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Un visiteur
2,0
Publiée le 13 octobre 2010
Premier film réellement connu du réalisateur d'Orange mécanique, l'Ultime razzia (c'est son troisième) est pourtant loin d'être la plus grande réussite de Kubrick. Johnny Clay est un truand qui vient juste de sortir de prison, il décide alors d'organiser le casse d'un hippodrome avec plusieurs complices. Inspirant Tarantino dans le déroulement de son intrigue finale pour Jackie Brown (scène finale repris par différents angles) et pour le principe de base (Reservoir Dogs), le film de Kubrick est pourtant loin de nous tenir haleine comme les deux références précédemment cités. En effet, longuet, manquant de rythme, on se trouve à l'intérieur du casse et pourtant l'impression d'y être totalement étranger demeure. Même la fin, sanglante, ne nous émeut pas. Elle est une chronique déjà annoncé d'un film qui tourne parfois en rond et dont le final, volontairement répétitif, ne nous apporte rien, sinon 20 minutes qui nous paraissent des éternités. Les acteurs, ainsi que la photographie (toujours parfaitement maitrisé chez Kubrick) sont les seuls éléments qui permettent au film de Kubrick de gagner en relief. Dommage et à conseiller aux fans du genre.
Dynamique par son montage ainsi que sa voix off scandant les différentes étapes horaires de la préparation du casse - tout en rappelant l'origine littéraire de l'intrigue - le récit reprend les codes du film de gangsters (aux impondérables inévitables!) tout en y ajoutant une dimension plus intime voire psychologique dans les différentes justifications aux actes des malfrats - dont un sévèrement charismatique Sterling Hayden. Un suspense bien ficelé!
Pour ses débuts Kubrick fait fort, il apporte ici une narration originale qui déroute tant il est rare de voir des morceaux de séquences se répéter dans un film d’action. De plus, l’histoire démarre avec beaucoup de bavardages, ce qui peut lasser, mais prend de plus en plus d’intérêt au point d’offrir une fin de film véritablement passionnante et le reste s'oublie. Enfin, on voit venir le final extravagant avec la vielle valise pourrie et le petit chien, on s’y prépare avec un sourire de spectateur heureux. C’est un bien beau spectacle que Kubrick nous offre avec une femme fatale originale par ses excès caricaturaux, un meneur d’homme d’une grande humanité ce qui est paradoxal et des seconds rôles exceptionnels tenus par des vieux briscards que nous connaissons tous. Quand Kubrick ne se prend pas au sérieux il échappe à toute critique cinématographique car sa mise en scène est belle et personnelle mais dès qu’il se veut convaincant et démonstratif mon admiration pour lui tombe car ses certitudes ressortent beaucoup trop. Il en devient lourd. Ici, il reste léger presque en permanence comme Sterling Hayden qui y trouve un de ses meilleurs rôles.
Un Kubrick des débuts intéressant dans sa conception et sa narration. Une histoire certes simple et classique mais la construction des personnages, leur interaction ainsi que ces nombreux retours en arrière en font un film sans aucun temps mort sortant du lot de ce genre bien en vogue dans ces années.
Un braquage d'hippodrome mené d'une main de maître par l'un si ce n'est le plus grand réalisateur de tous les temps. Il s'agit notamment de l'un de ses premiers films, avec un budget minuscule ( 320 000 $ contre 11 000 000 $ pour 2001: Odyssée de l'espace) et qui figure pourtant parmi mes préférés.
"L'Ultime razzia" est le troisième long-métrage de Stanley Kubrick mais c'est également le premier d'une longue lignée de films très appréciés (et souvent surestimés) par le public, d'après les notes et critiques. Dans cette œuvre, Kubrick raconte comment un groupe de malfrats va organiser le braquage des caisses d'un hippodrome. Leur plan est minutieusement préparé et ils espèrent ainsi pouvoir voler environ 2 millions d'euros (une très belle somme pour l'époque). Sauf que la gourmandise d'une femme de l'un des malfrats risque de tout faire rater. Comme bien souvent dans les films de Stanley Kubrick, l'histoire racontée n'est pas inintéressante mais le récit manque de rythme et cela nous empêche d'être réellement captivés. On suit les gangsters chacun de leur côté (et parfois ensemble) sans jamais vraiment s'inquiéter sur leur sort, sur la réussite du braquage. Le comble étant qu'après 1H20 de film, où l'ennui n'est jamais très loin, on assiste à une fin des plus décevantes. Elle sonne comme un pétard mouillé, on s'attend à ce que le récit se réveil enfin vraiment dans les dernières minutes mais non, même pas. Néanmoins, le braquage est en lui même assez plaisant à suivre, dommage qu'il soit accompagné (comme l'ensemble du film), d'une BO désagréable à écouter. "L'Ultime razzia" est donc un autre des films de Kubrick surestimés. Heureusement que la durée ne dépassait pas l'heure et demi et que le braquage était bien pensé, parce que le reste ne vaut pas grand chose.
