Joker
Note moyenne
4,4
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Florent B.
Florent B.

95 abonnés 757 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 21 janvier 2021
On va commencer par le plus gros point positif, il s'agit bien évidement de l'énorme composition de Joaquim Phoenix, magistral dans ce rôle d'homme torturé, basculant peut à peut dans une charismatique folie meurtrière, se transformant ainsi en Joker. Un gros travail étant fait sur les décors et la photographie, donnant un aspect aussi sombre qu'énigmatique, présentant des scènes déjà cultes. Todd Philips fournit à son film une BO saisissante, donnant une force à ses séquences violentes et esthétiques. Bref une belle réalisation technique et visuelle. Seul petit point négatif dans le montage, parfois lent, accumulant quelques scènes pas forcément utiles pour dévoiler la naissance du Joker. Un film psychologique maîtrisé, qui revisite avec originalité la création d'un des plus brillants méchants de l'univers DC Comics. Un chef d'oeuvre violent et poétique.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 10 novembre 2019
Magistral /
Joaquim phœnix incroyable dans ce film
La musique est superbe et le scénario top
A voir et revoir
ourouty
ourouty

12 abonnés 144 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 16 octobre 2019
le choc de l'année : glauque , intense , stupéfiant dans la forme et le fond.....avec une performance proprement extraordinaire de Joaquim Phoenix....
jamais depuis " Shining " , la folie n'avait jamais été aussi bien traduite.
Ykarpathakis157

6 192 abonnés 18 103 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 1 août 2020
Dernières nouvelles : Les clowns tueurs sont de retour. Mais cette fois ce ne sont pas des farceurs imitant Pennywise pour effrayer les gens ce sont des clowns qui menacent d'abattre tous ceux qui choisissent de prendre leur rendez-vous dans ce film austère déprimant et dément. Si ce Joker était celui présenté dans Dark Knight merveilleusement divertissant de Nolan je doute que l'un des psychos maigres et solitaires drogués se précipiterai pour saluer ce gars comme son héros et son inspiration. Ledger's Joker le vrai est brillant manipulateur avec une confiance contagieuse et parfois charmante. Le Joker de Phoenix est stupide déprimant et peu sûr de lui. Ledger fait bouger les choses et des choses arrivent à Phoenix. Le Joker contrôle les événements dans Dark Knight. Les événements deviennent incontrôlables dans Joker. Il n'y a pas de plaisir dans ce film pas de grandes scènes d'action, aucune trace d'espoir ou d'optimisme. C'est un travail de deux heures à regarder un homme misérable se rendre fou jusqu'à ce qu'il commence à assassiner des gens. Puis apparemment tout le monde devient fou parce qu’ils en ont assez. Changez le nom de ce film en Arthur éliminez les très rares références à l'univers de Batman et je doute que vous pensiez que c'était une histoire d'origine du Joker que nous connaissons et aimons tous. Peut-être que ce Joker est le plus proche de ce à quoi le Joker ressemblerait dans le monde réel et c'est peut-être pourquoi ce film est si horrible...
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 21 décembre 2024
Dans un Gotham en proie à la misère et à la violence, Arthur Fleck survit tant bien que mal en rêvant de devenir comédien de stand-up. Rejeté par la société et miné par des troubles psychologiques, il sombre peu à peu dans la folie. Ce cheminement, entre drame social et descente aux enfers, donnera naissance au personnage iconique du Joker, symbole de chaos et de rébellion.

Note : ★★★★★ - (5/5) -  - Excellent

Avec Joker, Todd Phillips nous offre une œuvre d’une intensité rare, où le drame psychologique prend des allures de tragédie. Le film brille par sa mise en scène soignée, sa photographie sombre et poétique, ainsi que par sa bande originale envoûtante. Joaquin Phoenix livre une performance stupéfiante, à la fois déchirante et effrayante, transformant le Joker en une figure humaine profondément complexe. Le film transcende son appartenance au genre des adaptations de comics pour devenir une réflexion sur la violence et la quête désespérée de reconnaissance.

