Société Destructrice
Malheureusement, je n'ai pas été cent pour cent convaincu par ce film, même si je lui reconnais des qualités évidentes et que bien évidemment le film n'est en rien mauvais, j'ai l'impression d'être passer à côté de quelque chose. J'ai notamment trouvé le film trop lent par instant, et possède quelques longueurs dans sa deuxième partie. J'ai trouvé étonnamment inintéressant le passage où Alex est dans l'institut, je n'ai pas ressenti au maximum la puissance émotionnelle de voir quelqu'un perdre son humanité, d'un certain côté je reproche au film de ne pas être plus grandiloquent, alors que c'est tout à son honneur, mais personnellement je n'ai été touché par cela que quand Alex est réinséré dans la société. Je n'arrive pas tout à fait à mettre le doigt sur mon problème.
Cependant, j'adore les premières quarante cinq minutes, car elle présente Alex comme un personnage totalement abject, qui aime faire le mal par simple plaisir et n'en tire aucun remord, ce qui rend encore plus étonnant le fait qu'on s'attache autant à lui à la fin du film. La mise en scène est très inventive, et aide à questionner la morale en nous mettant souvent dans le point de vue subjectif de la victime, nous mettant donc en témoin des atrocités qu'il commet. La musique est elle aussi excellente, et j'ai personnellement entendu des notes qui m'ont rappelé la musique de Shining, c'est peut être moi mais peut être que Kubrick avait déjà une musique de ce type dix ans avant Shining.
Je trouve donc la dernière partie du film très intéressante, mais je vais d'abord revenir sur la scène où le directeur de l'institut démontre sur scène l'efficacité de son traitement sur Alex, qui permet de se rendre compte réellement de l'impact qu'à eu la thérapie sur lui, et de comment la société est prête à détruire un individu plutôt que de l'aider. Le personnage n'a plus rien sur quoi se reposer, ni ses anciens amis, qui infligent un second châtiment à Alex totalement gratuit en abusant de leur autorité, ni sur ses parents, qui ont préféré remplacer leur fils que de l'accepter malgré ses problèmes. Il subit même la vengeance du sans-abris, seul acte que l'on peut estimer mérité, mais montre tout de même bien l'incapacité de la société à pardonner. Et enfin, il se verra sacrifier gratuitement par la société, qui le poussera au suicide juste pour tester les limites du traitement. Cette séquence où il saute par la fenêtre est magnifique, et révèle la profonde noirceur de l'humain, en montrant ce groupe de personnage calmement assit en bas alors qu'il sont en train de commettre l'inhumain. Je retiendrai le très beau plan où l'on voit Alex sauter de la fenêtre en contre-plongée, et suivi d'un plan subjectif de Alex qui s'écrase au sol, dorénavant, c'est donc lui la victime.
J'avoue ne pas bien comprendre le sens de l'épilogue, qui nuit principalement à mon appréciation du film, à mon plus grand désarroi.
Bref, Orange mécanique aborde plein de thématiques très intéressantes et les traites bien, mais j'avoue ne pas avoir été dedans totalement, malgré sa grande qualité que je ne peux nier.