Ce long métrage dresse le portraits d'une multitude de femmes par rapport à leur relation de mères d'un point de vue personnel, mais aussi parfois d'une point de vue relationnel avec leur propres mères, tout ceci au travers d'une fête : la fête des mères. Pour celà, en prenant appui sur l'histoire de cette fête, elle va exploiter des personnages tous différents : la jeune mère au bout du rouleau, la mère atteinte de démence dont les trois filles doivent s'occuper, la femme qui refuse d'être mère au point d'en vouloir imposer sa doctrine aux autres, la femme célibataire qui va adopter seule, une mère étrangère qui ne peut être mère que par écran interposé, la femme qui découvre sa grossesse, une mère célibataire plus occupée par son travail dont la maternité n'est pas innée, une nounou pour qui être mère est une expérience, et une mère présidente en pleine dépression post partum dont la grossesse a été une surprise. Au milieu de tout cet amalgame de personnages, le portrait d'hommes : un couple homosexuel, un fils et un père en devenir, et un mari aimant prenant le relais de sa femme pendant son travail et la soutenant pendant cette dépression post partum.
Bien sûr la réalisatrice ne se contente pas de peindre ces personnages, elle fait évoluer leur psychologie ( et c'est une très bonne chose ) pour nourrir son propos, mais quel propos ? La maternité est-elle innée, est-ce qu'être mère c'est montrer son amour immédiatement, ou cet amour se construit-il avec le temps ? Devenir est-il un choix personnel ou un choix influencé par la société dans laquelle on vit ? Au travers de tous ces personnages ce sont ces multiples questionnement qui sont abordés. Malheureusement ce qui transparait c'est l'opinion qu'être mère n'est pas forcément inné et épanouissant, ce qui finalement dessert le film dans son propos, on aurait apprécié que toutes les opinions soient abordées. On peut être en accord ou pas avec sa vision, cependant le titre du film est fête des mères, or il y a des mères célibataires ou pas, qui s'épanouissent et embrassent leur rôle avec passion et amour.
Alors, exactement, la complexité du propos est très bien retranscrite, mais ce qui transparaît c'est qu'aborder la maternité, c'est un point de vue personnel et on ne peut imposer une vision de la maternité à une société ou aux autres tout simplement. C'est là que le film pêche en voulant imposer qu'une vision difficile de la maternité au point de réduire la fête des mères à une simple fête commercial. C'est aussi des moments heureux, de partage et de remerciements du don et des sacrifices que font chaque mères. Ce n'est pas ce qui transparaît le plus dans ce film, ou alors en second ou troisième plan, ce qui est franchement dommage, celà aurait donné au film un aspect plus fédérateur, en accord avec l'idée de la fête des mères.
En conclusion, ce film ne peut être catalogué comme une comédie, mais plutôt comme un film sociétal aux accents de tragédie, dans lequel l'opinion de la réalisatrice transparaît clairement au point de casser la dynamique de son film, et de le rendre moins complexe qu'il n'y parait. Des longueurs se créent et on peut parfois s'ennuyer. Le long métrage n'est pas une catastrophe, mais au vu du titre et du synopsis, un approche plus fédératrice et plus positive de la maternité aurait put aussi être abordée. Dommage car celà aurait magnifiquement servi son film et surtout son propos.