Point fort : La performance saisissante de Joaquin Phoenix, qui imprime au personnage une profondeur inédite et bouleversante, le tout sublimé par une réalisation aussi audacieuse que maîtrisée.
Alexandre P.
Alexandre P.

6 abonnés 76 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 5 décembre 2019
Film horrible. Macabre. Sans intérêt. Qui sonne faux 98 pour cent du temps. Les premières 90mn sont ridiculement faibles. Aucune intensité, aucune lumière.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 5 octobre 2019
Un film tout simplement splendide, un Joker totalement différent de ce qu’on a eu l’habitude de voir, des acteurs incroyables et un Joaquin Phœnix incarnant à la perfection ce Joker en pleine transformation sa performance est parfaite, de plus le film est accompagné d’une superbe bande son.
fan_de-cinoche
fan_de-cinoche

24 abonnés 222 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 11 octobre 2019
Mais que c'est long, pénible, surjoué et sans intérêt !
J'y suis allé très séduit par la bande-annonce, persuadé que Joachim Phenix allait enfin me plaire...
Ben raté... Aucun scénario, 3 idées sur-exploitées, ralentis à n'en plus finir pour faire la bonne durée, aucune empathie possible avec le personnage qui, contrairement à ce que fait croire la bande-annonce, n'a aucun intérêt, aucune épaisseur. Les seconds rôles sont de simples silhouettes, personne pour donner la réplique.
La musique originale est lourdingue et souligne les effets avec une épaisseur à la limite de l'insultant pour le spectateur. Reste juste les musiques additionnelles mais ça ne fait pas un film.
Allez, pèpère a joué pour l'Oscar, comme d'autres en leur temps, le film s'efface devant ce qu'il est de coutume d'appeler "la performance de l'acteur" . Il y a des petits fours dans l'air, on va se congratuler. Mais dans la salle, c'était soupirs et gens qui partent avant la fin. Et pas parce qu'ils sont mal à l'aise comme je l'ai lu...
Parce qu'ils s'ennuient copieusement !
Fêtons le cinéma

