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Un visiteur
5,0
Publiée le 25 septembre 2010
Un très bon film noir. Ou comment un plan paramétré au millimètre (quoique, avec cette histoire à l'aéroport) peu se voir détruire par un simple hasard. La structure narrative est innovante pour l'époque et la réalisation de Kubrick est déjà impeccable.
Excellent film de gangster avec son final stupéfiant et sa construction constamment à rebours, reprenant l'emploi du temps de chacun et revenant dans le temps de façon assez habile. L'histoire est menée avec un sacré suspense et le casse qu'on attend fébrilement est de grande facture. Vraiment super film.
Dès son 2ème film (enfin, son 3ème en réalité, mais S. Kubrick a toujours renié son 1er moyen métrage "Fear & desire"), le futur grand démontre l'étendue de son immense talent, s'étant débarrassé de ses quelques scories de son film précédent, déjà lucide sur ses capacités. Il fait donc appel à J. Thompson, un romancier, pour fignoler ses dialogues, obtenant ainsi un résultat plus percutant, et il confie le rôle principal à une star avec S. Hayden. Reste donc une BO encore composée par un musicien moderne, avant qu'il ne fasse plus appel qu'à des productions antérieures. En l'état, le film se voudrait comme un décalque de "Quand la ville dort" de J. Huston, que le cinéaste tenait en très haute estime. Un cape movie classique donc son déroulé, avec un gang qui prépare un casse, l’exécute et se partage le butin. Enfin, c'est le schéma classique mais Kubrick va bien entendu le vriller de l'intérieur, déjà avec une narration éclatée qui nous présente les différents personnages, avec les premiers hoquets qui surviennent rapidement. Il faut dire que le film à toute allure, le cinéaste bouclant le tout en à peine 80 minutes sous haute tension, avec un montage dynamique, des préparatifs limpides, avec un personnage principal toujours en mouvement, le tout appuyé par un dispositif de filmage lui aussi très mobile et remuant. Tendu, millimétré, virtuose dans ses cadrages et certains mouvements, avec des éclairages qui portent déjà sa marque de fabrique, le film est un pur plaisir du genre, qui s'impose sans peine comme l'un des meilleurs du genre. A noter que c'est après avoir vu ce film que K. Douglas se décidé à embaucher le jeune cinéaste, pour lui confier "Les sentiers de la gloire", le début d'une belle carrière. D'autres critiques sur thisismymovies.over-blog.com,
Un petit bijou de polar noir et tendu, techniquement impressionnant et extrêmement bien ficelé, sur la préparation et exécution d’un audacieux braquage. 3,75
Encore film noir comme le précédent, SK continue de monter en puissance avec des moyens limités. Apparaissent des acteurs reconnus comme Hayden, le montage non-linéaire innove mais ne perd jamais le spectateur alors que la caméra galope aussi vite que les chevaux de course. Pas de scène de transition, l'action avance, minutée, disséquée, jusqu'à l'arrivée du grain de sable, de plusieurs même qui vont mettre à bas la mécanique du hold-up. L'envolée finale non pas des tourtereaux mais spoiler: du magot dans l'aéroport est un petit bijou de mise en scène. DVD vo - décembre 2021
Avec son récit étoffé, son suspense au cordeau montant crescendo en tension « L’ultime razzia » racontant le braquage au plan audacieux d’un hippodrome est réalisé avec beaucoup de talent par Stanley Kubrick. Jouant grâce à un montage astucieux sur la linéarité du récit bien que cédant à la facilité par l’ajout d’une narration en voix off inutile. Malgré tout, le cinéaste offre un film tenant en haleine grâce à la précision redoutable de sa mise en scène.
Un bon kubrick qui se défonce grâce à une réalisation exemplaire, c'est limpide et sans bavure. Par contre bien que le scénario fut à l'époque captivant, il est à présent ici un peu crispant, certains y trouverons pas le plaisir qu'il recherchait, en effet sa tchatche énormément au point qu'on somnole parfois et l'action dans l'histoire y est peu mais très peu présente. Encore une fois je le répète la réalisation de cette razzia en noir et blanc est un régal avec un casting bien à l'aise dans l'atmosphère qui y règne.
Nous sommes loin du Hitchcock mais la trame n'est pas mauvaise. Quelques longueurs, un bon suspens. Effets spéciaux passés et quelques scènes naïves mais l'enchaînement est remarquable et le hold-up est bien organisé. Ce film de gangsters a pris un coup de vieux mais il est loin d'être mauvais.
