Monsieur Seguin, une des nouvelles des Lettres de mon moulin d'Alphonse Daudet, qui a clairement inspiré la cinéaste. Le loup est ici aussi bien la déviation de la croyance que le capitalisme qui assujettit les femmes, même sorcières.
Le choix purement fictionnel de Rungano Nyoni lui permet de jouer sur une impressionnante force visuelle et un décalage permanent pour ouvrir à la réflexion et parodier ceux qui se servent des croyances pour exploiter les autres ou régler commodément leurs problèmes. Ce choix radical de la fiction ouvre ainsi les perspectives. Il tord le cou au pathos pour mieux laisser émerger l'empathie. Et il fait de ce constat une dynamique porteuse d'avenir. (lire l'intégralité de la critique d'Olivier Barlet sur le site d'Africultures)
btravis1
btravis1

127 abonnés 529 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 5 janvier 2018
Sur fond de traditions ancestrales, d'abus de pouvoir des fonctionnaires et d'argent gagné illégalement, cette fable est finalement plus triste que drôle. Le film n'avance guère et, passé les premières scènes, perd un peu d'intérêt. Quelques belles images cependant, surtout dans l'utilisation des rubans auxquels sont attachées les soit-disant sorcières.
traversay1

4 480 abonnés 5 351 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 30 décembre 2017
On peut avoir envie de voir I am not a Witch pour beaucoup de raisons : pour l'exotisme d'une histoire tournée par une cinéaste zambienne (mais vivant au Pays de Galles depuis l'âge de 9 ans), par exemple. Ou plus simplement parce que le cinéma africain est toujours vivant, même s'il a du mal à exister et que son exposition sur nos écrans est très chiche. Mais la meilleure raison est que ce premier long-métrage de Rungano Nyoni est tout bonnement excellent. Cette histoire d'une petite sorcière de 9 ans, ou jugée comme telle parce que cela arrange tout le monde, n'a rien d'un documentaire même si, encore aujourd'hui, l'existence de camps de sorcières dans plusieurs pays africains est avérée. Sur un fond on ne peut plus dramatique, le film installe des scènes de comédie dès lors que l'absurde règne dans ce conte qui n'a pas peur des ruptures de ton et des ellipses. I am not a Witch a des allures de satire d'une société obscurantiste où l'existence de sorcières présente de grands avantages pour tenir en laisse l'opinion publique en la manipulant. Shula, la petite sorcière du film, est ainsi amenée à désigner un coupable de vol dans un village, à divertir les touristes ou à égayer un show télévisé. Impossible de distinguer la part de vérité dans cette fiction étonnante dont la mise en scène ne cherche pas à dépasser son sujet. On retient pourtant des images marquantes comme ces longs rubans blancs, reliés à de gigantesques bobines, qui sont censés empêcher les sorcières de s'échapper. Et une liberté de ton, y compris dans ses choix musicaux surprenants, qui certes déconcerte parfois mais convainc sur la longueur que Rungano Nyoni est une cinéaste dont on va attendre le prochain film avec impatience.
Anne M.
Anne M.

85 abonnés 658 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 janvier 2018
Une fillette de neuf ans, seule, arrivée dans un village africain depuis peu, est accusée de sorcellerie par les villageois pour des raisons défiant toute rationalité.

L’inspectrice de police du village en réfère à un haut fonctionnaire qui vit dans une villa luxueuse. Celui-ci intervient et emmène la fillette, qui ne résiste presque pas, dans un camp de sorcières, occasionnellement visité par les touristes. Là-bas, l’enfant est baptisée « Shula ». Les femmes accusées de sorcellerie ont un ruban dans le dos rattaché à une bobine, pour les empêcher de « s’envoler ». L’Etat les exploite et les fait travailler durement, complice de la matriarche locale.

Le haut fonctionnaire utilise Shula grimée en sorcière, pour gérer certaines affaires et rendre justice. Il va même juste qu’à vendre ses dits « pouvoirs » à un homme blanc important, ou pour faire de l’audience à la télévision.

Ce film au vitriol, à l’humour grinçant, est écrit dans un style surréaliste, avec un beau travail des cadrages, des contrastes intéressants, des ellipses, une musique empruntée au répertoire classique européen et ces obsédants rubans. La fillette, taiseuse, au visage et au regard expressifs sait créer de l’émotion et appelle à la la compassion.

Difficile de démêler la fiction de la réalité. Ceci dit, le message est un constat plutôt désespéré autour de trois axes : la discrimination des plus vulnérables et des femmes, l’utilisation par le pouvoir en place du paganisme local, le terrible manque d’eau en Afrique.