849 abonnés 3 658 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 26 décembre 2020
Il est assez triste d’assister à la consécration unanime et immédiate d’une œuvre qui se repaît avec une telle avidité du malaise contemporain. Attaquer Joker avec des arguments moraux est certes recevable mais pâtit de ce que la morale a de relatif, comme le dit le protagoniste lui-même lorsque, assis sur le fauteuil du show télévisé, il dévoile sa véritable identité. Non, s’il fallait trouver un angle d’attaque, il serait à coup sûr esthétique. Car le long métrage de Todd Phillips souffre d’un problème qui en occasionne d’autres en cascade : son absence de point de vue. Le réalisateur ne choisit aucune focalisation déterminée et maquille cette carence avec les fards que l’on emploie pour aguicher le regard, de la même façon que le clown revêt son costume multicolore pour sortir de l’anonymat. On a l’impression que Phillips, effrayé par son statut de réalisateur de comédies balourdes et idiotes – ce qu’il est, incontestablement –, accumule les couches d’habits trop étroits pour lui, ceux d’un Martin Scorsese dont The King of Comedy et Taxi Driver sont convoqués de façon explicite, ceux d’un Christopher Nolan avec la rigueur de son montage, la froideur de sa violence, la tension de sa musique. Ce faisant, il s’entoure d’une équipe technique très compétente, bénéficie du talent de son directeur de la photographie (Lawrence Sher) et d’un excellent costumier (Mark Bridges, grand habitué du cinéma de Paul Thomas Anderson) pour emballer un scénario rudimentaire et surtout couvrir son incapacité à penser la révolte au-delà du simple clip de propagande. Car Joker, n’en déplaise aux fans de premier plan, s’engage sans le vouloir dans une propagande de la violence, finit par défendre une anarchie qu’il a bêtement construite là où il pensait suivre l’implosion d’un fou. Aussi son long métrage devient-il hautement contestable : la violence n’est pas spontanée mais préparée pour appâter un spectateur conforté dans ses plus bas instincts, elle n’est pas tant le fruit d’une société déshumanisée que le levier activé par un film incapable de réfléchir au cas clinique qui l’occupe, listant ses malheurs comme on énumère les fruits et les légumes avant de partir aux courses – abandonné, adopté, battu, traumatisé, isolé, frappé, viré, humilié… La violence trouve une justification dans les discours du protagoniste non parce qu’il incarne le mal ou la folie humaine, mais parce que justifier la violence en imaginant ses origines convainc bien plus facilement que d’en débattre et de la questionner, l’argument du déterminisme, familial et social, étant ancré dans l’inconscient collectif depuis les romans de Zola. C’est ainsi que Joker est populiste, non par choix, mais par défaut, incapable de faire autrement. C’est ici qu’intervient la morale. Au regard de l’esthétique et, en l’occurrence, de son échec à dire quelque chose. La partie la plus intrigante du film reste néanmoins les itinéraires du personnage qui déambule dans une ville sans âme, automate répétant chaque jour les mêmes mouvements et dont la vie oscille entre le rêve et la réalité, le nocturne et le diurne. On le voit grimper et descendre des escaliers, prendre l’ascenseur, entrer et sortir en ricanant, ce qui le conduit dans des espaces aussi délabrés que son for intérieur, meurtri et usé par la désillusion ambiante. En ce sens, le film met le doigt sur ce vertige existentiel qui ébranle aujourd’hui l’individu dont le sentiment de solitude n’a certainement jamais été aussi fort. Dommage que l’intérêt visuel que porte le réalisateur à ces plans, montés et ralentis comme s’il s’agissait de clips musicaux, force à tout prix la signification, empêchant le spectateur de se perdre en compagnie d’Arthur. Sous ses allures d’œuvre contestataire, Joker fonce donc dans le couloir du populisme le plus nauséabond et entasse des postures figées de folie dans l’espoir de maquiller son creux. Boursouflure faussement auteuriste – car d’un artiste il manque la vision, il manque le geste, il manque la grâce – plus proche des derniers volets de la saga American Nightmare que des références qu’il convoque en vain, ce Joker réussit pourtant son pari initial, pari qui ne cesse d’obséder Arthur : faire illusion auprès du public.
Adrien Soreil
Adrien Soreil

10 abonnés 5 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 17 octobre 2019
 JOKER 

Que dire de ce film ? … Je me suis laissé une semaine pour analyser, décortiquer mais surtout digérer cet Ovni dans le monde du cinéma. Mais si je devais résumer ce film en 3 mots ça serait : Viscéral, prodigieux et radical.
Déjà sur le plan de la réalisation, de la photographie c’est juste la perfection. On est plongé dans ce Gotham froid et insécurisant. La bande son est différente de ce que l’on peut entendre habituellement, il n’y a pas vraiment de thème, mais associée aux images du film elle colle parfaitement et contribue à nous plonger dans ce Gotham à la dérive.
Pour moi il y aura un avant et après Joker. Ce film est bien plus qu’un simple long métrage, c’est avant tout un film d’auteur sur l’un des plus grands protagonistes de l’histoire du cinéma. Un film qui prend parti, qui dérange, qui interroge, glacial, malaisant, violent, mais dans le bon sens du terme. Que ça fait du bien de voir un film avec des « cojones » ! Un film qui prend son temps, réaliste, qui traite d’un sujet de A à Z, pas un truc lisse sans saveur comme quasiment tous les films de super héros.
Une représentation des dérives de notre société, un violent appel au chaos et à la sédition dans une société qui méprise et détruit les plus vulnérables. Certains y verront un encouragement à la haine, j’y vois plutôt un avertissement : « regarder ce qu’il va se passer si les plus puissant continuent de mépriser les plus vulnérables. » Notre société est en train de créer des monstres, dans ce film, Gotham vient de créer le Joker.
Et que dire de la performance de Joaquin Phoenix … Magistral ! C’est sans aucun doute le rôle de sa vie, je ne vois pas comment l’Oscar peut lui échapper ! Il est comme possédé par le rôle, Joaquin ne joue pas le Joker, il EST le Joker.
Les mots me manquent pour définir ce que j’ai peu ressentir devant ce chef d’œuvre du 7ème art. Foncez le voir ! (en VO of course !)

⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️
Jorik V

1 363 abonnés 1 952 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 octobre 2019
Ce film fera date c’est sûr et certain pour de nombreuses raisons et la principale étant qu’on n’a jamais vu de long-métrage adapté de comics de cette qualité. C’est noir, c’est sombre, c’est désespéré, c’est nihiliste, c’est effrayant et cette œuvre parvient à réaliser un état de lieux de notre monde et donc de l’humain impressionnant et tout à fait réaliste. Même la trilogie de Nolan sur Batman passerait presque pour du Disney à côté de ce magistral « Joker ». De toute manière, bien que ce personnage et son essence soient issus des films des comics et par ricochet des films de super-héros et super-vilains, on n’est pas du tout dans la veine de ce type de productions, souvent des blockbusters, mais bien dans un drame psychologique qui sonde la folie humaine dans ses pires abysses. Et en prenant comme personnage cette icône de méchant qu’est le Joker, Todd Phillips a eu tout bon. Lui qui vient de la comédie potache et n’a réalisé que des films à tendance comique ou légers mais néanmoins souvent réussis (la trilogie « Very Bad Trip » ou « War Dogs ») effectue un énorme virage avec ce projet. Mais pas dénué de logique puisque l’humour et le rire sont au centre du film d’une certaine manière. Ces notions s’avèrent une composante intrinsèque du personnage d’Arthur Fleck alias le Joker dans sa progression psychique et l’homme qu’il aurait voulu être tout comme celui qu’il va devenir.



Il n’y a pas à lésiner : cette œuvre, qui coupe avec tout un pan de la culture cinématographique actuelle et ses univers partagés, est excellente et maîtrisée de bout en bout. Tout juste lui reprochera-t-on peut-être un petit quart d’heure de trop et des seconds rôles qui semblent fades en comparaison de l’incarnation littéralement monstrueuse de Joaquin Phoenix dans le rôle-titre. Il est de tous les plans et sa composition du super-vilain est totalement effarante de perfection. On ressent autant d’empathie que d’effroi devant cet homme et les mimiques qu’il a créées pour le personnage, sa démarche, son corps décharné et surtout ce rire totalement hallucinant et terrifiant feront date dans l’histoire du cinéma. Pourtant, après les compositions dans ce même rôle de Jack Nicholson, bonne mais plus théâtrale, et surtout celle mémorable d’Heath Ledger (à ne finalement pas comparer avec celle de Phoenix puisque dans une vision bien plus abstraite et nihiliste du mal absolu), il semblait difficile de passer après et de proposer quelque chose de nouveau (on oubliera le Joker rococo et sacrifié de Jared Leto dans le tristement décevant « Suicide Squad »). Mais l’acteur a trouvé ici le rôle d’une vie dans une carrière déjà bien remplie et il va prendre l’Oscar en février prochain en survolant la concurrence annuelle de loin (sauf surprise d’ici la fin de l’année). C’est le genre de composition extrême, qui ne souffre d’aucune critique et qui reste ancrée dans les mémoires cinéphiles. La folie avait rarement été montrée de manière aussi subtile et évidente au cinéma.