Film qui serait anecdotique, s’il n’était le troisième effort d’un certain Stanley Kubrick. Pas de travellings vertigineux, montage à peine original, juste un film de gangsters avec quelques idées de mise en scènes à utiliser pour plus tard. Il y a une telle quantité de dialogues, ça mitraille tellement tout le temps, qu’on serait tenté de croire que son dialoguiste était payé à la ligne. On serait tenté de croire que son scénariste n’arriva pas à synthétiser le roman pour en tirer la substantifique moelle. Et puis une musique qui ne ponctue rien et sert de fond sonore, une histoire complexe, malgré la voix off explicative avec quantité de personnages à l’écran, qui ne font pas exister des situations, ils déclament seulement des dialogues. Alors, bavard, Stanley, il a voulut frapper un grand coup et trop en faire? Patience, ce n’est que le début. Reste à saluer le tour de force d’un jeune cinéaste ambitieux, qui n’a pas du tout froid aux yeux.
Kubrick a très mal lancé sa carrière avec Fear and desire et L'ultime razzia, visuellement moche et n'arrive pas a maintenir le spectateur en état de concentration. Je le déconseille aux moins de 7 ans. 2/5
Après "Le Baiser du tueur", film à l'approche intéressante mais film encore inégal, Stanley Kubrick décide de se tourner vers les adaptations de roman (il n'en dérogera pas pour la suite de sa carrière). Aidé par Jim Thompson au scénario (Thompson se chargea des dialogues), Kubrick met donc en scène son troisième film avec de meilleurs moyens que les précédents, écope d'un chef-opérateur et peut laisser libre cours à son génie. Court mais tendu de bout en bout, ce récit d'un braquage qui finit mal (tiens donc) s'inscrit dans la plus pure tradition du film noir, lorgnant du côté du "Quand la ville dort" de John Huston auquel Kubrick emprunte son acteur principal, le bloc de charisme Sterling Hayden. Réunissant un fabuleux casting de gueules, Kubrick prend le temps de caractériser au minimum ses personnages (des types qui veulent se sortir de leur vie minable avec un peu d'argent) avant de se concentrer sur la minutie de son scénario qui nous montre le braquage et son déroulement avec plusieurs points de vue, revenant en arrière dans le temps pour mieux que l'on comprenne comment tout a été mis au point. Le processus est formidable et la mise en scène, baignée dans un somptueux noir et blanc menaçant, vient insister lourdement sur cette idée de fatalisme pesant sur les personnages. Une fois n'est pas coutume, il suffira de petits détails stupides et non prévus pour que la parfaite mécanique se grippe et vienne faire basculer le braquage si minutieux en un carnage auquel les survivants ne pourront que passer par la case prison. Une œuvre noire et féroce, premier grand film d'un cinéaste qui ne cessa jamais de chercher la perfection.
On est loin d’un film complexe, comme Kubrick réalisera plus tard. Le scénario est très simple, une bande gangsters voulant faire un gros coup, on a déjà vu. Les quelques scènes de tirs sont malheureusement ratées. Maintenant le film passe très bien, on ne s’ennuie pas un seul instant. Ce n’est pas un film marquant, mais qui est très efficace.
Le film est maitrisé. Le rythme aussi. Les personnages sont tous crédibles. Un film noir où seul la couleur de l'espoir peut faire blanchir. Le jeune Kubrick devient avec ce film un réalisateur prometteur.
Ce film est un pur chef d'oeuvre du film de gangsters. Aucune scènes n'est inutiles et tout est fait pour emmener le spectateur vers une tension de plus en plus grande jusqu'à la résolution. Je crois que dans le genre c'est certainement un des plus efficaces.
Le premier chef d'oeuvre de Stanley Kubrick qui allie ici enfin son style esthétique inimitable et un scénario très bien construit proposant en plus une façon originale pour l'époque de raconter cette histoire où tous sont mauvais!