Un film vraiment à découvrir avec un appel à l’espoir tout à la fin.
Mon blog : larroseurarrose.com
Min S
Min S

68 abonnés 473 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 décembre 2017
Un super film qui dénonce clairement l’absurdité des croyances culturelles et religieuses qu’on retrouve encore de nos jours dans bcp des cultures presque par tout dans le monde. Il y a de l’humour même si personnellement ça ne me fait pas rire mais ça alléger fortement la problématique.
Christoblog

920 abonnés 1 799 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 janvier 2018
Parmi les bonnes surprises que peut réserver un Festival comme Cannes, il y a celle de se retrouver un petit matin dans une salle de la Quinzaine à regarder un premier film qui sort de nulle part (en fait de Zambie), et de dialoguer ensuite avec sa lumineuse réalisatrice.

Quel plaisir de suivre les méandres de ce conte qui s'inspire de la réalité (à moins que ce soit le contraire) et qui parvient à la fois à être drôle (les scènes avec le représentant du gouvernement) et beau (les rubans, et une myriade d'inventions).

Subtilement critique, à la limite de l'esthétisme gratuit, I'm not a witch étonne par la sûreté et la cohérence de ses choix de mise en scène. L'Afrique a définitivement besoin de ces films qui la raconte, loin des stéréotypes, dans un geste créatif parfait techniquement.

Une délicieuse surprise.
Les choix de pauline
Les choix de pauline

161 abonnés 270 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 janvier 2018
Un beau film incongru, qui traite d’un sujet grave et absurde mais sans lourdeur, avec même fantaisie et poésie. Rien n’est pesant dans ce film d’auteur qui développe un vrai point vu (l’absurdité des croyances et superstitions et leur instrumentalisation pour mieux asservir , comme d’habitude, les femmes), on y rit même souvent , la mise en scène est très belle et souligne le surréalisme de la situation. . Les actrices sont intenses et lumineuses. Un film très original , onirique et intelligent. A voir.
Rhumcoco
Rhumcoco

9 abonnés 52 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 7 janvier 2018
Quelle déception... le film n’a pas de souffle, le personnage muet (pour quelle raison? ...Allo la scenariste?) peine a exprimer quelque chose avec tout ce qui lui arrive. Le filmage bon chic bon genre n hesite pas a se moquer de ses personnages, sous couvert d un humour qui se veut decalé dans cette atroce situation... seule la jeune comedienne a un regard interessant, mais faudrait il encore que la narration s interesse plus a ce qui lui arrive qu’aux « effets » de mise en scene et de montage (le film est très mal monté) qui n ont ni queue ni tete... ca se regarde filmer quoi. J’ai toujours pas compris ce que la musique de vivaldi faisait ici, si ce n est pour dramatiser a qui mieux mieux...

Et la sorcellerie? Une grosse farce, selon l auteure de ce film. Le cynisme, encore, regne. Pour faire du cinema il faut une croyance, dans une forme de magie au moins... là, rien, des astuces de cineaste qui a l air de sortir de son ecole des beaux arts ou de je ne sais quel milieu, loin d’une afrique qu on aimerait voir autrement que comme un pretexte aux fables stereotypees qu on lui colle a chaque film. Un film dans sa bulle de festival international (et poseur). Une coquille vide sans amour ni force. A éviter. Donnons des cameras aux réels cineastes africains, pas aux « deracinées » qui font mine de parler de « leur pays ».
Ufuk K

617 abonnés 1 719 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 janvier 2018
" i am not a which " qui a obtenu plusieurs récompenses en grande Bretagne est une fable tragique contre l'absurdité des rites et croyances Afrique. En effet nous y suivons l'histoire de shuula accusée de sorcellerie, nous pouvons " rire " de certaines situations tant cela peut paraître absurde mais c'est l'indignation et l'émotion qui l'emporte devant tant de bêtises humaines.
Gentilbordelais

402 abonnés 3 539 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 12 septembre 2019
le constat d'une certaine Afrique empêtrée dans ses traditions et croyances d'un autre temps auquel il est difficile de trouver un intérêt. ainsi tout dans ce récit paraît dépassé, au folklore ridicule du point de vue de notre société. sur l'aspect cinématographie, une immersion aux contours réalistes mais sans moyens.
DarioFulci
DarioFulci

130 abonnés 1 412 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 mai 2019
Sous des dehors de film dénonciateur pesant, "I'm not a witch" prend plutôt la forme d'un conte cruel. Cette petite fille excommuniée, exhibée, humiliée, affronte l'archaïsme des superstitions avec aplomb. Le film ne s'enferme pas du tout dans le vase-clos du misérabilisme. Tous les pièges du film à thèse sont déjoués par cette volonté de coller à la fable. La prouesse étant de réussir à faire exister des personnages réalistes tout en leur donnant un caractère figuré propre au genre: la sorcière, le méchant, l'héroïne etc.
Un très bon film qui a des choses à dire et le fait passer sans forcer.
mazou31
mazou31