Mais ce n’est pas tout. Deux autres choses font voler ce « Joker » très haut. D’abord la mise en scène de Phillips avec cette photographie jaunâtre et cette patine vintage qui donnent un aspect sépia au film collant parfaitement au personnage. Mais davantage, c’est la manière dont Gotham City est représentée. Tout comme le personnage du Joker, elle est transfigurée. Loin de l’aspect gothique et baroque de l’excellente série éponyme ou des films de Burton, Phillips la rend gigantesque et dépressive. Aspirant ses habitants d’un appétit vorace dans son gouffre putride. Une ville gangrénée par la violence, en pleine déchéance, en phase terminale comme rongée par le cancer du mal. De l’immeuble où vit Arthur Fleck en passant par un Arkham plus réaliste mais effrayant ou à des rames de trains insalubres, on nous donne à voir une mégalopole monstrueuse dont l’horreur visuelle transpire à travers l’écran. Puis il y a ce sous-texte social fort qui montre, en parallèle avec notre monde contemporain, le fossé de plus en plus criant entre riches et pauvres et la révolte qui gronde. Ce côté un peu pamphlet anti capitaliste et belliqueux atteint son paroxysme dans le dernier tiers du long-métrage, glaçant et magistral, dans sa violence sèche comme dans ce qu’il sous-tend. « Joker » est un film fort et marquant qui parvient à établir un pont entre une icône de comics et notre époque de manière intelligente. Chapeau ! On en serait presque à rêver que chaque vilain que compte l’univers de Batman ait un film dédié de ce calibre.



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1 161 abonnés 1 224 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 12 octobre 2019
Cette critique repose sur des éléments clés du film.

DC Comics au cinéma, c'est quoi? Des grands films d'il y a dix ans, et la veine tentative bientôt rebootée de lancer un univers partagé façon Marvel. S'il s'était cassé la gueule à de multiples reprises sur les films phares du WODC, il fallait bien le sauver par un biais inattendu. C'est à Todd Phillips, réalisateur relativement mauvais de comédies tout aussi désastreuses, qu'incombait le rôle de messie providentiel; proposant lui-même le projet aux producteurs, il créait une surprise générale en annonçant, du coup, la venue de cette origin-story indépendante de toute histoire déjà narrée.

J'étais heureux quand il déclarait que Joaquin Phoenix camperait son rôle principal, surpris quand il apprenait aux spectateurs que De Niro le rejoignait dans le second rôle le plus important, et amusait alors que se lançaient, dès la première semaine suivant l'annonce, les inévitables combats d'interprètes et d'égos de ces fans extrêmes qui enterraient déjà son Joker, proférant des critiques avant même le début du tournage sur l'intérêt de donner une origine à un personnage qui n'en a pas (ils n'ont, vraisemblablement, rien lu et vu seulement The Dark Knight).

Expliquer la folie de l'un des plus grands méchants de la culture populaire, c'est le défi que se sont lancés Phillips ainsi qu'un autre scénariste, Scott Silver, qui n'avait rien écrit depuis le joli Fighter en 2010, et la réussite 8 Mile de 2002 (également présent sur le décevant The Finest Hours de Craig Gillepsie). Très réaliste d'un point de vue clinique, il part du postulat de normaliser la maladie dans une société encore plus anormale que ce personnage dingue, aliéné qui la traverse à l'image d'un zombie, en déambulant d'un point A à un point B sans jamais vraiment vivre.

Les seuls moments où il fait quelque chose de marquant durant ses journées, c'est quand il se fait tabasser puis cours/quand il cours puis se fait tabasser (parfaite gestuelle désarticulée de Phoenix, qui innove en terme d'acting jusqu'à sa manière de se déplacer); des séquences d'une extrême violence, lourdes de sens et de pistes d'interprétation du mal qui gangrène la société, et ouvre surtout le film sur un magnifique titre à mi-chemin entre le grandiose de Tarantino et la sombreur de Scorcese.

De Scorcese, ce film s'inspire énormément; il reprend, rend hommage et cite les références du Nouvel Hollywood, de Brian de Palma à Coppola, et le fait de bien jolie manière. Autour des thématiques qu'il traite, déjà : bien plus axée sur Scorcese, sa réflexion sociale n'est pas sans rappeler la virulence d'un certain Taxi Driver, que le public aura souvent évoqué en parlant du Joker. La comparaison est inratable : Joker, c'est un peu ce qui se serait passé dans Taxi Driver si Phillips l'avait fait. Résultat? Il a fait son propre Taxi Driver, et il s'appelle Joker.