"The Killing" est certes connu aujourd'hui pour être le film qui a doucement fait repérer Stanley Kubrick. Avec un échec financier mais un joli accueil critique. Au-delà de cela, il est également célèbre pour être l'un des premiers films à adopter la narration non linéaire. Devenu depuis un classique, et un gimmick pour les réalisateurs tels que Quentin Tarantino ou Christopher Nolan. Car la trame que l'on nous raconte est somme toute conventionnelle. Un groupe d'hommes, mélange de gangsters et d'individus désespérés, décident de braquer un hippodrome en pleine course majeure. Chacun aura un rôle précis à jouer lors du casse. C'est cette fameuse narration non-linéaire qui donne du sel à l'ensemble, permettant à la fois de maximiser le suspense, et de bien se focaliser sur chacun des braqueurs. Car évidemment, rien ne se passera comme prévu, et la guigne leur prendra au nez. D'ailleurs, sans vouloir spoiler la fin, le code Hays était encore en place à l'époque, et il était impensable de laisser des criminels gagner in fine... A côté, la mise en scène de Kubrick est précise, exploitant de jolis noirs et blanc. Et l'ensemble a le mérite d'être très efficace, durant moins de 1h30. On apprécie aussi de voir Sterling Hayden dans le rôle principal. Mon seul grief sur la réalisation tient dans cette voix-off, qui vise à accompagner le spectateur dans les allers-retours temporels. Mais elle est souvent surfaite : un furtif texte, voire rien du tout aurait été suffisant dans la plupart des cas !
Le cinéaste propose un film de gangsters pas comme les autres, et met en place une arnaque en avance sur le genre. C'est brillant, intelligent, précurseur, et le final est absolument génial.
Il y a tout ce qu’il faut pour faire un film noir : un braquage, une femme fatale, un grain de sable qui enraie la machine et des hommes qui se regardent tomber, par manque de lucidité. Et surtout il y a Kubrick qui malgré une carrière encore hésitante ( ce n’est que son troisième film ) montre déjà la palette sentimentale et technique de sa mise en scène personnalisée jusque dans la mise aux normes de décors apprêtés pour l’occasion. Ils sont construits en studio, mais à l’extérieur le cinéaste rivalise encore d’audace pour filmer un champ de courses, et ses coulisses , là où le hold-up doit se produire. Il a bien lieu effectivement, mais pas forcément dans l’ordre prévu par le chef de la bande qui ne rêvait que d’une chose : ne plus retourner en prison ! AVIS BONUS. Présentation du film par le scénariste Laurent Vachaud, et au-delà tout ce qu'il faut savoir, ou presque sur Stanley Kubrick Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
"L'ultime razzia" n'est pas remarquable par son scénario ou ses dialogues (on peut penser à "Quand la ville dort" qui lui est antérieur de plusieurs années) mais par l'originalité de son montage. On revoit en effet des moments similaires vécus par des personnages différents, procédé alors novateur repris entre autre par Tarantino dans son "Reservoir dogs". "L'ultime razzia" n'est pas un chef-d'œuvre de Kubrick mais un polar noir solide finalement assez classique.
Au-delà de sa qualité visuelle impressionnante, The Killing se montre particulièrement inspiré dans sa narration, et devient rapidement épique. Rarement la préparation et l’exécution d'un hold-up n'aura été aussi immersive. Comme souvent pour les oeuvres réalisées par des génies (Stanley Kubrick, en l'occurrence), le film a bien vieilli et constitue une véritable leçon de cinéma, une référence du genre.
Le gangster Johnny Clay organise le hold-up d'une société de courses hippiques avec quelques complices, flic ou employés corrompus. Stanley Kubrick réalise, lui, un polar haletant fondé sur une description détaillée, minutée même, des faits et du rôle de chacun. La mise en scène est sèche, sans fioriture, le montage serré, et de cette rigueur narrative nait, notamment dans la seconde partie du film -le passage à l'acte- un récit concis et efficace. Reste à savoir comment l'entreprise va échouer... Car, dès les premiers instants, il ne fait pas de doute que le projet sera un fiasco. Moins pour des questions morales peut-être qu'à cause, simplement, de la défaillance programmée d'un des complices, petit personnage veule et fébrile, et bavard. Tournant le dos aux stéréotypes du film de gangsters, Kubrick, malgré une présentation succincte des acteurs du braquage -celle du caissier qui parle trop est la plus circonstanciée- donne un visage néanmoins humain aux personnages. Et, au-delà de l'efficience de la réalisation, c'est de la simplicité et de la modestie attachées aux protagonistes que provient la crédibilité du sujet.