130 abonnés 1 361 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 janvier 2018
La réalisatrice se serait inspirée de “ La chèvre de M. Seguin “ pour ce conte très original et passablement drôle qui se moque de la réelle chasse aux sorcières qui existe dans certains pays d’Afrique – et qui n’est pas plus ridicule que celle menée par certains McCarthy, Edgar Hoover et autres dingues américains ! Un film extrêmement original qui dénonce l’insondable bêtise des mâles et l’incroyable asservissement des femmes en Afrique… mais on peut aisément élargir à l’ensemble de la planète ! La dérision, l’humour noir (sans jeu de mot) cachent le drame de la situation qui ne surgit qu’à la fin. Les acteurs sont naturels, la gamine est impressionnante dans toutes ses attitudes et la mise en scène bien travaillée. Il n’en reste pas moins que si le film est une belle œuvre… il m’a beaucoup ennuyé !
Dois-Je Le voir ?

411 abonnés 1 862 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 juin 2020
Il faut savoir que dans certaines régions d’Afrique notamment en Zambie & au Ghana, les camps de sorcière existent encore. Ce film sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs du Festival de Cannes 2017 est donc extrêmement intéressant montrant une pratique culturelle qui perdure malgré le fait que les gouvernements tentent de fermer ces camps. Il y a d’ailleurs beaucoup de nuance dans ce récit qui montre aussi que dans ce camps une vraie communauté c’est formé avec ces femmes qui ont été rejetée pour diverse raisons par leur village. Une solidarité se forme et elles prennent sous leur aile la jeune Shula. Le jeu de la jeune Margaret Mulubwa est remarquable dans cette petite fille victime de rite ancestrale qui la dépasse. Et donc même si le rythme est extrêmement lent, le sujet et l’enjeu pour Shula m’a tenu accroché jusqu’à la dernière seconde.
SPOIL SPOIL SPOIL la mort de la toute jeune Shula à la fin est haute en symbolique. Tout d’abord elle n’a trouvé que la mort pour se libérer d’un fardeau qui au final l’avait détruite de l’intérieur. Et dans un second temps elle a servi de déclic aux femmes qui ont décidées en coupant les rubans de couper leur lien avec cet enclavement forcé. Le film se fini par cette image très forte du camion avec les bandes coupées signe de liberté.
Bernard D.
Bernard D.

129 abonnés 613 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 19 janvier 2018
Je sors dubitatif du premier film de Rungano Nyoni, « I’m not a witch ».
L’histoire est celle d’une petite fille orpheline au regard perçant qui est accusée de sorcellerie sur des on-dit des villageois, accusation « confortée » par un homme politique (le ministre du tourisme ?) sur des arguments de pure rhétorique et par le fait qu’une poule blanche sacrifiée meure en dehors d’un cercle de craie tracé par le sorcier du coin. Elle est alors placée dans une « réserve de sorcières » où toutes ces femmes sont attachées par un long ruban blanc afin que « elles ne s’envolent pas pour tuer les gens » mais où il faut travailler durement pour l’état et être photographiées par les touristes ! La petite doit d’abord passer une nuit seule dans une cabane pour savoir si elle veut qu’on lui coupe son ruban dorsal et devenir alors une chèvre (et être abandonnée dans la brousse) ou au contraire devenir une nouvelle recrue de cette réserve présidée par une « matriarche » qui va même jusqu’à donner ses ordres à notre homme politique. Baptisée par les anciennes sorcières, Shula (être déraciné) va devenir la « petite sorcière préférée » de notre homme politique qui va la prendre dans sa luxueuse villa (après avoir inondé de gin le seuil de la maison pour que les mauvais esprits n’entrent pas) et l’utiliser pour juger des affaires de droits communs, l’exhiber dans un talk-show télévisé …
Cette histoire n’est bien sûr qu’une pure métaphore sur la collusion entre le système politique corrompu et les traditions/croyances ancestrales d’une part et une réflexion sur la place des femmes en Afrique … mais on se prend au jeu et on finit par croire à cette histoire de réserve de sorcières qui existeraient réellement en Zambie et au Ghana !
Si la petite Shula joue à merveille et s’il y a de superbes plans, la musique classique européenne n’a pas trop sa place ici et in fine on se demande si la réalisatrice qui certes est née en Zambie mais réside au Portugal, ne nous en fait pas elle-même ensorcelé par son conte ? J’attends donc son prochain film pour mieux percevoir sa trajectoire !
mat niro

462 abonnés 2 157 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 7 mars 2018
Rungano Nyoni signe ici un film sur l'Afrique Noire pour le moins original. Ce conte sur les prétendues sorcières met en évidence avec beaucoup d'humour la condition de certaines femmes dans les contrées les plus reculées de ce continent. Ces sorcières qui trainent leurs rubans blancs comme un fardeau peuvent mettre le spectateur mal à l'aise devant certaines absurdités (comme la dénonciation du voleur par Shula). Un premier long-métrage pour une cinéaste Zambienne parfois maladroit mais rempli d'"humour noir".
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