Là où Scorcese et Paul Schrader montraient la lente déchéance d'un homme dévoré par sa solitude et ses vices, Joker part dans une autre situation tout aussi extrême en nous offrant la découverte d'Arthur Fleck, malade mental atteint d'une pathologie neurologique qui l'oblige à rire quand il est anxieux. L'idée est géniale : expliquer le rire mythique de son personnage phare de manière réaliste en faisant, détail qui tue, un lien en clin d'oeil avec les cartes de visite du Joker tenait de l'idée du siècle pour une adaptation de comics. Au moment où les autres ne savent pas comment gérer leurs excès d'action fantastiques et leurs thématiques sociales ancrées dans notre monde qui demandent énormément de réalisme pour exister, Joker aura choisi de suivre la voie du Nouvel Hollywood.

Cela, on le note sur sa manière de poser son cadre, proche des compositions poétiques et parfaitement organisées de Coppola. Phillips a, en peu d'années, trouvé un talent énorme de réalisateur; se pourrait-il qu'à l'instar d'Adryan Lyne avec son Echelle de Jacob, il n'ait fait tous ses films de divertissement pour mener jusqu'à la conclusion choc de ce Joker, point culminant de la vie de toute une ville?

D'autant plus qu'on retrouve des thématiques récurrentes à ses oeuvres, notamment la figure du gars un peu bizarre (le mieux interprété jusqu'ici dans ses films par Zach Galifianakis dans Very Bad Trip) qui devient le centre de l'histoire. A contrario, Arthur devenant le personnage principal ne sera pas le héros de son histoire et conduira inévitablement au chaos dans un monologue sur plateau absolument magnifique, interprété de main de maître par un Phoenix si bien accoutumé du personnage qu'il n'a qu'à danser de dos pour qu'on sache pertinemment qu'il nous livre la meilleure performance actuelle concernant le personnage, tout en étant complémentaire avec les versions déjà proposées par de nombreux autres réalisateurs/auteurs.

On n'aura jamais vu d'acteur jouer la folie de cette manière, être à ce point habité par son personnage que même son regard change, que son rire se désarticule, que ses mouvements se font plus aériens, presque félins. Joker, c'est un animal qu'on ne qualifie jamais, un électron libre que l'on sait imprévisible (il suffit de voir la scène de meurtre au ciseau, où Fleck n'avait pensé qu'au fait de tuer, pas de laisser sortir) et cela fait du bien de suivre un développement psychologique/de personnalité qui ne se sent pas obligé de devoir tout dire pour nous faire comprendre les traits qui le forment.

Cette suggestion de deux heures, gérée de main de maître, sera d'autant plus frappante lorsque Phillips décidera de la couper pour montrer face caméra la violence de son monde décadent, allégorie fantastique de notre société actuelle dans laquelle sont rejetées les personnalités jugées anormales, différentes, uniques, au contraire de ces jeunes hommes fringuants qui se croient tout permis de leur position sociale élevée, jusqu'à tabasser à de multiples reprises un pauvre homme étrange, malade, seul.

C'est là que le film réussit le plus son coup de poker : rien qu'à la manière qu'il avait d'être écrit, il était prévisible qu'il serait terriblement bon. Aboutit de bout en bout, il dépasse sa condition de film noir extrêmement pessimiste pour livrer une réflexion en parallèle sur la nature du Joker et de Batman : si dans les comics/films le Batman crée volontairement ou non le Joker (cela dépend des versions), c'est ici du Joker que vient Batman, et cela au travers d'une scène magnifiquement filmée et portée par une bande-son absolument impérieuse, présente dans tout le film à des moments propices, sans jamais être tire-larmes ou trop badass.

Visuellement magnifique, on ne sait plus où regarder : la photographie, la colorimétrie, la gestion des lumières, des ombres, avec ces sublimes scènes en intérieur décuplant la force des autres extérieures, particulièrement quand Fleck se retrouve dans le métro, élément essentiel à l'évolution d'un personnage fascinant et interprété de façon magistrale, interprétation pour laquelle Phoenix aura perdu énormément de poids et changé jusqu'à son regard. Le résultat est saisissant, sa prestation inoubliable.

La manière que Phillips a de choisir ses plans est tout aussi fascinante, que ce soit dans sa manière de les composer que de les cadrer, le tout couplé à son montage magnifique qui gère la tension des scènes avec un professionnalisme énorme (la rencontre entre Phoenix et De Niro est un bonheur de montage). Comme évoqué précédemment, l'écriture et la bande-son viennent soutenir solidement le tout, prouvant pendant plus de deux heures que Joker a fait entrer le genre super-héroïque dans la cour des grands films de l'Histoire du cinéma, et que c'est un divertissement exceptionnel qui change enfin de tout ce qu'on peut voir chaque année de plus médiocre et commercial.

Joker, un film unique à la personnalité démente.
JimBo Lebowski

447 abonnés 1 080 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 10 octobre 2019
Le film enfonce, dans sa majeure partie, pas mal de portes ouvertes sur la figure du sociopathe en pompant allègrement le cinéma de Scorsese (notamment La valse des pantin et Taxi Driver, la présence de De Niro n’étant sans doute pas innocente), où le metteur en scène laisse Phoenix en roue libre (et qui s’en sort bien), le développement du personnage n’est pas super subtile, entre ses fantasmes et sa condition sociale. Reste le glauque, et le fait de ne quasiment jamais faire allusion à l’univers de Batman, et c'est surtout le moment où Arthur lâche prise et se grime en Joker que le film devient génial, car il en fait un anti-héros de l’insurrection populaire, à contre courant du criminel redouté de Gotham, l’idée est folle, et ce n’est d’ailleurs pas si mal de finir la dessus alors qu’on pouvait attendre bien plus, on est véritablement dans une genèse, assez proche du personnage de Ledger. Nul besoin de suite, ce Joker ce suffit à lui-même.
Hollywood-Biographer
Hollywood-Biographer

236 abonnés 1 533 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 11 octobre 2019
Amener un comédien comme Joaquin PHOENIX dans l'univers des comics, c'est un choix assez culotté et à première vue qui peut paraitre étonnant. Et en fait, on se rend compte qu'un personnage comme le Joker qui est très torturé, très sombre et très imprévisible, c'est ce qui correspond le mieux à l'interprète du célèbre méchant de Batman. Il y avait l'interprétation légendaire d'Heath LEDGER, il y aura désormais la performance hallucinante de Joaquin PHOENIX. Grâce à sa puissante et surprenante mise en scène, cette relecture très réaliste du mythe du Joker offre aux fans de l'univers DC un moment de cinéma unique. C'est à la fois une claque visuelle et un choc émotionnel. On ne sort pas indemne de la projection de ce film relatant la naissance d'un mal profond nécessaire et nourri par une société qui méprise les plus vulnérables. La grande force de Todd PHILLIPS, c'est d'offrir au Joker des origines dignes de son mythe et qui donnent un sentiment de compassion chez le spectateur. Si ce "Joker" se distingue des autres versions du personnages, c'est parce que son alter ego Arthur FLECK passe par les différentes étapes de la folie avant de devenir l'incarnation charismatique du mal à Gotham City. C'est la première fois qu'un film prend le risque de montrer ses origines et c'est une incroyable réussite portée par un sensationnel Joaquin PHOENIX, complètement habité par le rôle. Un film qui fera date dans l'histoire des films de super-héros.
Ewen Blake
Ewen Blake

189 abonnés 1 301 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 octobre 2019
Attention Spoiler : spoiler: Joker n'est pas un film de super-héro
mais spoiler encore : spoiler: vous n'allez pas le regrettez.
Le dernier DC rendra sceptique ceux qui attendaient de la baston, des gags Marvelliens, des capes et de l'héroïsme niais mais Todd Phillips avait d'autres ambitions : créer un blockbuster sombre, sale, à la violence brutale et au glauque constant qui s'intéresse à la réalité plutôt qu'aux attaques extraterrestres. Créer un vilain qui n'est pas né psychopathe mais l'est devenu à cause d'une société machine à broyer les plus fragiles, les pauvres, les freaks. Joker c'est l'histoire d'une santé mentale qui se fissure sous les coups de la vie. spoiler: D'abord par le vol d'une pancarte qu'on lui éclate en pleine tête avant de le tabasser. Un panneau que son boss lui demandera de rembourser, avant de le virer pour la détention une arme donnée par un collègue qui l'a dénoncé. S'ensuit une humiliation dans le bus, l'hospitalisation de sa mère, une histoire d'amour délusionnelle, un espoir filial déçu, un autre passage à tabac, la révélation de son enfance traumatique...
Cela peut sembler beaucoup et c'est le reproche que je ferai à Todd Phillips. Le manque de subtilité : La scène où spoiler: Arthur pénètre dans l'appartement de Sophie par exemple se suffisait à elle-même. La série de flash back est inutile on avait compris. Comme l'incrustation d'Arthur dans le souvenir de sa mère ou les discours de bourgeois caricaturaux de Wayne.
Mais le réalisateur veut expliquer la transformation, donner un fondement à l'action du Joker. Alors en plus de l'histoire personnelle de son héro il nous dépeint une société injuste dans laquelle spoiler: les riches jouent aux prédateurs dans le métro, vivent dans des manoirs somptueux et vont au cinéma après avoir fait la morale à la télé aux prolos, aux "clowns". Phillips fait du Marx et moi j'aime quand on lit la société en classe sociale plutôt qu'en communauté, couleur de peau ou religion. Cette société inégalitaire dans laquelle on coupe les budgets des services sociaux est
un terreau idéal pour créer un personnage nuancé dont les motifs ont un sens. Ça vous rappelle un autre méchant réussi du clan d'en face ? Si Thanos invoquait l'épuisement des ressources naturelles, ce sont ici spoiler: les inégalités qui motivent un Joker-tueur-de-riches qu'on découvre gaucho-anarchiste.
C'est très habile car ce séquelle remet en perspective la lecture du bien et du mal qu'ont toujours incarné Batman et Joker. On a d'un coté spoiler: un bourgeois ultra-riche qui se bat à main nue contre une violence... partiellement créée par des inégalités qu'il incarne lui-même et de l'autre un pauvre type qui a pris tellement de coups qu'il n'a plus rien à perdre. D'ailleurs Arthur fini par renoncer à s'adapter à une société qui le méprise "society doesn't give a shit for you". Il jette le masque et embrasse sa folie lors de deux scènes iconiques dans la salle de bain puis lors de cette descente d'escaliers dans lesquels il esquisse des mouvements de danse entre démence, agonie et extase.
Avant de conclure deux mots : un sur les influences car Joker emprunte et évoque beaucoup : d'abord la trilogie Batman de Nolan mais aussi Requiem for a Dream (noirceur, folie, TV show et BO envoutante - bravo Hildur Gudnadottir), God Bless America, Taxi Driver et The King of Comedy. Un deuxième mot sur la performance de Phoenix, elle est sauvage, habitée, il confère une humanité à Arthur qui font que spoiler: l'on se satisfait presque de voir les lames de ciseaux se planter dans la gorge de celui qui l'a trahit. Et c'est là où le film a quelque chose de pervers, notamment dans sa dernière scène où Arthur est destiné à être humilié. Car cette fois personne ne rira à ses dépend, à la place on assiste à la naissance du monstre et le pire c'est qu'on se découvre de son côté ! En 2H00, Todd et son acteur titre ont rendu le mal, l'absence de nuance, la violence, l'insurrection radicale contre le système, le chaos, extraordinairement cool.
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